oct 07

L’assassinat terroriste de dimanche dernier à Marseille constitue un nouveau choc pour le pays. Deux jeunes femmes, qui ont eu la malchance de se trouver sur le parvis de la Gare Saint Charles, ont perdu la vie dans des conditions atroces. Chacun mesure l’horreur de cette barbarie au cœur de notre société.

C’est un choc aussi après les révélations sur le tueur. Les faits constituent un nouvel exemple de délitement de nos institutions, à la fois du fait d’une complexification extrême, source d’inefficacité, et du fait d’un laisser aller. Les Français le ressentent au fond d’eux-mêmes et cela explique beaucoup le ras-le-bol qu’ils expriment.

Complexification extrême, quand on constate que le terroriste, immigrant illégal, se trouvait encore sur notre sol malgré de multiples délits. Il y a des procédures pour expulser les personnes en situation irrégulière, mais elles sont tellement complexes, et il y a tellement de motifs qui peuvent être actionnés pour les ralentir, que leur efficacité est très faible. Sans doute que la France est corsetée par des conventions internationales censées protéger les droits individuels, mais à quel déséquilibre arrive-t-on entre les “droits” de ceux qui enfreignent nos lois et le droit “élémentaire” de notre population, celui de marcher dans la rue en sécurité.

Et à côté de cela, on se rend compte qu’il y a aussi du laisser aller. Les moyens d’appliquer les textes ne sont pas suffisants, mais on laisse aller, on se trouve d’autres priorités… Et comme les moyens sont insuffisants, on laisse tomber… et c’est ainsi qu’une fois encore, ce délinquant interpellé a pu reprendre sa route avant de devenir un tueur…

Cette tragédie montre deux autres choses.

D’abord l’utilité du dispositif Sentinelle. Certains veulent le suspendre. Mais à Marseille, sans la présence de cette patrouille, il y aurait sans doute eu d’autres victimes. Les militaires de Sentinelle remplissent une mission dangereuse pour eux, très pénible. Il faut saluer leur action. Mais il faut aussi souligner son utilité.

Enfin, cette affaire de Marseille est un nouvel exemple du lien qui peut intervenir entre délinquance et initiatives terroristes, avec des entourages qui, consciemment ou pas, fournissent un appui à ces initiatives. Dès lors, la lutte contre le terrorisme doit aussi prendre pleinement en compte cet aspect, en “armant” le pays pour y faire face. La guerre contre le terrorisme se mène au plan technologique (interventions à distance, surveillance du Net), avec le renseignement au plan mondial, mais aussi par la remise en ordre de certaines “cours des miracles” sur notre sol. A cet égard, la réponse du Gouvernement reste insuffisante.

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sept 09

MexiqueAprès la démission de la présidence de Gérard Collomb, un nouvel exécutif de la Métropole de Lyon a été mis en place. Dans la torpeur du début d’été, cette liste de vice-présidents et de conseillers délégués n’a pas été largement communiquée et commentée, ce qui a bien arrangé la majorité de cette collectivité…

Je ne résiste pas à la diffusion de cette liste, bien qu’elle soit – et pour cause – fort longue et indigeste. Mais il faut bien informer le citoyen contribuable de notre agglomération.

Ce sont ainsi pas moins de 51 vice-présidents et conseillers délégués qui ont été nommés ! On saluera l’indéniable créativité pour trouver des fonctions à tous ces élus et on notera combien ces désignations sont en phase avec les concepts à la mode… Mais plus sérieusement, tout cela est consternant. Comment une telle armée mexicaine peut-elle être efficace ? Et comment accepter le coût financier correspondant que l’on peut estimer à 64 000 euros par mois d’indemnités supplémentaires, 766 000 euros par an !!!!

On rappelle que la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte six fois plus d’habitants que la Métropole de Lyon, est gérée avec 15 vice-présidents et 8 conseillers délégués.

Le Président Macron a exprimé son intention que soit réduit le nombre des élus locaux. Plutôt que de jeter la suspicion sur les milliers d’élus locaux qui oeuvrent chaque jour dans leur commune, notamment rurales, peut-être ferait-il mieux de contraindre ses amis et soutiens politiques à revenir à la raison !

