mai 24

Début de long week-end avec un énervement certain quand je prends connaissance des déclarations du président PS du Conseil général du Pas-de-Calais. Celui-ci vient de refuser la location cet été d’une cantine de collège par une compagnie de CRS.

 

En tant que propriétaire des locaux, ce président de conseil général peut effectivement prendre cette décision. C’est sa responsabilité. Il rendra des comptes aux conseillers généraux qui l’élisent et ces derniers à leurs électeurs. Par contre, les déclarations de cet élu sont graves, puisqu’il motive sa décision par le fait que les CRS feraient la ” chasse aux migrants. Comment un élu peut-il s’en prendre en ces termes à une force de sécurité de la République qui exerce sa mission ? D’après ce que je comprends, ces CRS viennent l’été à Calais pour sécuriser les plages, et leur présence permet aussi de contribuer à la politique de lutte contre l’immigration irrégulière, dans une région particulièrement concernée par cette problématique.

 

Bien sûr, nous sommes en campagne électorale. Pour tenter de gagner des suffrages, des élus PS n’hésitent pas à faire de la surenchère pour éviter des transferts de voix vers l’extrême gauche. Mais ce faisant, ces responsables politiques jouent avec le feu ; en s’attaquant ainsi à l’Etat, ils ouvrent la voie à d’autres remises en cause.

 

Puisque l’on se trouve en pleine campagne européenne, ces déclarations apportent en tous cas un éclairage intéressant de la vision que les socialistes peuvent avoir de la politique de maîtrise de l’immigration, surtout quand elles sont le fait d’un élu d’une région qui se trouve au cœur des flux européens de migrants, suscités par des filières organisées d’immigration, qui exploitent la misère humaine. Elles relativisent aussi les postures qui se veulent “responsables” d’autres notables socialistes, car je n’ai pas entendu ce week-end de regrets de ce parti sur ces paroles.

 

Autre déclaration pour terminer ce week-end : celle de l’impôt sur le revenu. Comme beaucoup, j’ai encore attendu le dernier week-end pour entreprendre cet exercice, heureusement effectivement plus simple avec la déclaration pré-remplie.

 

En le faisant, il me revient à l’esprit que, chaque année, le remboursement des seuls intérêts de la dette de la France représente une somme équivalente aux ¾ du produit de cet impôt sur le revenu ! Qu’en sera-t-il demain, quelle part de l’impôt sur le revenu de nos enfants servira à payer les intérêts de notre dette ?

 

 

Cette période de crise est bien sûr particulière, puisqu’il faut de toute urgence relancer l’activité, et donc se donner les moyens de le faire, fut-ce au prix d’un déficit budgétaire accru. Mais quand on mesure le poids de notre dette, on comprend que le Gouvernement veille à ce que cette dépense budgétaire de relance aille d’abord à l’investissement, et qu’il garde le cap de l’assainissement budgétaire pour la sortie de crise, malgré les oppositions de ceux qui font de l’anti-réforme et du corporatisme leur seule ligne politique.

 

Pierre Bérat

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mai 17

Il n’y aura pas de concertation concernant le projet de tour Incity car cela relève du domaine réservé du Maire : telle est la position affirmée par les nouveaux élus du 3e , comme l’a repris récemment la presse. Tout à fait grotesque ! Que dire d’autre d’une telle posture au niveau d’une mairie d’arrondissement alors que même au niveau de la présidence de la République, on parle de moins en moins de domaine réservé. Pourquoi pas évoquer aussi la « Raison d’arrondissement » ?!!

 

Aucun sujet ne doit être tabou, exclu de la concertation ; en rappelant bien sûr que concertation ne veut pas dire décision, et que pour beaucoup, il ne s’agit pas de soumettre à référendum tel ou tel projet de construction.

