mai 28

P2240015Voici le texte de mon intervention, lors du Conseil du 3e arrondissement du 10 mai 2011, lors du vote du projet de réaménagement de la rue Garibaldi :

« C’est un dossier très important pour notre arrondissement mais il donne la mesure de ce qu’est le temps « long » de la politique, parce que je me souviens que dix ans en arrière, j’étais adjoint à la démocratie participative, à la concertation et on nous parlait déjà des plans du réaménagement de la rue Garibaldi.  Le projet ne va démarrer qu’aujourd’hui, cela donne l’idée d’une certaine perspective « historique ».

C’est un dossier important, mais j’aurais un regret aujourd’hui, c’est sur le délai futur, puisque nous aurons une réalisation sous ce mandat, seulement jusqu’à la rue d’Arménie, ah ! uniquement jusqu’à la rue Bouchut, c’est encore pire.

Cela reporte au mandat prochain la réalisation de l’ensemble du réaménagement, donc on est sur l’horizon 2020 et c’est vraiment dommage que tout ne soit pas réalisé sous ce mandat. Cela pose le problème des promesses faites et non tenues, car vous aviez pendant la campagne électorale municipale de 2008, promis et même écrit qu’il y avait l’argent et que tout était programmé pour faire une rue Garibaldi nouvelle de bout en bout.

Je me rappelle le maire de Lyon, en pleine campagne électorale, annonçant le projet dans des conditions très limites par rapport au déroulement de la campagne électorale.

Il peut donc y avoir chez les habitants, une frustration et même un mécontentement certain quand on dit aujourd’hui que ce ne sera fait que jusqu’à Bouchut.

Comme l’a dit votre propre adjointe, cela pose aussi un problème d’incohérence de la politique, parce que je ne souscris pas à l’argument de Gérard COLLOMB qui nous dit « c’est bien de le faire en phasé parce qu’il n’y aura pas des chantiers qui bloqueront l’ensemble de la ville ». Je ne suis pas d’accord et j’aurais préféré qu’il n’y ait pas de chantiers sur Garibaldi jusqu’à l’horizon 2020, parce que l’on sait qu’on va souffrir dans le 3ème pendant 10 ans.

Comme l’a dit aussi votre adjointe, en scindant l’opération en deux, c’est vraiment l’occasion ratée de créer un itinéraire mode doux et une voie de transport en commun en site propre, à court terme.  On repousse cette possibilité à 10 ans et c’est vraiment dommage.

Le deuxième point que je voulais évoquer, c’est le souhait que cette opération Garibaldi soit vraiment cohérente avec le projet Part Dieu 2020 que vous lancez et que Garibaldi ce ne soit pas que la limite du périmètre Part Dieu à réhabiliter, à rénover. Il faudrait que cette rue Garibaldi soit un atout, si ce n’est l’atout majeur du Part Dieu 2020, un axe de prestige qui permette à la Part Dieu de fonctionner.

Quand j’entends ce soir les propos de votre adjointe et l’abstention d’Europe Ecologie les Verts sur ce dossier, ce souhait se transforme en inquiétude parce que pour vivre ça au Conseil régional à Charbonnières, je sais combien les incohérences de votre majorité, la difficulté à s’entendre sur des objectifs essentiels conduisent à un blocage de la politique. Je suis donc inquiet sur la suite de ce projet.

Mon souhait c’est vraiment que Garibaldi soit un atout et je souhaite que ce projet ne soit pas bloqué ou prenne une mauvaise orientation.

Je voterai votre rapport mais avec les limites que j’ai évoquées. »

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mai 22
Compte-rendu mandat régional Pierre Bérat mai 2011
Compte-rendu mandat régional Pierre Bérat mai 2011

J’ai tenu mes deux premières réunions de compte-rendu de mandat de conseiller régional : l’une avec des personnes engagées dans la vie du 3e en tant que responsable associatif, membre des conseils de quartier… et l’autre dans le cadre de la 4e circonscription UMP.  Drôle d’idée que d’organiser une réunion de compte-rendu, un an après le début du mandat, qui plus est quand on est dans l’opposition ? Pas vraiment, si j’en crois les réactions des participants qui considèrent plutôt comme normal qu’un élu échange sur le déroulement d’un mandat et puisse expliquer ce qui se passe dans la collectivité où il siège.

Première conclusion que je tire de ces échanges. On dit parfois que la Région manque de visibilité et que ses activités ne passionnent pas. En fait à partir du moment où l’on ne reste pas à la surface des choses, aux postures politiciennes, l’intérêt pour les politiques régionales est bien réel. J’ai notamment pu mesurer l’intérêt pour les questions de formation, qu’il s’agisse des lycées, publics ou privés, ou de la formation continue, mais aussi des transports ou de l’action de la Région en matière d’environnement et de développement durable.

