sept 04

Des déclarations à la presse qui décoiffent, une proposition à préciser, un opportun rappel des réalités ; le débat sur le thème de la sécurité et de la tranquillité publique a encore été bien présent cette semaine.

Je disais donc « déclarations à la presse qui décoiffent ». Je ne parle pas de la prospective municipale personnelle à l’horizon… 2030, mais de celles du député PCF de Vénissieux. Comme le signale un récent commentaire sur ce blog, elles sont très intéressantes. Je cite les propos d’André Gérin repris dans le Progrès du 31 août. « Le PS et le PC font fausse route en se bornant à diaboliser Nicolas Sarkozy. (…) On peut traiter les problématiques de la sécurité sans stigmatiser, sans désigner de bouc émissaire, tout en regardant la réalité en face. » Et encore hier. « Il faut une bonne fois pour toutes en finir avec la culture de l’excuse, de la victimisation, et avec l’angélisme. La crise économique et sociale n’explique pas tout… (…) nous sommes face à une dérive très grave de la société française avec des minorités qui font la loi dans les cités sur fond d’omerta. »

Propos pragmatiques et courageux qu’il convient de saluer. Cela fait plaisir de constater que certains responsables politiques sont capables de sortir des clivages et des réflexes « pavloviens » et surtout, refusent de s’engager dans le discours pervers de diabolisation et d’outrances auquel nous avons assisté ces derniers mois. Pour ma part, je partage ce diagnostic. Beaucoup a été fait depuis 2007 apportant déjà des réponses aux problèmes. Mais le mal est profond, et il faut s’adapter en permanence aux évolutions (cf. les événements de Grenoble), d’où le nouvel élan donné cet été.

Dans ce contexte, Ségolène Royal parle de nouveau d’un encadrement militaire des délinquants. Cette proposition peut être examinée. Elle peut effectivement être intéressante si cela permet d’éviter la spirale de la montée en délinquance qui peut s’amorcer en prison. Mais encore faut-il préciser en quoi consisterait cet encadrement militaire dans un contexte de répression des délits. L’organisation d’activités sportives ne saurait par exemple suffire…

En la matière, alors que certaines vieilles lunes refont surface, un article du Figaro du 3 septembre vient rappeler, chiffres à l’appui, que la police de proximité était loin d’être une réussite, que ce soit pour ses résultats ou pour le travail des forces de l’ordre.

Pour terminer et à chaud, je trouve que les paroles de responsabilité, sur l’action de la Majorité, étaient aussi bien présentes dans le discours de Jean-Louis Borloo que je viens d’entendre à la Cité Internationale.

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mai 13

Après quelques jours de suspens, David Cameron devient le nouveau Premier ministre de Grande-Bretagne, un accord de coalition ayant été trouvé avec les centristes Lib-Dem de Nick Clegg. Cette conclusion apparaît logique et salutaire : elle est conforme au vote des Britanniques. Ce changement politique n’est pas anodin. Voilà ce qu’il m’inspire.

Tout d’abord, c’est la fin du règne de 13 ans du « New Labour ». Au plan européen, ce n’est pas rien, tant le Blairisme a inspiré une « nouvelle gauche ». On avait d’ailleurs essayé de nous « vendre » un modèle similaire avec Ségolène Royal en 2007. Ce modèle a visiblement montré ses limites, comme l’ont signifié les Britanniques. On retiendra notamment l’échec du plan anti-crise de Gordon Brown reposant largement sur la relance par la consommation (baisse de la TVA) ; l’occasion de rappeler que le PS français défendait à l’époque la même approche, même s’ils sont plus discrets sur le sujet aujourd’hui… Avec le départ de Gordon Brown – qui ne manque d’ailleurs pas de dignité – c’est bien une page de la « nouvelle gauche » qui se tourne.

Le deuxième point qui retient mon attention, c’est la coalition « Tories-LibDem ». Après l’Allemagne, la Grande-Bretagne expérimente à son tour une coalition droite-centre-libérale. Dans un cas comme dans l’autre, la négociation a été dure. Gouverner dans le cadre de cette coalition ne sera sans doute pas un long fleuve tranquille, notamment sur la question européenne. Mais l’important, c’est l’accord qui a été scellé sur un programme courageux et ambitieux, centré sur le retour à la croissance et la résorption des déficits. Tout le contraire d’une union par la facilité.

Je retiens enfin la jeunesse des principaux acteurs de ce nouveau gouvernement britannique. David Cameron, le Premier ministre, Nick Clegg son vice-premier ministre, mais aussi d’autres ministres clés du gouvernement. Impressionnant !

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nov 23

L’actualité des derniers jours m’amène à revenir sur deux sujets traités dans des posts récents. Celui sur la scène médiatique tout d’abord, avec une distinction qui n’a pas à mon avis retenu toute l’attention qu’elle méritait. Ceux sur le grand emprunt national ensuite avec la remise du rapport de la Commission Juppé-Rocard.

