mar 22

De façon assez naturelle, je suis très partagé depuis hier. Je suis bien sûr très heureux et honoré par le mandat de conseiller régional qui vient de m’être confié. Mais je suis bien sûr aussi déçu par les résultats de la Majorité présidentielle à ces élections.

Oui c’est une déception, et il ne sert à rien de chercher à faire du scrutin régional une victoire. Oui il y a des messages à entendre des Français et de notre électorat, qu’ils se soient exprimés par l’abstention ou un vote alternatif. Mais pour autant, je ne crois pas que l’on puisse parler de déroute. Rappelons que ces régionales constituent un scrutin intermédiaire, traditionnellement défavorable, et que les dernières viennent d’intervenir alors que la crise fait encore sentir ses effets. Difficile dans ces conditions de tenir un discours électoral de vérité, quand nos adversaires promettent comme toujours de « raser gratis ». Rappelons aussi qu’une fois de plus, la Gauche a bénéficié des triangulaires avec le FN. Notons aussi que le PS a échoué dans sa volonté de réaliser le grand chelem. La Majorité gouvernementale a gagné deux régions et le PS doit continuer à gérer le cas de la majorité « sociale populiste » en Languedoc-Roussillon.

Quant aux résultats en Rhône-Alpes, là encore soyons clairs. Oui c’est une victoire nette de la liste « d’union » rose-rouge-verte, mais pour autant cela ne correspond pas à une grande vague d’adhésion : la liste Queyranne de 2010 rassemble ainsi 8 % de voix en moins qu’en 2004.

Dans le 3e, avec 35,5 %, notre liste réalise 1,5 point de plus que le score régional. Pour le 2e tour de la présidentielle de 2007, le score de Nicolas Sarkozy dans l’arrondissement était par contre inférieur de 1,6 point à la moyenne régionale. Nous marquons donc une bonne résistance, surtout dans un contexte où figurait sur la liste concurrente Thierry Philip, le Maire PS de l’arrondissement, Vice-Président sortant du Conseil régional, bénéficiant d’une médiatisation XXL…. Que tous ceux qui ont contribué à notre mobilisation pendant cette campagne, dans la bonne humeur, soient ici remerciés !

Je suis depuis dimanche soir au service de Rhône-Alpes en tant que conseiller régional. Comme je l’écrivais plus haut c’est un honneur et une grande satisfaction. Je sais que la tâche ne sera pas facile, qu’il nous faudra mener une opposition constructive, mais non moins vigilante, puisque les incohérences entre les différentes composantes de la nouvelle majorité sont autant de menaces pour la région. Donc au travail ! Je vous expliquerai prochainement comment je compte mener ce mandat au plan local. Un conseiller régional doit exercer son mandat en pensant à la région dans son ensemble. Mais cela n’empêche pas d’être porteur des « besoins » de son territoire d’origine. Rhône-Alpes n’est pas un concept, c’est un ensemble de territoires qui se construisent un avenir commun. C’est en tous cas ma conception.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

mar 16

PA020079Le 3e bien placé dans l’actualité pendant 36 H (35 H ?) ? C’est en effet dans son Palais de la mutualité que se sont déroulées les (âpres) négociations précédant la fusion des listes régionales rose, rouge et verte ! Je suis sûr que certains faisaient le rêve d’un nouveau Front populaire pour le 2e tour des régionales. Las, c’est surtout une ambiance IVe République qui a baigné cet agréable lieu de notre cher 3e arrondissement ! Comme dans les années cinquante, quand les journalistes attendaient de savoir si une combinaison des forces politiques allait enfin permettre de donner un Gouvernement à la France, chacun attendait aujourd’hui de savoir si nous aurions une liste rose-rouge-verte pour le 2e tour des élections.

Comme prévu, il a fallu batailler pour se partager les places sur la liste et les futurs postes de Vice-président. Assez logique, compte tenu du faible score de la liste PS : une 2e position (derrière l’UMP), avec 25 %, pour une liste conduite par le Président sortant du Conseil régional, qui a pourtant bénéficié d’une large médiatisation ! Pas terrible ! On comprend que les alliés aient fait monter les enchères. On attend maintenant de connaître l’addition, qui nous sera présentée avec le programme « patchwork » qui va résulter de la fusion : quels gages symboliques auront été donnés aux Verts et au Front de gauche, quels projets auront été sacrifiés ? Nous le saurons bientôt dans le magnifique document « arc-en-ciel » qui ne va pas manquer d’apparaître. Espérons que les Rhônalpins prendront le temps d’analyser les promesses et les non-dit.

