jan 26

 Recevant d’un ami montchatois une série de photos sur le cadre de vie du quartier, il me vient l’idée d’évoquer les « diagnostics en marchant » que va mettre en place la Mairie du 3e. Pourquoi pas, mais il ne faut pas oublier l’essentiel.

 

Un ami montchatois m’a donc transmis une série de photos sur le cadre de vie du quartier, de retour d’une balade dominicale (la bien connue montée à Chambovet !). Vous en trouvez une sélection à la fin de cet article. Elles sont assez caractéristiques. Prises une à une, on peut se dire « la belle affaire », ce n’est quand même pas si terrible. Et j’imagine que certains responsables à « grande vision » ne manqueront pas de dire, les revoilà avec leurs trous dans les trottoirs et leurs papiers gras. Certes. Mais quand on les met à la suite, comme on peut le constater lors d’un périple en ville, l’appréciation est bien différente. C’est bien celle de l’image diffuse mais tenace d’un cadre de vie dégradé, d’un quotidien qui manque d’attentions. C’est comme dans une résidence, on laisse passer au fur et à mesure les petits entretiens nécessaires, jusqu’au jour où c’est l’ensemble qui paraît décrépit. Le cadre de vie de nos quartiers n’est donc pas un sujet secondaire, y compris pour le rayonnement de la ville.

 

Le Maire du 3e a annoncé la mise en place prochaine de diagnostics en marchant. Il s’agit pour les élus, accompagnés de techniciens, de parcourir un quartier, en rencontrant les habitants, pour relever les dysfonctionnements et problèmes et chercher des solutions. Sur le principe, rien à dire. On ne fait jamais assez de terrain ! Je formulerais toutefois un souhait et deux rappels constructifs.

 

Pour le souhait, c’est que ces diagnostics en marchant ne soient pas que des actions de communication, mais qu’ils débouchent effectivement sur la résolution de problèmes. D’après ce que je vois de la nouvelle équipe depuis quelques mois, je crains que la communication ne soit l’objectif principal.

 

N’oublions pas l’existant, sera mon premier rappel. Les diagnostics sont déjà pratiqués au quotidien par les Comités d’intérêt local, qui savent adresser aux élus la « liste » des problèmes après les avoir analysés. Je note aussi que les conseils de quartier, lors du dernier mandat, avaient mené des actions similaires. Le Conseil de quartier Voltaire-Part Dieu, dont j’étais l’élu référent, avait par exemple mené plusieurs fois une opération systématique de repérage des dysfonctionnements du quartier en matière de propreté, de voirie et d’entretien du mobilier urbain. Ce fut un gros travail. Il y a là des expériences à prolonger, de nature à favoriser effectivement une implication citoyenne.

 

Le diagnostic c’est bien, le traitement c’est le principal, tel est mon second rappel ! Je constate que la collectivité publique aime bien lancer des diagnostics mais que le curatif est parfois plus long à obtenir. Les problèmes sont pourtant parfois simples à résoudre : pas besoin de disserter à 20 personnes pour reboucher un trou dans le trottoir, idem pour une poubelle qui reste systématiquement dans la rue malgré des « rappels au règlement ». Je me souviens de la réaction d’un participant à une récente réunion à Villette-Paul Bert après un exposé sur le diagnostic propreté du quartier qui va être lancé. Cette réaction était la suivante : les points noirs en matière de propreté on les connaît, on les signale constamment aux services et à la mairie, si vous voulez on va les constater dès demain… alors maintenant apportez une solution ! ».

 

C’est bien dans le curatif, pour les problèmes de proximité, qu’il faut progresser en priorité. D’abord par une veille plus forte des services : c’est bien que les habitants s’impliquent, mais certaines interventions devraient se faire automatiquement. Ensuite, il faut des interventions plus rapides et systématiques : trop de petits problèmes restent longtemps sans solution, donnant le sentiment d’une impuissance de la collectivité. D’où vient le problème : défaut d’organisation des services, insuffisance budgétaire pour les petites interventions pour mieux financer les grands projets… ? En tous cas, il faut progresser.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

écrit par Pierre BERAT

jan 25

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 13 janvier 2009 relative à la mise en place des conseils de quartier