L’état des finances publiques est aussi une préoccupation bien présente, qu’il s’agisse d’aborder la question de la bonne utilisation des impôts collectés, des priorités réelles d’action mesurées par le niveau d’engagements financiers ou bien encore de  la question de l’efficience globale de nos institutions, vue notamment sous l’angle de la réforme des collectivités territoriales. Sur ce sujet réputé technique, les interrogations sont nombreuses, avec parfois il faut le dire des inquiétudes. Mais la prise de conscience que le « mille feuilles » institutionnel est devenu par trop indigeste, me semble bien réelle. Pour peu que l’on aborde le sujet de façon pragmatique, la répartition précise des compétences entre niveaux de collectivités territoriales peut être dans les années qui viennent un réel chantier démocratique.

La question du nouveau siège de la Région ne laisse pas indifférent. Le sujet avait été au cœur de la campagne des régionales et la majorité actuelle avait reproché à l’UMP d’en faire trop sur le sujet. Le fait que la facture s’établisse finalement à plus de 150 millions d’euros pour une prévision de 96 millions en 2005 interpelle souvent. 150 millions, cela dépasse le budget de nombreuses politiques régionales. Cette facture passe d’autant moins que l’un des arguments clés de la majorité régionale a perdu toute pertinence : la majorité de gauche affichait en effet d’importantes économies à venir du fait du rassemblement de tous les services de la Région en un seul lieu. Nous savons maintenant que le futur siège ne pourra pas accueillir tous ces services et organismes liés et qu’il faudra donc louer d’autres locaux à la Confluence : fait significatif, les services du CESER, la seconde assemblée régionale, devront eux-mêmes être logés ailleurs !…

L’une des réunions a aussi été l’occasion d’évoquer l’aide de la Région aux associations. Je fais le constat des limites de cette politique, qui me semble passer à côté de l’essentiel. Cette politique est en cours de révision. Pas plus tard qu’hier, un colloque se tenait à Dardilly pour présenter les conclusions de la démarche participative organisée par la Région sur cette révision. Participative ? Mes échanges avec les associations du 3e me font penser que la concertation a été très limitée… Par ailleurs, ce que j’ai entendu hier à Dardilly me fait craindre que la Région s’engage encore un peu plus dans la voie de « l’idéologisation de l’appui aux associations », ce qui ne manquera pas de se traduire par encore moins de réponse aux besoins concrets des associations.

Pierre Bérat

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mai 16

JO2018

L’actualité a été riche en résultats notables : la croissance au 1er trimestre, la labellisation de deux Instituts de Recherche Technologique en Rhône-Alpes et le rapport de la Commission d’évaluation des candidatures aux JO2018. Ils démontrent, chacun à leur manière, la validité de certains choix. Ils sont porteurs d’espoir pour la France et notre région, même si bien sûr, il faut encore confirmer.

1 % de croissance au 1er trimestre pour la France, c’est un beau résultat, d’une ampleur  inattendue. C’est la plus forte hausse depuis 2006, et cette progression est sensiblement supérieure à celle de nombreux pays. La consommation des ménages augmente plus qu’au dernier trimestre 2010, et surtout, l’investissement des entreprises accélère nettement (+ 1,9 %). Cela tend à confirmer la pertinence de la politique économique du Gouvernement qui a permis d’encaisser le choc de la crise et d’aider les entreprises à préparer la reprise : on pense bien sûr à la mesure majeure que constitue le crédit impôt recherche et à la réforme de la taxe professionnelle, pour soutenir l’investissement. L’économie française a recommencé à créer des emplois. Souhaitons que la dynamique qui s’est concrétisée au 1er trimestre conduise à un prolongement et à une intensification de cette tendance.

Deuxième résultat : deux projets rhônalpins ont été labellisés « Institut de recherche technologique » dans le cadre des « Investissements d’avenir », financés par le Grand emprunt. Ce programme, doté de 2 milliards d’euros, vise à faire émerger des campus d’innovation technologique de dimension mondiale, qui permettront d’irriguer le développement industriel de la France.  Ces deux projets retenus en Rhône-Alpes sont LyonBioTech à Lyon, centré sur l’infectiologie, et NanoElec à Grenoble, centré sur la nano-électronique. Ils viennent s’ajouter aux 15 laboratoires d’excellence et aux 10 équipements d’excellence rhônalpins, labellisés précédemment toujours dans le cadre des Investissements d’avenir. Ils sont une reconnaissance des formidables atouts que nous avons en Rhône-Alpes en matière de recherche et d’innovation. Ils démontrent aussi l’opportunité offerte par les Investissements d’avenir, pour susciter la création de richesses et d’emplois de demain. Et dire que la majorité régionale rose-verte-rouge n’avait pas de mots assez durs, dans sa stratégie régionale de l’enseignement supérieur et de la recherche (voir mon intervention lors du vote), pour critiquer ce programme gouvernemental et le Grand emprunt…

Troisième résultat : le rapport de la Commission d’évaluation du CIO sur les trois villes candidates à l’organisation des JO d’hiver 2018. Si la candidature coréenne semble toujours favorite, le Projet Annecy Haute Savoie est pleinement dans la course, grâce au travail mené ces derniers mois. L’excellence sportive et l’excellence environnementale de ce dossier ont été soulignées. Un élément intéressant de ce rapport n’a pas été mis en avant. Il s’agit des résultats du sondage d’opinion mené par le CIO. Ils démontrent l’adhésion des Rhônalpins au projet : ils sont 63 % à y être favorables contre 12 % qui y sont opposés (les résultats en Bavière sont respectivement de 53 % et 13 %). Cette adhésion n’est pas neutre non plus.

