juil 12

Avec mes collègues Joelle Sangouard et Nicole Vannier

Avec mes collègues Joelle Sangouard et Nicole Vannier

Session d’été la semaine dernière au Conseil régional : même si l’ordre du jour était moyennement fourni, les délibérations débattues par l’Assemblée régionale commencent à dessiner cette mandature qui débute.

Figurait notamment à l’ordre du jour, la décision budgétaire modificative, c’est-à-dire la délibération qui adapte le budget 2010, en fonction du résultat de l’année précédente et de l’ajustement du niveau des recettes : 32,5 millions d’euros de ressources « supplémentaires » ont ainsi trouvé une affectation avec cette délibération.

Plus de 40 % des nouveaux crédits de paiement votés par la coalition rose-rouge-verte vont être consacrés aux moyens généraux, dont une bonne part pour la réalisation du nouveau siège du Conseil régional. Sans revenir sur ce dossier du nouveau siège, on constate que cette décision modificative est impactée par le dérapage du coût de l’opération.

Le vote de cette délibération a de nouveau permis de mesurer la faiblesse de la politique régionale, du fait des incohérences de la coalition rose-rouge-verte. Les élus Europe Ecologie Verts ont en effet fait « leurs courses » dans les crédits supplémentaires, en demandant un vote par chapitre en matière de recherche, refusant de soutenir certaines attributions, dès lors qu’il était question de nanotechnologies ou de CEA… Rien que de très normal dans le cadre de délibérations ? En droit oui bien sûr, mais cela pose très clairement le problème de la stratégie régionale de cette « majorité » en matière de recherche, si certains des « pieds » de cette stratégie sont systématiquement « sciés ». Il va ainsi devenir difficile de parler de stratégie en la matière.

Même constat et confirmation sur le soutien au projet JO 2018 Annecy Haute Savoie. L’Assemblée régionale avait à se prononcer sur la constitution du Groupement d’Intérêt Public « Annecy 2018 », qui va dorénavant porter la candidature, et sur l’adhésion de la Région à cet organisme. Une fois de plus, les élus Verts ont affirmé leur opposition au projet. Le PS a bien essayé de mettre la « pression » en demandant un vote nominatif, mais force est de constater que cet « appel à responsabilité individuelle » n’a eu qu’un effet très marginal. Ce faisant, les Verts ont fait preuve d’un double « défaitisme » : affirmer qu’ils ne croient pas aux chances du dossier et refuser de croire que ce projet puisse être exemplaire en matière de développement durable.

Nous avons également délibéré sur un contrat d’objectifs et de moyens avec quatre chaînes de télévision locales de la région : TLM, TéléGrenoble, Télévision Loire 7 et TV8 Mont-Blanc. La Région veut développer un partenariat avec ces chaînes, pour renforcer l’information de proximité et la diffusion de programmes d’intérêt général. Dans le cadre de ce partenariat, elle accorde 480 000 euros de subventions à ces télévisions. Ce financement régional a posé question à notre groupe d’élus UDC (Union de la Droite et du Centre) : si nous sommes favorables à un soutien aux télévisions locales qui jouent un vrai rôle pour l’information de proximité, nous craignons que ces subventions permettent à la majorité régionale d’influencer le contenu. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé la constitution d’un groupe pluraliste d’élus (avec des représentants de toutes les formations politiques) pour concevoir et suivre ce contrat, pour éviter tous risques d’ingérence de la sphère politique dans ces télévisions. Jean-Jack Queyranne a refusé notre amendement au motif qu’un tel comité pluraliste pourrait constituer une atteinte à la liberté de la presse ! En quelque sorte un appel aux grands principes pour écarter un opportun dispositif prudentiel. La meilleure défense c’est l’attaque…

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , ,

mar 16

PA020079Le 3e bien placé dans l’actualité pendant 36 H (35 H ?) ? C’est en effet dans son Palais de la mutualité que se sont déroulées les (âpres) négociations précédant la fusion des listes régionales rose, rouge et verte ! Je suis sûr que certains faisaient le rêve d’un nouveau Front populaire pour le 2e tour des régionales. Las, c’est surtout une ambiance IVe République qui a baigné cet agréable lieu de notre cher 3e arrondissement ! Comme dans les années cinquante, quand les journalistes attendaient de savoir si une combinaison des forces politiques allait enfin permettre de donner un Gouvernement à la France, chacun attendait aujourd’hui de savoir si nous aurions une liste rose-rouge-verte pour le 2e tour des élections.

