mar 03

Je suis tombé cette semaine sur la vidéo dans laquelle Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, entend lancer le combat de la compétitivité, en faisant la promotion du futur Crédit Impôt Compétitivité Emploi. « La compétitivité c’est l’emploi », tel est le leitmotiv de cette vidéo. Une suggestion à l’intention de nos dirigeants ; mieux vaudrait dire « pas d’emploi sans compétitivité », le message serait plus clair, mais il est vrai que de ce fait, il serait moins « hollandien ». On apprécie aussi quand le Premier ministre, passant en revue les acteurs de la compétitivité, mentionne « et puis nos chefs d’entreprise ». Significatif, pour le gouvernement, les entrepreneurs ne seraient ainsi pas les acteurs premiers de la compétitivité… – quand on leur en laisse la possibilité !

Il reste que ce discours « la compétitivité c’est l’emploi » constitue un revirement étonnant. Je me rappelle encore la dernière campagne législative, lorsque notre adversaire Najat Vallaud-Belkacem affirmait lors d’un débat télévisé qu’il n’y avait pas de problème de compétitivité coût en France, que c’était un « concept inventé par les technocrates de droite » ! Nous serions donc face à une marquante prise de conscience…

Pas d’emballement pour autant. Si le CICE est toujours bon à prendre (étant précisé qu’un dispositif plus simple eut été préférable), encore faut-il relever que ce crédit d’impôt ne va finalement faire que compenser les impôts et cotisations supplémentaires sur les entreprises (et les particuliers aussi)  votés en juillet dernier, ainsi que la hausse du SMIC, avec les effets dévastateurs sur la situation économique et l’emploi que l’on connaît actuellement. Pas d’allègement significatif donc du niveau de prélèvements fiscaux et sociaux sur les entreprises ; pas de quoi doper fortement l’investissement et l’emploi. Et avec une question qui reste posée : entre les prélèvements supplémentaires votés à l’arrivée du gouvernement socialiste et les « économies » réalisées via le CICE, quels seront les acteurs économiques gagnants et quels seront les perdants ? Les secteurs les plus soumis à la concurrence internationale seront-ils vraiment bénéficiaires des allègements ?

Bref le CICE, avec sa campagne de communication, ne change pas le fait que le gouvernement socialiste a d’abord fait le choix de la pression fiscale : toujours plus de pression fiscale, sous toutes ses formes, faute d’action courageuse pour vraiment réduire la dépense publique. Un choix d’autant plus dommageable que les nouveaux dispositifs, financés par la dépense publique, paraissent bien peu efficaces dans le combat pour l’emploi. Les premiers constats sur les emplois d’avenir montrent ainsi que la mesure peine « à trouver son public » du fait de ses critères et contraintes. On peut craindre également le même constat avec les contrats de génération.

Bref, la campagne « la compétitivité c’est l’emploi » ne changera pas la réalité d’une double impasse : l’overdose de prélèvements, qui asphyxie la consommation et l’activité économique, pour notamment financer des dispositifs peu efficaces pour créer de l’emploi.

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juin 23

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’après 17 juin n’a pas donné lieu à un temps mort ! La semaine a été bien rythmée entre les conclusions politique (hâtives) tirées du scrutin, des échanges vifs au sein de notre famille sur ces conclusions, et, en fin de semaine, au plan local, la proposition de Michel Havard d’organiser des primaires de la droite et du centre en amont des municipales.

Il est vrai que nous avons intérêt, avant même ou en parallèle de l’attribution des responsabilités futures au sein du Mouvement, à bien (re)définir notre socle de valeurs et nos orientations programmatiques. Pour autant, sans doute ne faut-il pas le faire dans la précipitation, sur la base des seuls résultats des législatives, ou selon des angles de vue très restreints. Je pense que s’il s’agit de déterminer ce qu’attendent de nous les électeurs de la droite et du centre, mieux vaut se baser d’abord sur le déroulement et les scores de l’élection présidentielle. Les législatives ont été un scrutin “très partiel” d’une certaine manière, de nombreux de nos électeurs préférant sortir du jeu, pour des raisons multiples d’ailleurs. Je ne perçois pas en tous cas une aspiration évidente à recentrer la ligne de l’UMP, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des évolutions à apporter dans la façon de porter notre message.

