juin 09

P1040019Voici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement du 8 juin 2010 sur le dossier de la résidence pour personnes âgées Constant.

« Le dossier du projet d’EHPAD Constant est temporairement dans l’impasse, et
contrairement à ce qui a été dit ou écrit par les élus responsables de la Ville de Lyon, ce n’est pas en raison d’un refus de financement par l’Etat mais parce que ce dossier a été mené par la Ville de Lyon avec légèreté, sans prendre les garanties nécessaires quant au financement.

Un courrier de Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargé des aînés, vient de rappeler les éléments objectifs d’information sur ce dossier.

Il s’agit donc d’un raté politico/administratif municipal dont il faut bien comprendre les raisons :

  • Méconnaissance du quartier qui a conduit la Ville à supprimer une Résidence pour personnes âgées (RPA) pourtant parfaitement intégrée au tissu social,
  • Volonté de la Majorité municipale centrale et d’arrondissement de faire un coup politique, ce qui explique sans doute l’absence d’écoute et de concertation,
  • Rivalités politiques internes à la Majorité.

Mais c’est plus qu’un raté politico/administratif puisque les résidents de la RPA Constant ont durement subi cette situation.

Je cite Nora Berra : « Sachez néanmoins que je suis la première à regretter cette situation qui a nécessité de faire déménager des personnes âgées, souvent vulnérables, sans que les plus élémentaires précautions aient été prises en amont pour s’assurer du financement indispensable de l’Etat. »

La conséquence concrète nous la connaissons en effet : c’est le démantèlement et la fermeture de la RPA Constant, menés à marche forcée, avec des conséquences douloureuses pour les pensionnaires de cet établissement et leur famille. Avec cette fermeture, Montchat vient de perdre un équipement essentiel pour le Bien vivre en ville des seniors, mais aussi, plus largement, pour l’animation et la convivialité du quartier. Pourtant, les acteurs locaux et les élus d’opposition n’ont eu de cesse de vous alerter pour arrêter ce projet mal engagé. Et nous savons maintenant que l’EHPAD ne devrait pas ouvrir avant 2015.

Dans ce contexte, il me semble aujourd’hui urgent et opportun, en procédant avec méthode et écoute :

  1. D’interrompre la procédure administrative visant au déclassement de la RPA,
  2. D’engager le processus de réouverture de la RPA Constant, pour les années nous séparant de l’ouverture de l’EHPAD,
  3. De mettre à profit ces années pour étudier sérieusement le maintien d’un pôle RPA sur le quartier.
     

La Mairie du 3e est-elle aujourd’hui prête à travailler sur un tel projet ? Comme je l’ai indiqué il y a déjà longtemps, elle pourra compter sur notre soutien dans cette démarche. Constant ne peut rester une friche pendant des années, témoignant au quotidien des aberrations de la gestion de ce dossier. »

Le débat animé qui a suivi cette question a permis d’apprendre de nouveaux éléments sur ce dossier :

Thierry Philip, Maire du 3e, et Pierre Hémon, adjoint aux personnes âgées de la Ville de Lyon n’ont visiblement pas la même vision sur les résidences pour personnes âgées. Ce dernier a dit que les résidences avaient encore une utilité à Lyon. Thierry Philip a par contre remis en cause leur utilité, s’appuyant sur le fait que tous les pays du monde vont connaître un vieillissement de leur population… Je ne vois pas en quoi le vieillissement de la population en Papouasie enlève tout intérêt aux RPA dans notre pays…

Autre déclaration intéressante : Pierre Hémon motive son refus de rouvrir la RPA par le fait que pour une ouverture en 2015 de l’EHPAD, les résidents de Constant auraient de toutes façons du partir en 2011, donc cela ne vaut pas le coup de rouvrir la RPA. Il avance donc un délai de 4 ans pour la réalisation du projet. Comment se fait-il alors que la Municipalité ait annoncé une ouverture de l’EHPAD en 2013 alors que les résidents viennent de partir. Voici un délai opportunément élastique.

Enfin, pour contrer le propos des élus du 3e qui accusent Nora Berra de « punir » le 3e, alors qu’ils n’assument pas leurs négligences, on fera remarquer que l’Etat va financer d’ici 2012 l’extension du logement-foyer « Ma demeure » dans l’arrondissement.