 

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

 

 « C’est une question qui porte sur les Conseils de quartier. Vous allez les installer à partir de demain. C’est un moment important pour qu’ils partent sur de bonnes bases et j’aurais voulu savoir si vous allez procéder, dès la réunion d’installation, à l’élection du co-président, du trésorier et du secrétaire et si oui, selon quelles règles cette élection va se faire puisque la charte qui accompagne le courrier est encore un projet et qu’elle ne définit pas l’élection de ces personnes. Dans une attitude constructive et non pas critique je souhaiterais avoir des réponses à ces questions. »

 

(…)

 

« J’ai rencontré des personnes qui s’étaient inscrites par internet ou par courrier qui n’ont pas reçu de convocation aux réunions. Il serait important de s’assurer que ceux qui se sont rendus compte qu’ils n’avaient pas reçu le courrier puisse faire partie de la délibération de la première réunion. J’ai également constaté que des gens recevaient des courriers d’invitation alors qu’ils n’avaient pas demandé à s’inscrire. J’ai moi-même été convoqué au Conseil de quartier de Montchat, étant un ancien de ce Conseil de quartier, alors que je n’ai pas de qualité pour l’être aujourd’hui. Visiblement ont été invités systématiquement les anciens membres des Conseils de quartier. Il faudra veiller dans l’assemblée constitutive à ce que le « corps électoral » soit clairement défini. On peut regretter le délai donné pour se porter candidat. Ce serait bien de laisser le temps à ceux qui souhaitent se présenter, de pouvoir le faire encore sur le mois de janvier, surtout que vous avez demandé aux gens de se présenter en qualité de président, de trésorier ou de secrétaire et non pas en tant que membre du bureau. Il y a eu une confusion au départ qu’il serait bon de lever pour que chacun sache à quelle fonction il se présente. Ce délai du 7 janvier peut-être faut-il le proroger. »

 

 

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/3arrdt/vie_democratique1733/conseil_darrondisse/?aIndex=1

écrit par Pierre BERAT

jan 25

Conventions cadres avec MME et MJC

Associations, Culture, Intervention en conseil d'arrondissement, Jeunesse Commentaires fermés sur Conventions cadres avec MME et MJC

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 13 janvier 2009 relative aux conventions cadres transitoires avec les MME et MJC

 

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

 

 « Bien sûr nous voterons ce rapport puisque le soutien aux Maisons Municipales de l’Enfance est important. Il s’agit d’une convention transitoire de 1 an et je souhaite tout de même poser la question de la raison pour laquelle on n’a pas  pu, au cours de cette année 2008, préparer les conventions définitives. Mme BRUGNERA, vient de donner l’argument de l’année électorale, le même argument avait été avancé par l’Adjoint lors de la réunion de commission. Il me semble tout de même qu’entre mars et la fin de l’année, 9 mois sont suffisants pour conduire une concertation et un travail de définition de conventions. Je dirais que l’on ne peut pas se permettre, collectivité publique, des années inutiles. Mettez-vous à la place d’un salarié ou d’une entreprise qui se dit qu’elle ne le fera pas cette année, cela attendra l’année prochaine ! L’argent public est important et le temps c’est de l’argent public. Je pense que l’on aurait très bien pu mettre à profit ces 9 mois pour préparer ces conventions. Je ne mets pas en cause bien évidemment les collaborateurs de l’administration, mais c’est bien l’impulsion politique qui doit être donnée. Ces 9 mois auraient pu être mis à profit pour déjà travailler sur des conventions définitives. »

 (…) 

« Les fonctionnaires sont là pour préparer les dossiers, M. le Maire. Quand une équipe change on peut effectivement se poser la question du temps nécessaire à la mise en œuvre mais lorsque c’est la même équipe qui reste les fonctionnaires peuvent être mobilisés et un an est largement suffisant pour refixer les conventions. Même remarque que sur le dossier précédent, je pense que l’on a perdu 12 mois et que c’est un peu dommage pour l’argent public. »

(…)

 

« Mais si, M. PHILIP excusez-moi, c’est de l’argent public perdu. Les fonctionnaires qui sont payés une année. Chaque euro que paye un habitant ou une entreprise permet de financer une masse salariale. Si cette masse salariale n’est pas utilisée pleinement c’est un gaspillage d’argent public. »

 

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/3arrdt/vie_democratique1733/conseil_darrondisse/?aIndex=1

 

écrit par Pierre BERAT

jan 20

Un sujet politique et national pour changer un peu, mais qui n’est pas sans lien avec nos affaires locales ; avec en fin de post, un contre-exemple local (à consulter très vite car une disparition rapide de la “perle” est prévisible !), pour le sourire mais pas seulement.

