mar 27

Je réponds avec un peu de retard à l’interpellation de Sylviane, concernant le projet de construction au Nord de la ZAC de la Buire, sur l’avenue Félix Faure, et la pétition en cours dans le quartier concernant ce projet. J’ai pris le temps de répondre car je ne voulais pas faire une réponse facile.

 

La ZAC de la Buire est une opération majeure ; elle va modifier grandement les caractéristiques du quartier.

 

Des constructions sont nécessaires en ville

Je voudrais tout d’abord dire, qu’il est effectivement opportun de construire des logements dans le centre des villes, sur des tènements tels que celui qui a été libéré à la Buire. Pas question de faire preuve de démagogie sur le sujet. La population s’accroît, l’agglomération se développe. Il faut donc des logements, et l’impératif du développement durable fait qu’il n’est pas souhaitable que les constructions se fassent toujours plus loin, en périphérie de la ville.

 

Soigner la réalisation des nouvelles constructions

Même s’il y a densification de l’habitat, il faut veiller à aérer la ville et limiter les effets visuels de l’urbanisation. Comme beaucoup, je suis frappé par le manque d’espace entre les immeubles de la Buire déjà construits. Et je comprends les riverains du quartier qui ne souhaitent pas la construction d’une barre continue de 7 étages+attique sur l’avenue Félix Faure. Il faut effectivement éviter l’effet couloir, comme on peut le voir sur la rue André Philip. C’est d’autant plus une nécessité que l’avenue Félix Faure doit s’affirmer comme un grand axe prestigieux du 3e, et qu’il y a effectivement à cet endroit des éléments intéressants en termes de patrimoine. Les riverains ont donc raison de se mobiliser et il faut faire en sorte que la future construction respecte les principes « d’aération » urbaine.

 

Le problème posé par ce projet de construction résulte en fait d’un déficit d’intégration urbanistique de la Buire dans son environnement

Ce projet est en effet une nouvelle démonstration que la Buire a trop été conçue comme une opération tournée sur elle-même, insuffisamment ouverte sur le quartier Bir Hakeim/Part Dieu Sud. Il aurait fallu plus travailler à l’intégration de cette opération majeure dans son environnement urbain.

 

La faute à l’ancienne équipe de la Mairie du 3e ?

On me dit que M. Corrazol, adjoint du 3e, prétend que les difficultés qui apparaissent aujourd’hui sont de la responsabilité des élus d’arrondissement du précédent mandat, notamment du fait d’un manque de concertation. Dire cela, c’est faire preuve d’une méconnaissance du fonctionnement de la ville, ou bien d’une mauvaise foi évidente.

C’est en effet bien mal connaître le dossier que de croire que la ZAC de la Buire a été ou est pilotée par la Mairie du 3e. Depuis l’origine en 2003, c’est le Grand Lyon et la Mairie centrale qui ont conduit ce projet jugé stratégique et qui ont fixé ses orientations. C’était une opération emblématique du 1er mandat Collomb, présentée au MIPIM, qui a donné lieu à des inaugurations et à une large promotion sur le thème des « nouveaux urbains ».

 

Pour ce qui est de la concertation de proximité, je suis bien placé pour en parler puisque je l’ai demandée au Grand Lyon en tant qu’adjoint 3e chargé du quartier. Nous avions alors dès 2003, avec mon collègue Vahé Muradian, souhaité informer le conseil de quartier sur le plan d’aménagement ; nous avions du nous débrouiller avec les moyens du bord, puisque nous n’avions pas pu obtenir l’implication du Grand Lyon. Entre 2003 et 2007, nous avons plusieurs fois demandé à ce que le conseil de quartier puisse faire des propositions sur l’intégration de l’opération au quartier : sur le plan d’ensemble, sur la cohérence entre le futur parc et les aménagements de la place Bir Hakeim, sur le devenir du Théâtre des Asphodèles, sur l’impact en termes de circulation et le plan de circulation… Le conseil de quartier s’était en effet doté d’un groupe de travail très dynamique sur le secteur Bir Hakeim (groupe ouvert à tous les habitants). A chaque fois, il avait fallu « arracher » les informations et nous n’avons eu que peu de retours. La concertation sur la ZAC s’est en fait limitée aux formalités imposées par les textes, dont on connaît les limites. Voilà quelques vérités qu’il me semblait utile de rétablir.

