août 30

PRIMAIRES, tel a été cette semaine le leitmotiv des « aspirants » à la rénovation du PS ; un battage médiatique qui balançait furieusement entre la fuite en avant et l’écran de fumée. C’était particulièrement le cas pour ceux qui plaidaient pour des primaires larges, ouvertes à l’ensemble du « peuple de gauche », voire allant du PCF au MODEM. Désigner un leader, soit, mais pour porter quel projet ?

 

Soyons honnête, Martine Aubry a essayé de mettre un peu de méthode en précisant qu’un projet devra précéder les alliances ; car primaire élargie implique nécessairement des alliances. Mais pour de nombreux autres leaders socialistes, la primaire semble l’outil miracle permettant de s’affranchir du patchwork et des contradictions idéologiques. Les évidences risquent pourtant de s’imposer rapidement.

 

Voici un mini-quizz, fait de questions en vrac de niveau national et régional, qui permettra à nos amis socialistes de tester leur cohérence « idéologique », en interne et avec leurs partenaires « envisagés », pour clarifier leur projet – en nous éclairant ce faisant sur leurs intentions .

 

  • La France peut-elle s’affranchir des contraintes d’une économie mondialisée ou autrement dit,  peut-elle mener une stratégie économique autonome ?
  • Est-on convaincu qu’il faut d’abord créer de la richesse avant de la partager ?
  • Est-il normal de faire payer aux générations futures les dépenses publiques de « fonctionnement » ?
  • Tout avantage social est-il un droit acquis ou considère-t-on que l’équité sociale amène à adapter constamment les dispositifs de solidarité ?
  • Peut-on tout régler par la prévention en matière de sécurité ?
  • La France doit-elle accueillir sur son sol tous les immigrants qui entrent sur son territoire, y compris dans l’illégalité, ou admet-on qu’il doit y avoir des limites ?
  • Doit-on chercher à réduire les émissions de CO2 uniquement par la sensibilisation ?
  • Apprendre la Marseillaise à l’école : archaïsme ou nécessité ?
  • Faut-il reconnaître les diplômes des universités catholiques comme les diplômes des autres universités ?
  • Le nucléaire est-il une source énergétique d’avenir pour notre pays ? Rhône-Alpes doit-elle jouer une nouvelle carte en la matière ?
  • Organiser de nouveaux Jeux olympiques d’hiver en Rhône-Alpes : opportunité de développement et de rayonnement ou atteinte à l’environnement ?
  • Peut-on encore construire des autoroutes dans une optique d’aménagement du territoire ?

 

Il faudra bien que les forces dites de gauche qui plaident pour les primaires donnent leur position sur ce type de questions. L’agenda politique ne se limite pas en effet à la mise en place de Vélo’V ou à l’aménagement des Berges du Rhône. Quant à une coalition fondée sur « la défense des valeurs républicaines malmenées par Sarkozy », selon les propos récents d’un leader socialiste régional dans le Progrès, outre le fait que le propos est limite, la ficelle est un peu grosse pour servir de programme de gouvernement.

 

Pierre Bérat

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août 26

Un petit post de rentrée, non pas pour décrire mes vacances, mais pour faire part de quelques constats suite à un séjour à Malte. Le tourisme n’empêche pas de s’intéresser aux lieux de séjour !

 

Si l’objet de ce post n’est pas de parler vacances, j’en profite toutefois pour vanter les mérites de la magnifique île de Malte. Après l’avoir visitée trois fois, je ne peux que conseiller cette destination, idéale pour de courtes vacances pour ceux qui veulent découvrir d’étonnants paysages côtiers, se plonger dans les souvenirs de diverses grandes périodes historiques, et profiter de la mer, y compris en matière de plongée pour les amateurs. En ajoutant que les Maltais sont très sympathiques et que cette île a vraiment une âme. Un conseil toutefois : un séjour réussi à Malte implique de ne pas rester «bloqué » dans les stations touristiques mais de découvrir toutes les facettes de l’archipel, de la Valette à Gozo, en passant par M’dina.

 

En allant à Malte cette année, j’étais particulièrement intrigué de voir dans quelle mesure l’entrée dans l’Union européenne pouvait modifier ce petit pays (la population de Lyon sur un archipel long d’une quarantaine de km), même si cette entrée est encore très récente (2004).

 

L’adhésion de Malte à l’Union européenne a été une grande affaire pour cette île-Etat caractérisée par une vie politique intense – dans chaque localité de l’île on trouve ainsi des cafés « représentant » les partis politiques, qui accueillent aussi les touristes ! Après son indépendance, Malte a en effet adopté un positionnement « non aligné » en Europe, sachant qu’elle se trouve à un emplacement stratégique en Méditerranée. Il faut aussi savoir que si la société maltaise est le résultat de diverses influences, elle est riche d’une forte identité, forgée notamment dans la résistance (des chevaliers lors des tentatives de conquête ottomane, et plus récemment lors de la deuxième guerre mondiale, lorsqu’elle était un territoire isolé au milieu des forces de l’axe). Le projet d’intégrer l’Union européenne a été âprement discuté, suspendu, puis repris. En 2003, un référendum l’a approuvé à 53 %.

 

J’ai séjourné à trois reprises à Malte, en 1994, 2000 et donc 2009. Même si la vision est superficielle, il est toujours intéressant de visiter un pays à diverses périodes pour voir comment il évolue. J’ai constaté cet été le développement des infrastructures mais il me semble que Malte avait au moins autant changé entre 1994 et 2000 qu’entre 2000 et 2009. Et c’est avec une grande satisfaction que j’ai pu voir cette année, que Malte, Etat membre de l’Union européenne, conservait la force de son identité, même si comme partout, on retrouve des signes de l’uniformisation mondiale.

 

J’ai profité aussi de ce séjour pour m’intéresser au mode de scrutin en vigueur pour les élections législatives à Malte ; un mode de scrutin rare, particulièrement complexe. A tel point qu’il ne faut pas attendre les résultats à 20 H ! Mais il présente certains aspects intéressants ; il combine proximité, une certaine représentation proportionnelle, mais avec la possibilité de choix individuel des candidats (l’électeur ne se voit ainsi pas imposer des « têtes de liste ») et même celui de panachage entre formations politiques. Intéressant dans notre contexte de réflexion sur le bon mode de scrutin pour les futurs conseillers territoriaux qui pourraient résulter de la réforme des collectivités territoriales.

 

Pierre Bérat

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