août 30

Pour mon 2e post de rentrée, c’est à un communiqué de Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au Maire de Lyon et conseillère générale de Montchat que je vais réagir. Ce communiqué de Mme Belkacem, signé en tant que secrétaire nationale du PS, se veut une réaction au discours de Grenoble du Président de la République, sur la Sécurité.

Ce communiqué, comme d’autres, est choquant. Et je le dis à « froid », un mois après sa parution. Ce n’est donc pas une réaction épidermique.

Son titre tout d’abord : « Si être Français se mérite, être Président des Français se mérite aussi ». D’évidence, il est nécessaire de rappeler à Mme Belkacem que ce mérite, ce sont les Français qui en jugent lors d’une élection présidentielle tout ce qu’il y a de plus démocratique. Pour le reste, nous sommes dans un Etat de droit, et l’action du Chef de l’Etat s’inscrit dans les règles de notre République. Il ne revient pas à des « consciences autoproclamées » d’apprécier la légitimité du Président de la République.

Deuxième élément particulièrement choquant, le commentaire de Mme Vallaud-Belkacem sur la question de la déchéance de nationalité, proposée par le Président, pour des personnes ayant acquis récemment la nationalité et qui commettent des crimes. Je cite Mme Vallaud-Belkacem : « ses propositions sur les citoyens « d’origine étrangère » nous ramènent aujourd’hui, n’ayons pas peur des mots, au régime de Vichy, le seul à être allé aussi loin en retirant la nationalité française à un certain nombre de citoyens de ce pays. »

De tels propos sont bien sûr outranciers, et on ne manque pas de les rapprocher du discours de Martine Aubry de ce week-end « sur la sécurité, la droite c’est le pugilat et la gauche le résultat »…  Mais ces propos sont aussi irresponsables et irrespectueux. Il est en effet irresponsable pour le représentant d’un parti politique qui aspire à l’alternance, de « jouer ainsi avec les références historiques ». Un tel responsable politique affaiblit ainsi la République.

Ils constituent aussi un grave manque de respect pour les personnes ayant subi les déchéances de nationalité du Régime de Vichy. Irrespect car cela revient à un amalgame entre la situation de délinquants « confirmés » et celle de personnes qui ont perdu la nationalité française sous le régime de Vichy, non pas pour des actes délictueux ou criminels, mais pour ce qu’elles étaient ou pour leur engagement patriotique.

En se référant avec abus aux faits historiques, ce sont la mémoire et la force des enseignements de l’histoire qui sont atteintes.

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juil 25

Un décret vient de compléter l’arsenal juridique destiné à prévenir les atteintes au drapeau tricolore. Une loi de 2003 avait déjà prévu une peine de 7500 euros pour les faits d’outrage public à l’hymne national ou au drapeau tricolore lors d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques. Pour des faits commis en réunion, peut s’ajouter une peine de six mois d’emprisonnement.

 

Avec le nouveau décret, les capacités d’action sont étendues, puisque l’outrage au drapeau français, dans un lieu ouvert au public, qu’il s’agisse de destruction, détérioration ou d’utilisation dégradante, est passible d’une amende de 1500 euros. La peine s’applique aussi si les faits sont commis en privé mais font l’objet d’une diffusion des images.

 

Ce nouveau texte vient combler un déficit juridique, apparu lors de l’affaire de l’expo de Nice. Il constitue un nouveau signal fort sur la valeur de l’emblème et de l’hymne national. De même que la liberté d’expression n’autorise pas les propos racistes, ou que la liberté artistique n’autorise pas la dégradation des biens d’autrui, il est opportun de signifier que la liberté d’expression n’autorise pas l’outrage à l’hymne national ou que la liberté artistique n’autorise pas l’outrage au drapeau. Il reste à souhaiter que ces peines, tout en ayant le plus grand effet dissuasif en réaffirmant un principe fondamental, soient pleinement appliquées lorsque la dissuasion aura échoué.

 

Quant aux adeptes de telles pratiques, puisqu’ils veulent ainsi signifier leur rejet de notre République, plutôt que de payer de telles amendes, qu’ils se payent un billet d’avion pour aller voir ailleurs si « l’herbe y est plus verte » !

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juin 19

En ce 70e anniversaire de l’Appel du 18 juin, si j’en crois ce que lis dans la presse, les Français ne croient plus au gaullisme, ou ne savent pas trop de quoi il s’agit, alors que la plupart des élus et responsables politiques auraient leur part de gaullisme. Ceci expliquerait-il cela ?

Le 18 juin est chaque année une grande date, tant le message associé est fort. J’aime beaucoup participer à la commémoration de l’Appel devant l’auditorium. Je regrette de ne pas avoir pu le faire cette année (dommage d’avoir avancé à 17H cette commémoration !).

Le gaullisme serait ainsi un héritage commun. Sans doute pour ce qu’il représente dans l’Histoire de France, et c’est une bonne chose. Nul doute également que le gaullisme dépasse la frontière droite/gauche. Mais pour autant, le gaullisme en politique est-il aujourd’hui nulle part et partout ?

Pour ma part, je me réfère au gaullisme depuis l’origine de mon engagement politique. Une double référence : celle du 18 juin et de la Résistance bien sûr, pour ce qu’elle porte d’honneur et de volontarisme pur. Mais aussi celle de l’œuvre politique des années de Ve République pour ce qu’elle représente en termes de redressement, de construction et de modernisation. Avec dans les deux cas, le refus du renoncement et la croyance en une France qui peut se surpasser.

