
Il y a quelques jours se tenait – enfin !- au Grand Lyon la réunion de lancement de la concertation sur le réaménagement de la rue Garibaldi. Après quelques jours de réflexion, voici quelques réactions à cette réunion présidée par Gérard Collomb.
Premier constat marquant : la forte participation, qui démontre l’intérêt du dossier pour les Lyonnais de la rive gauche, mais ce n’est pas une surprise. Ce fut une intéressante réunion d’introduction de cette concertation.
Je poursuis par une autre satisfaction. Gérard Collomb a vanté la création du nouveau carrefour avec les rues Arménie/Pensionnat. Cela avait été pour l’équipe d’arrondissement du mandat dernier un combat acharné, et j’avais fortement œuvré en ce sens avec le Conseil de quartier de Voltaire-Part Dieu et les associations. Une reconnaissance qui fait plaisir a posteriori !
La concertation sur cet important projet va porter sur les aménagements le long du nouvel axe Garibaldi, sur les aménagements des espaces publics qui jouxtent la rue, et sans doute sur le nombre de voies de circulation qui seront maintenues. Par contre trois points et non des moindres ne sont pas discutables. Il faut le regretter et les motifs invoqués par le Maire de Lyon sont peu recevables.
La suppression des trémies tout d’abord. Je n’ai pas d’avis arrêté, général, sur la question. J’attends que l’on me démontre la faisabilité de la mise à niveau, en termes d’écoulement du trafic. J’ai en tous cas relever une contradiction. Le Maire de Lyon nous dit que les trémies n’ont aucune utilité dans la mesure où il y a des feux sur l’itinéraire. Son propos est le suivant : à quoi cela servirait-il d’éviter des croisements, si le flux de circulation est arrêté plus loin ? Tout dépend en fait du temps de vert qu’il faut laisser aux différents axes qui coupent Garibaldi. Par ailleurs, on nous explique que le trafic moyen sur l’axe Garibaldi varie de 13 000 véhicules/jour à 30 000 véhicules/jour selon les sections. Une part importante du trafic entre ou quitte en effet Garibaldi le long du parcours. Cela veut dire que les conditions d’écoulement du trafic ne sont pas les mêmes tout le long de l’axe. S’il est possible de gérer un carrefour en surface à un endroit, ce n’est pas forcément le cas ailleurs.
Concernant les trémies, la question a été posée par des habitants de leur réutilisation ; une proposition balayée par le Maire de Lyon au motif qu’il ne concevait pas la vie en ville, sous terre. Certes, il ne s’agit pas de prévoir de créer des bureaux ou des logements dans les trémies ! Mais faut-il pour autant exclure d’autres réutilisations ? A l’heure où l’on parle de densifier la ville, ne faut-il pas ouvrir la réflexion ?
Autre point qui n’est pas discutable : le tronçonnage du projet sur plusieurs mandats. Sur le mandat 2008-2014, seule la (petite) section Vauban (6e)-rue Bouchut (3e) sera réaménagée. Le reste attendra (encore) au moins 2014-2020 ! Gérard Collomb justifie cet étalement, qui devient maintenant historique, par la nécessité de ne pas multiplier les chantiers pour ne pas gêner la circulation ! Plus c’est gros, plus ça passe. La réalité est bien sûr tout autre : c’est encore le résultat d’un arbitrage entre les projets. Rappelons encore ce qu’écrivait Thierry Philip dans son programme électoral : « Nous créerons un parcours vert tout le long de la rue Garibaldi… Ce projet annoncé par Gérard Collomb en Novembre 2007 est budgété dans le plan de mandat 2008-2014 à hauteur de 55 millions d’euros (sic) ». On nous aurait trompé ?
Ce tronçonnage dans le temps est bien sûr extrêmement décevant pour des quartiers qui attendent un mieux vivre depuis déjà 10 ans. C’est aussi une incohérence majeure de la politique des déplacements. Car tant que l’aménagement n’est pas complet, il n’y aura ni itinéraire continu Sud-Nord pour les transports en commun, ni voie verte pour les vélos. Belle opportunité perdue.
Une dernière remarque pour le sourire. J’ai bien noté que le Maire de Lyon avait préféré sa place habituelle à la tribune du Conseil du Grand Lyon plutôt que la place qui lui avait été réservée au centre de l’hémicycle avec les autres élus. Faut-il y voir une rupture définitive avec le Ségolénisme, en refusant ainsi un des principes fondateurs de la démarche participative royaliste ?
écrit par Pierre BERAT
\\ tags: conseil de quartier, Garibaldi, Gérard Collomb, Grand Lyon
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