Ce que nous connaissons par contre, c’est la composition de l’exécutif de la Région en cas de victoire de la gauche : 8 vice-présidents socialistes, 6 verts et 1 communiste. Cela promet ! Et les radicaux de gauche au juste ?

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

mar 10

P3090084

Opération débat hier soir : je représentais la liste régionale « Aujourd’hui et demain, ensemble pour Rhône-Alpes » à la soirée organisée par la Fédération des MJC au Palais de la Mutualité. Quelle peut être la réponse de la Région aux préoccupations des jeunes ? Tel était le thème du débat.

Tant pis pour ceux qui aiment les clichés, mais je crois que l’UMP a démontré sa « jeunesse ». Pas moins de quatre colistiers de moins de 40 ans assistaient au débat : Jenny Bessoud, Emilie Desrieux, Marine Courtaut et Grégory Sansoz, accompagnés d’autres Jeunes Pop et Jeunes actifs. Pour continuer sur les participants, j’ai été étonné de ne voir aucun élu de gauche du 3e : cette initiative, impliquant les MJC de notre arrondissement, méritait sans doute une meilleure reconnaissance.

Les questions de la formation et de l’emploi figuraient logiquement en bonne place dans les préoccupations des jeunes. Les messages que j’ai cherchés à faire passer ont été les suivants :

  • La première responsabilité de la Région, vis-à-vis des jeunes, c’est de faire en sorte que le lycée, les formations en alternance et l’enseignement supérieur préparent effectivement à l’emploi, et que le développement économique soit favorisé pour créer le plus grand nombre d’emplois.
  • Préparer le futur, qui est un des rôles de la Région avec le mieux vivre au quotidien, c’est soutenir la recherche et les entreprises qui vont créer les emplois de demain, c’est former aux nouveaux emplois.
  • La Région peut agir en la matière, mais elle ne peut le faire bien qu’à trois conditions : (1) que la majorité qui la dirige soit convaincue qu’il faut des entreprises fortes et de l’innovation, (2) que cette majorité soit solide, unie et cohérente pour conduire une vraie stratégie de développement économique et sociale et (3) que cette majorité ne positionne pas la Région comme un contre-pouvoir au Gouvernement.

Les échanges avec mes contradicteurs ont je crois bien montré qu’une coalition rose-rouge-verte aurait bien du mal à remplir ces conditions. J’ai été frappé par les approches très « idéologiques » et désincarnées développées par les représentants du Front de gauche et de Génération écologie. J’ai même été stupéfait quand j’ai entendu Mme Moreira qui semblait mettre en question la pertinence des pôles de compétitivité. Dans cette ambiance, le représentant du PS était un peu écartelé entre les gages à donner à ses futurs alliés de circonstance et la promotion des gadgets « marketés » du PS censés élargir la base électorale.

J’ai terminé ma conclusion en évoquant le sujet emblématique du projet de JO 2018 Annecy Haute Savoie. Je suis de la génération des JO d’Albertville qui m’ont beaucoup marqué, par le rayonnement qu’ils ont apporté à Rhône-Alpes. Les JO de 2018 seraient une formidable nouvelle opportunité pour la région et notamment pour sa jeunesse : cohésion régionale autour d’un événement fédérateur, promotion au niveau mondial, opportunités d’emplois et d’innovations, notamment en matière de développement durable. Et pourtant… nous savons que les futurs alliés de circonstance de la coalition rose-rouge-verte sont en désaccord sur le soutien à ce projet. Comment redonner une ambition à Rhône-Alpes dans ces conditions ?

Le débat a aussi été l’occasion de revenir sur la réforme des collectivités territoriales. C’était bien sûr tous contre l’UMP qui veut nous priver des libertés locales ! Pour ma part, j’ai souligné combien, à partir d’exemples concrets abordés dans le débat (aide aux associations, organisation des transports, carte M’Ra pour les collégiens), une meilleure articulation entre région et départements pourrait améliorer le service rendu aux citoyens. J’ai rappelé aussi que l’objectif de la réforme, c’était « Faire mieux pour moins cher ». Car oui, il y a des gaspillages aussi dans les collectivités. J’ai cité quelques chiffres issus du dossier spécial des Echos paru le matin même : + 405 % pour les dépenses de personnel de la Région Rhône-Alpes entre 2005 et 2009 (+ 322 % en moyenne nationale), + 84 % pour les services généraux (+ 57 % en moyenne nationale)… J’ai aussi pu répondre aux désormais « classiques » contrevérités qui étaient avancées par mes contradicteurs : non le conseiller territorial ne va pas être un niveau supplémentaire d’élus, non le mode de scrutin de ce conseiller territorial n’est pas encore arrêté (cette question du mode de scrutin semblait la principale préoccupation – très politicienne – de mes contradicteurs), oui c’est un mensonge de dire que les ressources des collectivités ont été diminuées en 2010 du fait de la réforme de la taxe professionnelle…

A voir aussi sur le déroulement de la campagne.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , ,

mar 07

Un autre aperçu en video de cette campagne dynamique ! C’est ici.