 

Pour ma part, je pense que la construction de belles tours peut être une bonne chose pour Lyon, et c’est avec intérêt que j’assiste à l’édification progressive de la tour Oxygène. C’est important pour le renouvellement de la Part Dieu et plus globalement pour le rayonnement de la Ville. Les signes urbains que constituent les tours sont essentiels pour l’image des villes, dans la mesure où ils sont réussis. Je trouve par exemple que l’ensemble de la Potsdam Platz à Berlin est très positif pour l’image de cette ville, dont le cadre de vie du centre-ville est par ailleurs plutôt agréable. Je trouve aussi que la Tour CGM contribue à une image renouvelée et de qualité de la ville de Marseille. Que serait l’ensemble de la Part Dieu sans la « tour du Crédit Lyonnais » : un ensemble de « cubes » sans identité. De façon générale, je trouve qu’un urbanisme fait de la multiplication d’immeubles « boîtes à chaussures » le long des grands axes, sans recherche architecturale, est beaucoup moins favorable à la qualité du cadre urbain qu’une tour à l’architecture élaborée.

 

Ceci dit, il ne s’agit pas de faire n’importe quelle construction en hauteur. Il ne s’agit pas non plus de faire des tours n’importe où, aux quatre coins de la ville (cf. le débat parisien) ; il faut veiller à la cohérence et à l’image globale des projets, et à cet égard, je trouve que la photo montage sur la future « sky line » lyonnaise qui circule n’est pas vraiment une réussite. Et puis l’important, c’est de veiller à l’intégration de ces projets dans la ville, pour qu’ils soient un plus pour le cadre de vie des quartiers et non pas un handicap. D’où l’importance de l’intégration urbaine de ces projets, et de leur appropriation par les habitants. C’est bien la raison pour laquelle la concertation est non seulement souhaitable. Elle est nécessaire. Entre un référendum sur la construction d’une tour et la concertation ramenée à la couleur de la palissade de chantier, comme l’entend la Mairie du 3e, il y a un vaste champ de possibles pour construire avec les habitants. Mais pour cela, il faut que le slogan « l’urbain et l’humain » soit plus qu’un slogan de campagne.

 

Pour finir, je dirais que si la Mairie du 3e ne veut pas parler de certains sujets, rien n’empêche les habitants-citoyens du 3e de s’en saisir ! Rappelons-nous l’affaire du projet de délocalisation des Halles de Lyon en 2001. A l’époque, c’était aussi présenté comme un projet hautement stratégique, relevant du domaine réservé. La mobilisation des élus de proximité et des habitants avait permis le maintien des Halles à leur place. Le projet de délocalisation passait ainsi en quelques semaines du domaine réservé ou domaine oublié. Et les Halles de Lyon Paul Bocuse sont aujourd’hui toujours un atout du secteur Garibaldi. Réussissons le futur du quartier Part-Dieu avec ses habitants

 

Pierre Bérat

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mai 10

Le devoir de mémoire a été au cœur de ce dernier week-end avec la traditionnelle cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Montchat et l’inauguration du Parc Jacob Kaplan la veille. Deux manifestations qui m’évoquent aussi fortement l’impératif de la transmission de la mémoire.

 

Comme chaque fois que je le peux, j’ai assisté à l’attachante cérémonie de commémoration du 8 mai à Montchat. L’ambiance de village du quartier fait que les commémorations de Montchat sont particulièrement fortes, puisqu’elles traduisent l’hommage d’une communauté locale à ses membres disparus lors des derniers conflits mondiaux. Elles me rappellent les cérémonies auxquelles j’assistais enfant, au cours desquelles nous rendions hommage aux soldats disparus, en tant qu’écoliers, en ponctuant l’énoncé de leur nom par un « Mort pour la France ».

 

J’ai décidé cette année d’aller à cette cérémonie avec mes deux fils. Ils sont en âge de commencer à comprendre ce qu’une telle manifestation peut signifier. Je crois que cette transmission de mémoire est essentielle. Les enfants d’aujourd’hui ont peu ou pas connu leurs arrière-grand-parents qui ont pris part à la seconde guerre mondiale. Sans témoin direct, la perception de l’événement n’en est que plus difficile. D’où l’importance de veiller à leur faire connaître, à leur faire comprendre ce qu’ont été les guerres mondiales. Leur faire prendre conscience tout d’abord ce que cela signifie que de répondre à l’appel du pays pour le défendre ; que nombre de personnes ont pour cela sacrifié leur vie ; que nombre d’entre eux en ont subi des traumatismes physiques et psychologiques et que tous y ont perdu des années de jeunesse.

