déc 30

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A quelques heures du réveillon, je souhaite d’ores et déjà vous présenter, à vous, lecteur régulier ou nouveau visiteur de ce blog, tous mes vœux pour la nouvelle année, à tous et à chacun. Des vœux de santé, de joies et de réussites, et pour ceux qui sont dans le souci, des vœux d’espérance et de renouveau.

Cette année 2009 aura été éprouvante, tant la crise a été brutale et sévère, même si la France a nettement mieux résisté que d’autres pays européens. Si les effets sur l’emploi continuent à se faire durement sentir, nous avons commencé à regagner le terrain perdu en termes d’activité économique. Mais le chemin de la sortie de crise n’est pas terminé, et il reste encore beaucoup de difficultés à surmonter.

On lit parfois qu’après une telle crise mondiale, rien ne sera plus comme avant. Nicolas Baverez évoque une rupture historique. Les Etats doivent faire face à une montagne de dettes, les dépenses des nécessaires plans de relance étant venues s’ajouter à la dette « structurelle ». Plus que jamais, il faut aujourd’hui voir plus loin, se sortir du piège du court terme. C’est vrai en termes de croissance économique, c’est vrai aussi en termes de développement durable. Cela doit l’être aussi en termes de pacte social : quelle France préparons nous pour demain, pour nous-même et pour les générations futures ? Sans s’inscrire dans une perspective de déclin, il faut être conscient des possibilités de notre système et admettre que la « vie à crédit » a trouvé ses limites.

Et pour que notre pays poursuive dans la voie du redressement, je forme aussi les vœux que nous puissions ensemble faire reculer la confusion intellectuelle, qui n’est bien souvent que le masque de la démagogie ou l’outil de visées électorales. Sachons redonner pleinement leur sens au destin partagé, à la citoyenneté, à la solidarité, à l’intérêt général. Consolidons cette communauté nationale que nous avons en partage et dont nous sommes responsables. Et de grâce, positivons sur ce que nous construisons ensemble. « Notre ridicule défaut national est de ne pas avoir de plus grands ennemis de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes » analysait Napoléon. Sans viser la gloire, le temps n’est-il pas venu d’affronter de façon plus responsable et avec suffisamment de cohésion nationale, les défis auxquels nous faisons face ? 

Pierre Bérat

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déc 19

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Il y a quelques jours se tenait – enfin !- au Grand Lyon la réunion de lancement de la concertation sur le réaménagement de la rue Garibaldi. Après quelques jours de réflexion, voici quelques réactions à cette réunion présidée par Gérard Collomb.

Premier constat marquant : la forte participation, qui démontre l’intérêt du dossier pour les Lyonnais de la rive gauche, mais ce n’est pas une surprise. Ce fut une intéressante réunion d’introduction de cette concertation.

Je poursuis par une autre satisfaction. Gérard Collomb a vanté la création du nouveau carrefour avec les rues Arménie/Pensionnat. Cela avait été pour l’équipe d’arrondissement du mandat dernier un combat acharné, et j’avais fortement œuvré en ce sens avec le Conseil de quartier de Voltaire-Part Dieu et les associations. Une reconnaissance qui fait plaisir a posteriori !

La concertation sur cet important projet va porter sur les aménagements le long du nouvel axe Garibaldi, sur les aménagements des espaces publics qui jouxtent la rue, et sans doute sur le nombre de voies de circulation qui seront maintenues. Par contre trois points et non des moindres ne sont pas discutables. Il faut le regretter et les motifs invoqués par le Maire de Lyon sont peu recevables.

