Un autre aperçu en video de cette campagne dynamique ! C’est ici.
Voilà déjà quelques semaines que je suis engagé dans cette campagne des élections régionales en tant que candidat. A quinze jours du scrutin, voici quelques constats que je tire de ma présence sur le terrain dans le 3e arrondissement et ailleurs.
Premier constat, comme pour les dernières campagnes, les candidats sont saisis par des collectifs, lobbies, groupes d’intérêt, et ils sont « sommés » de répondre à des questions plutôt pointues. Je dis « sommés » car ces questionnaires ou ces invitations à des débats, sont parfois très impératifs, menaçant d’apocalypse médiatique en cas de non réponse. Je constate que les sujets évoqués sont parfois très éloignés des compétences de la Région, et parfois que l’interrogation est largement téléguidée par certains mouvements politiques… Diversion, diversion… Pour ma part, j’entends plutôt me concentrer sur le débat relatif aux politiques que peut mener la collectivité « Région ».
Alors quels sont les sujets sur lesquels un candidat aux régionales est amené à discuter dans le cadre de cette campagne ?
Ce serait mentir que de dire que toutes les questions portent sur des compétences régionales. Pas une seule présence marché ou visite de commerce, sans que ne soit évoquée la question de la propreté. C’est le reflet d’une réalité et de l’échec de la politique du Grand Lyon en la matière. Souhaitons que le Vice-président en charge de cette question se saisisse enfin du problème après sa campagne régionale !
De façon générale, on constate que nos concitoyens ont beaucoup de difficultés pour se repérer dans les compétences des collectivités territoriales. Et ne parlons pas du mode de scrutin des régionales. Ce constat que chacun peut faire en faisant campagne devrait amener ceux qui sont vent debout contre la réforme des collectivités territoriales à réfléchir encore au sujet. Pour ma part, je suis encore plus convaincu que oui, il faut clarifier les compétences, pour que chacun sache bien « qui fait quoi avec quel impôt », et oui, un conseiller territorial, bien identifié sur un territoire déterminé, serait une très bonne chose pour susciter l’adhésion des citoyens.
Parmi les sujets de compétences régionales, j’ai noté les échanges suivants lors de mes rencontres :
- La question de l’insertion professionnelle des jeunes : comment mieux orienter les jeunes vers des métiers d’avenir, pour assurer l’emploi ? C’est le souci de nombreux jeunes et parents. C’est la raison pour laquelle notre programme propose de renforcer l’information sur les filières porteuses, en manque de candidats, de rendre plus réactif le dispositif régional de formation et d’encourager l’apprentissage par une nouvelle aide financière.
- La question du soutien aux entreprises : de nombreux commerçants et autres responsables de TPE que j’ai rencontrés font part des mois très difficiles qu’ils ont connus ou connaissent du fait de la crise. Souvent, ils posent la question, mais que fait pour moi la Région ? C’est pourtant la collectivité première en matière de soutien à l’économie. C’est pourquoi nous proposons de simplifier le dispositif d’aides en élargissant notamment les conditions pour bénéficier de garanties d’emprunt.
- Comment conjuguer stratégie régionale de développement économique et réponse de proximité pour les entreprises qui ont besoin d’accompagnement, tout en assurant une équité entre toutes les entreprises ? Voilà une question, évoquée avec des artisans, qui constitue un vrai chantier à mener dans la perspective de la nouvelle organisation des collectivités territoriales.
Je note aussi que nombreux sont les électeurs qui sont sensibles à la nécessité de mieux maîtriser les dépenses des collectivités territoriales. Que cela plaise ou non à ceux qui se sont positionnés comme des contre-pouvoirs locaux, la pression fiscale locale est jugée excessive et la question est souvent posée de la pertinence de certaines dépenses.
