août 26

Un petit post de rentrée, non pas pour décrire mes vacances, mais pour faire part de quelques constats suite à un séjour à Malte. Le tourisme n’empêche pas de s’intéresser aux lieux de séjour !

 

Si l’objet de ce post n’est pas de parler vacances, j’en profite toutefois pour vanter les mérites de la magnifique île de Malte. Après l’avoir visitée trois fois, je ne peux que conseiller cette destination, idéale pour de courtes vacances pour ceux qui veulent découvrir d’étonnants paysages côtiers, se plonger dans les souvenirs de diverses grandes périodes historiques, et profiter de la mer, y compris en matière de plongée pour les amateurs. En ajoutant que les Maltais sont très sympathiques et que cette île a vraiment une âme. Un conseil toutefois : un séjour réussi à Malte implique de ne pas rester «bloqué » dans les stations touristiques mais de découvrir toutes les facettes de l’archipel, de la Valette à Gozo, en passant par M’dina.

 

En allant à Malte cette année, j’étais particulièrement intrigué de voir dans quelle mesure l’entrée dans l’Union européenne pouvait modifier ce petit pays (la population de Lyon sur un archipel long d’une quarantaine de km), même si cette entrée est encore très récente (2004).

 

L’adhésion de Malte à l’Union européenne a été une grande affaire pour cette île-Etat caractérisée par une vie politique intense – dans chaque localité de l’île on trouve ainsi des cafés « représentant » les partis politiques, qui accueillent aussi les touristes ! Après son indépendance, Malte a en effet adopté un positionnement « non aligné » en Europe, sachant qu’elle se trouve à un emplacement stratégique en Méditerranée. Il faut aussi savoir que si la société maltaise est le résultat de diverses influences, elle est riche d’une forte identité, forgée notamment dans la résistance (des chevaliers lors des tentatives de conquête ottomane, et plus récemment lors de la deuxième guerre mondiale, lorsqu’elle était un territoire isolé au milieu des forces de l’axe). Le projet d’intégrer l’Union européenne a été âprement discuté, suspendu, puis repris. En 2003, un référendum l’a approuvé à 53 %.

 

J’ai séjourné à trois reprises à Malte, en 1994, 2000 et donc 2009. Même si la vision est superficielle, il est toujours intéressant de visiter un pays à diverses périodes pour voir comment il évolue. J’ai constaté cet été le développement des infrastructures mais il me semble que Malte avait au moins autant changé entre 1994 et 2000 qu’entre 2000 et 2009. Et c’est avec une grande satisfaction que j’ai pu voir cette année, que Malte, Etat membre de l’Union européenne, conservait la force de son identité, même si comme partout, on retrouve des signes de l’uniformisation mondiale.

 

J’ai profité aussi de ce séjour pour m’intéresser au mode de scrutin en vigueur pour les élections législatives à Malte ; un mode de scrutin rare, particulièrement complexe. A tel point qu’il ne faut pas attendre les résultats à 20 H ! Mais il présente certains aspects intéressants ; il combine proximité, une certaine représentation proportionnelle, mais avec la possibilité de choix individuel des candidats (l’électeur ne se voit ainsi pas imposer des « têtes de liste ») et même celui de panachage entre formations politiques. Intéressant dans notre contexte de réflexion sur le bon mode de scrutin pour les futurs conseillers territoriaux qui pourraient résulter de la réforme des collectivités territoriales.

 

Pierre Bérat

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juin 21

Voici un billet particulièrement destiné à ceux qui pensent qu’il ne faut rien changer dans l’organisation de nos collectivités territoriales, ou que la création de nouveaux comités « Théodule » suffirait à rationaliser ce qui a besoin de l’être.

 

Cette semaine vient de se produire un nouvel exemple de dysfonctionnement lié à la complexité de l’organisation administrative locale. Il a en effet été confirmé que l’aménagement du Parc Sergent Blandan dans le 7e rencontrait un problème juridique, le Grand Lyon se voyant contester la compétence d’aménagement d’un parc urbain. On connaissait déjà le « syndrome » du papier gras, c’est-à-dire l’épineux problème pour savoir qui doit ramasser ce papier selon qu’il est tombé sur une parcelle de terrain communal, communautaire, privative… Voilà maintenant la valse des espaces verts, conséquence d’une incertitude pour savoir qui de la Ville ou du Grand Lyon doit les prendre en charge.

 

Pas étonnant que ce problème se pose. On voit bien que certains espaces verts relèvent plutôt de la proximité, et que d’autres présentent d’évidence un intérêt communautaire. Il n’y a qu’à se promener au Parc de la Tête d’or le dimanche pour se douter qu’il présente une dimension d’agglomération. Il relève pourtant de la Ville de Lyon… alors que des espaces publics arborés, beaucoup plus confidentiels, relèvent du Grand Lyon.

 

Cet « accident juridique » ne devrait pas retarder la réalisation du Parc Blandan. Tant mieux ! Mais on s’imagine aisément les coûts cachés qui vont résulter de ce feuilleton juridique et les multiples réunions qui seront nécessaires pour cette « énième » réorganisation des services. On voit bien avec de tels exemples qu’il faut simplifier l’organisation administrative au niveau de l’agglomération, en associant la proximité et le global.

 

Avant de se demander si le Parc Blandan est un parc de niveau municipal ou communautaire, il faudrait aussi s’assurer qu’il aura bien un rayonnement municipal. On peut aujourd’hui se poser la question quand on examine ses conditions d’accessibilité. Faute d’aménagement complet de Garibaldi dans les prochaines années, il faudra encore attendre longtemps pour accéder au Parc depuis le 3e par la future voie verte. Quant à la passerelle au-dessus du couloir ferroviaire, qui devait – à minima -, assurer un bon accès au Parc depuis le 8e, voire le 3e Est, le projet ne semble plus vraiment d’actualité. Rappelons-nous que cette passerelle était présentée, lors de la campagne des élections municipales, comme le moyen d’assurer une bonne connexion depuis ces arrondissements, un argument « clé » avancé par la liste PS pour ne pas créer un nouvel espace vert majeur dans le 3e Est.

 

Pas loin de ce secteur, se trouve l’espace censé accueillir le futur skate-parc de proximité du 3e. Sa réalisation était fermement promise par la Mairie du 3e pour ce printemps au plus tard. Pour l’instant, la seule réalisation, ce sont des barrières qui ferment l’espace public. Je doute que le chantier démarre d’ici ce soir minuit ! Dommage, cela aurait été utile de disposer de cet équipement cet été.

 

Pierre Bérat

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