 

L’UMP vient de lancer son débat interne sur « les collectivités locales de demain » (http://lescollectiviteslocalesdedemain.u-m-p.org/site/debattre/espace-de-commentaires/) et cela me fait penser à évoquer l’un des aspects de la réforme des collectivités territoriales, auquel je pense depuis quelques temps.

 

Le Président de la République a rappelé dans ses voeux aux Français que cette dernière figure parmi les réformes vitales, pour trouver une issue à une organisation territoriale inextricable.

 

Pourquoi une telle réforme ? Pour des raisons d’économies d’argent public, car notre millefeuille institutionnel est effectivement source de gaspillages. Pour des raisons d’efficacité – ce qui rejoint en partie le point précédent -, parce que cette complexité est synonyme de lourdeur d’action et d’incohérences. Pour des raisons démocratiques enfin, parce qu’il faut rendre plus lisible pour le citoyen l’action des collectivités, afin qu’il sache notamment qui est responsable de quoi.

 

Parmi les pistes évoquées pour cette réforme, il y a celle d’une articulation forte entre Régions et Départements et qui pourrait se traduire par une modification électorale. Il n’y aurait plus d’élection de conseillers généraux et de conseillers régionaux, mais à la place, l’élection de conseillers territoriaux amenés à siéger à la fois au Conseil régional et au Conseil général, selon les affaires à traiter. Je dois dire que je trouve cette piste assez intelligente et prometteuse, du fait de la cohérence qu’elle peut renforcer tout en prenant en compte les différentes logiques territoriales.

 

Vient ensuite la question du mode d’élection de ces conseillers territoriaux. Question secondaire ou politicienne penseront certains. Je ne le pense pas compte tenu de l’objectif démocratique de la réforme. Il a été avancé l’hypothèse d’un mode de scrutin de type « élection municipale PLM » c’est-à-dire un scrutin de liste avec des élus amenés à siéger uniquement au niveau du Conseil général et d’autres à la fois au Conseil général et au Conseil régional. Se pose aussi la question de la circonscription d’élection : on parle du département ou de circonscriptions plus réduites au sein du département (des “super-cantons”).

 

Il s’agit à mon avis d’un point déterminant car il touche au lien entre l’élu et le territoire qu’il représente. Je suis de ceux qui pensent que l’ancrage territorial des élus est essentiel, parce qu’il permet une meilleure connaissance des réalités et qu’il favorise la responsabilisation des élus, qui sont amenés plus fréquemment à rendre des comptes. C’est ainsi l’une des qualités de notre mode de scrutin législatif. Et ce constat vaut à mon avis pour les territoires urbains, comme pour les territoires ruraux. Qui songerait à assimiler Gerland, à la Part Dieu, à Montchat ou à Bron ?

 

Je pense qu’une élection au niveau départemental ne permettrait pas d’assurer cet ancrage territorial. Elire les futurs conseillers territoriaux à la proportionnelle au niveau départemental, c’est prendre les risques suivants :

  • Une désignation des candidats sans tenir compte de leur implantation locale,
  • La forte probabilité de voir des territoires sans élu qui y réside, et donc moins bien défendus,
  • Des élus dont l’action serait largement déconnectée du territoire, alors qu’ils seront pourtant « territoriaux ».

 

On peut déjà constater que le mode de scrutin municipal en vigueur à Lyon, qui est montré en exemple, n’assure que de façon très imparfaite la représentation des arrondissements. Au niveau départemental, la distorsion n’en serait que plus forte.

