oct 26

Le débat d’orientation budgétaire constituait un point important de la dernière session du Conseil régional ; une session marquée également par un vote qui m’a posé un premier cas de conscience et par une majorité rose-rouge-verte, décidément bien peu soudée, qui s’est pris les pieds dans le tapis de ses obsessions anti-gouvernementales.

Le débat d’orientation budgétaire consiste, deux mois avant l’examen du budget – délibération clé de l’Assemblée régionale -, à engager un premier examen des politiques qu’entend mener le Conseil régional au cours de l’année à venir et à examiner les ressources à mobiliser pour financer ces politiques.

Premier constat, l’exécutif régional présente des orientations budgétaires reposant sur des recettes stables. Je note que le CESER parle lui de hausse des recettes. Quoi qu’il en soit, pas de baisse a priori. Et pourtant, voilà des mois que les socialistes jouent les pleureuses, annonçant une asphyxie de la Région du fait d’une baisse des recettes fiscales qui serait liée notamment à la réforme de la taxe professionnelle…

Côté politiques à mener, et donc dépenses à financer, difficile de déceler une stratégie régionale. Voici comment ces orientations sont présentées :

  • Formation tout au long de la vie pour favoriser l’égalité des chances et permettre le développement personnel et collectif
  • Le développement au service de l’emploi pour tous
  • Une Eco-région exemplaire pour un développement durable
  • Une Région solidaire et citoyenne.

Moi aussi je suis pour le Bien et contre le Mal !!!! Ces orientations politiquement correctes pour une coalition rose-rouge-verte recouvrent en fait un catalogue d’actions, qui ne constitue pas une stratégie à même de faire face aux enjeux régionaux. On note bien par ailleurs qu’il n’y a aucune présentation raisonnée d’optimisation de la dépense, alors que chacun sait que toutes les collectivités doivent faire un effort d’économie. Finalement l’approche de la gauche reste la même : une seule orientation est pour elle vertueuse, celle de l’augmentation du budget, pour empiler des actions permettant de servir ses différentes composantes.

Cette session aura été pour moi l’occasion d’un premier « cas de conscience ». L’exécutif a souhaité soumettre au vote une subvention pour la restauration de la basilique Saint Augustin d’Annaba en Algérie ; une participation au financement dans le cadre d’une coopération entre la Ville de Saint Etienne et la région d’Annaba. Notre groupe « Union de la droite et du centre » a fait remarquer qu’un tel projet était en marge des compétences d’un Conseil régional. Mais à partir du moment où l’exécutif soumettait ce projet, comment se prononcer sur le fond ? Notre groupe a opté pour la liberté de vote pour ses élus. Je dois dire qu’initialement, j’avais prévu de voter contre ce projet. Plusieurs raisons pouvaient y pousser : le contexte qui rend nécessaire les économies budgétaires, le fait que de nombreuses communes ne soient pas aidées par la Région pour leurs projets patrimoniaux, et bien sûr la question de la laïcité. Mais ce projet apparaît comme un cas particulier, fort en symbole puisqu’il s’agit de la sauvegarde d’une basilique en Algérie. Sa résonance est considérable, en référence à notre histoire difficile avec ce pays, mais aussi pour les liens apaisés qui restent à construire. Approuver ce projet, c’est envoyer un message fort pour l’avenir de nos relations avec l’Algérie. Mon collègue Michel Voisin, député de l’Ain, dessinait bien ce symbole en souhaitant que cette aide de la Région soit accompagnée d’un message au Gouvernement algérien appelant à garantir la liberté de croyances, faisant référence aux chrétiens récemment inquiétés dans ce pays pour ne pas avoir respecté, en toute discrétion, les principes du Ramadan.

La session s’est terminée plus tôt que prévu vendredi. Les différents vœux proposés par la Gauche pour approbation par l’Assemblée régionale, appelant notamment au retrait de la réforme des retraites, n’ont pas pu être examinés. Notre groupe politique a en effet fait constater que le quorum n’était plus atteint. Une façon de dire d’abord, après deux jours de débat au cours desquels les attaques contre le Gouvernement ont été constantes, que cela suffisait. Les affaires régionales sont suffisamment vastes et importantes pour ne pas se disperser. Ensuite, la moindre des choses, si les élus PS, communistes et Verts veulent faire de la politique politicienne à la Région, contre le Gouvernement, c’est qu’ils assument au moins en siégeant jusqu’au bout !