Au plan local, Michel Havard a présenté son projet d’organiser des primaires en amont des prochaines municipales à Lyon pour départager les prétendants à droite. C’est à mon avis courageux et innovant. Avec ce principe de primaires ouvertes, c’est en tous cas le moment de vérité pour ceux qui, à droite, ont basé leur campagne sur une différence de méthode avec l’UMP. Ces primaires peuvent être une opportunité de clarification et de dynamisation. J’y souscris à deux conditions :

  • d’une part, qu’elles reposent sur de vraies visions pour Lyon, avec des projets, et qu’elles ne se bornent pas à une compétitition “de postures” ou “de caractères”,
  • d’autre part, il ne faut pas que cela fasse perdre à l’élection municipale sa dimension d’aventure collective, d’équipe. Certes, une liste doit être tirée par un leader. Mais une élection municipale, c’est aussi proposer une association de compétences et de profils pour la ville et ses 9 arrondissements. Et l’un des points importants, c’est la cohérence et la performance de cette association de compétences. Il ne faudrait pas, au moment même où la gauche lyonnaise va être de plus en plus confrontée aux problèmes de l’exercice par trop solitaire du pouvoir, que nous nous engagions aussi dans la voie de la personnalisation excessive. Veillons, si primaires il y a, à ce que cela ne pénalise pas l’incontournable dimension collective de la démarche.

Ces deux conditions renvoient à un réglage fin de la méthode et du calendrier.

 

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juin 19

Dimanche soir, mes sentiments étaient logiquement très partagés. Grande déception du fait de la défaite au plan national et grande satisfaction avec notre victoire dans la 4e circonscription. La journée avait été pleine de suspens !

Déception donc du fait de cette défaite nette au plan national et de voir certaines personnalités de grande valeur battues. Et intense sentiment de frustration ; après une élection présidentielle tronquée, voilà des législatives qui donnent la majorité absolue au PS, mais avec le sentiment que trop de monde a considéré que cette élection ne servait à rien. Un nouveau rendez-vous manqué. La séquence présidentielle-législatives pose décidément un problème ; il sera néanmoins difficile à résoudre.

Heureusement, la droite et le centre totalisent plus de 200 députés. Maintenant, à nous de voir comment faire repartir la machine ; par rapport à ce que j’entends dans nos rangs depuis lundi, j’ai envie de dire, ne tirons pas de conclusions trop hâtives et gardons nous de certaines visions parisiennes…

TRES grande satisfaction par contre avec notre victoire dans la 4e circonscription. Dominique Nachury est donc la députée de cette circonscription, je suis son suppléant. Nous avons mené une vraie bataille électorale, souvent assez dure. La majorité municipale et le PS avaient mis toutes leurs forces dans cette bataille, particulièrement dans les 3e et 8e arrondissements. Après avoir réglé le problème de la primaire sauvage à gauche dans la 1ère circonscription, Gérard Collomb a été très présent dans la circonscription.

Merci aux 22 968 électeurs qui ont fait cette victoire et ont permis d’endiguer une gauche qui décidément, souhaite tous les pouvoirs, particulièrement dans notre ville. Merci à tous ceux qui nous ont soutenus dans cette campagne, acteurs engagés dans la Cité, sympathisants et tous nos militants, qui ont réalisé un travail colossal, avec une équipe de Jeunes Pops particulièrement motivée et mobile, mais avec un excellent bilan carbone !

Et dans cette victoire, une satisfaction particulière : les 52,2 % que nous réalisons sur le canton de Montchat, le canton de Madame la Ministre Najat Vallaud-Belkacem. Encourageant !

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juin 13

Ce matin, sur les marchés de la circonscription, nous avons reçu la visite de Gérard Collomb et de Jean-Jack Queyranne, venant soutenir la candidate socialiste. Comme prévu, entre ces deux tours, les grands moyens sont mobilisés pour tenter de faire basculer à gauche la 4e circonscription. Cette “démonstration” s’accompagne d’un nouvel argument de campagne : il faut voter pour la candidate PS pour que le “modèle municipal” lyonnais puisse venir également inspirer l’Assemblée nationale. Rien de moins.

Cette nouvelle orientation stratégique est finalement assez logique. Le Maire de Lyon sait bien que pour emporter la 4e circonscription, le programme du PS, et ses mauvaises nouvelles, sont un peu courts. Pas sûr non plus que les petite manoeuvres pour tenter de susciter la division à droite suffisent. Alors on essaye de surfer sur le modèle municipal lyonnais.

Cela m’inspire les remarques suivantes.

Je vois mal en quoi ce modèle lyonnais va pouvoir permettre de faire face aux défis qui se posent à notre pays. En quoi ce modèle répond-il à la nécessité d’améliorer constamment la compétitivité de notre économie et de maîtriser le coût du travail, pour créer de l’emploi ? En quoi va-t-il permettre de peser pour que l’Europe soit plus protectrice ? En quoi permet-il d’affronter le défi énergétique ? En quoi permet-il d’inscrire notre système éducatif dans une dynamique de progrès, pour donner toutes ses chances à notre jeunesse ? En quoi permet-il d’assurer la défense des intérêts de la France dans le monde ? Voilà pourtant quels sont les enjeux des élections législatives. Il convient de ne pas se tromper d’élection dimanche prochain.

