juin 26

Alors que les doutes sur la sincérité du vote des conseils d’école ne font que grandir, Gérard Collomb et son adjointe Anne Brugnera poursuivent à marche forcée la mise en place de leur réforme des rythmes scolaires, nouvelle organisation qui va coûter aux familles, coûter aux finances publiques, désorganiser la vie des familles, des écoles, des associations proposant des activités le mercredi, des professionnels dans le domaine de l’enfance… alors même que cela changera peu de choses pour améliorer l’apprentissage des enfants !

Je rencontre de nombreux parents révoltés ou consternés par cette situation et j’ai proposé à l’un d’entre eux de publier son « témoignage ». Rien de tel que du vécu pour dénoncer les aberrations !

« En tant que parent, je ne comprends pas et je n’accepte pas l’organisation des rythmes scolaires proposée par Monsieur Gérard Collomb le 14 mai dernier suite au décret Hamon.

En effet, il me semble important de rappeler les fondements de cette réforme centrée sur l’intérêt de l’enfant et sur sa bonne prise en charge tout au long de la semaine scolaire : l’objectif est de mieux répartir le temps d’apprentissage sur la semaine en assurant une grande régularité dans les apprentissages (respect des rythmes d’apprentissage et de repos).

Le choix fait par Gérard Collomb et son équipe ne va pas dans ce sens. Choisir de regrouper toutes les activités  sur une demi- journée – et pas n’importe laquelle – le vendredi n’est pas synonyme de régularité mais plutôt de weekend de 2,5 jours (pour les enseignants, pour les parents pouvant facilement caler leurs absences professionnelles sur celles de leur enfant).

Le choix du mercredi matin travaillé et du vendredi après midi réservé à des activités périscolaires facultatives vont par ailleurs impacter dès la rentrée mes finances et mon organisation.

Je vais payer à mon assistante maternelle les 3 heures du mercredi matin pour pouvoir garantir son pouvoir d’achat et qu’elle puisse ainsi m’assurer la garde de mon enfant sur le temps du déjeuner, le soir après l’école, les mercredis après midi et les vacances scolaires. Qui a pris en compte les impacts organisationnels et financiers pour les assistantes maternelles ?  L’évolution de ce métier qui va tendre uniquement vers la garde d’enfants non scolarisés ?

Je vais payer l’activité périscolaire du vendredi 200 euros/an en m’engageant pour une année sur une activité non connue lors de la préinscription. Initialement, le montant était de 20 euros par an !

J’espère que l’activité « choisie » du mercredi matin sera planifiée le mercredi dans l’après midi et pas un soir de semaine pour que mon enfant puisse continuer à s’épanouir dans une activité qui lui plait.

Le mieux serait d’annuler cette réforme en raison de son coût pour la collectivité, pour les parents, pour l’économie. En effet, le mercredi matin depuis des années génère des revenus à l’Etat (ex : emploi des assistantes maternelles, écoles de musique, associations sportives et culturelles, professeurs de musique particuliers, orthophoniste, orthodontiste, station de ski, organisation du 4/5….). Comment ces impacts ont il été mesurés ? Est-ce que toutes ces activités pourront être réalisées le samedi ou le soir sans fatiguer plus nos enfants?

Le moins pire à Lyon serait d’étudier une répartition des activités sur deux demi journées (mardi et jeudi) pour répondre aux critères initiaux de la réforme et non une demi-journée le vendredi pour faciliter la gestion du personnel et des équipements de la ville. »

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juin 21

Mon intervention lors du débat du 20 juin du Conseil régional sur la réforme territoriale et la perspective de la constitution d’une région Rhône-Alpes/Auvergne. Contrairement à ce que titre aujourd’hui le Progrès, le groupe de l’Union de la droite et du centre ne refuse pas une éventuelle fusion. Il a par contre souhaité une réforme plus réfléchie, dans la concertation, en donnant la parole aux habitants des deux régions via un référendum.

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AP 20 juin 2014 – Intervention de Pierre BERAT… par UDC-App 

 

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juin 05

Voici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement du 2 juin sur l’organisation des rythmes scolaires proposée par Gérard COLLOMB et Anne BRUGNERA.

« Enfin, nous abordons le sujet des rythmes scolaires, c’est un sujet très important et on sait combien il préoccupe les parents et les enseignants.

Nous allons voter contre cette délibération comme nous l’avons expliqué en conseil municipal.