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oct 18

L’arrivée des lycéens dans les manifestations contre la réforme des retraites interpelle. Elle inquiète aussi face au constat des débordements qu’elle occasionne, du fait de certains individus, comme c’était prévisible.

Revenons tout d’abord sur le feuilleton de la semaine des déclarations du PS sur le sujet. Nous avons tout d’abord eu les paroles de Madame Royal, lundi au cours du Journal de 20 H, invitant les jeunes à descendre dans la rue, retrouvant ainsi les accents démago-populistes de sa campagne présidentielle. Paroles bien irresponsables suivies le lendemain d’une tentative de démenti, bien peu convaincante, d’autant plus qu’elle s’est accompagnée du lapsus « politiquement » au lieu de « pacifiquement ». On critique souvent les journalistes. J’ai pour ma part admiré la journaliste de France Info qui a mis Mme Royal face à ses ambiguïtés. Le 13 octobre, la conseillère générale de Montchat, Mme Vallaud-Belkacem, toute à ses œuvres parisiennes, se félicitait que les responsables politiques incitent les jeunes à s’exprimer… Et en fin de semaine Gérard Collomb, après les troubles survenus à Lyon, en appelait à la responsabilité de chacun pour un retour rapide à l’ordre et à la tranquillité publique…

Mais ces variations socialistes ne sont que l’écume des choses. J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, mais je crois que les leaders du PS portent une lourde responsabilité dans le climat social du pays. En adoptant une posture d’opposition systématique, anti-sarkozyste, en utilisant sans cesse la référence aux principes et aux valeurs au risque de leur faire perdre leur sens, en faisant preuve de démagogie, de compassion gratuite et de positions simplistes, ils contribuent à créer une situation de « rébellion » citoyenne sur des sujets incontournables qui sont traités dans la sérénité dans la plupart des autres pays. Ils ont ainsi pris une lourde responsabilité en jetant constamment de l’huile sur le feu.

Si les incitations à la manifestation des jeunes sont évidentes, il est clair néanmoins que nombre de ces jeunes ressentent et expriment des inquiétudes. Que disent-ils ?

J’ai entendu certains jeunes manifestants déplorer le report de l’âge légal de la retraite, refusant la perspective d’une carrière professionnelle plus longue. Sur ce point, je crois qu’il faut être clair. A partir du moment où il y a une réponse au problème de la pénibilité, les générations qui arrivent sur le marché du travail, plus encore que ceux qui sont actuellement au travail, doivent comprendre que l’allongement de la durée de travail peut être une réponse pour sauver le régime de retraite par répartition, dans la mesure où l’espérance de vie s’allonge.

Mais nous entendons aussi une autre inquiétude, qui est celle de l’entrée sur le marché du travail, de l’insertion professionnelle. Certains jeunes expriment leur crainte de voir s’accroître encore les difficultés d’insertion professionnelle, les séniors occupant plus longtemps leur emploi du fait du report de l’âge de la retraite.

En la matière, il y a deux visions qui s’opposent. Celle de la gauche d’une part, qui raisonne toujours à situation constante. Un sénior qui travaille plus longtemps, ce serait une opportunité professionnelle de moins pour un jeune. C’est la même conception que pour les 35 H, qui reposait sur l’idée que le travail était un gâteau qu’il convenait de partager… sans intégrer le fait que l’existence d’un gâteau à partager nécessitait de réunir un certain nombre de conditions, et sans imaginer qu’il était aussi possible, sous certaines conditions, de disposer d’un gâteau plus gros.

D’autre part, selon une autre conception, plus dynamique, on peut considérer qu’avec un régime de retraite rééquilibré, cela permettra d’éviter une pression encore plus forte en termes de prélèvements, donc une activité économique plus dynamique. Ce sera aussi une maîtrise du déficit, donc plus de confiance des acteurs économiques pour investir. Tout cela créant des conditions plus favorables à la création d’emplois.

Souhaitons que les jeunes ne se laissent ni utilisés à des fins politiques, ni abusés quant aux enjeux de cette réforme.

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oct 12

Grenoble a été plusieurs fois dans son histoire un laboratoire politique. Mais la semaine dernière, la ville a plutôt été le cadre d’un crash test pour la coalition rose-rouge-verte du Conseil régional.

L’annonce de la destruction d’un lycée de la ville, à défaut de sa réhabilitation, a mis le feu aux poudres entre PS et Verts locaux. Il est vrai que l’on a parfois tendance à oublier, vu de Lyon, que les Verts sont dans l’opposition à la Municipalité PS de Grenoble. Mais cette affaire locale a rapidement pris une tournure régionale. Le Président du groupe PS à la Région s’en est pris « vertement », si j’ose dire, aux Verts, dénonçant leurs exigences et oppositions qui « écornent sérieusement la cohérence de notre majorité ». Bel aveu ! (rétrospective ).