Enfin un échange que j’ai trouvé significatif. Samedi sur le marché de Montchat, une dame m’expliquait qu’elle avait rencontré le candidat Thierry PHILIP, lequel en bon candidat PS, se veut le représentant patenté de la Solidarité. La dame lui dit « mais je ne vais pas pouvoir voter ». Le Maire de répondre : mais pourquoi cela ? « Mais parce que j’habite à la Résidence pour Personnes Agées Constant, vous savez la résidence que vous faites fermer ! » Il semblerait que l’échange ait tourné court…
Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 16 février 2010.
Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).
« Une question diverse qui concerne le relais d’assistantes maternelles Citrouille et Potiron. Ce relais est fermé, il a connu des difficultés depuis quelques semaines et va être repris par la Mutualité du Rhône alors qu’il y a un collectif d’assistantes maternelles et de parents qui aurait souhaité le gérer sous forme associative. Je voudrais savoir quelle est la position de la mairie du 3ème sur ce dossier.
Comment voyez-vous les choses et pourquoi y-a-t-il ce changement de contrôle dans ce relais d’assistantes maternelles ? Je n’ai pas d’avis préconçu sur la question mais je remarque que cette structure, transformée en mutuelle, reposait sur l’engagement d’habitants du 3ème arrondissement ce qui me semblait une expérience intéressante. Pourquoi met-on un terme à cette expérience ? »
Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :
Dans le contexte qui est le nôtre en matière de déficits publics et de pression fiscale, les collectivités territoriales ne doivent-elles pas s’engager, elles aussi, dans une démarche visant à limiter la dépense publique ? Petite démonstration dans le 3e arrondissement.
En cette période électorale, la Gauche mène un intense combat médiatique contre les réformes des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle, soi-disant pour préserver la capacité d’action des collectivités et « sauver les libertés locales ». Il y a une autre façon de voir la question : face à l’exigence de limiter la dépense publique pour réduire l’endettement et la pression fiscale, les collectivités ne pourraient-elles faire quelques économies ou autrement dit, éviter quelques dépenses ? La pratique du Maire du 3e arrondissement, Thierry PHILIP, qui est aussi un éminent acteur de la liste PS aux régionales, est à cet égard assez frappante.
Je l’ai interrogé lors du dernier Conseil d’arrondissement, sur les emplois du Cabinet des élus de la Mairie du 3e (une interrogation qui portait bien sur les effectifs du Cabinet et non sur les effectifs d’agents municipaux, contrairement à ce qui figure dans le compte-rendu du Progrès).
Que constate-t-on ? Sous le mandat précédent, lorsque Patrick HUGUET était Maire, les collaborateurs attachés aux élus étaient au nombre de quatre : une assistante de direction du Maire et trois autres assistantes attachées aux adjoints.
Quelle est la situation aujourd’hui ? Thierry PHILIP s’est entouré :
- D’un directeur de cabinet et de la communication
- D’un directeur adjoint de cabinet
- D’un chef de cabinet
- De deux collaboratrices de cabinet !
(Et encore, liste peut être non exhaustive dans l’attente de l’examen de la fonction exercée par certains autres postes).
Tout cela sachant que dans le même temps, les demandes des habitants concernant le cadre de vie, qui étaient gérées par le Cabinet jusqu’en 2008, ont maintenant été largement transférées sur des agents administratifs de la Mairie. C’est dire l’inflation de moyens qui sont consacrés aux « affaires politiques ». Je disais en Conseil que ce n’est plus une Mairie d’arrondissement, c’est à la « Maison blanche ». Il ne manque plus qu’un conseiller diplomatique et un porte-parole !
Que répond Thierry PHILIP ? D’une part que certains de ces emplois sont à temps partiel (sur ce point voir l’article du Progrès). Précisons aussi que si le nombre de postes n’augmente pas fortement, il n’en va pas de même de la masse salariale correspondante compte tenu du niveau des postes créés. D’autre part, il répond que ce Cabinet généreux vise à suivre les dossiers de l’arrondissement ! Une approche plus « light » ne nous a pas empêché au cours du mandat dernier de suivre les projets clés de l’arrondissement : cf. le sauvetage des Halles de Lyon menacés de délocalisation, celui de l’Esplanade Dauphiné menacée d’accueillir une déchetterie, la dénonciation de l’abandon de l’emplacement réservé pour espace vert sur le tènement Keller-Dorian ou encore les premiers aménagements de Garibaldi que nous avons « arrachés de haute lutte ».