Voici cette liste qui n’est malheureusement pas un poisson d’avril :

  • Marc GRIVEL, 1er vice-président délégué à l’Organisation, la cohésion territoriale et les synergies métropolitaines transversales ainsi qu’aux Ressources humaines,
  • Fouziya BOUZERDA, 2ème vice-présidente déléguée à l’Économie et à l’Insertion,
  • Jean-Paul BRET, 3ème vice-président délégués aux Universités,
  • Michèle VULLIEN, 4ème vice-présidente déléguée aux Déplacements et aux Intermodalités,
  • Richard BRUMM, 5ème vice-président délégué aux Finances,
  • Jean-Luc DA PASSANO, 6ème vice-président délégué aux Grands ouvrages aux Grandes infrastructures, à la Prévention des risques naturels et technologiques et au Devoir de mémoire,
  • Myriam PICOT, 7ème vice-présidente déléguée à la Culture,
  • Michel LE FAOU, 8ème vice-président délégué à l’Urbanisme et renouvellement urbain, à l’Habitat et au Cadre de vie,
  • Pierre ABADIE, 9ème vice-président délégué à la Voirie, hors grands ouvrages et grandes infrastructures,
  • Roland CRIMIER, 10ème vice-président délégué à l’Énergie et aux Projets Carré de Soie et Grand Montout,
  • Thierry PHILIP, 11ème vice-président délégué à l’Environnement, à la Santé et au bien-être dans la ville,
  • Alain GALLIANO, 12ème vice-président délégué aux Relations internationales et à l’Attractivité
  • Karine DOGNIN-SAUZE, 13ème vice-présidente déléguée à l’Innovation, à la Métropole Intelligente, au Développement numérique et à la Mobilité intelligente,
  • Jean-Paul COLIN, 14ème vice-président délégué à l’Eau et à l’Assainissement,
  • Bruno CHARLES, 15ème vice-président délégué au Développement durable, à la Biodiversité, à la Trame verte et à la Politique Agricole
  • Hélène GEOFFROY, 16ème vice-présidente déléguée à l’Action foncière,
  • Murielle LAURENT, 17ème vice-présidente déléguée à l’Action sociale et éducative,
  • Laura GANDOLFI, 18ème vice-présidente déléguée au Déploiement des politiques de solidarités en direction des personnes âgées et personnes en situation de handicap,
  • Guy BARRAL, 19ème vice-président délégué à la Politique sportive,
  • Sandrine FRIH, 20ème vice-présidente déléguée à la Politique de concertation, à la Participation citoyenne et à la Vie associative,
  • Gérard CLAISSE, 21ème vice-président délégué à la Politique d’achat public, aux Gestions externes, aux Affaires juridiques et assurances,
  • Béatrice VESSILLER, 22ème vice-président délégué à la Rénovation thermique des logements (parc social, parc privé), aux Programmes d’intérêt général (PIG) énergétiques, au Pilotage des aides de l’ANAH et au Fond de solidarité énergétique,
  • Renaud GEORGE, 23ème vice-président délégué au Pacte et à la démarche prospective métropolitains,
  • Prosper KABALO, 24ème vice-président délégué à l’Administration générale, à la Logistique et au Patrimoine bâti,
  • Georges KEPENEKIAN, 25ème vice-président délégué à la Politique de la ville
  • Nathalie FRIER, 1ère conseillère déléguée à l’Économie résidentielle, au Commerce de proximité et au Suivi politique de la ville,
  • Corinne CARDONA, 2ème conseillère déléguée au Logement social,
  • Max VINCENT, 3ème conseiller délégué à la Coopération décentralisée,
  • Michel ROUSSEAU, 4ème conseiller délégué aux Ressources humaines et aux Conditions de travail,
  • Éric DESBOS, 5ème conseiller délégué à l’Éducation, aux Collèges et aux Actions éducatives,
  • Valérie GLATARD, 6ème conseillère déléguée aux Politiques d’insertion sur le territoire,
  • Jean-Michel LONGUEVAL, 7ème conseiller délégué aux Grands équipements du développement économique,
  • Thierry POUZOL, 8ème conseiller délégué aux Rapprochements et aux Communes nouvelles,
  • Lucien BARGE, 9ème conseiller délégué aux Enjeux fonciers agricoles et au Suivi du projet d’aménagement de la plaine St-Exupéry,
  • Gérald EYMARD, 10ème conseiller délégué à l’Évaluation et au suivi de la politique budgétaire,
  • Thérèse RABATEL, 11ème conseillère déléguée à la Politique du handicap,
  • Roland BERNARD, 12ème conseiller délégué au Fleuve et à l’Aménagement et usages
  • Virginie POULAIN, 13ème conseillère déléguée à l’Adoption, à l’accompagnement des familles, à la Vie Associative (ouest Métropole)
  • Gilles PILLON, 14ème conseiller délégué à la Mobilisation des entreprises pour l’insertion et l’emploi,
  • Catherine PANASSIER, 15ème conseillère déléguée au Développement d’une démarche de prospective appliquée pour une culture métropolitaine,
  • Émeline BAUME, 16ème conseillère déléguée à la Prévention des déchets et à l’Économie circulaire,
  • Jean-Pierre CALVEL, 17ème conseiller délégué à la Logistique et aux transports de marchandises en ville,
  • Jean-Jacques SELLES, 18ème conseiller délégué à la Coordination des animations sportives et aux Parcs de Lacroix-Laval et de Parilly,
  • Gilbert SUCHET, 19ème conseiller délégué à Voirie et à la Proximité,
  • Patrick VERON, 20ème conseiller délégué aux Règlements locaux de publicité et aux services aux Communes en matière d’instruction des autorisation du droit des sols (ADS), aux Parcs-relais, aux gares de trains express régionaux, aux haltes ferroviaires et aux pôles d’échanges multimodaux,
  • Pierre HEMON, 21ème conseiller délégué aux Mobilités actives,
  • Samia BELAZIZ, 22ème conseillère déléguée aux Énergies renouvelables et aux Réseaux de chaleur ou de froid urbains,
  • Rolland JACQUET, 23ème conseiller délégué à l’Évaluation des politiques publiques d’innovation et de territorialisation de la production industrielle,
  • Loïc CHABRIER, 24ème conseiller délégué aux Enseignements artistiques,
  • Sarah PEILLON, 25ème conseillère déléguée à la Vie étudiante et aux Industries créatives,
  • Brigitte JANNOT, 26ème conseillère délégué au Suivi des instances locales de l’habitat et des attributions (ILHA) et à la Vie associative (centre et est Métropole)