La suppression des trémies tout d’abord. Je n’ai pas d’avis arrêté, général, sur la question. J’attends que l’on me démontre la faisabilité de la mise à niveau, en termes d’écoulement du trafic. J’ai en tous cas relever une contradiction. Le Maire de Lyon nous dit que les trémies n’ont aucune utilité dans la mesure où il y a des feux sur l’itinéraire. Son propos est le suivant : à quoi cela servirait-il d’éviter des croisements, si le flux de circulation est arrêté plus loin ? Tout dépend en fait du temps de vert qu’il faut laisser aux différents axes qui coupent Garibaldi. Par ailleurs, on nous explique que le trafic moyen sur l’axe Garibaldi varie de 13 000 véhicules/jour à 30 000 véhicules/jour selon les sections. Une part importante du trafic entre ou quitte en effet Garibaldi le long du parcours. Cela veut dire que les conditions d’écoulement du trafic ne sont pas les mêmes tout le long de l’axe. S’il est possible de gérer un carrefour en surface à un endroit, ce n’est pas forcément le cas ailleurs.

Concernant les trémies, la question a été posée par des habitants de leur réutilisation ; une proposition balayée par le Maire de Lyon au motif qu’il ne concevait pas la vie en ville, sous terre. Certes, il ne s’agit pas de prévoir de créer des bureaux ou des logements dans les trémies ! Mais faut-il pour autant exclure d’autres réutilisations ? A l’heure où l’on parle de densifier la ville, ne faut-il pas ouvrir la réflexion ?

Autre point qui n’est pas discutable : le tronçonnage du projet sur plusieurs mandats. Sur le mandat 2008-2014, seule la (petite) section Vauban (6e)-rue Bouchut (3e) sera réaménagée. Le reste attendra (encore) au moins 2014-2020 ! Gérard Collomb justifie cet étalement, qui devient maintenant historique, par la nécessité de ne pas multiplier les chantiers pour ne pas gêner la circulation ! Plus c’est gros, plus ça passe. La réalité est bien sûr tout autre : c’est encore le résultat d’un arbitrage entre les projets. Rappelons encore ce qu’écrivait Thierry Philip dans son programme électoral : « Nous créerons un parcours vert tout le long de la rue Garibaldi… Ce projet annoncé par Gérard Collomb en Novembre 2007 est budgété dans le plan de mandat 2008-2014 à hauteur de 55 millions d’euros (sic) ». On nous aurait trompé ?

Ce tronçonnage dans le temps est bien sûr extrêmement décevant pour des quartiers qui attendent un mieux vivre depuis déjà 10 ans. C’est aussi une incohérence majeure de la politique des déplacements. Car tant que l’aménagement n’est pas complet, il n’y aura ni itinéraire continu Sud-Nord pour les transports en commun, ni voie verte pour les vélos. Belle opportunité perdue.

Une dernière remarque pour le sourire. J’ai bien noté que le Maire de Lyon avait préféré sa place habituelle à la tribune du Conseil du Grand Lyon plutôt que la place qui lui avait été réservée au centre de l’hémicycle avec les autres élus. Faut-il y voir une rupture définitive avec le Ségolénisme, en refusant ainsi un des principes fondateurs de la démarche participative royaliste ?

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déc 13

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 1er décembre 2009 relative à la modification du stationnement payant.

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

Le groupe Ensemble pour Lyon va s’abstenir sur cette délibération :

  • d’abord parce que nous n’avons pas obtenu en commission les éléments pour savoir quel serait l’impact de la mesure d’extension des horaires et des zones géographiques  en termes de retour sur investissement ;
  • ensuite il y a un sujet sur lequel l’ambition du départ n’a pas été atteinte, c’est la situation des professionnels mobiles. Vous n’avez pas trouvé le moyen de faciliter la vie des artisans qui travaillent dans nos quartiers, c’est dommage ;
  • enfin l’augmentation, même si elle est faible, du forfait mensuel du tarif résident n’est pas bienvenue dans la période actuelle, car c’est une période difficile pour les ménages et dans un contexte d’une pression fiscale locale qui a déjà augmenté de 9 points cette année.

Pour toutes ces raisons nous nous abstiendrons sur cette délibération. ”

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats sur le site de la ville de Lyon à l’adresse suivante :

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/3arrdt/vie_democratique1733/conseil_darrondisse/?aIndex=1

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déc 09

Alors ces élections régionales ? Non le titre n’annonce pas un scoop relatif à un parachutage. Simplement une introduction à deux sujets relatifs à ces élections, mais sans lien entre eux.