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT

mar 25

Prenons garde au glissement du discours !

Montchat, Seniors, Solidarité Commentaires fermés sur Prenons garde au glissement du discours !

Il y a quelques jours, M. Hémon, adjoint aux personnes âges de la Ville de Lyon, a confirmé le projet de Thierry Philip de transformation de la résidence pour personnes âgées (RPA) Constant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La réalisation est proche : 2011. Soyons attentifs à l’évolution du discours !

 

Je ne développe pas de nouveau mes positions sur ce dossier (cf. précédent post) :

  • Oui, il faut développer l’offre en EHPAD parce que le besoin est croissant.
  • Pourquoi avoir choisi le terrain de la RPA Constant pour créer un nouvel EHPAD : n’était-il pas possible de trouver une autre localisation sur le 3e ?
  • Une RPA dans un quartier tel que Montchat reste un atout, car elle favorise le lien social et la cohésion du quartier.

 

Je note que dans la communication récente de la Ville de Lyon, on n’évoque pas la relocalisation d’une RPA à Montchat, après la création de l’EHPAD. J’ai lu dans le Progrès qu’il était envisagé que des résidents actuels puissent occuper un étage du futur EHPAD. C’est bien le moins que l’on puisse faire. Mais cela ne répond pas au besoin du maintien d’une résidence pour personnes âgées, avec ses services associés, sur le quartier de Montchat. L’effacement de cette perspective est inquiétant.

 

Le lecteur de ce post pourrait s’étonner que je tire mes informations de la presse. Mais le fonctionnement de notre bonne ville est ainsi (mal) fait que malgré l’importance du dossier, le Conseil d’arrondissement n’a pas encore été amené à en débattre sérieusement. Quand on vous dit que tout ne tourne pas si rond dans le monde des collectivités locales !

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT

mar 18

La candidature française aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2018 sera celle d’Annecy Haute Savoie. C’est donc un projet rhônalpin qui est retenu. En voilà une bonne nouvelle ! Tout Rhône-Alpes doit maintenant se mobiliser derrière cette candidature !

 

C’est effectivement pour Rhône-Alpes une belle opportunité, un nouveau grand projet mobilisateur, un facteur de dynamisation. Rhône-Alpes doit pouvoir de nouveau démontrer ce dont elle est capable.

 

Dès maintenant s’ouvre la compétition entre les pays. A ce jour Munich et Pyeongchang en Corée du Sud sont aussi sur les rangs. Résultat des courses en 2011 avec la décision du CIO.

 

Nous avons donc deux ans devant nous pour défendre cette candidature. Maintenant que les instances nationales ont départagé les candidatures françaises, parmi lesquelles figurait aussi Grenoble, toute la région doit s’engager pour soutenir le projet Annecy – Haute Savoie 2018, pour assurer son succès.

 

Je parlais dans mon dernier post de l’identité régionale. Il est je crois très important pour l’ensemble de Rhône-Alpes  de s’affirmer et de s’assumer comme région de l’Arc alpin. C’est un élément fort de son potentiel et de son rayonnement. Je trouve notamment que Lyon ne joue pas toujours suffisamment cette carte. J’étais bien trop jeune pour l’avoir constaté moi-même, mais il me semble bien qu’en 1968, Lyon avait bien relayé les Jeux olympiques de Grenoble. Souhaitons qu’il en soit encore ainsi avec l’opportunité des JO 2018. Ce sera bien pour Annecy-Haute Savoie, et ce sera bien aussi pour Lyon comme pour l’ensemble de Rhône-Alpes.

