nov 30

Cette semaine, les Echos ont titré “Fin des heures supplémentaires défiscalisées : le dur réveil des salariés et patrons de PME”. L’article indique que certains salariés perdent ainsi jusqu’à 100 euros par mois du fait de la mesure. Un comble en cette période où le pouvoir d’achat est essentiel. J’ai appris récemment, en échangeant avec une personne bien au fait du sujet, que cette mesure phare du Gouvernement Ayrault avait un autre effet néfaste, en matière de surendettement.

C’est là un des grands intérêts de l’action politique, à savoir d’enrichir sa connaissance des dossiers par l’échange avec les gens qui savent ou vivent les situations. Il m’a semblé intéressant de faire état de cette analyse.

“Pour apprécier les ressources des personnes concernées, la plupart, pour ne pas dire toutes les commissions départementales du traitement des situations de surendettement se contentaient de la prise en compte du seul revenu net fiscal cumulé, divisé par 12,  sans tenir compte des heures supplémentaires, car trop aléatoires en montant et dans la durée.

La fiscalisation des heures supplémentaires aura pour effet mécanique, une augmentation de la capacité de remboursement (estimée) des citoyens surendettés concernés, que ce soit pour les dossiers en cours d’instruction ou ceux à venir.

Les salariés qui , malgré des heures supplémentaires effectuées, n’arrivent pas à joindre les deux bouts et qui sollicitent l’intervention de la commission, se verront désormais infliger la triple peine : ils sont susceptibles de payer plus d’impôt (fiscalisation des heures supplémentaires), ils se verront appliquer une capacité de remboursement plus élevée  et, de plus,  si l’on tient compte du côté aléatoire des heures supplémentaires, notamment en période de conjoncture incertaine, ils risquent de voir les employeurs y mettre progressivement fin.

Les salariés dépositaires d’un dossier de surendettement, auront, à l’avenir, toutes les peines du monde à respecter un plan de surendettement basé sur une capacité de remboursement potentiellement non pérenne car incluant des heures supplémentaires dont rien ne garantit leur maintien pour les années à venir.

Certes, cela ne concernera qu’une minorité des dossiers mais on devine assez facilement les dommages collatéraux d’une telle disposition fiscale, réductionniste, décidée à la hâte et qui plus est au détriment de nos citoyens économiquement les plus fragiles.”

Effectivement, pas très social tout cela !

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nov 18

Notre Dame des Landes ? Le quai du port de Fos-sur-Mer ? Non, non, c’est le Nord de l’Esplanade Dauphiné-Villette, ou plutôt de ce qui aurait dû être une esplanade verte ! La réalité est bien différente : c’est en fait devenu un damier de voies de tram pour connecter au réseau les quais du terminus pour le Grand stade.

Nous avions dénoncé en son temps cet aménagement, décidé en toute discrétion. On nous avait répondu à l’époque qu’il s’agirait d’un petit aménagement, “consommant” qu’une petite partie du terrain destiné à l’origine à un espace vert. La réalité est toute autre : du béton, des rails, du béton, des rails… Il y a bien eu changement de projet pour cette pointe de l’Esplanade Villette à l’angle de la rue Paul Bert et de la rue Flandin.

Tout cela doit nous inciter à la plus grande prudence quant au projet Part-Dieu 2020. D’un côté il y a les mots, les belles images et les concepts dont on nous rebat les oreilles. De l’autre, il y a des projets plus gênants dont on nous cache les réalités.

En la matière, la concertation sur le projet Part-Dieu 2020 qui s’est ouverte est assez significative. Le dossier de concertation peut être consulté en Mairie du 3e, du 6e ou au Grand Lyon. L’approche conceptuelle occupe la majeure partie du dossier. Pour le “dur”, le “concret”, il faut aller aux vues de la fin du dossier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’approche n’est pas d’une grande transparence. Problème complémentaire : le périmètre de la concertation se limite au coeur de la Part-Dieu alors que l’on sait bien que l’impact du projet, en termes de déplacements notamment, débordera largement sur Villette, Voltaire et Préfecture. Vigilance, vigilance…

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nov 14

 Il y a quelques semaines, lorsque j’avais posé le problème de cas de radiations abusives des listes électorales (voir Désinvolture 1), le Maire du 3e avait trouvé qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter et que je “coupais les cheveux en quatre” ! Pourtant, nous avons vu fleurir cette semaine des affiches aux portes des écoles “Attention radiations des listes électorales”…

C’est donc que l’opération de radiation a dû être de grande ampleur !

Je me félicite que mon intervention suscite une communication améliorée sur le sujet, un peu moins administrative.

Une interrogation toutefois : pourquoi uniquement dans les écoles et pas dans les résidences de personnes âgées, à l’entrée des commerces… ?

Et une suggestion. L’affiche pourrait aussi mentionner : “il se peut aussi que vous ayez été radié même si vous n’avez pas déménagé, même si vous n’avez rien demandé” !

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nov 04

Dans quelques jours, l’élection à la présidence de l’UMP se sera déroulée. Comme beaucoup, je pense qu’il est temps que cette échéance arrive. Quel que soit son résultat, il faudra tourner la page de la compétition et reprendre l’action groupée sur l’essentiel, c’est-à-dire une opposition vigilante, implacable et constructive. Si le bilan de la nouvelle majorité est consternant, si nous ne pouvons que constater que ce que nous avions annoncé est malheureusement en train de se produire, cela ne doit pas nous détourner d’un impératif : celui de construire le projet alternatif que nous proposerons aux Français. En la matière, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que le débat pour la présidence de l’UMP déborde trop souvent sur les orientations politiques générales. Nous avons une offre politique à bâtir. Je ne fais pas non plus partie de ceux qui pensent que l’alternance se fera automatiquement.

En matière de projet, il y a pour nous un autre chantier, dont on ne parle sans doute pas assez. C’est celui du projet de la droite européenne pour l’Europe.

Je suis foncièrement attaché à la République française, et j’attache beaucoup d’importance aux questions de cohésion nationale. Mais force est de constater qu’il y a des questions d’intérêt général qui seront mieux traitées si elles le sont au niveau européen. Parmi celles-ci :

  • Quelle approche commune pour maîtriser les flux migratoires ?
  • Quelle stratégie économique pour que l’Europe demeure un continent de production et d’innovation, au bénéfice de tous les Européens ?
  • Quelle stratégie énergétique ?

Il s’agit de questions politiques et non technocratiques. Les bonnes réponses européennes ne peuvent que résulter d’une expression politique. Et c’est là que se situe l’autre chantier : celui de la construction d’une majorité de droite et du centre, en Europe,  conforme à notre projet politique.

Cette semaine, le Commissaire européen Michel Barnier, dans une interview, abordait de façon très intéressante les défis de l’Europe, en évoquant notamment la nécessité de redéfinir la politique commerciale européenne.

Nous devons reprendre le chantier des échanges avec les “cousins” de l’UMP dans les pays de l’Union pour définir ensemble les orientations que nous voulons porter sur les sujets de niveau communautaire. Et il y a parfois du travail…

De retour du congrès de Toulouse, un élu local PS reprenait les propos d’un intervenant italien disant que “les socialistes français devaient être les moteurs de l’Europe”… un appel qui pourrait faire sourire ou inquiéter quand on connaît notre situation présente ! Mais il faut surtout y voir une gauche européenne qui se structure pour imposer aussi par le haut ses mauvaises solutions. N’oublions pas non plus l’influence des Verts au niveau européen.

Bref, il est pour nous, acteurs français, impératif de travailler aussi  à la future majorité de droite et du centre au niveau européen.

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