Par ailleurs, les adjoints ne sont-ils pas là justement pour assurer ce suivi des dossiers ? Ils sont treize autour du Maire du 3e, à percevoir chaque mois une indemnité de plus de 1100 euros (indemnité justifiée je précise quand le travail est fait). Pourquoi vouloir doubler le rôle des élus par des collaborateurs de Cabinet ? Est-ce un problème de confiance du Maire envers ses colistiers ?
Comme je l’ai dit en Conseil d’arrondissement, je trouve qu’un tel Cabinet d’élu est excessif dans une Mairie d’arrondissement, et que dans le contexte de crise que nous connaissons, c’est même indécent quand on connaît les difficultés de nombreuses familles, ou quand on constate par exemple que de nombreux commerçants et autres chefs d’entreprise ne se versent plus de salaire depuis des mois pour pouvoir passer le cap de la crise.
Oui nous touchons bien là à une conception de la politique et de la gestion des finances publiques, lesquelles proviennent, comme chacun le sait, des poches des contribuables. Oui quand on voit cela, on se dit qu’il y a des économies à faire aussi dans les collectivités. Pensez-y pour les prochaines régionales !
Dans son discours d’investiture en tant que maire d’arrondissement, Thierry Philip déclarait « Nous ne dirons jamais, ce n’est pas nous, ce n’est pas de notre faute, ce n’est pas de notre responsabilité. Tout dossier du 3e sera défendu à la Ville et au Grand Lyon jusqu’à son aboutissement ». Normal, c’est la vocation d’un Maire d’arrondissement. Aussi, je suis particulièrement surpris du traitement de quelques « affaires » locales ces dernières semaines.
Sur son blog le 4 janvier, le Maire du 3e répondait ainsi à un membre de conseil de quartier qui lui reprochait de ne pas avoir pleinement participé à une réunion sur la ZAC de la Buire prévue de longue date, préférant une réunion de la campagne des régionales : « J’ai fait l’introduction pour la réunion de la Buire, en expliquant que la Zac n’était pas à ce stade sous la responsabilité de la mairie mais de l’opérateur privé qui était présent ».
Autre fait particulièrement significatif, à la fin du dernier conseil d’arrondissement, des habitants ont manifesté leur opposition à l’installation d’une nouvelle antenne de téléphonie mobile avenue Félix Faure, demandant un appui de la Mairie. Le Maire du 3e a refusé tout dialogue, prétextant que la question relevait de la Mairie centrale ! Et il a laissé l’adjointe verte Mireille Roy traiter le mécontentement… (à rapprocher de mon post « Zizanie »).
Une habitante du 3e me faisait part dernièrement de sa surprise d’avoir trouvé le Maire dans sa résidence, en opération « porte à porte » pour les régionales. Elle me disait « il ferait mieux de s’occuper des problèmes du cadre de vie ». On pense bien sûr à la propreté, pour laquelle non seulement la situation ne s’améliore pas mais se dégrade plutôt. Et en la matière, on rappellera que le Maire du 3e n’a même pas à jouer l’intermédiaire avec d’autres puisqu’il est aussi le Vice-Président du Grand Lyon à la propreté.
Je suis d’accord à la fois avec la réaction de cette dame, et avec le discours d’investiture : ma conception de la mission de maire d’arrondissement, c’est d’abord une action résolue pour résoudre tous les problèmes de proximité, même quand l’action consiste à œuvrer auprès d’autres autorités responsables. Mais il est vrai qu’un tel rôle est difficile à assumer dans une situation de boulimie de mandats électifs : Maire d’arrondissement, Vice-Président du Grand Lyon chargé de la propreté et Vice-Président du Conseil régional en quête de reconduction/promotion…
Pierre Bérat

Commentaires