mai 09

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Je reviens sur la modification du Plan Local d’Urbanisme, projet sur lequel nous – les élus Ensemble pour Lyon du 3e – avons voté non lors du dernier Conseil. En débattant avec la Majorité du 3e, je me suis demandé à propos des points posant problème s’il y avait une volonté de masquer certaines évolutions ou bien un défaut de suivi des dossiers. Les suites de ce débat renforcent mes doutes.

Ces doutes concernent notamment le changement de destination de l’îlot Créqui/Chaponnay/Edison. J’ai déjà évoqué mon étonnement lorsque j’ai constaté que Mme Panassier, l’adjointe à l’urbanisme du 3e, n’évoquait pas spontanément ce projet dans sa présentation. Elle a répondu à mon interpellation avec des arguments pour le moins « datés » relatifs à la requalification de la place Voltaire. Elle a aussi essayé la diversion en mettant en avant le désormais classique « Mieux vivre ensemble » puis en glissant sur des propos plus que limites. Passons…

Depuis, la conseillère déléguée Anne Brugnera s’est aussi exprimée sur le sujet. Elle se positionne résolument comme la « grande rectificatrice » du Conseil du 3e, dès que l’opposition joue son rôle… quitte d’ailleurs à se prendre les pieds dans le tapis comme nous l’avons vu sur le dossier « Citrouille et Potiron » et comme nous le voyons encore sur cette question d’urbanisme. Mme Brugnera nous dit « L’opposition s’est émue du projet visant à lever une réserve pour espace sportif… Concernant le terrain sportif, il en existe déjà un à proximité ». Non Mme Brugnera, la réserve que vous comptez supprimer sur l’îlot en cause était une réserve pour espace public, au profit du Grand Lyon et non de la Ville (je joins une photo pour aider le cas échéant au suivi de ce dossier !). Tout cela pose effectivement question sur la vision de la Mairie du 3e sur le renouvellement urbain du secteur Voltaire.

Malaise encore avec la suppression de la réserve pour espace vert de la rue des Petites sœurs. Mme Panassier nous dit : « c’était trop petit » (1990 m²). La réserve qui a été créée rue Meynis lors de la dernière modification fait seulement 1260 m². Celle qui existe rue de l’Espérance 1810 m²…

Malaise toujours avec les aménagements du tramway T3 du fait de la mise en service de Rhônexpress et du projet de desserte du Grand stade. Une réunion de concertation avait lieu mercredi soir en Mairie. Monsieur Rivalta, Président du Sytral, a plusieurs fois évoqué lors de la soirée le fait que des tramways pour le Grand stade partiront effectivement du nouveau quai prévu au Sud de la rue Paul Bert (sur une partie du tènement prévu pour l’Esplanade verte Dauphiné II)… Et tant pis si les supporters devront faire un trajet de 500 mètres entre la gare Part Dieu/Métro et cette gare « spéciale ». Pourtant, dans les documents de concertation consultables en Mairie, c’est-à-dire dans les « écrits », nulle mention de cette gare « spéciale ». Les aménagements prévus sont présentés comme une plate-forme constituant :

  • un quai de secours,
  • un point de stockage de rames (injection/retrait du réseau),
  • un point de régulation du trafic pour « gérer l’encombrement du tronc commun T3, T4, Rhônexpress » (et après on vient prétendre que l’intersection avec la rue Paul Bert ne va pas perturber gravement la circulation automobile)…

Bref, la question majeure de l’urbanisme exige mieux que du verbiage : du sérieux dans le suivi des dossiers, de la transparence et du pragmatisme.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , ,

avr 06

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Je me suis abstenu lors du Conseil du 3e de ce soir sur les délibérations approuvant les modalités des concertations relatives à l’extension de la ligne de tram T3 pour la desserte du Grand stade et à d’autres aménagements de T3 pour l’exploitation conjointe T3/Rhônexpress ; une abstention non pas par désaccord sur la concertation, mais pour signifier des interrogations sur le fond du dossier à la fois au plan global et pour son impact sur le quartier Villette.