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mai 25

SécuritéMontchatVoici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement du 16 mai 2017 sur l’attribution de subventions à différentes associations pour la prévention de la délinquance.

“Je voulais intervenir sur ce rapport car je le fais habituellement en Conseil Municipal et vous savez que cela déclenche toujours des aigreurs chez M. SECHERESSE. Je voulais l’aborder en partant de notre arrondissement, du terrain, du concret. Je vous dis tout de suite que ce n’est pas contre Mme ELBAHAR parce que je sais, car nous échangeons souvent ensemble, qu’elle est très à l’écoute des problématiques de délinquance et des tracasseries que les habitants peuvent rencontrer au quotidien. Je ne remets pas en cause l’Adjointe qui vient de porter ce dossier. Mais de façon plus globale, vous nous demandez là d’approuver une programmation qui s’intitule : au titre du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance.

Si nous savons lire cela veut dire qu’il faudrait qu’il y ait des actions qui contribuent effectivement à la sécurisation, à la prévention de la délinquance, et mettre dans les objectifs une amélioration durable de la sécurité et de la tranquillité publique du quotidien des habitants. Nous nous attendrions à ce qu’il y ait des actions très concrètes qui permettent d’atteindre cet objectif.

Je prends l’exemple du quartier de Montchat actuellement. Cela peut sans doute se retrouver dans d’autres quartiers de notre arrondissement, mais je prends Montchat parce que ces derniers mois s’est produit un certain nombre de choses dans ce quartier réputé tranquille, qui sont complètement inacceptables. Des dégradations très fréquentes de véhicules dans des rues complètes, des pneus crevés, des vitres cassées, des vols d’objets à l’intérieur des véhicules, des intrusions et des vols répétés dans des copropriétés. L’urbanisme de Montchat fait que l’on peut assez facilement entrer dans les jardins. Des commerces ont été fracturés, et des rodéos ont lieu sur la place Ronde. Peut-être pas ces derniers jours mais ces derniers mois, il y en a eu très régulièrement et ces rodéos obligent à avoir des actions de police nationale. Ce sont des choses que nous constatons plutôt là où nous avons l’habitude de parler de banlieue. Les habitants sont excédés par cette situation, notamment autour de la place Ronde, et je crois qu’ils vous ont saisis déjà de ces problèmes. Ils attendent des réponses.

La question que je pose très concrètement est : comment ces 180 000 euros contribuent à résoudre ces problèmes, ces tracasseries, ces nuisances du quotidien que nous rencontrons dans le quartier de Montchat ? Je suis désolé mais lorsque nous voyons la liste, sans doute ce sont des actions qui ont un intérêt au plan associatif, mais je ne vois pas en quoi elles répondent directement à nos enjeux en matière de prévention de la délinquance sur le quartier.

(…) Compte tenu des explications que vous nous donnez, nous allons nous abstenir sur ce dossier. Je crois Mme ELBAHAR que vous nous avez dit faire ce que vous pouvez avec ce que vous avez. Visiblement nous n’avons pas assez. »

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déc 19

Beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment d’un laisser-aller dans nos institutions. On peut dire que la Mairie du 3e arrondissement contribue à ce sentiment, sur le sujet ô combien majeur pour notre République, de l’organisation des élections.