Il est vrai que ces dernières semaines ont largement illustré la difficulté de cette majorité à s’entendre. Traductions concrètes, certaines délibérations de l’exécutif ont été retoquées par l’Assemblée régionale. Et le constat est le même dans les groupes de travail, avec d’un côté des Verts arc-boutés sur des positions de principe et des élus PS qui voudraient continuer à gérer les affaires comme avant… et des élus Front de gauche et PRG qui essayent de faire entendre leur petite musique. On voit bien aussi que l’extrême lenteur qui marque le début de cette mandature trouve une bonne part de son explication dans ces oppositions et rivalités, et les incontournables négociations qui en découlent.

Tout cela ne porte toutefois pas à sourire. Il apparaît que les Rhônalpins ont largement été trompés par une offre de coalition de circonstance. Pendant que cette « majorité » joue à se faire peur, le temps passe… alors que les enjeux du moment (en matière d’emploi, de sortie de crise, de grands événements, d’infrastructures…) exigent plutôt une politique régionale pointue, réactive et déterminée.

On peut avoir aussi une autre crainte, celle de voir la dépense régionale poursuivre dans la « non maîtrise » pour « arroser » à la fois ici et là, et contenter ainsi les différents soutiens politiques. C’est souvent une solution pour faire taire les oppositions les plus virulentes. Mais on est bien loin de la nécessaire recherche d’économies, pas plus que cela ne fait une politique régionale !

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oct 07

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Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 7 octobre 2010

“Il ne me semble pas souhaitable d’approuver en l’état les conventions de mise à disposition du bâtiment de la rue Lamartine pour y relocaliser une partie des espaces de production artistique de la friche RVI.

D’abord, il apparaît assez évident que ce bâtiment, enclavé, bordant une petite rue résidentielle, à quelques mètres des habitations, qui plus est dans une rue qui connaît déjà des problèmes de maîtrise de son occupation du fait d’un statut complexe, n’est pas une localisation adaptée pour une relocalisation de la friche. La proximité de cette dernière ne saurait constituer une raison suffisante. Et notre responsabilité d’élus du 3e arrondissement est de veiller au cadre de vie des habitants.

Je précise, pour que les choses soient bien claires, et ne donnent pas lieu à une présentation erronée, que je ne suis pas opposé au principe des espaces de production artistique sous forme de friches. Je précise aussi, que, oui, il y a eu une activité intéressante de création artistique sur la friche RVI.

Le problème c’est que les conventions qui nous sont soumises ne présentent pas les garanties pour assurer la tranquillité publique à laquelle ont droit les habitants.

Qu’est-ce qui permet de porter cette appréciation ? Tout simplement l’expérience de la friche RVI. Que nous apprend cette expérience ?

  • Que l’on a beau prendre toutes les précautions sur le caractère précaire et temporaire de la mise à disposition, il est toujours difficile d’y mettre un terme. Ce type de projet enclenche du « provisoire qui dure ». Les habitants, comme les porteurs du projet d’extension du stade Foe ont toutes les raisons de craindre « un provisoire qui dure ».
  • 2e enseignement : malgré leur bonne volonté, les acteurs de la friche autogérée, ont été débordés par certains occupants, ce qui a rendu comme vous le savez problématique la maîtrise de ce qui se passait sur le tènement, provoquant des nuisances importantes pour le voisinage.

 Que prévoient les conventions ?

  • Tout d’abord une gestion du site Lamartine qui de nouveau est porteuse de dérapages. L’association de gestion « Lamartine » va coiffer des collectifs d’artistes, des conventions étant signées à la fois avec l’une et avec les autres. Mais comment l’association Lamartine, qui aura la charge d’attribuer les clés, sera-t-elle en mesure concrètement de contrôler qui peut séjourner dans le bâtiment ? Et cette association, comme les collectifs, risquent d’être soumis comme cela a été le cas sur la friche RVI, à une « pression sociale » conduisant à étendre les droits d’accès.
  • 2e constat : pour faciliter le montage, la Ville de Lyon fait le choix de dire que le bâtiment ne sera pas un ERP (établissement recevant du public). Cela l’exonère ainsi d’un certain nombre de mesures. Mais dans les faits, les conventions le disent elles-même, il y aura des visiteurs et des clients qui accéderont au bâtiment, bâtiment qui sera libre d’accès et non doté d’un gardien. On en arrive ainsi à une situation étonnante : le Foyer de Montchat, qui accueille des associations, dispose d’un gardien, avec des règles d’utilisation très strictes qui pénalisent parfois l’activité de ces associations. Dans le futur bâtiment Lamartine, rien de tout cela… La Ville fait ainsi le choix de se tenir en marge : il est même précisé qu’elle ne pourra pas se rendre dans le bâtiment avant un délai de 24H après l’annonce de sa venue…
  • Si l’on ajoute qu’il reste des interrogations sur le respect des normes « sécurité », qu’il n’y a pas de limites dans les horaires d’utilisation, alors que certaines activités sont potentiellement bruyantes, on voit bien que toutes les précautions ne sont pas prises et que la Ville ne se donne pas les moyens de maîtriser l’utilisation future du site.

