juil 16

Ces derniers jours, on croit rêver quand on entend la communication gouvernementale. Les propos sont souvent bien éloignés de ce que l’on a entendu pendant les campagnes de la primaire socialiste et de la présidentielle. Trois exemples : le coût du travail, l’effort des collectivités et les investissements d’avenir.

Pendant toutes ces campagnes, notamment lors du débat sur la TVA anti-délocalisation, on a en effet souvent entendu qu’en matière de compétitivité, le coût du travail ce n’était pas le problème. Il convenait de se focaliser sur la compétitivité hors prix. Je me souviens encore de Mme Vallaud-Belkacem qui, lors d’un débat des législatives, échangeait avec une syndicaliste et disait que la question du coût du travail était un concept inventé par les technocrates de droite… Mais c’était hier. Aujourd’hui, le Ministre du redressement productif est bien obligé d’ouvrir le dossier. Il est vrai que le Gouverneur de la Banque de France vient de rappeler dans son rapport aux autorités que nos coûts unitaires se sont détériorés de 25 % par rapport à l’Allemagne depuis 10 ans. Il souligne aussi le problème de la baisse du nombre d’heures travaillées et les rigidités dans l’organisation du temps de travail.

Autre sujet, l’effort de maîtrise des dépenses demandé aux collectivités territoriales. Là encore, que n’a-t-on pas entendu ces dernières années ? La droite voulait asphyxier les collectivités, il s’agissait d’une question démocratique, il fallait une levée en masse de la République des territoires pour défendre les libertés fondamentales. Et voilà que le Premier ministre demande aux régions et aux départements de contribuer à l’effort de redressement des dépenses de l’Etat, en confirmant un gel des dotations jusqu’en 2015. Le scandale politique est devenu une nécessité technique.

Dernier exemple, le programme des Investissements d’avenir. Combien de fois n’ai-je pas entendu, notamment à la Région Rhône-Alpes, des critiques dures contre l’élitisme de ce programme, qui osait mettre en avant l’atout de l’excellence. Mais voilà, l’élection passée, ce programme présente pour le nouveau pouvoir des vertus évidentes…

Alors vous me direz, mais de quoi vous plaignez-vous, tant mieux s’il y a prise de conscience de certaines réalités ?

Tout d’abord, comme je l’ai déjà écrit, il y a d’abord une formidable duperie. La gauche n’a pas hésité à tromper les Français. Elle aura à s’en expliquer avec ses électeurs. Mais le vrai problème, c’est d’avoir incité le pays à s’installer dans un déni des réalités. Nous aurons pris du retard de ce fait.

Ensuite, le problème, c’est que cette reconnaissance de certaines réalités reste bien partielle. Le Gouvernement reconnaît ainsi le problème du coût du travail. Mais cela ne l’empêche pas de prendre des mesures qui alourdissent encore ce coût du travail. Quant aux collectivités, on en appelle à la contribution à l’effort, mais dans les faits, les errements de nombreuses collectivités se poursuivent. Le PS doit bien être conciliant avec ses clientèles électorales.

Bref, il y a un énorme problème de cohérence. Et pourtant, vous vous souvenez, pas un discours de François Hollande sans que la cohérence de la future politique ne soit mise en avant.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

juil 08

Je fais suite à mon post du 23 juin dans lequel j’évoquais le sujet des primaires pour les municipales lyonnaises, suite à la proposition faite par Michel Havard. Après un week-end de rando propice à la réflexion, je me demande si nous ne pourrions pas organiser des primaires 1 + 9, c’est-à-dire demander aux Lyonnais de la droite et du centre de se prononcer à la fois pour le meilleur candidat pour la Ville de Lyon, mais aussi pour celle ou celui qu’ils souhaitent voir à la tête des Mairies d’arrondissement.

Puisque des milliers de Lyonnais pourraient se déplacer pour départager les prétendants à la fonction de Maire de Lyon, pourquoi ne pas leur demander en même temps de le faire pour leur Maire d’arrondissement ? Chacun voterait ainsi pour un candidat “Ville de Lyon” et pour un candidat pour son arrondissement.

