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Je n’ai soutenu Emmanuel Macron, ni au 1er tour de la présidentielle, ni aux législatives. Je n’ai pas fait partie non plus des séduits de la seconde heure, mais pour autant, j’ai observé les premiers mois du mandat sans opposition systématique ou ressentiment revanchard. Je ne suis cependant toujours pas convaincu.

Il y a d’abord l’exercice du pouvoir. Nous avons eu beaucoup de symboles habiles, mais cet exercice de la fonction présidentielle, ponctué de “belles images”, de propos provocants et surtout de promotion personnelle laisse dubitatif. Avec la dernière mise en scène à Athènes, devant l’Acropole, alors que l’impératif c’était la réponse à l’ouragan Irma, on a frôlé l’overdose…

Il y a ensuite les réformes engagées… Reconnaissons-le, il y a du volontarisme et certaines vont dans le bon sens, certaines étaient attendues. Nous l’avions d’ailleurs dit lors de la campagne des législatives : les bonnes propositions seraient soutenues. Il faut dire que la méthode Macron pour préparer la présidentielle a été habile : du porte-à-porte pour recueillir les attentes des Français, puis des mesures ponctuelles phares pour y répondre. Ce fut le cœur du “et droite, et gauche”. Chaque électeur pouvait ainsi trouver son point d’intérêt. Nous l’avons bien vu avec les mesures revenant sur les aberrations de Hollande au plan scolaire (classes européennes par exemple), l’indemnisation du chômage en cas de démission, la suppression du RSI…

Certaines réformes vont donc dans le bon sens, mais on sera vigilant sur la réalité de la mise en œuvre. On s’assurera aussi que ce qui est accordé d’une main, n’est pas repris de l’autre… Et puis surtout, soyons conscients que les défis de la France ne se résoudront pas par des réformes parcellaires. Prenons les réformes du marché du travail. Aussi utiles que soient ces réformes, elles ne sont pas l’alpha et l’omega de notre agenda politique. Je suis surpris de voir comment certains ont restreint leur vision politique à ce sujet. D’ailleurs, même en se limitant au travail et à l’emploi, pour bien résoudre les problèmes, il faudrait aussi aborder la question de l’attractivité de tous les emplois.

Mais la première faiblesse du macronisme, c’est la vision pour la France. L’interview fleuve de rentrée dans le Point était censée y remédier. Elle est surtout un révélateur. Le diagnostic qui fonde cette vision apparaît très incomplet et penche à gauche. L’approche du terrorisme et de la menace islamiste est révélatrice. Les propos du Président apparaissent d’une grande naïveté, avec la mise en avant de multiples causes et la classique tentation de la victimisation. Ainsi peut-on lire que le départ des djihadistes répond à une “soif d’engagement” ou que “la guerre civile du monde musulman – sunnites contre chiites – s’exporte dans nos sociétés et nourrit le terrorisme”. On aurait surtout voulu lire que le terrorisme islamiste est un projet global et construit contre nos valeurs occidentales et qu’il faut donc le combattre en fonction de cela.

Il en va de même pour le rétablissement du respect des règles de notre République. La hausse des moyens d’action est évoquée (sécurité, justice), mais rien n’est dit que sur le terrain qu’il faut reconquérir. Pour reprendre une expression d’Emmanuel Macron, les “problèmes ne sont pas nommés”, on peut donc douter des solutions.

Autre limite fondamentale, celle de l’analyse des fractures économiques et sociales de la France. On constatera d’abord que les difficultés du monde rural et de l’agriculture, des travailleurs pauvres, des petites retraites, ne sont pas dans le radar présidentiel. On lit des développements sur les Français les plus en difficultés, mais les agriculteurs qui travaillent du matin au soir sans rien gagner, les jeunes qui n’ont pas d’espoir à attendre dans l’espace rural, les retraités qui ne s’en sortent pas, n’en font pas partie. Et puis, au plan économique, il y a cette fascination qui transparait pour la destruction-créatrice, semblant oublier que l’action politique, le gouvernement du pays, ce n’est pas se laisser aller au fil-de-l’eau des évolutions économiques.