 

Pour ma part, je considère que l’idéal serait une élection au scrutin uninominal, dans le cadre d’un canton (ou d’un super-canton) pour garantir que l’élu ainsi désigné s’investisse fortement dans son territoire d’élection. Je crois qu’un élu peut à la fois se battre pour son territoire d’élection, tout en étant soucieux de l’intérêt départemental ou régional. Il est vrai qu’il ne serait pas évident de mettre en œuvre ce type de scrutin dans le cadre d’une articulation Département-Région, mais la révision de la carte cantonale peut toutefois permettre de trouver des solutions.

 

Quoi qu’il en soit, si c’est un scrutin de liste qui est retenu, il faudrait qu’il puisse intervenir à un niveau territorial limité, pour assurer ce nécessaire lien entre l’élu et son territoire.

 

Certains ne manqueront pas de dire que le scrutin uninominal ne garantit absolument pas l’investissement de l’élu dans son territoire. Pour finir ce post, pour rire un peu après ces propos techniques, on peut effectivement évoquer deux contre-exemples, avec les deux conseillers généraux PS du 3e Est, Monsieur Daclin et Madame Vallaud-Belkacem. Ils semblent en effet être des adeptes du MTPP, le mandat à temps partiel progressif qui se caractérise, après une omniprésence pendant les mois de la campagne électorale, par la “disparition” du quartier pendant les premières années du mandat. Le problème c’est que les affaires publiques ne suivent pas ce rythme là. Pour illustrer ce constat, allez visiter la page « Le 3e de jour en jour » de Monsieur Daclin (http://www.jmdaclin.fr/agenda-3-eme-arrondissement.php/ ). Mais oui, vous avez bien vu (si vous y êtes allé rapidement), on y trouve en Une le programme de la Fête de la musique de juin 2008 !… Voilà de l’action au jour le jour…

 

Finalement, il revient aux électeurs d’assurer la régulation et de sanctionner le MTPP. Mais il peut d’autant mieux le faire que le lien avec son représentant territorial est étroit.

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT

jan 13

Innovations, les vœux de la Mairie du 3e se sont déroulés en deux temps cette année : un concert le 6 janvier, et une réception pour les « corps constitués » le 7 janvier. Si le concert a été un événement intéressant, je regrette que de nombreux acteurs du 3e n’aient pas été invités lors de la traditionnelle cérémonie en Mairie.

 

La nouvelle équipe municipale du 3e arrondissement a donc choisi d’innover en organisant un Concert du Nouvel An à la Bourse du travail. Le concert a été de haute tenue, avec des extraits variés de grands opéras et un chef qui a fait preuve d’un grand talent pour présenter les œuvres. Reconnaissons que l’idée est bonne, et que ce fut une belle soirée. On pourra juste s’interroger sur la nécessité, en cette période de nécessaire rigueur budgétaire, d’acheter des encarts dans les journaux pour publier une annonce qui tenait plus de la promotion du Maire que de l’annonce du concert !

 

Le lendemain, c’était la traditionnelle soirée en Mairie, pour la présentation des vœux du conseil du 3e arrondissement, en présence du Maire de Lyon. Au-delà des anecdotes de la soirée et des déclarations des uns ou des autres, j’ai constaté que la nouvelle équipe avait ciblé les invitations, la soirée étant apparemment destinée aux « corps constitués » d’après des « sources autorisées » ! Des acteurs de l’arrondissement (présidents de bureaux de vote, membres des conseils de quartier, responsables d’association) que je rencontre sont surpris de ne pas avoir été invités cette année. La question n’est pas anecdotique. Cette cérémonie des vœux est une institution qui permet aussi de rendre hommage à tous ceux qui, bénévoles, s’impliquent dans la vie citoyenne de l’arrondissement, et donnent de leur temps pour cela. Je ne sais pas si l’on peut parler de « corps constitués » mais il s’agit en tous cas des hommes et des femmes qui font vivre ce corps social qu’est notre arrondissement. Je trouve assez étonnant, alors que l’on cherche à motiver les habitants pour faire vivre les conseils de quartier, que l’on ne pense pas à inviter ceux qui ont travaillé pendant 5 ans dans ces conseils. Bref, cette deuxième innovation est nettement moins positive !

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT