avr 25

La 2e session du Conseil régional a encore été très formelle, avec l’adoption du règlement intérieur, les désignations des représentants dans les organismes extérieurs (lycées notamment) et la mise en place des commissions. Une dose de « fond » toutefois avec un débat sur la réforme des collectivités territoriales, débat qui pose question sur les priorités de la majorité régionale.

Cette session aura fourni une nouvelle illustration du « déficit d’ouverture » de la majorité rose-rouge-verte. Elle a refusé de confier la présidence de la Commission des finances à l’opposition –ce qui aurait marqué une volonté de transparence -, à la différence de ce qui se fait en Région Ile-de-France. Par ailleurs, quasiment aucun représentant de l’opposition n’a été désigné pour siéger dans les lycées publics, un sectarisme qui aura aussi un coût compte tenu des longs déplacements que devront réaliser les représentants de gauche pour se rendre aux multiples réunions…

Le débat sur la réforme des collectivités territoriales a confirmé la posture annoncée par Jean-Jack Queyranne dans son discours d’installation. Il s’agit de positionner la Région comme un contre pouvoir.

Quelles conclusions à ce débat ? On voit bien que la préoccupation première est celle du mode de scrutin, avec une concentration des critiques sur le scrutin uninominal proposé pour les futurs conseillers territoriaux. La Gauche a renouvelé son procès en sorcellerie fait au futur conseiller territorial, lequel, élu dans un « super-canton » serait selon elle incapable de porter une vision régionale, ne s’occupant que des « petits intérêts » cantonaux. Drôle de défiance vis-à-vis des élus locaux. Comme l’a dit mon collègue ardéchois Mathieu Darnaud, pour notre groupe de la Droite et du Centre, la vision est claire : c’est un territoire = un élu, pour que l’électeur sache à qui demander des comptes et pour assurer une juste représentation de tous les territoires au niveau régional. Et nous faisons confiance aux futurs conseillers territoriaux, pour concilier implication locale et vision régionale. N’est-ce pas Gérard Collomb qui déclarait ces derniers jours qu’il assurait mieux sa mission de sénateur, donc au service de la France, parce qu’il était riche de son ancrage local en tant que maire ?

Mais parlons priorité. Etait-il vraiment nécessaire de consacrer le premier débat du nouveau Conseil régional à cette réforme, alors que cette dernière va justement être débattue là où il se doit, à savoir au Parlement. Pour ma part, je pense qu’il aurait été plus utile de débattre de la situation économique et de l’emploi, des sujets au cœur des compétences de la Région. En cette période de sortie progressive de la crise, alors que les effets de cette dernière sur l’emploi sont encore là, la situation reste très fragile. Elle nécessite un pilotage subtil par les acteurs, que ce soit à propos de l’arrêt progressif des mesures de relance ou pour le soutien au rebond de l’activité. Il aurait été intéressant d’entendre les positions des uns et des autres, représentants des Rhônalpins, sans attendre encore un mois…

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avr 19

De retour de quelques jours de congés, on me signale un billet me concernant sur le blog de Madame Brugnera, conseillère du 3e chargée de la petite enfance. Il fait suite à un échange que nous avons eu sur le dossier des Relais d’assistantes maternelles « Citrouille et Potiron » lors du conseil d’arrondissement du 3e. Madame Brugnera entend ainsi « rectifier des contre vérités que je véhiculerais sur le sujet ». Diantre ! Interroger serait donc proférer des contre-vérités.  Le plus cocasse, c’est que non seulement elle ne démontre aucune contre vérité, mais bien au contraire, elle confirme les points que j’avais soulevés, en contredisant par la même le Maire du 3e  – cf. mon billet du 28 février !

1er élément. La conseillère à la petite enfance écrit que face à deux options – la reprise des relais par la Mutualité du Rhône ou la reprise par une association de parents et d’assistantes maternelles -, la Ville de Lyon fait le choix de la 1ère option. Il y a donc bien un choix et non une « automaticité juridique ». J’avais voulu éclaircir ce point, et le Maire du 3e avait répondu que la 1ère option était la seule solution juridiquement possible. Va comprendre…

2e élément. Je m’étais étonné en conseil du fait que les anciens salariés des Relais n’avaient apparemment pas reçu de proposition écrite de recrutement dans le cadre du nouveau montage. La conseillère à la petite enfance confirme que les courriels ont été adressés aux relais, alors que les salariés n’avaient plus accès aux locaux…

Je voudrais revenir aussi sur le qualificatif « exemplaire » que j’avais employé et qui semble poser problème à Mme Brugnera. Oui, je trouve intéressantes les expériences qui voient des citoyens, en l’occurrence des parents et des assistantes maternelles, se mobiliser dans la durée pour gérer un équipement. Visiblement, à entendre Mme Brugnera, l’autogestion n’est plus une approche prisée à gauche…

Je voudrais aussi dire que quatre mois de fermeture de relais d’assistantes maternelles, ce n’est pas une simple « péripétie administrative ». L’affaire aurait dû être mieux gérée pour éviter la rupture. Je voudrais lui dire aussi qu’il revient aux élus d’arrondissement de répondre aux questions « techniques » posées sur les dossiers. La réponse « voyez avec la Mairie centrale », même sur des points juridiques « complexes » n’est pas satisfaisante. De la même façon, les élus d’arrondissement auraient pu faire en sorte de veiller à ce que les salariés soient bien informés, en essayant de rapprocher les points de vue. C’est dans cette intermédiation et cette contribution à l’ingénierie des dossiers que réside la valeur ajoutée des élus d’arrondissement.

