jan 29

Quelques réactions à la réunion d’information organisée par le Maire du 3e, lundi dernier, pour présenter les aménagements futurs sur le tènement RVI. Thierry Philip peut remercier la SEPR et les Compagnons pour la présentation très complète de leurs projets ; ainsi, les points plus problématiques du devenir du tènement RVI ont été largement « survolés »…

Première conclusion que je tire de cette réunion, c’est la qualité des projets de construction tant pour la future extension de la SEPR que pour les nouveaux locaux de la Fédération compagnonnique. La qualité architecturale semble au rendez-vous et les projets apparaissent bien pensés. J’ai notamment trouvé très intéressante l’idée des Compagnons de mettre en valeur les ouvertures du mur « classé » de la rue Feuillat, en s’en servant pour promouvoir des chefs d’œuvre.

Deuxième constat, c’est l’inquiétude largement exprimée par les riverains quant aux conséquences des aménagements en termes de circulation et de stationnement. La situation est déjà difficile aujourd’hui, il est probable qu’elle le sera plus encore demain. Cela nous renvoie à la nécessité d’avoir une approche globale pour l’aménagement de ce secteur du 3e, pour assurer son accessibilité.

La présentation des élus du 3e m’a aussi conforté dans ma conviction qu’il manque une approche urbanistique. Nous n’avons ainsi pas eu de présentation d’une approche globale du devenir de ce « morceau du 3e », situé entre le tramway T3 et le cours Albert-Thomas : quelle vocation doit-il avoir en plus des établissements de formation, quelle identité urbaine faut-il construire, comment va-t-il « fonctionner »… ? Comme l’a fort justement dit un membre du Conseil de quartier de Montchat, on nous présente une juxtaposition de projets, mais cela ne fait pas une vision d’ensemble. Chaque fois que le « public » a évoqué la dimension urbanistique, le Maire du 3e ou l’adjointe à l’urbanisme ont répondu architecture et construction ! On s’interroge ainsi sur la convivialité de proximité pour les habitants, la création d’une respiration verte sur Lacassagne, la création d’une « porte d’entrée » marquante sur Montchat… le Maire du 3e et son adjointe à la construction (pardon à l’urbanisme !) ont essentiellement répondu que les concepteurs allaient travailler sur la transparence de la future bibliothèque, pour que l’on puisse voir le parc depuis l’avenue Lacassagne ! Il faudra aussi travailler à la transparence des livres !!!

Autre clé de compréhension qui nous a été donnée par le Maire. Selon lui, la construction d’un immeuble HLM entre le futur parc et l’avenue Lacassagne était inévitable car « il fallait bien que le Grand Lyon valorise correctement au moins un petit morceau du tènement ». Ainsi, le Grand Lyon a fait un effort financier sur les ¾ du tènement pour la réalisation des établissements de formation et du futur parc, mais il ne serait pas possible de prolonger cet effort pour créer une respiration urbaine salutaire sur l’avenue Lacassagne.  Les habitants contribuables du 3e apprécieront…  Face à ce refus de faire un effort pour répondre aux besoins du quartier, il convient d’être très vigilant quant aux choix qui seront faits pour l’espace « non encore affecté » au Nord-Ouest du tènement. Il y a toutes les raisons de craindre que « l’optimisation foncière » ou, dit autrement, « la nécessité de dégager du cash » conduisent aux mêmes renoncements.

Bref on comprend mieux, mais on ne partage toujours pas l’approche !

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jan 23

Grand étonnement, il y a quelques jours, en recevant un mail de l’adjoint au Maire du 3e chargé de la démocratie de proximité, adressé aux membres des conseils de quartier, proposant une formation sur la conduite d’une ZAC. A quoi cela peut-il bien servir dans notre arrondissement de connaître le déroulement d’une zone d’aménagement concerté ? Quand on voit ce qui se passe pour l’esplanade Dauphiné-Villette Nord ou bien les tènements Merck-RVI, on est bien loin d’une telle procédure : pas de vision d’ensemble, pour s’assurer de la cohérence des aménagements et de l’équilibre urbanisation-équipements publics ; quant au qualificatif « concerté », dans le cas de RVI, c’est tout simplement un mot à bannir du vocabulaire. Il vaudrait mieux former aux méthodes utilisées pour les zones d’urbanisation prioritaire dans les pays émergents, cela serait plus proche de notre réalité.