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mai 22

Alors que Nicolas Sarkozy se démène, dans l’Union et en France, comme il l’avait fait fin 2008, pour trouver des solutions aux tensions financières et monétaires en Europe, c’est la cacophonie du côté du PS. Il est bien difficile de savoir quelle serait la politique d’un Gouvernement de gauche pour répondre aux enjeux économiques et sociaux du moment, au-delà de l’apologie du « Care ».

Nous avons d’abord assisté à l’échange d’amabilités entre Gérard Collomb et Martine Aubry sur le projet économique du PS. Le Maire de Lyon dénonce une vision trop protectionniste et déclare ainsi à propos de ce projet « on ne peut pas raconter n’importe quoi ». Réponse de la bergère au berger : « il n’a rien compris au projet » !

Même cacophonie fondamentale sur l’âge légal du départ en retraite. Aubry et Hamon refusent une solution au problème du financement des retraites consistant à repousser cet âge légal au-delà de 60 ans. On a compris, lors de son interview de jeudi soir, que Dominique Strauss-Kahn n’était pas bloqué sur cette question et qu’il était prêt à tenir compte de l’allongement de la durée de la vie.

Parenthèse : concernant DSK, on peut aussi se demander ce qu’il veut. Il s’investit dans une interview sur France 2 largement médiatisée, visant clairement l’opinion française, pour nous dire « laissez moi travailler au FMI »…

Divergences majeures donc. Et encore, nous n’en sommes qu’au débat interne au sein du PS. Qu’en sera-t-il quand ils devront s’entendre avec leurs « alliés » ?

Il y a au moins un axe clair, c’est celui du toujours plus de pression fiscale. Avec les propositions du PS pour financer les retraites, c’est effectivement un choc fiscal qui nous attendrait dans les années à venir si ce projet était mis en œuvre. J’entendais hier Michel Sapin, ancien Ministre PS, s’étonner que la France ait été le seul pays à baisser les impôts ces dernières années. D’abord, je ne suis pas sûr que nous soyons les seuls. Ensuite, il faut surtout avoir à l’esprit que notre pays est un de ceux qui connaît le plus haut niveau de prélèvements.

C’est avec le même réflexe de « fuite en avant fiscale » que Thierry Philip, en tant que Conseiller à la recherche et à l’enseignement supérieur de la Région, a exposé jeudi dernier en commission les orientations de la majorité régionale pour le mandat 2010-2014. Il a ouvert son exposé par une (nouvelle) dénonciation de la réforme de la taxe professionnelle, pour déplorer que les nouvelles recettes fiscales ne soient pas suffisamment « dynamiques » pour dégager des ressources nouvelles. Par dynamiques, il faut je pense comprendre qu’il ne sera plus possible d’accroître les taux d’imposition. Mais c’est oublier que l’assiette d’imposition reposant sur la valeur ajoutée des entreprises devrait elle-même croître. Mais surtout, cela dénote que la question de l’optimisation des dépenses n’est pas envisagée. Toujours la logique « fiscaliser + pour dépenser + ».

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mar 22

De façon assez naturelle, je suis très partagé depuis hier. Je suis bien sûr très heureux et honoré par le mandat de conseiller régional qui vient de m’être confié. Mais je suis bien sûr aussi déçu par les résultats de la Majorité présidentielle à ces élections.

Oui c’est une déception, et il ne sert à rien de chercher à faire du scrutin régional une victoire. Oui il y a des messages à entendre des Français et de notre électorat, qu’ils se soient exprimés par l’abstention ou un vote alternatif. Mais pour autant, je ne crois pas que l’on puisse parler de déroute. Rappelons que ces régionales constituent un scrutin intermédiaire, traditionnellement défavorable, et que les dernières viennent d’intervenir alors que la crise fait encore sentir ses effets. Difficile dans ces conditions de tenir un discours électoral de vérité, quand nos adversaires promettent comme toujours de « raser gratis ». Rappelons aussi qu’une fois de plus, la Gauche a bénéficié des triangulaires avec le FN. Notons aussi que le PS a échoué dans sa volonté de réaliser le grand chelem. La Majorité gouvernementale a gagné deux régions et le PS doit continuer à gérer le cas de la majorité « sociale populiste » en Languedoc-Roussillon.

