nov 30

Après sept ans de gestation, marqués par une gestion chaotique du dossier par la Ville, le skate parc du 3e arrondissement devrait naître au printemps prochain. Espérons qu’il sera à la hauteur des attentes !

 

Comme je m’y étais engagé il y a déjà quelques jours en réponse à un commentaire de Jerem, voici un post pour faire le point sur la réalisation – tant attendue – de ce skate parc, et pour évoquer les points favorables et défavorables du projet actuel.

 

La Mairie du 3e arrondissement a ainsi confirmé sa réalisation, mais sur un nouveau terrain (si j’ai bien compris…), à savoir l’espace en triangle qui se trouve entre la rue Mouton Duvernet et la voie ferrée, en face du Fort Montluc, c’est-à-dire plus au Sud que l’emplacement initialement prévu.

 

Si l’ouverture est proche, on ne peut passer sous silence que le délai de réalisation pose un vrai problème en termes de fonctionnement de la Cité. Voilà maintenant sept ans que l’idée d’un skate parc de proximité sur l’Esplanade Dauphiné a été lancée par la Mairie d’arrondissement, qui avait saisi la Ville de Lyon en ce sens, pour répondre aux besoins exprimés par des jeunes constitués en association. Pendant toutes ces années, la Ville de Lyon et le Grand Lyon se sont renvoyés la balle, avant qu’un projet de déchetterie sur le même terrain vienne bousculer les plans. Après l’opposition des anciens élus du 3e et des associations locales, cette déchetterie a finalement été abandonnée et le projet de skate parc a pu reprendre son cours, mais pour connaître une nouvelle péripétie, avec un nouveau changement de site.

 

Avec un tel délai, la Municipalité PS est « à côté de la plaque » pour répondre aux attentes des habitants ; songeons que les adolescents qui portaient le projet de skate parc en 2001 sont maintenant devenus des adultes… Comment peut-on déplorer pendant toutes ces années la pratique du skate sur des espaces publics pas faits pour cela sans offrir de solution de proximité pour cette pratique ?

 

Si l’on se tourne maintenant vers la réalisation, il faut noter un point positif : le skate parc devrait être un équipement définitif et non plus provisoire, comme cela avait été avancé ces dernières années. C’est bien sûr une très bonne nouvelle, qui doit amener à mon sens à se poser la question du type de structure à réaliser. Si l’équipement devient durable, il faut investir dans une structure en dur donnant pleine satisfaction aux skateurs.

 

Pour ce qui est des aspects moins favorables, il faut tout d’abord noter que le terrain est un peu isolé, et qu’il est malheureusement déconnecté de l’Esplanade Dauphiné, alors qu’il aurait pu compléter avec intérêt cette dernière. On peut aussi regretter que la gestion chaotique du dossier se traduise par un certain gaspillage d’argent public : le site qui va finalement accueillir le skate parc avait fait l’objet d’aménagements très récents qu’il va falloir modifier, alors que le site précédent avait été goudronné dans la perspective du skate parc…

 

Reste que l’essentiel aujourd’hui est que le futur skate parc réponde à sa finalité : à savoir un aménagement pour les jeunes du 3e, adeptes du skate et des autres modes de glisse, qui soit un lieu de loisirs et de convivialité. Les caractéristiques du skate parc, en termes d’aménagements, seront essentielles pour assurer son succès. Espérons que l’avis des skateurs aura été écouté.

 

Une autre question reste en suspens : quelle sera finalement la destination du terrain initialement prévu pour le skate parc, à l’angle Mouton Duvernet / Félix-Faure ? Quel usage alternatif a conduit à repousser le skate parc plus au Sud ? Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet…

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT

nov 28

Quel appui au Centre social Bonnefoi ?

Intervention en conseil d'arrondissement, Moncey, Solidarité Commentaires fermés sur Quel appui au Centre social Bonnefoi ?

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

 

«Chacun connaît l’importance du centre social Bonnefoi  pour un certain nombre de raisons. Ce centre est né d’une volonté des habitants largement relayée et portée le mandat dernier par Mme Martine ROURE avec l’appui des adjointes de la mairie du 3ème, Mesdames Geneviève ACHARD et Joëlle LEONHARD. Ce projet était aussi intéressant parce qu’à l’époque il a reçu le soutien du Conseil de quartier Mutualité-Préfecture-Moncey, avec des personnes qui en font encore partie, mais aussi par les actions que mène le centre, et pour n’en citer qu’une seule : l’apprentissage du français qui me semble intéressant. Je voudrais demander à Mme MAMI, puisque c’est elle qui représentera la mairie du 3ème au sein du centre, quelle vision la mairie du 3ème a-t-elle aujourd’hui du centre ? J’ai cru comprendre qu’il était au début d’une nouvelle étape, avec de nouveaux responsables. Quel message allez-vous porter au sein de ce centre au nom de la mairie du 3ème et de la Ville de Lyon ? »

 

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/3arrdt/vie_democratique1733/conseil_darrondisse/?aIndex=1

écrit par Pierre BERAT

nov 26

Après mon post d’indignation de la semaine dernière sur le SMA, j’ai le plaisir de terminer cette semaine avec un post d’admiration. J’ai en effet eu l’honneur et la joie d’être invité vendredi dernier à la remise, par Patrick Huguet, de l’insigne de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite à Josette Maillon.