Dans ces conditions, il ne me semble pas possible de voter favorablement. Et l’on ne peut que souhaiter que ces conventions soient revues d’ici le Conseil municipal, en prévoyant au minimum, la présence d’un gardien et une référence à des horaires d’utilisation.

Enfin, si l’on élargit les constats, il apparaît assez clairement que ce secteur de notre arrondissement fait l’objet d’une gestion très approximative. La rue Lamartine se voit attribuer une nouvelle vocation dans la précipitation, avec une Ville de Lyon qui ne se donne pas les moyens de son discours. La sortie de la friche RVI est dans le même temps mal négociée. Parallèlement, tout le secteur fait l’objet d’un aménagement sans vision urbanistique d’ensemble. Cela donne une impression de « ni fait, ni à faire ». Comme l’a souligné justement Mme Panassier, le secteur RVI Merck est aussi vaste que celui des Grattes ciels à Villeurbanne. Imagine-t-on un instant le Maire de Villeurbanne lotir cet espace comme les choses s’annoncent pour Merck-RVI ?

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oct 03

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Les arbustes en pot géant du boulevard Vivier-Merle ne laissent pas indifférents ; j’ai ainsi été interrogé plusieurs fois depuis la rentrée sur le sujet.

Pour tout dire, je trouve l’idée et le résultat intéressants. Cela donne une certaine image de modernité. Mais après les goûts et les couleurs, ça se discute… Je ne suis par contre pas sûr qu’ils soient placés au bon endroit. Ils ont beau être imposants, ils ne sont pas si visibles que cela, notamment parce qu’ils sont derrière une bordure plantée.

Le coût ensuite : les 220 000 euros annoncés constituent effectivement une somme. Je comprends que cela puisse « faire tousser » les habitants qui attendent depuis des années de petits aménagements de première nécessité.

En parlant de cadre de vie, je crois par contre qu’il faut être clair. D’évidence, cet aménagement a du mal à se rattacher à une politique de proximité. Le voisinage immédiat n’est en effet pas très dense en population. Je suis un peu surpris quand j’entends la justification de la Mairie du 3e qui prétend que cela décline concrètement la volonté du Maire de faire de la Part Dieu un lieu de vie pour ses habitants.  Rendre la vie plus agréable pour les habitants de la Part Dieu ce devrait être beaucoup plus concret : par exemple faciliter le cheminement piétons dans la gare de la Part Dieu, soutenir les commerces de proximité, assurer la continuité des itinéraires cyclables autour du centre commercial, réduire les nuisances liées à la thrombose de la circulation autour de la gare…

Mais je ne suis pas surpris par l’argument. Depuis que j’ai évoqué ces questions de cadre de vie à la Part Dieu (« Part Dieu quartier à vivre »), dans chaque discours de Thierry Philip, le rédacteur a bien pensé à rajouter que tel ou tel aménagement était pour les habitants du quartier… Des mots, toujours des mots. On nous construirait une raffinerie sur l’esplanade Dauphiné que l’on nous dirait que c’est pour le cadre de vie des habitants !

Pour en revenir au « mobilier » urbain, je crois aussi que l’on peut avoir une approche qui ne se limite pas à la « signature » globale de l’agglomération. Ce mobilier urbain, et l’art urbain, peuvent aussi servir à conforter l’identité des quartiers et à embellir le cadre de vie. En la matière, nous avions proposé un plan volontariste dans notre programme municipal. Force est de constater que les quartiers restent les grands oubliés en la matière : on ne constate pas de politique visant à travailler sur un embellissement coordonné des centres de quartier. Une démarche avait débuté sur Montchat avec la rénovation de l’éclairage public mais elle me semble patiner…

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