Le projet d’extension de la ligne T3 consiste à créer un débranchement de la ligne à Décines pour rejoindre le site du futur Grand stade, avec création d’un nouveau terminus.

Nous abordons ce projet avec la plus grande circonspection tant il est mené dans la précipitation avec un minimum d’informations. C’est vrai pour le dossier global du Grand stade et de ses futurs accès financés par la collectivité. Par ailleurs, les dossiers de l’extension/aménagement de T3 ne sont pas sans incidences pour le quartier Villette, à deux niveaux : d’une part, avec les menaces qu’ils font planer sur la réalisation complète de l’esplanade verte Dauphiné II, d’autre part, avec les conséquences sur la circulation automobile. Ce sont ces interrogations et ces doutes qui motivent notre abstention.

Premier aspect sur lequel il faut être vigilant : les projets d’extension de l’emprise du tram sur l’espace dédié à l’Esplanade verte Dauphiné II. Chacun connaît les besoins du quartier Villette Paul Bert en espaces verts, notamment depuis la « démission » de la Ville de Lyon sur le tènement Keller Dorian. Aujourd’hui, le projet soumis consiste à réaliser sur l’îlot Millon, à côté des voies du tram, des aménagements complémentaires (aire d’attente, régulation des rames et quais). L’aménagement pourrait rester limité, mais rappelons-nous qu’il y a encore quelques semaines on nous parlait de créer à cet endroit la gare de départ pour le Grand stade. Il s’agit des terrains de l’Esplanade Dauphiné II les plus proches du cœur de quartier de Villette. Je serai particulièrement vigilant pour éviter un mitage progressif de ces terrains, comme je l’ai fait dans le passé quand le Grand Lyon avait proposé de réaliser une déchetterie le long de l’esplanade Sans Souci Dauphiné I.

Deuxième aspect : celui de l’impact sur la circulation automobile au niveau du carrefour déjà très complexe de Paul Bert/Villette/Lacassagne. En prévoyant une desserte du Grand Stade en T3 depuis la Part Dieu, cela signifie des rames supplémentaires qui vont s’ajouter aux T3 classiques, aux T4 et à Rhônexpress  lorsqu’il y aura des matchs ou d’autres événements au Grand stade. Cela signifie que le carrefour sera très fréquemment bloqué par le passage de rames, coupant ainsi l’axe essentiel que constitue Paul Bert/Lacassagne pour la sortie de Lyon et la desserte de la gare. On peut légitimement craindre l’asphyxie du quartier.

J’imagine déjà l’argument opposé par la coalition rose-verte : il faut apprendre à vivre sans voiture à la Part Dieu. Comme chacun le sait, pour faire vivre les grands centres d’affaires et de communication, une bonne desserte en trottinette est suffisante… Pour être plus sérieux, je note la mention suivante dans la délibération relative à la concertation sur l’extension de T3 pour la desserte du Grand stade : « ce débranchement implique la construction d’un ouvrage d’art permettant le franchissement de l’avenue Jean-Jaurès à Décines et ainsi d’éviter toute problématique d’interface de circulation routière… ». Les risques évoqués pour Décines, pour le seul tronçon de l’extension, ne sont-ils pas d’autant plus importants pour le tronçon du tram à Lyon 3e qui verra passer Rhônexpress, les T3 normaux et Grand stade, et T4 ?

Je fais une proposition : pourquoi ne pas prévoir une desserte du Grand stade par T3 uniquement à partir de Vaulx-en-Velin la Soie qui permet la connexion avec la ligne A du métro ? Cela limiterait le coût de la desserte du Grand stade tout en évitant de surcharger encore l’arrivée de T3/T4 sur la Part Dieu.

Chacun pourra donc s’exprimer sur ces dossiers importants du 23 avril au 4 juin dans le cadre de l’enquête publique.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

fév 20

Dans le contexte qui est le nôtre en matière de déficits publics et de pression fiscale, les collectivités territoriales ne doivent-elles pas s’engager, elles aussi, dans une démarche visant à limiter la dépense publique ? Petite démonstration dans le 3e arrondissement.