Après la mise en ligne de mon post « apprentis sorciers », une amie a attiré mon attention sur un bon exemple de partialité de la scène médiatique : celui de la distinction par le Financial Times de Christine Lagarde en tant que meilleur ministre européen de l’Economie et des Finances. Il est vrai que cela ne cadre pas vraiment avec la mode du « chaos national » que certains cherchent à promouvoir. C’est une belle reconnaissance de l’efficace réaction française lors du déclenchement de la crise financière, mais aussi, et il est important de le souligner pour éviter les lectures erronées de ce palmarès, pour la performance de la ministre sur la scène internationale quand il a fallu traiter de la réglementation des banques. Quel écart entre cette distinction et le pathétique spectacle du week-end précédent offert par Ségolène Royal !

Autre retour sur posts : le grand emprunt national. La commission Juppé-Rocard a remis son rapport sur les investissements d’avenir à financer par cet emprunt. Nicolas Sarkozy se prononcera sur les conclusions début décembre. 1er constat : les propositions sont effectivement bien tournées vers l’avenir. On peut ainsi saluer le fait que sont envisagés des projets dans la société numérique (avec un équilibre entre infrastructures et usages/contenus), les véhicules du futur, les énergies décarbonées (y compris le nucléaire du futur), et le développement des villes durables (trouver le moyen de concilier la nécessaire densification des villes avec la qualité de vie). L’enseignement supérieur et la recherche se taillent la part du lion, avec heureusement des garanties quant au ciblage et à l’efficacité des investissements. Il ne s’agit pas de financer le fonctionnement courant : il est sans doute utile de le rappeler quand on lit les récents écrits sur le sujet du Maire du 3e, 1er représentant de Ségolène Royal sur l’arrondissement. Le soutien aux PME n’a pas été oublié, notamment pour dégager les financements nécessaires à leur croissance. Il faudra toutefois être vigilant à ce qu’elles bénéficient des retombées des investissements en recherche.

La perspective d’un emprunt auprès des particuliers s’éloigne encore pour limiter le coût. L’essentiel, c’est de trouver le moyen de faire adhérer les Français d’une façon ou d’une autre à ces investissements pour l’avenir.

Ces propositions nécessitent la mobilisation de 35 milliards d’euros, un montant qui permet d’éviter une montée des taux d’intérêt préjudiciable à l’ensemble de l’économie. Sur ces 35 milliards, 13 milliards proviendraient des sommes remboursées par les banques. Tiens, vous vous rappelez le battage médiatique de la gauche début 2009, qui tendait à faire croire que le Gouvernement n’avait qu’une priorité, celle d’enrichir encore les banques…

Pierre Bérat

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nov 08

Le débat sur l’identité nationale voulu par Eric Besson est bien lancé. J’ai apprécié la remarque d’un journaliste à ce sujet : la tempête médiatique démontre à elle seule la nécessité d’ouvrir ce débat. Car les réactions d’opposition ont été vives : certaines ont été pavloviennes, d’autres un peu à courte vue et d’autres enfin plus tacticiennes…

Commençons par ceux qui jugent que l’identité nationale est un tabou et qu’il n’est pas question d’en débattre. Il est assez marquant de constater qu’alors qu’il est plutôt « in » de promouvoir certaines identités, comme l’identité du terroir d’origine, du quartier, des « communautés », ou encore de l’exception culturelle française, l’identité nationale pose problème à certains.

L’identité nationale est bien sûr étroitement liée à nos valeurs et à la Nation elle-même. Ne nous y trompons pas, pour beaucoup de ceux qui jugent inconvenant d’évoquer le sujet, c’est en fait parce qu’ils sont mal à l’aise avec la Nation, étant soit adeptes de certaines idéologies « traditionnelles » ou simplement sous un effet de mode faisant office d’idéologie contemporaine. Chacun peut se vouloir exclusivement citoyen du monde, mais il faut alors avancer sans masque.

Pour moi l’identité nationale, c’est collectivement se rappeler d’où l’on vient,  pour bien savoir qui l’on est et ainsi aider à définir où l’on doit aller. Ségolène Royal s’est félicitée que l’on s’interroge sur les symboles. Mais l’identité nationale, ce ne sont pas à mon avis seulement des symboles. C’est le cadre des possibles pour notre vivre ensemble.

Autre argument des opposants au débat : le sujet est peut être légitime, mais ce n’est pas le moment. Je ne suis pas d’accord non plus. Cette question nationale me semble bien d’actualité à l’heure où figurent à l’agenda des questions majeures telles que l’équité et la solidarité entre les générations (les sujets des retraites et des déficits), le partage des richesses nationales entre les territoires, ou bien encore un sujet tel que celui de l’engagement de nos troupes en Afghanistan.

Parmi les argumentations plus tacticiennes, j’ai relevé celle de Gérard Collomb dans sa tribune de cette semaine. Il écrit que débattre de l’identité nationale ne doit « pas se réduire à convoquer l’histoire»… « La nation n’est pas simplement donnée mais construite… elle est une volonté de tous les jours ». Je peux souscrire à cette vision « évolutive » mais je sais aussi les menaces qu’elle peut comporter. Car cette « construction » de la nation et de son identité peut parfois se faire à coups de bulldozers idéologiques, ou par mitage insidieux, en cherchant systématiquement à gommer certaines origines pour servir une cause. Certains sont experts pour bâtir de l’identité avec une approche très sélective des racines historiques !

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