Montpellier car le PS vient d’ouvrir la voie au controversé Georges Frêche pour conduire sa liste en Languedoc-Roussillon. Que dire ? Cette décision est plutôt désolante. Elle n’est en plus pas courageuse puisque cette liste n’aura pas l’investiture officielle… mais ne se verra pas opposer non plus de liste investie. Bref, un soutien sans le dire clairement. Qu’en conclure ? Faut-il considérer que c’est la contribution du PS au débat sur l’identité nationale ? Je croyais que ce débat n’intéressait pas le PS.

Et en Rhône-Alpes, quoi de neuf ? Françoise Grossetête nous invite samedi prochain à un second forum populaire, pour échanger sur le projet de la liste UMP. Après le premier forum de Sassenage, cette manifestation traitera de la vie quotidienne au cœur des enjeux régionaux. Pour y participer, voici les infos.

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déc 05

Le Maire du 3e arrondissement vient de réaliser une visite médiatisée du campement de fortune de Villette, occupé par des Rroms, selon les informations diffusées. Cela a été l’occasion pour Thierry Philip de développer une nouvelle fois sa « doctrine » sur une question qui s’avère effectivement complexe.

Ce campement s’est monté sur un terrain du Conseil général, entre la voie SNCF et la voie du tram. La première préoccupation est celle des conditions d’hébergement des familles qui l’occupent : vie sous des tentes alors que l’hiver arrive, hygiène, sécurité du fait de la proximité des voies. Se pose aussi la question de ce qui se transforme en bidonville au cœur de la ville.

C’est la 3e fois cette semaine (en CICA, lors de l’AG du CIL Villette Paul Bert et dans le Progrès) que Thierry Philip développe sa « doctrine ». Le discours est bien rodé et habile – je pense que si le campement se trouvait quelques mètres plus loin, sur un terrain de la Ville ou du Grand Lyon, il serait sans doute un peu différent -… Après avoir évoqué la dimension humaine du sujet, il s’étonne que le Conseil général ne fasse pas appel de la décision de justice qui empêche l’expulsion, puis souligne que c’est à l’Etat de régler le problème, en visant bien sûr le Gouvernement.

Je crois que l’on peut pointer que s’il n’y avait pas eu le gros raté du Grand Lyon lors de la réalisation du T3, qui a conduit à faire contourner provisoirement l’îlot de l’impasse Millon par le Tramway, condamnant ainsi l’aménagement définitif de l’Esplanade Dauphiné-Villette pour de nombreuses années, nous n’en serions pas là. Il n’y aurait sans doute plus ce vaste terrain vague au cœur de l’arrondissement. Voici un héritage du premier mandat de la gauche à Lyon, qui risque d’ailleurs aussi de se traduire par l’édification d’un dépôt du tram à cet emplacement…

Mais pour revenir au cœur du sujet, oui le dossier est complexe. On peut s’étonner de la décision de justice qui empêche la fermeture de ce campement et de ses motivations, alors même que le séjour en France est soumis à conditions. Est-il réellement opportun de légitimer l’occupation sans droit d’un terrain pour y édifier un campement sauvage, au motif qu’il n’y a pas de projet de construction immédiat ? Et puis ce dossier est complexe car au-delà du devenir du site, se pose la question du devenir des personnes qui occupent le campement. Et effectivement c’est bien une question qui relève largement de l’Etat et de l’Europe puisqu’elle touche à la question des flux migratoires.

Mais en la matière, je voudrais inviter le Maire du 3e à pousser sa réflexion encore plus loin, pour être pleinement cohérent dans son approche et sa communication. Car on ne peut, comme le font les élus socialistes en ce moment, dénoncer au quotidien avec outrance la politique du Gouvernement en matière d’immigration, l’accusant de trop de sévérité, et en même temps en appeler à des solutions nationales. Pour éviter les conséquences humaines désastreuses de ces flux migratoires, il faut effectivement soutenir le développement dans les pays d’origine. Mais il faut aussi éviter d’émettre des signaux tendant à faire croire que la France accueillera toute la « misère du monde ». Une attitude plus responsable de la gauche en la matière serait la bienvenue.

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