Il me semble en effet nécessaire, dans la logique de dynamique collective que j’évoquais dans mon précédent post, de tenir compte de la spécificité des élections municipales sous le régime PML, à savoir pour les villes de Paris, Marseille et Lyon. Pour ces villes, l’élection municipale est en fait une combinaison d’élections par arrondissement, même si une tête de liste générale est identifiée.

Il ne s’agirait pas d’éclater la primaire municipale en 9 primaires d’arrondissement, mais plutôt d’ajouter, à la clarification opérée pour la tête de liste générale, une clarification, ou une transparence, au niveau des arrondissements. Faut-il rappeler que les Maires d’arrondissement ne sont pas désignés par le Maire de Lyon, mais élus par chaque Conseil d’arrondissement ? Faut-il souligner aussi que si un Maire d’arrondissement dispose de peu de pouvoirs “formels”, il peut par contre jouer un rôle très important pour défendre les intérêts de son arrondissement, porter les projets de ce dernier, et être un interlocuteur de proximité efficace ? Ceux qui sont sensibles à leur cadre de vie savent qu’il y a ainsi de bons et de moins bons maires d’arrondissement, que certains savent “tenir” leur arrondissement, d’autres beaucoup moins. C’est bien que la fonction a une utilité.

C’est la raison pour laquelle, quitte à jouer la démocratie, la transparence et l’efficacité pour la désignation du chef de file municipal, autant le faire aussi pour ceux qui seront amenés à être maire d’arrondissement, en cas de victoire de leur liste dans leur arrondissement. Celle ou celui qui sortirait vainqueur de ces primaires d’arrondissement ne serait pas forcément “tête de liste d’arrondissement”, puisque le maire d’arrondissement n’est pas forcément le tête de liste. Mais le maire d’arrondissement serait clairement identifié sur la liste.

Cela éviterait ainsi de voir des maires d’arrondissement “surprises”, sortis du chapeau après les élections municipales, parce qu’il a fallu trouver un lot de consolation pour un recalé de la Mairie centrale, ou parce qu’il a fallu faire de la place pour une composante de la majorité. Ce serait un gage de transparence, sans doute aussi d’une meilleure efficacité dans la fonction. Et ce serait encore une façon de construire avec méthode la dynamique collective qui doit être celle d’une élection municipale, en permettant aussi de cerner le périmètre de la majorité municipale.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,

juil 01

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 19 juin 2012

“Ma question porte sur la fermeture du passage du 62 rue du Dauphiné qui permettait aux piétons d’accéder directement au Parc Sisley depuis  la rue du Dauphiné. Comme moi, vous avez dû rencontrer des gens qui regrettent vraiment cette fermeture. Une simple barrière a modifié les règles de fonctionnement de ce quartier, rendant l’accessibilité de ce parc problématique, pour des personnes qui ont du mal à se déplacer, pour des familles avec enfants en bas âge et qui modifie même la consommation dans les commerces.

Je ne méconnais pas les raisons qui poussent à vouloir sécuriser le passage ; mais il se trouve que cette décision de fermer a été prise sans réelle concertation.

Quelle est la position de la mairie du 3e sur cette question qui n’est pas uniquement une question relevant des résidents ; il me semble que la mairie du 3e a aussi son mot à dire puisqu’il est question d’une servitude de passage. Si j’en crois la presse, suite à la réunion qui avait eu lieu sur place,  le maire du 3e devait trancher la question.

Mais je veux en venir au fond du problème. Ce qui motive cette fermeture, ce sont des questions de tranquillité publique, voire de sécurité. Ces problèmes existent dans cette partie de la rue du Dauphiné et la fermeture ne les a pas résolus.  Je trouve toujours gênant de trouver une solution à de problèmes de sécurité en restreignant la liberté et la qualité de vie des citoyens qui n’ont rien à voir avec ces problèmes.

S’il y a des rodéos à deux roues sur la rue du Dauphiné, on ne la ferme pas pour autant. Il faudrait donc trouver des solutions plus globales aux problèmes de tranquillité publique avant de pénaliser fortement les habitants de ce secteur avec la fermeture de ce passage.”

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