L’important maintenant est effectivement la réouverture des relais et de renouer avec leur succès avec la Mutualité du Rhône. Pour autant, il faut être transparent sur la gestion de ce dossier et en tirer les leçons.

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avr 06

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Je me suis abstenu lors du Conseil du 3e de ce soir sur les délibérations approuvant les modalités des concertations relatives à l’extension de la ligne de tram T3 pour la desserte du Grand stade et à d’autres aménagements de T3 pour l’exploitation conjointe T3/Rhônexpress ; une abstention non pas par désaccord sur la concertation, mais pour signifier des interrogations sur le fond du dossier à la fois au plan global et pour son impact sur le quartier Villette.

Le projet d’extension de la ligne T3 consiste à créer un débranchement de la ligne à Décines pour rejoindre le site du futur Grand stade, avec création d’un nouveau terminus.

Nous abordons ce projet avec la plus grande circonspection tant il est mené dans la précipitation avec un minimum d’informations. C’est vrai pour le dossier global du Grand stade et de ses futurs accès financés par la collectivité. Par ailleurs, les dossiers de l’extension/aménagement de T3 ne sont pas sans incidences pour le quartier Villette, à deux niveaux : d’une part, avec les menaces qu’ils font planer sur la réalisation complète de l’esplanade verte Dauphiné II, d’autre part, avec les conséquences sur la circulation automobile. Ce sont ces interrogations et ces doutes qui motivent notre abstention.

Premier aspect sur lequel il faut être vigilant : les projets d’extension de l’emprise du tram sur l’espace dédié à l’Esplanade verte Dauphiné II. Chacun connaît les besoins du quartier Villette Paul Bert en espaces verts, notamment depuis la « démission » de la Ville de Lyon sur le tènement Keller Dorian. Aujourd’hui, le projet soumis consiste à réaliser sur l’îlot Millon, à côté des voies du tram, des aménagements complémentaires (aire d’attente, régulation des rames et quais). L’aménagement pourrait rester limité, mais rappelons-nous qu’il y a encore quelques semaines on nous parlait de créer à cet endroit la gare de départ pour le Grand stade. Il s’agit des terrains de l’Esplanade Dauphiné II les plus proches du cœur de quartier de Villette. Je serai particulièrement vigilant pour éviter un mitage progressif de ces terrains, comme je l’ai fait dans le passé quand le Grand Lyon avait proposé de réaliser une déchetterie le long de l’esplanade Sans Souci Dauphiné I.

Deuxième aspect : celui de l’impact sur la circulation automobile au niveau du carrefour déjà très complexe de Paul Bert/Villette/Lacassagne. En prévoyant une desserte du Grand Stade en T3 depuis la Part Dieu, cela signifie des rames supplémentaires qui vont s’ajouter aux T3 classiques, aux T4 et à Rhônexpress  lorsqu’il y aura des matchs ou d’autres événements au Grand stade. Cela signifie que le carrefour sera très fréquemment bloqué par le passage de rames, coupant ainsi l’axe essentiel que constitue Paul Bert/Lacassagne pour la sortie de Lyon et la desserte de la gare. On peut légitimement craindre l’asphyxie du quartier.

J’imagine déjà l’argument opposé par la coalition rose-verte : il faut apprendre à vivre sans voiture à la Part Dieu. Comme chacun le sait, pour faire vivre les grands centres d’affaires et de communication, une bonne desserte en trottinette est suffisante… Pour être plus sérieux, je note la mention suivante dans la délibération relative à la concertation sur l’extension de T3 pour la desserte du Grand stade : « ce débranchement implique la construction d’un ouvrage d’art permettant le franchissement de l’avenue Jean-Jaurès à Décines et ainsi d’éviter toute problématique d’interface de circulation routière… ». Les risques évoqués pour Décines, pour le seul tronçon de l’extension, ne sont-ils pas d’autant plus importants pour le tronçon du tram à Lyon 3e qui verra passer Rhônexpress, les T3 normaux et Grand stade, et T4 ?

Je fais une proposition : pourquoi ne pas prévoir une desserte du Grand stade par T3 uniquement à partir de Vaulx-en-Velin la Soie qui permet la connexion avec la ligne A du métro ? Cela limiterait le coût de la desserte du Grand stade tout en évitant de surcharger encore l’arrivée de T3/T4 sur la Part Dieu.

Chacun pourra donc s’exprimer sur ces dossiers importants du 23 avril au 4 juin dans le cadre de l’enquête publique.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,