En ces temps de scène médiatique trop souvent « décliniste », apprécions ces trois news porteuses d’optimisme, de vision d’avenir et d’esprit de conquête.

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mai 08

secret Etat - CopieRéunion de présentation des orientations du projet Part-Dieu 2020 aux membres des conseillers de quartier du 3e mardi dernier : quel n’est pas mon étonnement d’entendre les consignes fortement appuyées du Maire du 3e en début de réunion. En gros, cela donnait cela : « la presse n’est pas conviée à cette réunion et aucun des participants ne doit communiquer sur ce qu’il va voir ! ». Je ne suis pas sûr d’avoir compris que l’omerta devait durer jusqu’à la présentation officielle par Gérard COLLOMB début juin.

 « Rien ne doit être communiqué en dehors du cercle des participants ». Quelle pression ! C’était à se demander de quel secret d’Etat relatif au devenir de la Part-Dieu, les participants à cette réunion allaient être les dépositaires. C’était à se demander aussi si le power point « prospectif » de présentation n’allait pas s’autodétruire à la fin de la réunion : on n’en était toutefois pas loin avec la présentation en 5 secondes chrono de la diapo sur la perspective des constructions le long de Villette-Mouton Duvernet ; 5 secondes pour cette « question de détail » dans une présentation de 45 minutes !

Et Thierry PHILIP de préciser que ce que nous allions voir, ce n’était que des « intentions d’aménagement », donc  rien de fixer. Les projets de « tours » sont ainsi manipulés avec la prudence requise pour le déplacement d’un jerrican de Nitroglycérine.

Tout cela est tout de même risible, quand on se rappelle que le Maire de Lyon a présenté la maquette en 3D de la Part-Dieu 2020, il y a deux mois lors du Salon de l’immobilier d’entreprises (MIPIM) à Cannes (la preuve en article et en image).

Alors je pose deux questions naïves :

  • Les visiteurs du MIPIM ont-ils reçu les mêmes consignes que les membres des Conseils de quartier du 3e : « ne divulguez rien de ce que je vous montre » ?
  • Les investisseurs visitant le stand du Grand Lyon à l’occasion de ce salon se sont-ils contentés de projets hypothétiques, d’intentions d’aménagement ?

Décidément depuis 2008, avec le Maire du 3e, la politique locale c’est de la grande comédie !

Après avoir parlé du « grand secret », s’il devait m’arriver quelque chose, j’ai laissé une lettre à qui vous savez !

écrit par Pierre BERAT

mai 01

Parallèlement aux critiques, suggestions et interrogations d’ensemble, l’appréciation du bilan municipal à mi-mandat se décline bien évidemment arrondissement par arrondissement, et quartier par quartier. C’est ce que nous avons commencé à faire avec notre document “Mi-mandat qu’a fait la gauche en trois ans ?”. Mais il y a bien d’autres choses à dénoncer ou contester que ce que nous avons eu “la place” d’évoquer dans le document.

Voici un premier aperçu avec un texte que j’ai écrit pour la tribune d’opposition du prochain journal municipal d’arrondissement :

” Mais où est l’humain ?

Trois ans après l’arrivée de la Gauche à la Mairie du 3e, c’est l’heure du bilan de mi-mandat. En 2008, Thierry Philip et son équipe arrivaient avec leur lot de promesses et pour mots d’ordre « l’urbain et l’humain ». Aujourd’hui, l’autosatisfaction est au rendez-vous, et pourtant. Les problèmes de propreté demeurent, alors que le Maire est également Vice-Président chargé de la question au Grand Lyon. Deux projets de groupes scolaires se sont évanouis ainsi que les espaces verts Keller Dorian et Meynis, ou encore la Maison des services publics du 3e Est. Le garde-champêtre à Montchat, promis par Mme Belkacem, reste une fiction.  L’avenir du Parc Chambovet n’est toujours pas assuré. L’arrondissement a perdu la résidence pour personnes âgées Constant, devenue une friche « sociale », du fait d’une gestion approximative du dossier. L’aménagement des 43 000 m² du tènement RVI est lancé, sans la vision urbanistique d’ensemble nécessaire pour y créer un nouveau quartier à vivre. La densification de la Part-Dieu se poursuit, là encore sans prendre en compte la vie des habitants et des quartiers commerciaux voisins : fait significatif, les projets de nouvelles tours ont été dévoilés à Cannes ! Et dire que nous devions connaître une révolution en matière de démocratie de proximité…

Pierre Bérat pour Ensemble pour Lyon

écrit par Pierre BERAT