 

Il est aussi capital de leur faire comprendre ce que peut représenter le 8 mai 1945, en tant que victoire sur le nazisme et ses crimes ; leur révéler que la liberté d’aujourd’hui, nous la devons à ces soldats, Français de métropole et des territoires de l’outre-mer, des pays alliés, à ces héros de la résistance, qui chacun ont mené leur part du terrible combat qui a permis de recouvrer la liberté. C’est avec intérêt que j’ai pu voir qu’une telle cérémonie venait en résonance avec les enseignements de l’école.

 

La veille, nous vivions un autre moment fort dans l’arrondissement avec l’inauguration du Parc Jacob Kaplan. En donnant ce nom au parc de la Buire, la Ville rend hommage à un résistant français, qui fut décoré de la croix de guerre lors des deux guerres mondiales. Cet hommage comporte bien sûr une dimension particulière, puisque Jacob Kaplan a eu le courage de dénoncer publiquement dès 1940 la déportation des Juifs, puis les lois anti-juives adoptées par les autorités de Vichy, malgré les risques encore plus forts que pouvaient entraîner de tels actes de résistance pour un Français de confession juive, rabbin, pour lui-même et sa famille. Cet hommage nous rappelle ces heures sombres de notre histoire nationale. Là encore, il est de notre responsabilité de transmettre cette mémoire.

 

Pierre Bérat

écrit par Pierre BERAT

mai 09

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

 

 

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 28 avril 2009 relative à l’approbation d’une garantie au profit de la SAHLMAS pour la rénovation de résidences pour personnes âgées.

 

 

Pierre Bérat : « Dans la délibération qui nous est présentée, la résidence Constant à Montchat ne figure pas dans la liste des résidences pour personnes âgées qui vont bénéficier de travaux de réhabilitation de logements. Je sais qu’il est prévu de réaliser un établissement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sur le tènement mais je voudrais savoir quelles garanties la Ville de Lyon peut donner pour qu’il subsiste sur le site des logements types « RPA », qui répondent à un besoin du quartier. Et donc quelles garanties vous donnez pour qu’une partie des logements actuels soient réhabilités pour assurer une continuité à la résidence pour personnes âgées. »

 

Réponse de M. Hémon

 

Pierre Bérat : « Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris vos intentions, Monsieur l’adjoint. L’unité de vie dont vous parlez va-t-elle accueillir temporairement les locataires actuels jusqu’à ce qu’ils quittent la résidence, ou bien cette unité de vie aura-t-elle vocation à assurer dans la durée une fonction « RPA » aux côtés de l’EHPAD ? »

 

Réponse de M. Hémon :

 

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/3arrdt/vie_democratique1733/conseil_darrondisse/?aIndex=1

écrit par Pierre BERAT

mai 09

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 28 avril 2009 relative à l’adoption de la charte des conseils de quartier

 

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

 

Pierre Bérat : « Monsieur le Maire, la charte que vous proposez dispose que les conseillers de quartier désignent en leur sein les membres du Bureau. Mais elle ne précise pas la modalité de désignation de ces membres du Bureau. Comptez-vous apporter cette précision dans un futur règlement intérieur des conseils de quartiers ? »

 

Réponse de M. Corrazol

 

Pierre Bérat : « Il me semble toujours souhaitable de fixer dans les textes les processus de désignation, pour que les règles soient transparentes et connues de tous. C’est le cas dans toutes les organisations, toutes les associations. Je pense qu’en ne le faisant pas, vous prenez un risque. Votre approche est porteuse de problèmes potentiels. »

 

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/3arrdt/vie_democratique1733/conseil_darrondisse/?aIndex=1

écrit par Pierre BERAT