La première raison est le défaut de concertation et l’absence de débat démocratique sur la question, cela mérite un vote négatif. Il est consternant de constater que c’est le 2 juin, à deux semaines de la fin des cours et à quelques mois de la rentrée, avec les vacances au milieu, que les parents d’élèves connaissent les modalités de l’organisation de la semaine, ce qui leur pose d’énormes problèmes.

Gérard COLLOMB avait décidé de se donner un an de plus pour donner le temps à la réflexion ; cette année n’a servi à rien car il n’y a pas eu de concertation ni de débat démocratique alors que la campagne municipale aurait dû être l’occasion de débattre de ce sujet. Vous avez fait preuve d’un évitement permanent sur la question. Il était répondu aux parents dans les conseils d’école que nous ne pouvions pas aborder le sujet étant en campagne électorale, ce qui est un comble puisque nous étions là au cœur du débat municipal.

Il y a eu mensonge en plus puisque Gérard COLLOMB, dans la seule information qu’il avait pu donner, avait annoncé un coût pour les familles de 2 à 19 euros par an et que, quelques jours après les élections, c’est devenu un coût de 2 euros à 20 euros par mois ce qui, en termes de déontologie démocratique, pose un problème. Comment peut-on se renier ainsi en quelques jours ? Vous avez inventé l’école publique payante ! C’est tromper les Lyonnais que d’avoir fait ce type de fausse information.

Pour toutes ces raisons, cela méritait déjà de marquer le coup par un vote négatif.

Le deuxième point c’est sur le fond de la réforme ; nous avons complètement perdu de vue l’objectif de départ de cette réforme. Je rappelle pour Madame BRUGNERA, qui n’est pas là ce soir, mais qui l’a dit largement dans les médias, l’objectif n’est pas de rendre le planning lisible pour les élèves, ni de ne pas compliquer l’organisation dans les établissements scolaires mais, l’objectif est bien d’alléger le temps scolaire pour que les enfants puissent mieux apprendre à l’école. En la matière, il y a des besoins.

Aujourd’hui, vous nous proposez de basculer les heures d’apprentissage du vendredi après-midi sur le mercredi matin, on est bien loin de l’objectif de l’allègement puisque le rythme va rester soutenu pendant une bonne partie de la semaine pour les enfants.

Je souscris assez à la formule « tout ça pour ça » parce qu’il n’était pas utile de se lancer dans un tel “barnum” pour aboutir à un résultat finalement aussi marginal.

Votre proposition est habile parce que finalement, elle va arranger beaucoup de monde et nous retrouvons le modèle lyonnais de Gérard COLLOMB, c’est « socialo-démago » car  en faisant ça, on ne bouscule pas trop les choses et on va se mettre « dans la poche » un certain nombre de personnes. Le problème, c’est que cette réforme, qui ne change rien sur le fond,  a un coût, pour la collectivité et pour les familles. Il est estimé entre 8 et 9 millions d’euros par an. Dans le contexte actuel, c’est une somme significative, c’est une nouvelle école par an en termes d’investissement.

Il s’agit donc d’une réforme a minima, qui ne change pas grand-chose, mais qui va obérer nos capacités budgétaires dans un contexte que l’on sait déjà très contraint.

La troisième raison, dont on a peu parlé – mais en politique il faut avoir des positions fermes et les assumer -, c’est qu’il y a un très mauvais signal politique qui est donné car, derrière, c’est le weekend de 2 jours ½ qui est proposé. Aujourd’hui où l’on est plutôt dans une logique où il faudrait que la France travaille plus, pour nous sortir des difficultés dans lesquelles nous sommes, par le biais de cette réforme, vous allez donner un encouragement au week-end de 2 jours ½. En termes philosophiques ou d’organisation de la société, ce n’est pas un bon message mais il est cohérent avec votre logique socialiste que vous avez développée depuis quelques années. Par ailleurs, une telle interruption n’est pas bonne pour les rythmes scolaires !

Pour ces trois raisons et, face à cette réforme qui s’avère être un fiasco, à la fois national et local, puisqu’encore une fois, cette réforme ne débouche pas sur grand-chose pour un coût important, nous allons voter contre cette délibération. Aujourd’hui, la meilleure solution serait d’annuler cette réforme ; reste à espérer que la raison l’emporte et qu’au niveau national, face au résultat que l’on va obtenir, le Gouvernement revienne sur ce sujet. Nous manifesterons samedi, devant le Rectorat, pour demander l’annulation de cette réforme car, nous sommes nombreux à nous y opposer en l’état.