Ce que je crois aujourd’hui c’est qu’une approche gaulliste, actuelle, n’est pas compatible avec :

  • la quête systématique d’une déresponsabilisation des Français,
  • le refus de traiter avec courage les grands enjeux du moment, comme par exemple celui des retraites, en préférant « refiler » le mistigri aux générations suivantes,
  • un goût du Verbe et des postures déconnectés de l’action pragmatique,
  • une approche corporatiste des collectivités territoriales qui aspire à créer 22 « IVe République » régionales et 100 « IVe République » départementales,
  • la volonté d’accorder des droits « politiques » dissociés de la citoyenneté française ou européenne,
  • la tentation de la décroissance,
  • la défiance à l’égard du progrès scientifique et technique,
  • l’obsession de l’abaissement de la France et de la repentance…

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mai 22

Alors que Nicolas Sarkozy se démène, dans l’Union et en France, comme il l’avait fait fin 2008, pour trouver des solutions aux tensions financières et monétaires en Europe, c’est la cacophonie du côté du PS. Il est bien difficile de savoir quelle serait la politique d’un Gouvernement de gauche pour répondre aux enjeux économiques et sociaux du moment, au-delà de l’apologie du « Care ».

Nous avons d’abord assisté à l’échange d’amabilités entre Gérard Collomb et Martine Aubry sur le projet économique du PS. Le Maire de Lyon dénonce une vision trop protectionniste et déclare ainsi à propos de ce projet « on ne peut pas raconter n’importe quoi ». Réponse de la bergère au berger : « il n’a rien compris au projet » !

Même cacophonie fondamentale sur l’âge légal du départ en retraite. Aubry et Hamon refusent une solution au problème du financement des retraites consistant à repousser cet âge légal au-delà de 60 ans. On a compris, lors de son interview de jeudi soir, que Dominique Strauss-Kahn n’était pas bloqué sur cette question et qu’il était prêt à tenir compte de l’allongement de la durée de la vie.

Parenthèse : concernant DSK, on peut aussi se demander ce qu’il veut. Il s’investit dans une interview sur France 2 largement médiatisée, visant clairement l’opinion française, pour nous dire « laissez moi travailler au FMI »…

Divergences majeures donc. Et encore, nous n’en sommes qu’au débat interne au sein du PS. Qu’en sera-t-il quand ils devront s’entendre avec leurs « alliés » ?

Il y a au moins un axe clair, c’est celui du toujours plus de pression fiscale. Avec les propositions du PS pour financer les retraites, c’est effectivement un choc fiscal qui nous attendrait dans les années à venir si ce projet était mis en œuvre. J’entendais hier Michel Sapin, ancien Ministre PS, s’étonner que la France ait été le seul pays à baisser les impôts ces dernières années. D’abord, je ne suis pas sûr que nous soyons les seuls. Ensuite, il faut surtout avoir à l’esprit que notre pays est un de ceux qui connaît le plus haut niveau de prélèvements.

C’est avec le même réflexe de « fuite en avant fiscale » que Thierry Philip, en tant que Conseiller à la recherche et à l’enseignement supérieur de la Région, a exposé jeudi dernier en commission les orientations de la majorité régionale pour le mandat 2010-2014. Il a ouvert son exposé par une (nouvelle) dénonciation de la réforme de la taxe professionnelle, pour déplorer que les nouvelles recettes fiscales ne soient pas suffisamment « dynamiques » pour dégager des ressources nouvelles. Par dynamiques, il faut je pense comprendre qu’il ne sera plus possible d’accroître les taux d’imposition. Mais c’est oublier que l’assiette d’imposition reposant sur la valeur ajoutée des entreprises devrait elle-même croître. Mais surtout, cela dénote que la question de l’optimisation des dépenses n’est pas envisagée. Toujours la logique « fiscaliser + pour dépenser + ».

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mai 13

Après quelques jours de suspens, David Cameron devient le nouveau Premier ministre de Grande-Bretagne, un accord de coalition ayant été trouvé avec les centristes Lib-Dem de Nick Clegg. Cette conclusion apparaît logique et salutaire : elle est conforme au vote des Britanniques. Ce changement politique n’est pas anodin. Voilà ce qu’il m’inspire.

Tout d’abord, c’est la fin du règne de 13 ans du « New Labour ». Au plan européen, ce n’est pas rien, tant le Blairisme a inspiré une « nouvelle gauche ». On avait d’ailleurs essayé de nous « vendre » un modèle similaire avec Ségolène Royal en 2007. Ce modèle a visiblement montré ses limites, comme l’ont signifié les Britanniques. On retiendra notamment l’échec du plan anti-crise de Gordon Brown reposant largement sur la relance par la consommation (baisse de la TVA) ; l’occasion de rappeler que le PS français défendait à l’époque la même approche, même s’ils sont plus discrets sur le sujet aujourd’hui… Avec le départ de Gordon Brown – qui ne manque d’ailleurs pas de dignité – c’est bien une page de la « nouvelle gauche » qui se tourne.

Le deuxième point qui retient mon attention, c’est la coalition « Tories-LibDem ». Après l’Allemagne, la Grande-Bretagne expérimente à son tour une coalition droite-centre-libérale. Dans un cas comme dans l’autre, la négociation a été dure. Gouverner dans le cadre de cette coalition ne sera sans doute pas un long fleuve tranquille, notamment sur la question européenne. Mais l’important, c’est l’accord qui a été scellé sur un programme courageux et ambitieux, centré sur le retour à la croissance et la résorption des déficits. Tout le contraire d’une union par la facilité.

Je retiens enfin la jeunesse des principaux acteurs de ce nouveau gouvernement britannique. David Cameron, le Premier ministre, Nick Clegg son vice-premier ministre, mais aussi d’autres ministres clés du gouvernement. Impressionnant !

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