Les terrains RVI-Merck restants disponibles, à la jonction de Sans-Souci et Montchat, ce sont plus de 60 000 m² à aménager : un vrai morceau de ville, une opportunité extraordinaire de créer un cadre de vie valorisant. Mais voilà, ces espaces sont promis à une urbanisation « à la découpe », posant ici et là tel équipement, et tout cela se décidant dans les bureaux. On parle d’une voie nouvelle au milieu du tènement RVI, mais celle-ci change de localisation et de statut au gré des discussions bureaucratiques. On annonce une école dans le programme électoral de Thierry Philip, celle-ci est positionnée sur les plans « secrets » d’aménagement, puis elle disparaît, véritable « concept électoral à durée de vie limitée ». Cela en dit long sur le sérieux des programmations et l’étude des besoins. On promet un équipement de service public pour le 3e Est, mais personne ne se pose la question de son utilité dans le secteur. On promet un parking, puis celui-ci se déplace. On n’avance pas sur le projet de station de tram rue Feuillat, alors que ce serait un plus pour desservir le nouveau pôle éducatif et d’habitation. On annonce finalement une bibliothèque (encore une fois une bonne chose si elle est correctement desservie en transports en commun). Et cela finit par le choix d’une construction d’un immeuble HLM, en bordure de Lacassagne, histoire de bien « refermer » l’îlot RVI sur lui-même (cf. mon précédent post sur cette erreur urbanistique majeure).

Un récent article des Potins d’Angèle évoquait le projet de l’Hôtel Dieu et les attentes déçues des habitants en termes de concertation ; il avait fallu dépêcher en urgence à une réunion d’information, Gérard Claisse, adjoint chargé de la concertation, pour « incarner » un semblant d’écoute. Dans le 3e, on ne se donnera même pas cette peine. Certes, nous aurons une réunion d’information lundi soir ; une réunion qui n’est pas sans lien avec le débat que j’ai initié suite au vote du projet de bibliothèque lors du dernier Conseil d’arrondissement. Voilà à quoi sert l’opposition, dénoncer ce qui mérite de l’être et faire bouger les choses au moins en termes de transparence. Mais le mouvement reste faible. Ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’une réunion d’information au cours de laquelle seront présentés les « projets retenus » pour le tènement RVI, comme le précise le courrier d’annonce. Des projets « retenus » par des gens qui “savent” ce qui est bien pour le 3e, ou plutôt, dans leur approche, ce qui est bien pour ces m² disponibles à cet endroit de la Ville. Et attention, habitants du 3e, il convient de dire merci à ces “choix éclairés” qui sont faits pour vous (cf. la réaction virulente du Maire du 3e contre la presse lors du dernier Conseil municipal, parce que celle-ci avait osé relayer les mécontentements d’habitants du quartier).

Mais entre nous, habitants du 3e, est-il acceptable de se faire imposer ces choix « éclairés », en absence de tout débat démocratique ? Bien sûr que non, parce que ces m², ce morceau de ville de demain, c’est notre bien commun.

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jan 16

J’ai récemment  rendu visite, en voisin, à l’association France Alzheimer 69 qui organisait un après-midi convivial au Château Sans Souci ; l’occasion de mieux saisir, en discutant avec les responsables de cette association, l’ampleur et la complexité des enjeux liés à cette maladie.

Comme cela arrive régulièrement, l’une des personnes responsables de l’association me disait « vous avez bien du mérite d’assister aux rencontres associatives le samedi après-midi ». Je lui ai répondu, comme je le fais toujours, que cela me semble faire partie de la mission d’un élu et que personne n’est obligé de faire de la politique. Par ailleurs, c’est pour moi bien loin d’être une « obligation » mais bien plutôt une des facettes les plus motivantes de l’engagement public. En effet, confronter sa vision, ses convictions ou ses projets, aux réalités sociales ou économiques, je trouve cela très enrichissant.

Ce moment passé avec France Alzheimer Rhône en a été un bon exemple. Je connais peu cette maladie, et ma discussion avec les responsables de l’association m’a permis de mieux comprendre comment elle se traduit, ses différentes formes et ses traitements.

J’ai été très intéressé par les témoignages sur l’accompagnement des patients ; un accompagnement qui peut être une véritable épreuve pour le proche qui prend en charge le malade. J’ai ainsi appris combien il était important que ces accompagnants trouvent un soutien de leur environnement, mais aussi de la collectivité, pour qu’ils ne restent pas seuls face à cette épreuve qui peut les déséquilibrer et atteindre leur santé. D’où l’importance de l’aide aux aidants, qu’il s’agisse du « simple » soutien moral ou des services mis à leur disposition. Cette discussion m’a aussi fait découvrir que, malgré la nécessité de s’accorder des « pauses » dans l’accompagnement , les aidants étaient souvent réticents à placer temporairement leurs proches dans une structure d’accueil, même pour quelques heures. Faire comprendre que ce relais est nécessaire pour le malade et pour l’accompagnant, cela fait partie aussi de l’aide aux aidants.

Autre élément que j’ai retenu : au-delà de la bonne prise en charge médicale, il faut trouver le moyen de bien mettre en relation les patients et leur famille avec les structures qui peuvent les aider. Là encore, la mise en réseau est essentielle ; un impératif qui ne m’a pas échappé en tant que conseiller régional membre de la Commission santé.