Quant aux résultats en Rhône-Alpes, là encore soyons clairs. Oui c’est une victoire nette de la liste « d’union » rose-rouge-verte, mais pour autant cela ne correspond pas à une grande vague d’adhésion : la liste Queyranne de 2010 rassemble ainsi 8 % de voix en moins qu’en 2004.

Dans le 3e, avec 35,5 %, notre liste réalise 1,5 point de plus que le score régional. Pour le 2e tour de la présidentielle de 2007, le score de Nicolas Sarkozy dans l’arrondissement était par contre inférieur de 1,6 point à la moyenne régionale. Nous marquons donc une bonne résistance, surtout dans un contexte où figurait sur la liste concurrente Thierry Philip, le Maire PS de l’arrondissement, Vice-Président sortant du Conseil régional, bénéficiant d’une médiatisation XXL…. Que tous ceux qui ont contribué à notre mobilisation pendant cette campagne, dans la bonne humeur, soient ici remerciés !

Je suis depuis dimanche soir au service de Rhône-Alpes en tant que conseiller régional. Comme je l’écrivais plus haut c’est un honneur et une grande satisfaction. Je sais que la tâche ne sera pas facile, qu’il nous faudra mener une opposition constructive, mais non moins vigilante, puisque les incohérences entre les différentes composantes de la nouvelle majorité sont autant de menaces pour la région. Donc au travail ! Je vous expliquerai prochainement comment je compte mener ce mandat au plan local. Un conseiller régional doit exercer son mandat en pensant à la région dans son ensemble. Mais cela n’empêche pas d’être porteur des « besoins » de son territoire d’origine. Rhône-Alpes n’est pas un concept, c’est un ensemble de territoires qui se construisent un avenir commun. C’est en tous cas ma conception.

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fév 20

Dans le contexte qui est le nôtre en matière de déficits publics et de pression fiscale, les collectivités territoriales ne doivent-elles pas s’engager, elles aussi, dans une démarche visant à limiter la dépense publique ? Petite démonstration dans le 3e arrondissement.

En cette période électorale, la Gauche mène un intense combat médiatique contre les réformes des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle, soi-disant pour préserver la capacité d’action des collectivités et « sauver les libertés locales ». Il y a une autre façon de voir la question : face à l’exigence de limiter la dépense publique pour réduire l’endettement et la pression fiscale, les collectivités ne pourraient-elles faire quelques économies ou autrement dit, éviter quelques dépenses ? La pratique du Maire du 3e arrondissement, Thierry PHILIP, qui est aussi un éminent acteur de la liste PS aux régionales, est à cet égard assez frappante.

Je l’ai interrogé lors du dernier Conseil d’arrondissement, sur les emplois du Cabinet des élus de la Mairie du 3e (une interrogation qui portait bien sur les effectifs du Cabinet et non sur les effectifs d’agents municipaux, contrairement à ce qui figure dans le compte-rendu du Progrès).

Que constate-t-on ? Sous le mandat précédent, lorsque Patrick HUGUET était Maire, les collaborateurs attachés aux élus étaient au nombre de quatre : une assistante de direction du Maire et trois autres assistantes attachées aux adjoints.

Quelle est la situation aujourd’hui ? Thierry PHILIP s’est entouré :

  • D’un directeur de cabinet et de la communication
  • D’un directeur adjoint de cabinet
  • D’un chef de cabinet
  • De deux collaboratrices de cabinet !

(Et encore, liste peut être non exhaustive dans l’attente de l’examen de la fonction exercée par certains autres postes).

Tout cela sachant que dans le même temps, les demandes des habitants concernant le cadre de vie, qui étaient gérées par le Cabinet jusqu’en 2008, ont maintenant été largement transférées sur des agents administratifs de la Mairie. C’est dire l’inflation de moyens qui sont consacrés aux « affaires politiques ». Je disais en Conseil que ce n’est plus une Mairie d’arrondissement, c’est à la « Maison blanche ». Il ne manque plus qu’un conseiller diplomatique et un porte-parole !