Comme prévu, il a fallu batailler pour se partager les places sur la liste et les futurs postes de Vice-président. Assez logique, compte tenu du faible score de la liste PS : une 2e position (derrière l’UMP), avec 25 %, pour une liste conduite par le Président sortant du Conseil régional, qui a pourtant bénéficié d’une large médiatisation ! Pas terrible ! On comprend que les alliés aient fait monter les enchères. On attend maintenant de connaître l’addition, qui nous sera présentée avec le programme « patchwork » qui va résulter de la fusion : quels gages symboliques auront été donnés aux Verts et au Front de gauche, quels projets auront été sacrifiés ? Nous le saurons bientôt dans le magnifique document « arc-en-ciel » qui ne va pas manquer d’apparaître. Espérons que les Rhônalpins prendront le temps d’analyser les promesses et les non-dit.

Ce que nous connaissons par contre, c’est la composition de l’exécutif de la Région en cas de victoire de la gauche : 8 vice-présidents socialistes, 6 verts et 1 communiste. Cela promet ! Et les radicaux de gauche au juste ?

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

jan 13

A quelques heures de Noël, Gérard Collomb a retiré sa délégation à son adjoint Vert Etienne Tête. Le timing était parfait pour limiter l’impact médiatique. Mais d’évidence, il s’agit d’un événement politique marquant. Sans doute l’affaire présente-t-elle un aspect de relations « personnelles » mais elle est aussi un nouveau signe des tensions politiques croissantes entre le PS et les Verts.

On a pu constater aussi ces derniers mois que l’alliance PS-Verts du Conseil régional s’est déchirée sur des dossiers importants (le soutien à la candidature d’Annecy pour les  JO2018, le soutien au photovoltaïque, le subventionnement d’un important centre de loisirs…). Au niveau du 3e arrondissement, le dossier « stationnement payant » a donné lieu à une volée de bois vert ( si j’ose dire) entre les Socialistes et les Verts, les premiers acceptant d’évidence difficilement la simple expression d’une voie dissonante : d’un côté on voulait limiter le nombre de voitures par famille, de l’autre il fallait prélever plus d’argent aux ménages. Rebelote lors du conseil d’hier, sur le dossier des aménagements de voirie rendus nécessaires par le Grand stade : le désaccord sur le projet est total et en plus la « confiance » entre les partenaires s’est « envolée » (ambiance !).

La proximité des élections régionales, qui verront s’affronter listes Europe Ecologie et listes socialistes, en plus de celles du Front de gauche, explique ce durcissement. Mais il ne s’agit là que d’un révélateur d’une mutation plus profonde : celle qui voit l’affirmation d’une force politique, Europe-Ecologie, alors que le PS au mieux patine, voire décline, empêtré dans ses contradictions idéologiques et ses querelles d’ego. Conséquence, les notables PS sont mobilisés pour endiguer cette montée électorale et préserver leurs fiefs ; pas étonnant puisque compte tenu des rapports de force, le PS devrait laisser près de la moitié des présidences des régions qui seront conservées. Le PS se retrouve ainsi dans la situation du PCF des années soixante-dix. Cécile Duflot est très claire quand elle dit que les électeurs de gauche doivent choisir entre un président PS ou un président Vert (dans l’hypothèse d’une victoire bien sûr…).

Et alors me direz-vous ? Laissons les psychodrames se dérouler et les évolutions politiques se faire. Certains ne manqueront pas de dire que tout cela va se tasser, et qu’une fois les élections régionales passées, cela sera de nouveau « embrassons-nous Folleville ». Je ne saurais trop appeler les électeurs à la prudence. Les divergences « idéologiques » sont importantes. Même si les « intérêts » amèneront à trouver les moyens de recoller les morceaux entre les deux tours, on voit bien que sur de nombreux dossiers clés pour Rhône-Alpes (le développement économique, la mobilité, la politique agricole, la sécurité dans les transports régionaux et les lycées…), une nouvelle majorité rose-verte serait synonyme de marchandages permanents et donc d’absence de stratégie claire de développement régional ; surtout si l’on ajoute un zeste de rouge et de orange-rose à la coalition. Bref, la Région deviendrait encore plus qu’aujourd’hui un « bateau ivre », alors même que la collectivité régionale devrait au contraire assumer un rôle d’entraînement majeur dans l’après-crise.

Un dernier élément pour ceux qui croient à la thèse du rabibochage post scrutin. N’oubliez pas que l’élection présidentielle et les législatives se présenteront très rapidement. La lutte pour le leadership reprendra de plus bel dès la fin 2010, quels que soient les résultats des Régionales

Pierre Bérat

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