Une interrogation aussi sur l’enjeu plus global de la dépendance. Je lisais récemment dans le Monde que le nombre de personnes âgées dépendantes devrait augmenter de 1 % par an jusqu’en 2040. Cela pose la question de l’accroissement des moyens de prise en charge, et donc du financement. C’est tout l’objet du débat lancé par le Gouvernement. J’ai retenu de mes échanges la prudence qu’il fallait avoir vis-à-vis de l’éventualité d’un financement partiel par prélèvement sur le patrimoine transmis au moment de la succession, ne serait-ce que du fait de la part croissante de l’héritage qui est transmis progressivement dans les dernières années de la vie.

La dépendance est bien un sujet politique majeur, qui ne doit laisser personne indifférent.

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jan 11

ampoule

J’ai participé récemment, en tant que conseiller régional, à un débat TV de Lyon TV/Lyon Capitale sur le prolongement de la durée d’utilisation des centrales nucléaires. Un débat qui nous concerne pleinement en Rhône-Alpes.

Au cours de ce débat, alors que nous venions de vivre des journées de pic de consommation électrique du fait du grand froid, j’ai voulu montrer que nous aurons encore besoin de l’énergie nucléaire à l’avenir, même s’il faut en parallèle développer les énergies renouvelables. L’enjeu est donc à mon avis de réussir la poursuite du nucléaire, en améliorant encore la sûreté, l’efficience des réacteurs grâce aux nouvelles technologies et en réduisant la production des déchets. Il faut aussi avoir à l’esprit, en ces temps de difficultés économiques, l’importance du nucléaire en termes de filière économique. J’ai regretté que la “majorité” régionale ait finalement refusé d’exprimer sa position au cours de ce débat, les vice-présidents invités ayant décliné la participation… Pour voir ce débat, suivez le lien ci-dessous :

Lyon Capitale : Nos centrales nucléaires ont-elles une date limite ?

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jan 06

PB120011

Dossier important lors du premier Conseil d’arrondissement de l’année avec le lancement de la réalisation d’une bibliothèque municipale pour le 3e Est. Projet attendu, il a été approuvé à l’unanimité par le Conseil. Ce dossier a néanmoins permis de déplorer une fois de plus que l’aménagement du tènement RVI souffre d’un défaut de démarche urbanistique.

Cette nouvelle bibliothèque municipale sera implantée en rez-de-chaussée d’un nouveau programme de logement social, avenue Lacassagne, en bordure Nord du tènement RVI. Cette bibliothèque était attendue, pas forcément sur le tènement RVI, puisque le programme de la liste PS prévoyait plutôt une école. Mais quoi qu’il en soit, c’est un équipement très utile pour le 3e arrondissement Est.

Que penser de sa localisation ? J’ai eu quelques interrogations à la lecture du rapport, car il est mentionné plusieurs fois que cette bibliothèque permet une optimisation de l’opération foncière. Soit, mais le plus important il me semble c’est qu’elle réponde au mieux au besoin des habitants de sa « zone d’attractivité » sur Montchat, Sans Souci/Dauphiné et Villette/Maisons neuves. Cela veut dire une bonne complémentarité avec la bibliothèque du Foyer de Montchat et une bonne desserte en transport en commun. En la matière, l’équipement sera un peu loin du métro et le manque d’une station de tram rue Feuillat se rappelle à notre souvenir !

Ce dossier a été l’occasion d’une grande première ! C’est la 1ère fois que le Conseil d’arrondissement pouvait voir le plan d’aménagement du tènement RVI. Incroyable mais vrai ! Des plans avaient circulé ici ou là, mais le Conseil d’arrondissement n’a jamais discuté du plan d’aménagement, malgré l’importance de cet aménagement. C’est avec plaisir que j’ai constaté que nous avions été entendus sur un point : le futur jardin n’est plus enclavé au milieu du tènement, mais il est « pour l’instant » positionné au Nord-Est. Par contre, il est prévu de construire un immeuble de logement social (celui qui accueillera la bibliothèque) en façade de l’avenue Lacassagne, entre cette avenue et le jardin. C’est, il me semble,  une erreur urbanistique importante, car cela va renforcer l’effet « tunnel » de Lacassagne, privant d’une opportune ouverture sur un espace de nature… Je l’ai souligné lors du Conseil.

Cela aurait au moins mérité que l’on en discute avec les habitants. Mais l’aménagement des tènements RVI/Merck, c’est ça : ni concertation, ni vision urbanistique. On aménage au fur et à mesure, en fonction des « opportunités » et des « coups » que l’on peut faire, et on présente le plan de ce qui va être réalisé. Un beau cas d’école pour des étudiants en urbanisme pour illustrer les erreurs de méthode à éviter. Pour ma part, je crois que tout cela aurait mérité un vrai projet participatif de définition d’un nouveau quartier.

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