Que répond Thierry PHILIP ? D’une part que certains de ces emplois sont à temps partiel (sur ce point voir l’article du Progrès). Précisons aussi que si le nombre de postes n’augmente pas fortement, il n’en va pas de même de la masse salariale correspondante compte tenu du niveau des postes créés. D’autre part, il répond que ce Cabinet généreux vise à suivre les dossiers de l’arrondissement ! Une approche plus « light » ne nous a pas empêché au cours du mandat dernier de suivre les projets clés de l’arrondissement : cf. le sauvetage des Halles de Lyon menacés de délocalisation, celui de l’Esplanade Dauphiné menacée d’accueillir une déchetterie, la dénonciation de l’abandon de l’emplacement réservé pour espace vert sur le tènement Keller-Dorian ou encore les premiers aménagements de Garibaldi que nous avons « arrachés de haute lutte ».

Par ailleurs, les adjoints ne sont-ils pas là justement pour assurer ce suivi des dossiers ? Ils sont treize autour du Maire du 3e, à percevoir chaque mois une indemnité de plus de 1100 euros (indemnité justifiée je précise quand le travail est fait). Pourquoi vouloir doubler le rôle des élus par des collaborateurs de Cabinet ? Est-ce un problème de confiance du Maire envers ses colistiers ?

Comme je l’ai dit en Conseil d’arrondissement, je trouve qu’un tel Cabinet d’élu est excessif dans une Mairie d’arrondissement, et que dans le contexte de crise que nous connaissons, c’est même indécent quand on connaît les difficultés de nombreuses familles, ou quand on constate par exemple que de nombreux commerçants et autres chefs d’entreprise ne se versent plus de salaire depuis des mois pour pouvoir passer le cap de la crise.

Oui nous touchons bien là à une conception de la politique et de la gestion des finances publiques, lesquelles proviennent, comme chacun le sait, des poches des contribuables. Oui quand on voit cela, on se dit qu’il y a des économies à faire aussi dans les collectivités. Pensez-y pour les prochaines régionales !

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fév 12

Dans son discours d’investiture en tant que maire d’arrondissement, Thierry Philip déclarait « Nous ne dirons jamais, ce n’est pas nous, ce n’est pas de notre faute, ce n’est pas de notre responsabilité. Tout dossier du 3e sera défendu à la Ville et au Grand Lyon jusqu’à son aboutissement ». Normal, c’est la vocation d’un Maire d’arrondissement. Aussi, je suis particulièrement surpris du traitement de quelques « affaires » locales ces dernières semaines.

Sur son blog le 4 janvier, le Maire du 3e répondait ainsi à un membre de conseil de quartier qui lui reprochait de ne pas avoir pleinement participé à une réunion sur la ZAC de la Buire prévue de longue date,  préférant une réunion de la campagne des régionales : « J’ai fait l’introduction pour la réunion de la Buire, en expliquant que la Zac n’était pas à ce stade sous la responsabilité de la mairie mais de l’opérateur privé qui était présent ».

Autre fait particulièrement significatif, à la fin du dernier conseil d’arrondissement, des habitants ont manifesté leur opposition à l’installation d’une nouvelle antenne de téléphonie mobile avenue Félix Faure, demandant un appui de la Mairie. Le Maire du 3e a refusé tout dialogue, prétextant que la question relevait de la Mairie centrale ! Et il a laissé l’adjointe verte Mireille Roy traiter le mécontentement… (à rapprocher de mon post « Zizanie »).

Une habitante du 3e me faisait part dernièrement de sa surprise d’avoir trouvé le Maire dans sa résidence, en opération « porte à porte » pour les régionales. Elle me disait « il ferait mieux de s’occuper des problèmes du cadre de vie ». On pense bien sûr à la propreté, pour laquelle non seulement la situation ne s’améliore pas mais se dégrade plutôt. Et en la matière, on rappellera que le Maire du 3e n’a même pas à jouer l’intermédiaire avec d’autres puisqu’il est aussi le Vice-Président du Grand Lyon à la propreté.

Je suis d’accord à la fois avec la réaction de cette dame, et avec le discours d’investiture : ma conception de la mission de maire d’arrondissement, c’est d’abord une action résolue pour résoudre tous les problèmes de proximité, même quand l’action consiste à œuvrer auprès d’autres autorités responsables. Mais il est vrai qu’un tel rôle est difficile à assumer dans une situation de boulimie de mandats électifs : Maire d’arrondissement, Vice-Président du Grand Lyon chargé de la propreté et Vice-Président du Conseil régional en quête de reconduction/promotion…

Pierre Bérat

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