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT

mar 14

Ils sont trois candidats pour mener la liste UMP aux élections régionales. Hier soir, dans le cadre des primaires organisées par le Mouvement, ils ont débattu à Oullins. Exemplaire à plusieurs titres !

 

Il faut tout d’abord se féliciter que l’UMP ait engagé ce processus de primaires. Ce n’est pas anodin, alors qu’au même moment, on assiste au spectacle pathétique de la constitution des listes européennes au PS. Il faut le dire, c’est bien d’accepter la pluralité des candidatures au leadership régional, et de donner la possibilité aux militants de choisir lequel de ces candidats apparaît comme le meilleur pour conduire la liste.

 

Exemplaire aussi le débat entre les candidats. Hier soir, Françoise Grossetête, Jean-Claude Carle et Etienne Blanc ont échangé leurs arguments ; pas de show médiatique, mais un débat de grande qualité, pour deux raisons : un respect total entre les candidats et un vrai jeu de questions-réponses avec le public.

 

Qu’est-il sorti de ces échanges avec le public ? Sans doute, toutes les politiques régionales n’ont pas été abordées. Les questions ont souvent été très pointues, exprimant la région réelle, avec ses différents enjeux et problématiques, bien loin de la vision « planante » de la majorité gauche plurielle actuelle. Et ce questionnement a effectivement permis aux trois candidats d’exposer progressivement leur vision régionale.

 

Intéressante aussi la question plusieurs fois abordée de l’identité régionale rhônalpine. Pour moi, c’est aujourd’hui une évidence. L’espace régional, certes divers, a une vraie signification. Il n’est peut être pas notre cadre de vie au quotidien, mais pour ma part, il se passe rarement une semaine sans que je sois amené pour une raison ou un autre à me rendre dans ses différents départements. Vie professionnelle, relations sociales, loisirs : Rhône-Alpes est aujourd’hui bel et bien, à mon avis, notre espace de développement, d’épanouissement ! Soyons conscients de la diversité régionale, faisons en une richesse, mais regardons vers l’avenir en cultivant nos atouts partagés !

 

Exemplaire enfin, pour l’anecdote, la Marseillaise a cappella, initiée par mon collègue du 8e Stéphane Guilland, qui a clôturé la réunion. Chapeau bas Stéphane !

 

Alors maintenant, continuons sur cette lancée, aux urnes adhérents !

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT \\ tags: ,

mar 12

Avec le projet de réforme proposé par le Comité Balladur, la question de la place des arrondissements dans une future collectivité « métropole » pourrait (devrait) se poser. Mais avant d’y répondre, une autre question s’impose : pourquoi faudrait-il modifier l’organisation territoriale de l’agglomération lyonnaise ?

 

Quelle est aujourd’hui la situation ? L’organisation administrative de notre agglomération comporte de multiples strates, strates sur lesquelles il est possible de porter les appréciations qui suivent :