 

Pour les participants avec lesquels j’ai échangé, le sentiment qui venait immédiatement à l’esprit c’était « eh bien, voilà une distinction bien méritée ».  Car cette décoration vient reconnaître 50 ans d’un bénévolat actif au service des autres et de l’intérêt général, avec notamment un long engagement solidaire au sein de la Croix rouge. Lors de la traditionnelle évocation des étapes de cet engagement, Josette Maillon, avec la verve et la modestie qui la caractérisent, a souhaité que l’on ne s’étende pas, « les personnes présentes connaissant déjà son parcours ». Cette évocation était pourtant bienvenue, la richesse de ce parcours faisant que chacun a dû en apprendre une part !

 

Josette Maillon, c’est aussi un engagement infatigable au service de son quartier, en tant qu’habitante et responsable associative, notamment au sein du CIL Sans Souci. Un engagement dont le quartier Dauphiné a tiré le plus grand profit.

 

La liste est en effet longue des dysfonctionnements de la Ville qui ont été traités suite à l’interpellation exigeante de Josette Maillon et au suivi attentif des dossiers. Car Josette est un vrai antidote à l’inertie politico-administrative ! Elle incarne à merveille la participation citoyenne, passionnée, spontanée, indépendante des clivages politiques, comme le montrait la présence à la cérémonie de Dominique Perben et de Martine Roure.

 

Elle contribue largement au développement du quartier Dauphiné, en oeuvrant à la promotion de ses richesses, de son patrimoine et de son histoire. Elle a ainsi mené une action dans la durée pour que notre devoir de mémoire se traduise dans les lieux du quartier, en rappelant le souvenir des grands résistants internés à la prison Montluc. Josette Maillon fait partie de ces gens qui m’ont fait découvrir, alors que je débutais mon premier mandat municipal, l’âme des quartiers de l’arrondissement. Je me souviens encore des investigations que nous avons menées ensemble pour retrouver la plaque du « chemin des pins » (devenu avenue Lacassagne) !

 

Bref, chapeau bas pour une grande Dame, qui incarne la gentillesse, l’engagement citoyen et le volontarisme au cœur de notre 3e arrondissement. C’est avec un immense plaisir que nous voyons la République lui rendre hommage.

écrit par Pierre BERAT

nov 19

Réaction à chaud à la suite du Conseil d’arrondissement de ce soir. J’ai interrogé le Maire du 3e pour savoir si le Service Minimum d’Accueil (SMA) serait mis en place dans les écoles à l’occasion de la grève de jeudi.

Pas de surprise, la Mairie du 3e appliquera, sans état d’âme, la décision de la Mairie centrale de ne pas mettre en oeuvre le dispositif prévu par la loi. Tant pis pour les parents qui devront se débrouiller pour trouver une solution de garde dans l’urgence.

Mme Brugnera, adjointe aux affaires scolaires, a récité dans sa réponse toute une liste d’arguments tendant à démontrer qu’il n’était pas possible de mettre en place le SMA. On sentait dans cette réponse qu’il y avait eu du travail pour trouver tous les arguments justifiant la non application de la loi. Dommage que toute cette énergie à pointer les difficultés de mise en oeuvre n’ait pas été dirigée vers la mobilisation pour effectivement trouver le maximum de solutions. Il demeure que la réponse “on a bien essayé, mais ce n’est vraiment pas possible” sonnait un peu faux et n’était pas totalement convaincante.

Quelques réactions à cet argumentaire :

La Ville de Lyon aurait démontré, lors d’une expérimentation sur 3 écoles, à l’occasion d’une précédente grève, que le dispositif ne pouvait pas fonctionner ; un peu léger comme expérimentation, il ne faut pas se décourager si vite.

La Ville n’a pas les moyens de trouver en 48 H les 700 personnels nécessaires pour assurer l’accueil : d’une part, il faut rappeler que la logique de la loi n’est pas de trouver dans l’urgence ces personnels mais bien de chercher à s’organiser en amont, pour identifier les personnes volontaires et présentant les garanties pour assurer un accueil ; d’autre part, peut être que la Ville n’a pu identifier que 200 vacataires volontaires, mais elle aurait (dû) pu élargir ses recherches à d’autres catégories de personnes. Enfin, on aurait déjà pu essayer de répondre aux besoins dans certaines écoles avec les 200 personnels volontaires.