écrit par Pierre BERAT \\ tags:

mar 01

Marché Augagneur 2010_4

Voilà déjà quelques semaines que je suis engagé dans cette campagne des élections régionales en tant que candidat. A quinze jours du scrutin, voici quelques constats que je tire de ma présence sur le terrain dans le 3e arrondissement et ailleurs.

Premier constat, comme pour les dernières campagnes, les candidats sont saisis par des collectifs, lobbies, groupes d’intérêt, et ils sont « sommés » de répondre à des questions plutôt pointues. Je dis « sommés » car ces questionnaires ou ces invitations à des débats, sont parfois très impératifs, menaçant d’apocalypse médiatique en cas de non réponse. Je constate que les sujets évoqués sont parfois très éloignés des compétences de la Région, et parfois que l’interrogation est largement téléguidée par certains mouvements politiques… Diversion, diversion… Pour ma part, j’entends plutôt me concentrer sur le débat relatif aux politiques que peut mener la collectivité « Région ».

Alors quels sont les sujets sur lesquels un candidat aux régionales est amené à discuter dans le cadre de cette campagne ?

Ce serait mentir que de dire que toutes les questions portent sur des compétences régionales. Pas une seule présence marché ou visite de commerce, sans que ne soit évoquée la question de la propreté. C’est le reflet d’une réalité et de l’échec de la politique du Grand Lyon en la matière. Souhaitons que le Vice-président en charge de cette question se saisisse enfin du problème après sa campagne régionale !

De façon générale, on constate que nos concitoyens ont beaucoup de difficultés pour se repérer dans les compétences des collectivités territoriales. Et ne parlons pas du mode de scrutin des régionales. Ce constat que chacun peut faire en faisant campagne devrait amener ceux qui sont vent debout contre la réforme des collectivités territoriales à réfléchir encore au sujet. Pour ma part, je suis encore plus convaincu que oui, il faut clarifier les compétences, pour que chacun sache bien « qui fait quoi avec quel impôt », et oui, un conseiller territorial, bien identifié sur un territoire déterminé, serait une très bonne chose pour susciter l’adhésion des citoyens.

Parmi les sujets de compétences régionales, j’ai noté les échanges suivants lors de mes rencontres :

  • La question de l’insertion professionnelle des jeunes : comment mieux orienter les jeunes vers des métiers d’avenir, pour assurer l’emploi ? C’est le souci de nombreux jeunes et parents. C’est la raison pour laquelle notre programme propose de renforcer l’information sur les filières porteuses, en manque de candidats, de rendre plus réactif le dispositif régional de formation et d’encourager l’apprentissage par une nouvelle aide financière.
  • La question du soutien aux entreprises : de nombreux commerçants et autres responsables de TPE que j’ai rencontrés font part des mois très difficiles qu’ils ont connus ou connaissent du fait de la crise. Souvent, ils posent la question, mais que fait pour moi la Région ? C’est pourtant la collectivité première en matière de soutien à l’économie. C’est pourquoi nous proposons de simplifier le dispositif d’aides en élargissant notamment les conditions pour bénéficier de garanties d’emprunt.
  • Comment conjuguer stratégie régionale de développement économique et réponse de proximité pour les entreprises qui ont besoin d’accompagnement, tout en assurant une équité entre toutes les entreprises ? Voilà une question, évoquée avec des artisans, qui constitue un vrai chantier à mener dans la perspective de la nouvelle organisation des collectivités territoriales.

Je note aussi que nombreux sont les électeurs qui sont sensibles à la nécessité de mieux maîtriser les dépenses des collectivités territoriales. Que cela plaise ou non à ceux qui se sont positionnés comme des contre-pouvoirs locaux, la pression fiscale locale est jugée excessive et la question est souvent posée de la pertinence de certaines dépenses.

Enfin un échange que j’ai trouvé significatif. Samedi sur le marché de Montchat, une dame m’expliquait qu’elle avait rencontré le candidat Thierry PHILIP, lequel en bon candidat PS, se veut le représentant patenté de la Solidarité. La dame lui dit « mais je ne vais pas pouvoir voter ». Le Maire de répondre : mais pourquoi cela ? « Mais parce que j’habite à la Résidence pour Personnes Agées Constant, vous savez la résidence que vous faites fermer ! » Il semblerait que l’échange ait tourné court…

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,