oct 21

Comme tout le monde, j’ai reçu il y a quelques jours ma taxe d’habitation. La hausse est bien là : + 8 % pour la part communale pour ce qui me concerne… Nous voilà revenus au débat du dernier CICA. Cela m’évoque aussi la schizophrénie en politique, et puis aussi une certaine mayonnaise médiatique.

 

+ 8 % donc d’augmentation pour la part communale de la taxe d’habitation, + 6 % pour le taux d’imposition. C’est quand même pas mal, surtout dans le contexte actuel. On imagine les déclarations « révoltées » de l’opposition si les taux de l’impôt sur le revenu avaient ainsi augmenté. Mais à quoi sert donc cette ponction supplémentaire si dans le même temps on abandonne certains projets d’investissement fondamentaux pour notre ville et notre arrondissement. Certes, avec l’impôt, on n’est pas dans une relation client-fournisseur. Mais le citoyen a bien sûr droit à une gestion locale transparente et efficiente.

 

J’ai lu il y a quelques jours les déclarations de Jean-Jacques Queyranne expliquant que les impôts pour la région n’augmenteront pas en 2010. Y’aurait pas des élections régionales par hasard dans quelques mois ? Gageons qu’en cas de victoire de la gauche, cette neutralité fiscale 2010 serait bien vite rattrapée l’année prochaine. Quelle était donc l’explication de Queyranne :  « nous ne voulons pas entamer le pouvoir d’achat des ménages et la capacité d’investissement des entreprises ». Certes la taxe d’habitation ne va pas à la Région. Mais si on considère la fiscalité locale globalement, comment une coalition politique peut-elle d’un côté tenir ces propos à la Région et d’un autre, augmenter de 8 % la pression fiscale lyonnaise. J’aimerais savoir comment Thierry Philip, qui est à la fois Maire du 3e arrondissement de Lyon, Vice-Président du Grand Lyon et Vice-Président de la Région gère personnellement cet écart.

 

Quant à l’actualité, je fais référence à la mayonnaise médiatique qui monte concernant la réforme des collectivités territoriales ; une mayonnaise qui tend à faire oublier le point de départ. Qui peut nier aujourd’hui que la dépense locale est parfois excessive ou mal maîtrisée, et que cela explique la pression fiscale croissante ? C’est bien là l’enjeu de la réforme : faire aussi bien et même mieux, en coûtant moins cher, en revenant à des montages plus simples. Ce sera le thème de la réunion publique de l’association Nouvelle donne, de Dominique PERBEN :

 

Réforme des collectivités : faire plus simple, mieux et moins cher

Jeudi 22 octobre à 19H30

A l’Escale

92 rue de Créqui – Lyon 6e

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , ,

oct 07

Le programme était attrayant : pensez donc, une séance de CICA sur le plan de mandat 2008-2014 pour l’arrondissement, autrement dit un échange entre le conseil d’arrondissement et les associations sur les projets de la Ville pour les 5 ans qui viennent. Un sujet qui mijotait depuis 18 mois ! La soirée aura été pour le moins décevante sur le fond et la forme.

 

Cette réunion de CICA a en effet été un modèle de verrouillage. Rappelons que le Comité d’Initiative et de Consultation d’Arrondissement, est un moment de la vie démocratique qui permet aux associations d’interpeller les élus sur les affaires de la Cité et d’en débattre. A quoi avons-nous assisté ? A un propos fleuve du Maire Thierry PHILIP, lequel, selon une approche de « leader massimo » à la cubaine, a présenté pendant 1H15, avec nombre de détails, les différents projets du plan de mandat. Pour les ¾ d’heure restants, situation inédite, la plupart des associations n’ont pas pu poser leurs questions, le Maire déterminant lui-même les points sur lesquels il pensait avoir déjà répondu ! Pour ma part, j’ai du arracher de haute lutte la possibilité d’intervenir deux minutes en fin de séance pour donner un point de vue d’opposition sur ce plan de mandat ; rappelons que cela aura été la seule occasion de débat public sur ce document fondamental qu’est le plan de mandat.

 

Un peu de méthode aurait sans doute permis une séance plus fructueuse. Pourquoi ne pas avoir envoyé avant la séance, aux associations et à l’opposition, le document longuement présenté ? Cela aurait ainsi pu permettre aux associations de poser des questions complémentaires et cela aurait laissé du temps pour de véritables échanges. La circulaire sur les conseils d’arrondissement ne dit-elle pas que ces derniers mettent à la disposition des associations du CICA toutes les informations permettant de préparer les débats !

 

Mais ne soyons pas naïfs. Il fallait verrouiller la séance pour surtout éviter que soit discuté le grand nombre de promesses qui ne seront pas tenues. Un rapide pointage montre que ce sont près de 50 % des projets promis qui ne sont pas programmés. Et en termes de volume financier, c’est sans doute encore plus puisque ce ne sont pas moins de 2 groupes scolaires, 2 aménagements de rues + la moitié du réaménagement de la rue Garibaldi, 5 équipements de service public de proximité, 3 espaces verts, le rachat de Chambovet, qui passent à la trappe !

 

J’aurai l’occasion de commenter cela, mais à ce stade je voudrais revenir sur les excuses données par Thierry PHILIP. Il a bien sûr invoqué les contraintes financières, mentionnant d’hypothétiques réductions des dotations financières aux collectivités locales. La réalité d’aujourd’hui, c’est que ce plan de mandat, revu fortement à la baisse, intervient alors :

  • Que le remboursement anticipé de la TVA, dans le cadre du plan de relance gouvernemental, vient d’apporter 26 millions d’euros non prévus au Grand Lyon pour réaliser des investissements,
  • Que ce sont 29 millions d’euros qui sont actuellement ponctionnés en plus aux Lyonnais, via les impôts locaux, avec une pression fiscale qui s’accroît de 12 % du fait du cumul des effets base et taux.

 

Bref des projets en moins, des impôts en plus et surtout silence dans les rangs !

 

Pierre Bérat

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