Nous sommes devant une réforme malmenée qui perd ses objectifs de départ et qui est moins favorable que ce que nous pouvions avoir.  Merci. »

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juin 03

Hier soir, lors des questions diverses, Thierry Philip a annoncé au Conseil du 3e arrondissement que la célébration de la Fête nationale, à la Mairie d’arrondissement, n’aurait pas lieu cette année. La raison invoquée : la recherche d’économies…

J’ai immédiatement déploré cette décision tant elle me paraît incongrue, particulièrement dans le contexte actuel. La Fête nationale est un moment essentiel pour la cohésion du pays : se souvenir d’où nous venons pour mieux prendre les chemins de l’avenir. Et le fait de célébrer le 14 juillet, en proximité, était une façon très concrète de vivre ce moment. Patrick Huguet avait su donner une vraie profondeur à cette rencontre.

Je ne peux que constater que nous n’avons pas les mêmes priorités que celles du Maire PS du 3e. Il est bien dommage que la Fête nationale soit la première victime de la recherche d’économies.

Je suis tout à fait prêt à travailler avec Thierry Philip pour éviter cela : regardons ensemble la liste des événements financés par la Mairie. Je ne doute pas que nous trouverons des manifestations moins essentielles qui nous permettraient de faire les économies recherchées !

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juin 01

Dans le cadre d’une “nième” réforme territoriale, François Hollande est sur le point de présenter une nouvelle carte des régions françaises conduisant à réduire de moitié leur nombre. Une démarche dont l’objectif affiché est de contribuer à d’importantes économies budgétaires.

Le dossier est d’importance compte tenu de ses enjeux en termes (effectivement) de dépense publique, mais aussi de dynamiques de développement, de services à la population et de démocratie territoriale.

Pour réaliser de bons découpages territoriaux pour les régions, sans doute faut-il avoir quelques principes clairs :

  • le premier est de s’assurer qu’une telle opération de redécoupage territorial ne vise pas d’abord ou seulement à réaliser un coup politique. La précipitation et l’improvisation de la réforme annoncée par François Hollande et Manuel Valls font planer de forts doutes en la matière.
  • le second, c’est de ne pas rechercher à maximiser les chances de victoire aux élections, en s’arrangeant pour répartir au mieux les potentiels électoraux pour gagner dans le maximum de territoires. A cet égard, le redécoupage des cantons effectué par les socialistes ne peut que nous rendre inquiets.
  • le troisième, c’est de ne pas faire du “légo régional” depuis Paris, c’est-à-dire des sommes de région avec uniquement pour objectif de parvenir à un certain niveau de population ou de PIB régional, dans une perspective de comparaison européenne. Sans doute le fait même de fusionner des régions peut générer “automatiquement” quelques économies de fonctionnement, ne serait-ce que par la disparition de sièges de régions. Mais les économies de dépenses publiques sont à rechercher de façon encore plus structurelle, dans la mise en place de politiques plus efficientes à un bon niveau territorial. Or on sait bien que la création de toutes pièces d’ensembles territoriaux artificiels génère aussi des coûts cachés, parce qu’il faut négocier des contreparties ou bien parce que des rivalités internes deviennent des facteurs de blocage (cf. la relation Marseille-Nice au sein de PACA).

Ne pas faire du “légo régional”, c’est concevoir de nouveaux territoires régionaux en se basant sur les critères suivants :

  • le nouveau territoire est-il susceptible de susciter à terme un sentiment d’appartenance de ses habitants, parce qu’il a un potentiel pour se constituer une identité régionale ? L’histoire de Rhône-Alpes en est un bon exemple.
  • le nouveau territoire est-il cohérent en termes de flux de personnes : domicile-travail, parcours étudiants, lieux de loisirs… ? En clair, va-t-il être un + pour aider les habitants dans leurs parcours de vie.
  • le nouveau territoire permet-il de mieux prendre en compte la protection ou la valorisation de l’environnement, parce qu’il rassemble des milieux et paysages présentant les mêmes caractéristiques ?
  • le nouveau territoire permet-il de renforcer des dynamiques économiques qui existent entre des bassins aujourd’hui dans des régions différentes ?

Si l’on suit une telle approche, sans doute est-il possible d’envisager une région Rhône-Alpes élargie, contribuant à la fois à affirmer Rhône-Alpes dans le concert des régions européennes et à générer des économies de dépense publique. Mais encore une fois, une telle démarche ne peut résulter d’un Coup politique ou de petits calculs politiciens. Et elle ne peut réussir qu’en impliquant les citoyens concernés.

 

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