déc 05

Le Maire du 3e arrondissement vient de réaliser une visite médiatisée du campement de fortune de Villette, occupé par des Rroms, selon les informations diffusées. Cela a été l’occasion pour Thierry Philip de développer une nouvelle fois sa « doctrine » sur une question qui s’avère effectivement complexe.

Ce campement s’est monté sur un terrain du Conseil général, entre la voie SNCF et la voie du tram. La première préoccupation est celle des conditions d’hébergement des familles qui l’occupent : vie sous des tentes alors que l’hiver arrive, hygiène, sécurité du fait de la proximité des voies. Se pose aussi la question de ce qui se transforme en bidonville au cœur de la ville.

C’est la 3e fois cette semaine (en CICA, lors de l’AG du CIL Villette Paul Bert et dans le Progrès) que Thierry Philip développe sa « doctrine ». Le discours est bien rodé et habile - je pense que si le campement se trouvait quelques mètres plus loin, sur un terrain de la Ville ou du Grand Lyon, il serait sans doute un peu différent -… Après avoir évoqué la dimension humaine du sujet, il s’étonne que le Conseil général ne fasse pas appel de la décision de justice qui empêche l’expulsion, puis souligne que c’est à l’Etat de régler le problème, en visant bien sûr le Gouvernement.

Je crois que l’on peut pointer que s’il n’y avait pas eu le gros raté du Grand Lyon lors de la réalisation du T3, qui a conduit à faire contourner provisoirement l’îlot de l’impasse Millon par le Tramway, condamnant ainsi l’aménagement définitif de l’Esplanade Dauphiné-Villette pour de nombreuses années, nous n’en serions pas là. Il n’y aurait sans doute plus ce vaste terrain vague au cœur de l’arrondissement. Voici un héritage du premier mandat de la gauche à Lyon, qui risque d’ailleurs aussi de se traduire par l’édification d’un dépôt du tram à cet emplacement…

Mais pour revenir au cœur du sujet, oui le dossier est complexe. On peut s’étonner de la décision de justice qui empêche la fermeture de ce campement et de ses motivations, alors même que le séjour en France est soumis à conditions. Est-il réellement opportun de légitimer l’occupation sans droit d’un terrain pour y édifier un campement sauvage, au motif qu’il n’y a pas de projet de construction immédiat ? Et puis ce dossier est complexe car au-delà du devenir du site, se pose la question du devenir des personnes qui occupent le campement. Et effectivement c’est bien une question qui relève largement de l’Etat et de l’Europe puisqu’elle touche à la question des flux migratoires.

Mais en la matière, je voudrais inviter le Maire du 3e à pousser sa réflexion encore plus loin, pour être pleinement cohérent dans son approche et sa communication. Car on ne peut, comme le font les élus socialistes en ce moment, dénoncer au quotidien avec outrance la politique du Gouvernement en matière d’immigration, l’accusant de trop de sévérité, et en même temps en appeler à des solutions nationales. Pour éviter les conséquences humaines désastreuses de ces flux migratoires, il faut effectivement soutenir le développement dans les pays d’origine. Mais il faut aussi éviter d’émettre des signaux tendant à faire croire que la France accueillera toute la « misère du monde ». Une attitude plus responsable de la gauche en la matière serait la bienvenue.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,

mai 24

Début de long week-end avec un énervement certain quand je prends connaissance des déclarations du président PS du Conseil général du Pas-de-Calais. Celui-ci vient de refuser la location cet été d’une cantine de collège par une compagnie de CRS.

 

En tant que propriétaire des locaux, ce président de conseil général peut effectivement prendre cette décision. C’est sa responsabilité. Il rendra des comptes aux conseillers généraux qui l’élisent et ces derniers à leurs électeurs. Par contre, les déclarations de cet élu sont graves, puisqu’il motive sa décision par le fait que les CRS feraient la  » chasse aux migrants« . Comment un élu peut-il s’en prendre en ces termes à une force de sécurité de la République qui exerce sa mission ? D’après ce que je comprends, ces CRS viennent l’été à Calais pour sécuriser les plages, et leur présence permet aussi de contribuer à la politique de lutte contre l’immigration irrégulière, dans une région particulièrement concernée par cette problématique.

 

Bien sûr, nous sommes en campagne électorale. Pour tenter de gagner des suffrages, des élus PS n’hésitent pas à faire de la surenchère pour éviter des transferts de voix vers l’extrême gauche. Mais ce faisant, ces responsables politiques jouent avec le feu ; en s’attaquant ainsi à l’Etat, ils ouvrent la voie à d’autres remises en cause.

 

Puisque l’on se trouve en pleine campagne européenne, ces déclarations apportent en tous cas un éclairage intéressant de la vision que les socialistes peuvent avoir de la politique de maîtrise de l’immigration, surtout quand elles sont le fait d’un élu d’une région qui se trouve au cœur des flux européens de migrants, suscités par des filières organisées d’immigration, qui exploitent la misère humaine. Elles relativisent aussi les postures qui se veulent « responsables » d’autres notables socialistes, car je n’ai pas entendu ce week-end de regrets de ce parti sur ces paroles.

 

Autre déclaration pour terminer ce week-end : celle de l’impôt sur le revenu. Comme beaucoup, j’ai encore attendu le dernier week-end pour entreprendre cet exercice, heureusement effectivement plus simple avec la déclaration pré-remplie.

 

En le faisant, il me revient à l’esprit que, chaque année, le remboursement des seuls intérêts de la dette de la France représente une somme équivalente aux ¾ du produit de cet impôt sur le revenu ! Qu’en sera-t-il demain, quelle part de l’impôt sur le revenu de nos enfants servira à payer les intérêts de notre dette ?

 

 

Cette période de crise est bien sûr particulière, puisqu’il faut de toute urgence relancer l’activité, et donc se donner les moyens de le faire, fut-ce au prix d’un déficit budgétaire accru. Mais quand on mesure le poids de notre dette, on comprend que le Gouvernement veille à ce que cette dépense budgétaire de relance aille d’abord à l’investissement, et qu’il garde le cap de l’assainissement budgétaire pour la sortie de crise, malgré les oppositions de ceux qui font de l’anti-réforme et du corporatisme leur seule ligne politique.

 

Pierre Bérat

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