Je crois encore que cette vision présidentielle, construite sur un diagnostic incomplet et sous-tendue par un libéralisme mondialisé, aura bien du mal à répondre durablement et en profondeur aux défis de la France.

 

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août 27

Alors, école ou pas école ?

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Voici la vidéo de mon intervention lors du Conseil municipal de juillet 2017 à propos des projets de la Ville pour le tènement rue Pionchon/rue du 14 juillet qui fait l’objet de préemption. La Ville motive les acquisitions par un projet de nouvelle école inscrit au PLU, mais dans le même temps, le Maire du 3e nous dit que ce projet d’école, s’il voit le jour, se fera ailleurs… Pour le moins une incertitude politique et juridique…

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mar 31

Voici la vidéo de mon intervention lors du Conseil municipal du 27 mars 2017 à propos du programme prévisionnel des équipements publics de la ZAC Part-Dieu Ouest. Le manque d’ambition de ce programme démontre bien que la Part-Dieu nouvelle n’est pas vue comme un quartier à vivre par la majorité municipale.

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jan 03

La vidéo de mon intervention lors du Conseil municipal de décembre 2016 à propos de la nécessité de prévoir le développement de la Cité scolaire internationale de Lyon, élément clé de l’attractivité internationale de notre ville. A court terme, la Région prend ses responsabilités, en votant un crédit pour créer une nouvelle cour pour le lycée, pour sécuriser l’établissement.

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déc 09

dsc00763Pour faire face à l’augmentation du nombre d’enfants à scolariser à la Part-Dieu, la Ville de Lyon fait le choix de réaliser une extension du groupe scolaire Léon Jouhaux. Le conseil d’arrondissement du 28 novembre a examiné le lancement des études pour ce projet. Ce choix me semble être une double erreur, pédagogique et urbanistique.

C’est une erreur pédagogique car le groupe scolaire Léon Jouhaux est déjà une “grosse” école de 19 classes. Après l’extension, elle en comptera 23. Or chacun sait que les élèves étudient dans de meilleures conditions quand l’école est de taille limitée. L’adjointe aux affaires scolaires de la Ville de Lyon, Anne Brugnera, le reconnaissait d’ailleurs lors du conseil municipal de septembre : “au delà de 17 classes, c’est difficile de gérer” disait-elle ! Et le choix est d’autant plus inapproprié qu’il faudra créer une cour de récréation sur une partie de la place des Martyrs de la résistance, avec une rue à traverser…

C’est aussi une erreur urbanistique, car la logique voudrait que l’urbanisation de la Part-Dieu s’accompagne de la création d’une nouvelle école, au cœur même du projet urbain. Ce serait rendre un meilleur service aux nouveaux habitants, et ce serait amener de la “vie quotidienne” et de la convivialité au cœur de la nouvelle Part-Dieu. C’est en général ce qui se passe dans le cadre des ZAC : les constructions d’immeubles s’accompagnent d’équipements nécessaires à la vie des habitants. Prenez le nouveau quartier de la Buire. Que serait-il sans l’école Aimé Césaire et le Parc Jacob Kaplan ? Une zone à forte densité d’habitat, sans âme.

Or nous savons que l’une des faiblesses du quartier Part-Dieu, c’est qu’il manque de lieux de vie au quotidien. La Ville de Lyon laisse ainsi passer une occasion d’utiliser l’un des terrains en mutation pour y créer une école. Un choix d’autant plus regrettable que l’un des rares équipements existant, la Maison de l’enfance du 3e Ouest, va quitter la rue Desaix.

Certes, la construction d’une nouvelle école aurait couté plus cher. Mais cela aurait été un investissement confortant le projet urbain “Part-Dieu”.

Depuis des années, avec d’autres, je dénonce un projet urbain qui oublie les fonctions du quotidien, la qualité de vie, qui ne donne pas réellement leur place aux habitants. La promotion du projet a repris notre slogan de “quartier à vivre”, mais il manque toujours de contenu réel ! La Part-Dieu est d’abord faite pour l’activité économique et les visiteurs. Ce choix de ne pas créer une nouvelle école en est une illustration concrète.

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