Les personnes assurant le SMA ne sont pas qualifiées pour remplacer les enseignants dans leur mission d’enseignement : personne ne demande une telle chose, il s’agit simplement de faciliter la vie des familles dans la situation exceptionnelle que constitue une grève.

Bref tout cela est vraiment déplorable. On met en avant le maximum de difficultés techniques pour masquer des postures idéologiques. Et pendant ce temps là, que les parents se débrouillent… et tant pis si on décide de ne pas appliquer une loi, en toute désinvolture.

écrit par Pierre BERAT

nov 13

La nouvelle équipe municipale du 3e arrondissement a confirmé la réalisation, sur le vaste tènement RVI, de locaux de formation, de logements, d’un espace vert de 6000 m² et sans doute d’une nouvelle école. Ce programme est conforme à ce qui avait été annoncé par le Maire de Lyon fin 2007 et aux annonces électorales de la liste Aimer Lyon.

 

Même si cette liste a gagné les élections, il me semble très important dans les semaines qui viennent de rappeler qu’avec un tel projet, qui va maintenant se traduire dans la programmation budgétaire, la ville manque une formidable opportunité.

 

Qu’est-ce que le tènement RVI ?

  • C’est le plus grand terrain encore disponible dans la ville : 43 000 m² qui sont disponibles pour des aménagements, entre la rue Feuillat, l’avenue Lacassagne et la rue du Professeur Rochaix.
  • C’est un lieu chargé de mémoire pour de nombreux habitants, du fait des activités industrielles qu’il a accueillies.
  • C’est aussi un lieu de création artistique du fait de son utilisation ces dernières années.
  • Sous l’angle moins favorable, c’est aujourd’hui un espace de transition entre plusieurs quartiers (Montchat, Sans Souci, Monplaisir), et il faut bien le dire, qui manque un peu de convivialité. Le secteur s’est pourtant très fortement densifié, avec de nombreuses constructions d’immeubles. Il s’agit donc d’un espace clé du 3e qui a fortement besoin de respiration et d’équipements de loisirs.

 

C’est pour toutes ces raisons que le projet de l’équipe municipale est à mon sens une erreur majeure. Il ne s’agit pas de contester la réalisation d’équipements de formation qui sont bien sûr tout à fait intéressants et nécessaires, notamment puisqu’il s’agit d’établissements renommés de formation professionnelle. Est-il toutefois opportun d’utiliser 85 % de la surface restante du tènement RVI pour les y concentrer ? Sans doute pas, d’autant plus qu’il y a d’autres terrains qui pourraient être utilisés à proximité (cf. le tènement Merck angle Lacassagne / Feuillat).

 

Il est ainsi possible de construire une partie des équipements de formation sur le tènement RVI, et d’autres bâtiments sur des terrains à proximité, pour garder une plus grande partie du tènement pour des activités de loisirs qui profiteront aux habitants du 3e. C’était tout le sens de notre projet pour le site, avec l’idée du centre nautique (voir la présentation de ce projet dans « Vidéo de campagne » en page d’accueil du blog). Nous pouvons en effet faire de ce terrain, un nouveau cœur pour l’arrondissement, offrant espaces verts, de loisirs sportifs et culturels et de détente.

 

En consacrant 85 % de la surface à des établissements de formation, songez à ce que sera cet espace pendant la période estivale : une vaste zone déserte !

 

Le nouveau Maire du 3e arrondissement donne un objectif « Urbain »  à son action « afin de modeler un nouveau visage sur le 3e » (Lyon citoyen de septembre 2008). Le futur aménagement du tènement RVI constitue une drôle d’entrée en matière !

 

Il faut aussi souligner que le projet de l’équipe municipale pose un problème de concertation. Certes, encore une fois, le résultat des urnes est là. Est-il pour autant normal qu’un tel projet ait été lancé sans concertation fin 2007, et se poursuive ainsi, sans même prendre en compte les avis exprimés par les conseils de quartier ? Nous avons ainsi appris lors du conseil d’arrondissement d’octobre, que la concertation se limiterait au futur espace vert, et peut être, à une éventuelle piste cyclable.

 

Ne serait-il pas « normal » et opportun d’entendre les habitants du 3e, et notamment les « voisins » du tènement, sur leurs attentes vis-à-vis de ce site d’exception ? Certains auraient-ils peur de l’expression populaire et de son bon sens ?

écrit par Pierre BERAT