mai 25

SécuritéMontchatVoici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement du 16 mai 2017 sur l’attribution de subventions à différentes associations pour la prévention de la délinquance.

“Je voulais intervenir sur ce rapport car je le fais habituellement en Conseil Municipal et vous savez que cela déclenche toujours des aigreurs chez M. SECHERESSE. Je voulais l’aborder en partant de notre arrondissement, du terrain, du concret. Je vous dis tout de suite que ce n’est pas contre Mme ELBAHAR parce que je sais, car nous échangeons souvent ensemble, qu’elle est très à l’écoute des problématiques de délinquance et des tracasseries que les habitants peuvent rencontrer au quotidien. Je ne remets pas en cause l’Adjointe qui vient de porter ce dossier. Mais de façon plus globale, vous nous demandez là d’approuver une programmation qui s’intitule : au titre du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance.

Si nous savons lire cela veut dire qu’il faudrait qu’il y ait des actions qui contribuent effectivement à la sécurisation, à la prévention de la délinquance, et mettre dans les objectifs une amélioration durable de la sécurité et de la tranquillité publique du quotidien des habitants. Nous nous attendrions à ce qu’il y ait des actions très concrètes qui permettent d’atteindre cet objectif.

Je prends l’exemple du quartier de Montchat actuellement. Cela peut sans doute se retrouver dans d’autres quartiers de notre arrondissement, mais je prends Montchat parce que ces derniers mois s’est produit un certain nombre de choses dans ce quartier réputé tranquille, qui sont complètement inacceptables. Des dégradations très fréquentes de véhicules dans des rues complètes, des pneus crevés, des vitres cassées, des vols d’objets à l’intérieur des véhicules, des intrusions et des vols répétés dans des copropriétés. L’urbanisme de Montchat fait que l’on peut assez facilement entrer dans les jardins. Des commerces ont été fracturés, et des rodéos ont lieu sur la place Ronde. Peut-être pas ces derniers jours mais ces derniers mois, il y en a eu très régulièrement et ces rodéos obligent à avoir des actions de police nationale. Ce sont des choses que nous constatons plutôt là où nous avons l’habitude de parler de banlieue. Les habitants sont excédés par cette situation, notamment autour de la place Ronde, et je crois qu’ils vous ont saisis déjà de ces problèmes. Ils attendent des réponses.

La question que je pose très concrètement est : comment ces 180 000 euros contribuent à résoudre ces problèmes, ces tracasseries, ces nuisances du quotidien que nous rencontrons dans le quartier de Montchat ? Je suis désolé mais lorsque nous voyons la liste, sans doute ce sont des actions qui ont un intérêt au plan associatif, mais je ne vois pas en quoi elles répondent directement à nos enjeux en matière de prévention de la délinquance sur le quartier.

(…) Compte tenu des explications que vous nous donnez, nous allons nous abstenir sur ce dossier. Je crois Mme ELBAHAR que vous nous avez dit faire ce que vous pouvez avec ce que vous avez. Visiblement nous n’avons pas assez. »

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,

mai 18

Plus que jamais, si elle veut repartir de l’avant, accomplir son impératif redressement économique et moral, la France a besoin d’un cap clair et d’une cohérence politique. Je ne reviens pas sur les raisons de cet impératif que j’exprimais dans mon post du 9 avril. Je le crois toujours car je ne fais pas partie des quelques uns qui se sont découverts de nouvelles orientations depuis le 23 avril…

Au-delà de l’attrait de la nouveauté et du bombardement médiatique qui se poursuit, une analyse objective conduit à constater qu’Emmanuel Macron n’a pas gagné avec un mandat clair.

  • Il s’est qualifié au 1er tour grâce à un mouvement de vote utile de la gauche non mélenchoniste. Dans les 24 % qu’il a réalisés le 23 avril, il y avait déjà une bonne part d’électeurs qui n’adhéraient pas à son projet flou, mais qui ont vu là une chance inespérée de prolonger la gauche à l’Elysée.
  • Il était élu dès le 23 avril puisque le candidat de la droite avait été éliminé, suite à un bombardement médiatique intense et continu autour des “affaires”. Aujourd’hui, certains font comme si ce bombardement n’avait pas eu lieu et que le 23 avril était le résultat d’un combat à la loyale entre la droite et Macron…
  • Emmanuel Macron a emporté largement les suffrages exprimés du 2e tour, grâce au barrage à Marine Le Pen… mais la participation a été faible et le niveau des blancs et nuls a atteint un recordPrès de 50 % de ses électeurs n’ont pas voté pour lui mais contre Marine Le Pen. Et 61 % des Français ne veulent pas qu’il ait une majorité à l’Assemblée nationale.