  • Le Grand Lyon. Son territoire apparaît incomplet, notamment à l’Est et au Nord Est de l’agglomération. Le mode de désignation du conseil communautaire manque de clarté pour les citoyens, et sa gouvernance bien plus encore. Cette dernière peut déboucher sur des incohérences démocratiques, cf le mandat dernier avec un exécutif communautaire ne correspondant pas à l’expression globale du suffrage. Cette gouvernance se traduit par ailleurs par un déficit de vision métropolitaine. Par ailleurs, si le Grand Lyon s’occupe de plus en plus de choses, les missions de proximité qui lui sont confiées (propreté, voirie de quartier), sont trop souvent mal assurées et en tous cas, les habitants n’en sont pas satisfaits.
  • Le SYTRAL : comme pour le Grand Lyon, son territoire est incomplet et manque de cohérence, et comme pour le Grand Lyon, sa gouvernance manque de clarté pour les citoyens.
  • La Ville de Lyon : l’histoire fait que sa visibilité est forte ainsi que l’attachement des habitants à cette collectivité. Son territoire n’est pourtant aujourd’hui qu’une partie du centre de la métropole. Elle a par ailleurs perdu de nombreux pouvoirs au profit du Grand Lyon et sa capacité d’action « autonome » s’affaiblit.
  • Les 9 mairies d’arrondissement : les arrondissements sont hétérogènes, ne serait-ce que par leurs différences de taille et de population. Ils ont acquis une visibilité certaine, compte tenu de leur vocation de proximité : les habitants ont aujourd’hui largement le « réflexe » de s’adresser à eux pour ce qui touche au quotidien. Ils sont des lieux d’expression politique de proximité, des « caisses de résonance » très utiles, mais ils sont des lieux sans pouvoir d’action direct, tenus en marge de certaines compétences de proximité. Cette situation est source d’incompréhension pour les habitants et de frustrations pour les élus d’arrondissement.
  • Les quartiers avec leur conseil de quartier. Ils peuvent correspondre à de vrais territoires vécus par les habitants et la création des conseils de quartier les a confortés. Ils forment des territoires au niveau desquels peuvent être gérées des actions de proximité si le Grand Lyon, la Ville de Lyon et la Mairie d’arrondissement le veulent bien…

 

Bref, le « mille-feuille » grand-lyonnais est effectivement lourd et complexe. Il ne remplit pas bien ses missions aux « deux bouts » de la chaîne : la vision métropolitaine et la qualité de vie de proximité. Il présente des limites démocratiques : ce ne sont pas toujours les élus décideurs qui doivent rendre des comptes. Les pistes tracées par le Comité Balladur, pour l’avenir des grandes agglomérations, sont donc les bienvenues.

 

Comment faire mieux ?

  • En établissant effectivement une vraie collectivité « métropole », en mesure de définir et de mettre en œuvre une stratégie cohérente, de rationaliser les moyens, avec des élus qui rendent des comptes sur cette stratégie et ces moyens.
  • En établissant un mode d’élection des élus de cette métropole qui garantisse la représentation de chacun des territoires « vécus » de la métropole.
  • En confiant le pilotage de toutes les actions de proximité à des collectivités déléguées, au sein du territoire métropolitain, avec des élus à ce niveau pour rendre des comptes sur cette gestion de proximité.
  • En facilitant le développement de la vie citoyenne, au niveau du territoire le plus proche des habitants, celui qui est vécu au quotidien, mais qui est suffisamment large pour commencer à penser « intérêt général ».

 

Il est certainement possible de faire plus simple, plus efficace et plus démocratique. Les propositions du groupe municipal Lyon Démocrate – MODEM sur le devenir de l’échelon Ville de Lyon dans le cadre de la réforme territoriale semblent avoir suscité le débat. Tant mieux, et il me semble assez normal que cette question soit posée.

 

Je suis par contre étonné des prises de position du Maire de Lyon, en tant que Président des Communautés urbaines de France, suite à la présentation du rapport Balladur. Voilà des mois qu’il demande une meilleure prise en compte des métropoles dans le débat, et alors que c’est le cas, il exprime sa crainte de voir minimiser le rôle des communes qui composent la métropole, et se place en défenseur de leur représentation électorale. Il y a un moment où il faut choisir ce que l’on veut.

 

Il y a aussi une certaine contradiction avec sa contestation du mode de scrutin envisagé pour les régionales au motif qu’une élection au niveau de différents territoires empêcherait la définition de stratégies régionales. Pourquoi défendre au niveau de la métropole ce que l’on conteste pour le niveau régional. La nécessité de représentation des territoires s’impose à tous les niveaux

 

On peut enfin sourire quand on lit qu’il plaide pour un mode de scrutin « métropolitain » qui n’instaure pas un exécutif trop nombreux pour la métropole. Rappelez moi combien il y a de vice-présidents au Grand Lyon. Pourquoi ce souhait n’est-il pas mis en pratique aujourd’hui ?

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT