mar 01

Marché Augagneur 2010_4

Voilà déjà quelques semaines que je suis engagé dans cette campagne des élections régionales en tant que candidat. A quinze jours du scrutin, voici quelques constats que je tire de ma présence sur le terrain dans le 3e arrondissement et ailleurs.

Premier constat, comme pour les dernières campagnes, les candidats sont saisis par des collectifs, lobbies, groupes d’intérêt, et ils sont « sommés » de répondre à des questions plutôt pointues. Je dis « sommés » car ces questionnaires ou ces invitations à des débats, sont parfois très impératifs, menaçant d’apocalypse médiatique en cas de non réponse. Je constate que les sujets évoqués sont parfois très éloignés des compétences de la Région, et parfois que l’interrogation est largement téléguidée par certains mouvements politiques… Diversion, diversion… Pour ma part, j’entends plutôt me concentrer sur le débat relatif aux politiques que peut mener la collectivité « Région ».

Alors quels sont les sujets sur lesquels un candidat aux régionales est amené à discuter dans le cadre de cette campagne ?

Ce serait mentir que de dire que toutes les questions portent sur des compétences régionales. Pas une seule présence marché ou visite de commerce, sans que ne soit évoquée la question de la propreté. C’est le reflet d’une réalité et de l’échec de la politique du Grand Lyon en la matière. Souhaitons que le Vice-président en charge de cette question se saisisse enfin du problème après sa campagne régionale !

De façon générale, on constate que nos concitoyens ont beaucoup de difficultés pour se repérer dans les compétences des collectivités territoriales. Et ne parlons pas du mode de scrutin des régionales. Ce constat que chacun peut faire en faisant campagne devrait amener ceux qui sont vent debout contre la réforme des collectivités territoriales à réfléchir encore au sujet. Pour ma part, je suis encore plus convaincu que oui, il faut clarifier les compétences, pour que chacun sache bien « qui fait quoi avec quel impôt », et oui, un conseiller territorial, bien identifié sur un territoire déterminé, serait une très bonne chose pour susciter l’adhésion des citoyens.

Parmi les sujets de compétences régionales, j’ai noté les échanges suivants lors de mes rencontres :

  • La question de l’insertion professionnelle des jeunes : comment mieux orienter les jeunes vers des métiers d’avenir, pour assurer l’emploi ? C’est le souci de nombreux jeunes et parents. C’est la raison pour laquelle notre programme propose de renforcer l’information sur les filières porteuses, en manque de candidats, de rendre plus réactif le dispositif régional de formation et d’encourager l’apprentissage par une nouvelle aide financière.
  • La question du soutien aux entreprises : de nombreux commerçants et autres responsables de TPE que j’ai rencontrés font part des mois très difficiles qu’ils ont connus ou connaissent du fait de la crise. Souvent, ils posent la question, mais que fait pour moi la Région ? C’est pourtant la collectivité première en matière de soutien à l’économie. C’est pourquoi nous proposons de simplifier le dispositif d’aides en élargissant notamment les conditions pour bénéficier de garanties d’emprunt.
  • Comment conjuguer stratégie régionale de développement économique et réponse de proximité pour les entreprises qui ont besoin d’accompagnement, tout en assurant une équité entre toutes les entreprises ? Voilà une question, évoquée avec des artisans, qui constitue un vrai chantier à mener dans la perspective de la nouvelle organisation des collectivités territoriales.

Je note aussi que nombreux sont les électeurs qui sont sensibles à la nécessité de mieux maîtriser les dépenses des collectivités territoriales. Que cela plaise ou non à ceux qui se sont positionnés comme des contre-pouvoirs locaux, la pression fiscale locale est jugée excessive et la question est souvent posée de la pertinence de certaines dépenses.

Enfin un échange que j’ai trouvé significatif. Samedi sur le marché de Montchat, une dame m’expliquait qu’elle avait rencontré le candidat Thierry PHILIP, lequel en bon candidat PS, se veut le représentant patenté de la Solidarité. La dame lui dit « mais je ne vais pas pouvoir voter ». Le Maire de répondre : mais pourquoi cela ? « Mais parce que j’habite à la Résidence pour Personnes Agées Constant, vous savez la résidence que vous faites fermer ! » Il semblerait que l’échange ait tourné court…

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

fév 12

Dans son discours d’investiture en tant que maire d’arrondissement, Thierry Philip déclarait « Nous ne dirons jamais, ce n’est pas nous, ce n’est pas de notre faute, ce n’est pas de notre responsabilité. Tout dossier du 3e sera défendu à la Ville et au Grand Lyon jusqu’à son aboutissement ». Normal, c’est la vocation d’un Maire d’arrondissement. Aussi, je suis particulièrement surpris du traitement de quelques « affaires » locales ces dernières semaines.

Sur son blog le 4 janvier, le Maire du 3e répondait ainsi à un membre de conseil de quartier qui lui reprochait de ne pas avoir pleinement participé à une réunion sur la ZAC de la Buire prévue de longue date,  préférant une réunion de la campagne des régionales : « J’ai fait l’introduction pour la réunion de la Buire, en expliquant que la Zac n’était pas à ce stade sous la responsabilité de la mairie mais de l’opérateur privé qui était présent ».

Autre fait particulièrement significatif, à la fin du dernier conseil d’arrondissement, des habitants ont manifesté leur opposition à l’installation d’une nouvelle antenne de téléphonie mobile avenue Félix Faure, demandant un appui de la Mairie. Le Maire du 3e a refusé tout dialogue, prétextant que la question relevait de la Mairie centrale ! Et il a laissé l’adjointe verte Mireille Roy traiter le mécontentement… (à rapprocher de mon post « Zizanie »).

Une habitante du 3e me faisait part dernièrement de sa surprise d’avoir trouvé le Maire dans sa résidence, en opération « porte à porte » pour les régionales. Elle me disait « il ferait mieux de s’occuper des problèmes du cadre de vie ». On pense bien sûr à la propreté, pour laquelle non seulement la situation ne s’améliore pas mais se dégrade plutôt. Et en la matière, on rappellera que le Maire du 3e n’a même pas à jouer l’intermédiaire avec d’autres puisqu’il est aussi le Vice-Président du Grand Lyon à la propreté.

Je suis d’accord à la fois avec la réaction de cette dame, et avec le discours d’investiture : ma conception de la mission de maire d’arrondissement, c’est d’abord une action résolue pour résoudre tous les problèmes de proximité, même quand l’action consiste à œuvrer auprès d’autres autorités responsables. Mais il est vrai qu’un tel rôle est difficile à assumer dans une situation de boulimie de mandats électifs : Maire d’arrondissement, Vice-Président du Grand Lyon chargé de la propreté et Vice-Président du Conseil régional en quête de reconduction/promotion…

Pierre Bérat

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