Lors des Municipales de 2014, de nombreux habitants du 3e n’avaient pu voter du fait de radiations abusives, suite à un problème de distribution des cartes électorales. Les personnes concernées habitaient bien à la bonne adresse, mais le courrier ayant été mal distribué, après avoir été retourné à la Mairie, les personnes avaient été radiées sans autre vérification. Elles n’avaient pas pu voter… Cela n’avait semble-t-il interpellé aucune des autorités en charge des élections. Un vrai scandale…

Nouveau problème pour les élections régionales : les bureaux de vote du 3e est (60 % de la population) ont été redécoupés, mais certains électeurs n’ont pas été informés, et ils ont passé du temps à chercher leur bureau de vote… Dans certain cas, leur nouveau lieu de vote était très éloigné, dans un autre quartier. J’ai moi-même rencontré de nombreuses personnes dans ce cas, las de devoir attendre pour savoir où aller, ou trop consternées pour repartir dans un autre lieu de vote. L’exaspération était telle que certains disaient vouloir renoncer à aller voter… La participation a pâti de cette situation : dans le bureau 340, elle a par exemple été sensiblement inférieure aux bureaux voisins.

Par ailleurs, ce redécoupage a été fait sans prendre en compte la réalité des quartiers, notamment les plans de circulation ou la topographie à Montchat. Une concentration de bureaux de vote a été réalisée dans un groupe scolaire peu accessible en voiture. Certains électeurs, résidant en face de leur ancien lieu de vote, doivent maintenant parcourir une distance importante. C’est cela le progrès, notamment pour les personnes qui ont des difficultés pour se déplacer ? Un redécoupage devrait nécessairement aboutir à une amélioration, pas à une dégradation de l’organisation.

Alors que tous les discours officiels plaident pour la participation citoyenne aux élections, les ratés en série de la Mairie du 3e sont inacceptables. Et les excuses après scrutin ou l’explication de l’erreur administrative ne peuvent suffire. Le Maire doit s’assurer que toute réorganisation est menée correctement et avec pertinence.

 

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oct 20

cockpitEn fin de semaine dernière, s’est tenue la dernière session du Conseil régional Rhône-Alpes… une session qui fut à l’image de la mandature : des délibérations qui laissent de côté des besoins essentiels des Rhônalpins, des positions déconnectées des réalités et une dynamique régionale toujours bloquée par les divergences des composantes de la “majorité“. Et pourtant, comme un couple au bord de la rupture qui veut donner l’illusion de l’harmonie dans les dîners en ville, PS et Verts s’étaient bridés en début de session. Mais patatras, après une première fissure lors du vote des volets territoriaux du contrat de plan, la fracture s’est imposée à l’occasion d’un vœu sur le soutien à l’industrie microélectronique.

Quelques jours plus tôt, alors que des menaces planent sur certaines activités de STMicro à Grenoble, Jean-Jack Queyranne avait lancé l’idée d’un airbus européen de la microélectronique. Mais voilà que le Front de gauche revendique en pleine session la paternité de cet airbus de la microélectronique ! Et voici aussi les Verts qui mettent en avant leur version de l’airbus de la microélectronique. Une véritable escadrille d’airbus !

Mais au-delà de cette querelle d’égos partisans, c’est le fond qui est consternant. Alors qu’il s’agit effectivement de parvenir à conforter le pôle microélectronique grenoblois, pour préserver et développer l’emploi, les composantes de la majorité régionale étalent leur absence de vision commune.

Le Front de gauche parle développement de l’industrie, mais chacun a bien compris à quel modèle industriel pensent ses élus régionaux proches de la CGT. Un modèle fait de contrôle politique sur l’activité qui ne peut que dissuader les investisseurs. Les Verts mettent eux-aussi en avant dans le vœu qu’ils proposent la conditionnalité des aides, mais personne n’oublie aussi que depuis cinq ans, ils n’ont cessé de s’opposer aux nanotechnologies pour des raisons idéologiques. Queyranne a été contraint de reconnaître que voter ce vœu des Verts, ce serait “envoyer un très mauvais signal” pour l’investissement dans la microélectronique à Grenoble. Voilà, on ne pouvait démontrer plus clairement que cette “majorité” n’est pas en mesure de faire les choix stratégiques pour le développement économique et l’emploi. Mauvais signal ? C’est cette coalition qui est par nature un mauvais signal !

Alors pour rester dans l’image aéronautique, pour notre sécurité économique, que ces composantes de la gauche plurielle quittent le cockpit ! Il faut un nouvel équipage pour la grande région.

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