La nomination du Gouvernement ne clarifie pas les choses. Le nouveau Premier ministre, homme de gauche, passé à droite, et de nouveau tenté par autre chose, n’est pas porteur d’un projet politique. Deux autres ministres viennent des Républicains. Mais il s’agit pour l’un d’une personnalité peu connue, qui semble privilégier une accélération de carrière. L’autre a tellement déçu ses soutiens et électeurs ces derniers mois qu’il sait que son ralliement était sa seule “porte de sortie”. Là encore, peu de signification politique…

Voilà quelle est la situation aujourd’hui : un président dont la personnalité incarne certes un renouveau mais à l’issue d’une élection en trompe l’œil au cours de laquelle les Français n’ont pas pu s’exprimer sur le fond, n’ont pas pu choisir un cap et avec un Gouvernement hétéroclite. Dès lors, les élections législatives ne sont cette année pas seulement l’adaptation de l’Assemblée nationale au nouveau contexte présidentiel, elles sont l’heure du choix et de la clarification politique. C’était ma conviction et ma posture dès le 23 avril au soir.

Même s’ils sont lassés après des mois de campagne des primaires puis de la présidentielle, l’heure pour les Français ne doit donc pas être au relâchement citoyen. Les 11 et 18 juin, ce sont les conditions du redressement de la France qui se jouent.

Cette campagne législative s’est ouverte avec la même stratégie des écrans de fumée qui avait été celle de la campagne présidentielle d’En marche. Concernant le nouveau président, les symboles occultent les enjeux de fond. Et tous les jours, les médias nous abreuvent du renouvellement des candidats “En marche”, pour mieux masquer la consternante réalité : ces aspirants députés “En marche” sont d’abord des élus et cadres PS recyclés (à 100 % sur Lyon !), ce sont ensuite des élus et cadres MODEM incarnation de la cuisine politicienne de la IVème République comme l’a montré l’ultimatum de François Bayrou le 12 mai ; quant aux nouveaux candidats recrutés sur Internet, ce sont des gens dont l’inexpérience sera un gage de docilité pour le nouveau Gouvernement, d’autant qu’ils auront signé un chèque en blanc, s’engageant à voter les lois proposées par ce dernier…

Dans ces conditions, une majorité “En marche” en juin ne pourrait en aucun cas apporter une clarification politique et porter le redressement de la France. Au pire, ce seront les vieux routiers du PS qui réussiront à prendre les commandes pour poursuivre la politique de Hollande. Au “mieux”, ce sera le blocage dès la première grande réforme ou la première difficulté économique et sociale tant il manque une ligne claire à ce conglomérat. Pour l’une et l’autre option, ce seront encore 5 ans de perdu pour la France, donc un nouveau recul pour notre pays, et un pourrissement qui viendra gonfler les voiles des extrêmes de droite et de gauche.

Dans ce contexte, les Républicains et les centristes de l’UDI prennent leurs responsabilités. François Baroin mène cette campagne des législatives. Il est prêt à assurer les responsabilités gouvernementales sur la base d’un programme politique clair et volontariste, qui a été adapté pour tenir compte du débat de la présidentielle.

Maintenant, c’est à chacun de se prononcer en responsabilité. Soit on continue à donner un chèque en blanc à En marche, mais en étant conscient que ceux qui vont l’encaisser ne savent pas réellement le chemin qu’ils veulent emprunter et qu’une bonne partie d’entre eux sont les héritiers de Hollande. Soit on donne à la France une majorité LR-UDI qui me semble correspondre à son aspiration réelle du moment, à savoir réaliser un redressement économique permettant de donner des perspectives en matière d’emploi et de retraites, protéger les Français et rétablir le respect de notre ordre républicain. Un programme que cette majorité saura mettre en œuvre de façon constructive, en bonne intelligence avec le Président élu.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,