En cette période électorale, la Gauche mène un intense combat médiatique contre les réformes des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle, soi-disant pour préserver la capacité d’action des collectivités et « sauver les libertés locales ». Il y a une autre façon de voir la question : face à l’exigence de limiter la dépense publique pour réduire l’endettement et la pression fiscale, les collectivités ne pourraient-elles faire quelques économies ou autrement dit, éviter quelques dépenses ? La pratique du Maire du 3e arrondissement, Thierry PHILIP, qui est aussi un éminent acteur de la liste PS aux régionales, est à cet égard assez frappante.

Je l’ai interrogé lors du dernier Conseil d’arrondissement, sur les emplois du Cabinet des élus de la Mairie du 3e (une interrogation qui portait bien sur les effectifs du Cabinet et non sur les effectifs d’agents municipaux, contrairement à ce qui figure dans le compte-rendu du Progrès).

Que constate-t-on ? Sous le mandat précédent, lorsque Patrick HUGUET était Maire, les collaborateurs attachés aux élus étaient au nombre de quatre : une assistante de direction du Maire et trois autres assistantes attachées aux adjoints.

Quelle est la situation aujourd’hui ? Thierry PHILIP s’est entouré :

  • D’un directeur de cabinet et de la communication
  • D’un directeur adjoint de cabinet
  • D’un chef de cabinet
  • De deux collaboratrices de cabinet !

(Et encore, liste peut être non exhaustive dans l’attente de l’examen de la fonction exercée par certains autres postes).

Tout cela sachant que dans le même temps, les demandes des habitants concernant le cadre de vie, qui étaient gérées par le Cabinet jusqu’en 2008, ont maintenant été largement transférées sur des agents administratifs de la Mairie. C’est dire l’inflation de moyens qui sont consacrés aux « affaires politiques ». Je disais en Conseil que ce n’est plus une Mairie d’arrondissement, c’est à la « Maison blanche ». Il ne manque plus qu’un conseiller diplomatique et un porte-parole !

Que répond Thierry PHILIP ? D’une part que certains de ces emplois sont à temps partiel (sur ce point voir l’article du Progrès). Précisons aussi que si le nombre de postes n’augmente pas fortement, il n’en va pas de même de la masse salariale correspondante compte tenu du niveau des postes créés. D’autre part, il répond que ce Cabinet généreux vise à suivre les dossiers de l’arrondissement ! Une approche plus « light » ne nous a pas empêché au cours du mandat dernier de suivre les projets clés de l’arrondissement : cf. le sauvetage des Halles de Lyon menacés de délocalisation, celui de l’Esplanade Dauphiné menacée d’accueillir une déchetterie, la dénonciation de l’abandon de l’emplacement réservé pour espace vert sur le tènement Keller-Dorian ou encore les premiers aménagements de Garibaldi que nous avons « arrachés de haute lutte ».

Par ailleurs, les adjoints ne sont-ils pas là justement pour assurer ce suivi des dossiers ? Ils sont treize autour du Maire du 3e, à percevoir chaque mois une indemnité de plus de 1100 euros (indemnité justifiée je précise quand le travail est fait). Pourquoi vouloir doubler le rôle des élus par des collaborateurs de Cabinet ? Est-ce un problème de confiance du Maire envers ses colistiers ?

Comme je l’ai dit en Conseil d’arrondissement, je trouve qu’un tel Cabinet d’élu est excessif dans une Mairie d’arrondissement, et que dans le contexte de crise que nous connaissons, c’est même indécent quand on connaît les difficultés de nombreuses familles, ou quand on constate par exemple que de nombreux commerçants et autres chefs d’entreprise ne se versent plus de salaire depuis des mois pour pouvoir passer le cap de la crise.

Oui nous touchons bien là à une conception de la politique et de la gestion des finances publiques, lesquelles proviennent, comme chacun le sait, des poches des contribuables. Oui quand on voit cela, on se dit qu’il y a des économies à faire aussi dans les collectivités. Pensez-y pour les prochaines régionales !

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , ,