juin 14

Une nouvelle modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) est en cours d’examen par la Ville de Lyon. Lors du Conseil d’arrondissement du 2 juin, en tant qu’élus du groupe Ensemble pour Lyon, nous nous sommes abstenus compte tenu d’interrogations sur les modifications proposées et d’absence de réponses claires de la Mairie du 3e sur les objectifs.

 

Le PLU est un outil fondamental puisqu’il fixe les conditions de constructibilité des communes. Celui du Grand Lyon connaît ainsi une 6e modification, avant une refonte en profondeur qui interviendra dans les années qui viennent. Cette modification est en cours d’examen par la Ville de Lyon : conseils d’arrondissement puis conseil municipal. Elle sera in fine votée par le Grand Lyon.

 

Deux des modifications proposées nous ont posé question. La première porte sur la possibilité, pour les nouvelles constructions d’immeubles de bureaux, dans le vaste secteur du centre d’affaires de la Part Dieu (en gros le périmètre Lafayette – Flandin – Paul Bert – Garibaldi avec extension Halle de Lyon et Vivier-Merle), de ne comporter aucune place de stationnement. Cette mesure est présentée comme s’inscrivant dans la logique du Plan des Déplacements Urbains et viserait à limiter le trafic automobile.

 

Pascale Decieux, élue de notre groupe, a demandé des explications plus précises sur ces motivations, puisque les règles en matière de construction de parkings dans le secteur de la Part Dieu sont déjà très peu exigeantes, compte tenu du bon niveau de desserte en transports en commun. Il nous semble que supprimer toute contrainte de construction de parking présente des risques importants. Tous les déplacements liés aux activités de bureaux ne peuvent se faire en transport en commun. Certes, il faut que le plus grand nombre de salariés viennent en transports en commun pour éviter l’engorgement du quartier. Mais tous n’ont pas cette possibilité. Par ailleurs, le fonctionnement d’une entreprise nécessite d’autres déplacements (personnels itinérants, visiteurs…) qui ont besoin d’un véhicule. En permettant des constructions de bureaux (notamment les nouvelles tours) sans parking, c’est donc prendre le risque d’une part d’engorger le stationnement en surface du quartier, et d’autre part, de limiter l’intérêt de ces bureaux pour les entreprises. Ce qui est présenté comme une mesure visant à améliorer l’environnement du quartier risque en fait de fortement dégrader le cadre de vie.

 

Autre interrogation : l’augmentation de la hauteur de construction autorisée sur les parcelles de la rue des Cuirassiers, à l’angle de la rue Bouchut. Nous souhaitions savoir quel projet motivait cet assouplissement de la règle de construction.

 

Sur ces deux points, les explications du Maire et de l’adjointe chargée de l’urbanisme du 3e ont été floues. Aussi, le groupe Ensemble pour Lyon a décidé de s’abstenir, en espérant que des motivations plus claires seront fournies lors de la discussion en Conseil municipal. Il nous semble en effet qu’il faut être prudents dans l’encadrement urbanistique du développement de la Part Dieu. Une telle modification d’importance des règles de construction de parkings ne pouvait-elle d’ailleurs pas attendre la refonte complète du PLU ?

 

Nous sommes par contre pleinement favorables à la 3e modification proposée, à savoir la création d’une nouvelle réserve pour permettre l’agrandissement d’un espace vert sur le quartier Villette Paul Bert.

 

A noter, cette modification du PLU est soumise à enquête publique du 4 juin au 6 juillet prochain. Le dossier peut ainsi être consulté en Mairie du 3e et les habitants peuvent faire part de leurs remarques.

 

Pierre Bérat

 

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avr 19

La concertation dans le 3e sur le schéma de développement des modes doux de déplacement s’est ouverte mardi 17 mars par une réunion au Château Sans Souci. La réalisation d’un tel schéma est une démarche utile et complexe ; elle suscite à mon avis quelques interrogations.

 

J’ai assisté avec intérêt à cette réunion de concertation. Je pratique le vélo quasi quotidiennement, notamment chaque fois que je peux pour me rendre au travail, ce qui est d’ailleurs un moment plutôt agréable.

 

Concernant la pratique du vélo, je dois d’abord dire qu’elle est possible à Lyon. Je trouve qu’il y a du progrès dans le respect des cyclistes par les automobilistes. Il faut aussi rappeler que pour une pratique sûre du vélo, il faut effectivement bien maîtriser l’engin. Vu du côté automobiliste, il est vrai que l’on voit parfois des comportements à risques de cyclistes, avec certes le non respect du Code de la route, mais aussi parfois un manque d’expérience évident.

 

Si la pratique du vélo est possible, il n’en demeure pas moins qu’elle pourrait être plus facile et plus sûre, et que subsistent des points noirs à traiter rapidement. C’est donc une bonne chose que de travailler à un schéma de développement des modes doux, visant notamment à améliorer les itinéraires cyclables.

 

Impératif de sélectivité et priorité à la cohérence, sont les deux premières conclusions que j’ai tirées de cette réunion (des appréciations uniquement tirées des éléments présentés puisqu’en tant que conseiller d’arrondissement, je n’ai eu aucune autre information sur ce schéma).

 

Impératif de sélectivité :  90 millions d’euros sont annoncés pour le plan modes doux de déplacement de 2009 à 2014. Mais en fait, hors nouveaux services et grands projets déjà prévus, ce sont en fait 22 millions qui sont prévus pour le développement du réseau cyclable structurant, dont environ un quart pour Lyon, soit 5 millions. L’enveloppe sera ainsi rapidement consommée, et sans doute, tous les tracés figurant sur les  cartes présentés ne se feront-ils pas d’ici 2014. Autant donc être sélectifs d’emblée.

 

Il demeure une inconnue pour apprécier la latitude d’action. De quels types d’aménagements parle-t-on : d’aménagements lourds ou simplement des bandes cyclables peintes sur la chaussée ? Je n’ai pas bien compris quelle était l’approche de M. Vesco concernant ces aménagements puisqu’il a dit que le budget ne permettait pas de faire des aménagements du type « rue de la Part Dieu », que les bandes « peintes » sur la chaussée ne sont pas suffisantes, et que la solution intermédiaire avec mini bordure séparant les trafics est jugée dangereuse par les associations de vélo.

 

Quoi qu’il en soit, cette nécessaire sélectivité doit amener à privilégier des itinéraires, certes utiles, mais aussi cohérents,  donc complets : c’est un peu dommage de financer la réalisation de tronçons cyclables non connectés. On nous parle par exemple de Garibaldi, mais nous savons maintenant que l’axe ne sera retraité qu’à 25 % au cours du mandat. On voit donc mal comment il pourrait constituer un itinéraire structurant Nord-Sud.

 

Il faut donner la priorité à de nouveaux itinéraires continus, qui apporteront un véritable + pour les déplacements en vélos.

 

Dans mon prochain post, je reviendrai sur la méthode retenue pour identifier ces itinéraires structurants, sur ses conséquences pour le 3e, et j’aborderai aussi la question des piétons, puisque c’est aussi un élément clé des modes doux.

 

Pierre Bérat

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