Ensuite, j’avais cru comprendre que le modèle socialiste lyonnais devait incarner un certain modérantisme. Force est de constater, à l’écouter, que la candidate de la 4e circonscription, Anne Brugnera, est une socialiste plutôt “traditionnelle”.

J’aimerais aussi savoir ce que pensent les électeurs Europe Ecologie Les Verts de cette nouvelle posture de campagne, ce parti venant d’être laminé, avec la frange rebelle du PS local, par ce modèle lyonnais. J’aurais aimé poser la question à Pierre Hémon, mais il ne faisait pas partie de la parade électorale ce matin.

Quant à ce modèle municipal lyonnais en lui-même, nous aurons l’occasion de revenir sur ses prétendus mérites dans les mois qui viennent. Je ferais cependant d’ores et déjà un commentaire. Comme la politique proposée par le PS au plan national, il s’agit de mesures de court terme, qui font “plaisir”, créent une ambiance, mais qui pénalisent le développement durable de la collectivité.

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juin 03

J’entendais un commentateur ce matin qui s’interrogeait sur le bilan du début de présidence Hollande. Sérieusement, comment peut-on se poser ce type de questions quatre semaines après la présidentielle, que ce soit en termes de réussite ou d’échec… sauf pour ceux qui croient effectivement que François Hollande a inventé le concept de croissance !

Par contre après quatre semaines, on voit bien poindre ce qui nous attend… disons qu’un certain flou de la campagne présidentielle est en train de s’estomper… Depuis le début de la campagne législative, je rencontre de nombreuses personnes, sur les marchés, en réunions publiques ou d’appartement, qui s’inquiètent des conséquences prévisibles de la politique qui est en train de se mettre en place. Trois sujets traités lors de ces échanges me reviennent à l’esprit.

L’inclinaison au laxisme sur les questions de sécurité-justice ; la décision du Gouvernement, affirmée par Madame Taubira, de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, illustre clairement cette tentation. Rappelons que ces tribunaux concernent des jeunes de 16 ans et plus, récidivistes, passibles de peines de plus de 3 ans. En supprimant ces tribunaux, on se prive clairement d’une possibilité de lutter efficacement contre certaines formes de délinquance. Et que dire de ce projet d’obliger la police à délivrer des attestations de contrôle d’identité ! On nous avait parlé d’une police de proximité efficace : si c’est pour remplir des formulaires administratifs sur le terrain… On voit bien qu’au-delà des postures de responsabilité incarnées par Manuel Valls, la gauche reste sous l’emprise de l’angélisme.

Autre sujet d’inquiétude : l’abandon des démarches de recherche de maîtrise de la dépense publique. Plusieurs fois, les questions nous ont été posées en tant que candidats de ce qu’il allait advenir de la réforme des collectivités ou la révision générale des politiques publiques. Pour la première, on sait que la gauche veut revenir sur la réforme, pour, sous couvert de nouvelle avancée de la décentralisation, permettre aux collectivités très largement dirigées par la gauche, de continuer leurs politiques budgétivores irresponsables. Pour le reste, on compte sur les comités théodules pour rationaliser l’action publique… Quant à la RGPP, elle est idéologiquement stoppée. Les Français comprennent bien que la conclusion de tout cela se matérialisera dans leurs feuilles d’impôts locaux et sur le revenu.

Enfin, j’ai rencontré de nombreux chefs de petites entreprises, des commerçants, des artisans, démoralisés par les prélèvements supplémentaires qui vont les frapper. Pendant la campagne présidentielle, les socialistes avaient avec habileté, jouer les petites entreprises contre les grosses, en assurant les premières que seules les grosses paieraient. Que va-t-il se passer en fait ? Non seulement l’allègement du coût du travail ne va pas se produire, puisque la mise en place de la TVA anti délocalisation serait annulée par une majorité de gauche, mais les prélèvements s’accroîtraient du fait du retour en arrière sur la réforme des retraites. Hausse des prélèvements aussi pour les plus petites entreprises, du fait d’une révision des modalités de la taxe qui a remplacé la taxe professionnelle. La conséquence est là : les projets d’investissement et de recrutements se bloquent. A cela s’ajoute la fin de l’exonération de charges sur les heures supplémentaires pour les entreprises de plus de 20 salariés. Et pourtant, une entreprise de 20 salariés n’est pas une grosse entreprise… pas plus qu’un ménage touchant 4000 euros par mois n’est un ménage nanti dont il faut « faire les poches ».

Alors voilà, les raisons de s’inquiéter pour la suite sont bien réelles. Sans doute la campagne présidentielle n’a pas permis de bien cerner tous les enjeux.

L’important, c’est maintenant que les Français soient bien conscients que tout reste possible les 10 et 17 juin, et que ces élections législatives sont l’occasion de bâtir des digues contre des mesures qu’ils ne souhaitent pas.

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