sept 16

Bien sûr, depuis que nous avons soulevé le problème, le Maire de Lyon et celui du 3e ne manquent pas, lorsqu’ils présentent le projet Part-Dieu 2020, d’évoquer l’objectif de “quartier à vivre”. Mais cet ajout au discours suscite toujours des doutes. Nous en avons encore eu une démonstration lors du show “d’information” de jeudi dernier. Voici quatre illustrations du fait que les habitants du quartier sont bien peu pris en compte par ce projet, qui consiste d’abord et surtout à développer la gare et le centre d’affaires.

Première illustration : il a fallu attendre que deux habitants posent la question du devenir de leur logement (promis à la démolition !), pour que Messieurs Collomb et Buna évoquent le problème. Et pourtant, si 8 minutes de la réunion ont été consacrées aux questions, 1H15 les avaient précédées pendant lesquelles ont été longuement présentés des concepts déjà annoncés. Ce n’est pourtant pas un détail de savoir que près de 200 logements sont promis à la démolition ; certes ce n’est pas pour demain, mais le processus est bel et bien engagé. Les projets de 200 familles sont impactés, mais on attend les questions pour en parler

Deuxième illustration : le principe de la démolition lui-même, pour construire à la place des locaux d’activité. Je trouve quand même troublant que l’on programme la suppression d’ilôts d’habitation dans le quartier Part-Dieu, sans en discuter. On peut ajouter qu’alors que l’on nous parle de nécessité de densification de l’habitat, dans une perspective de développement durable, une telle décision paraît bien incohérente.

Troisème illustration : des contradictions sur les chiffres de population. Dans l’intro de la réunion, le chiffre de 16 000 habitants à la Part-Dieu est annoncé. Mais M. Buna, adjoint à l’urbanisme parle ensuite de 5 000. L’explication ? On ne parle pas de la même chose, entre les résidences autour du centre commercial ou le périmètre élargi. On peut même dire que le périmètre de proximité de la Part-Dieu, c’est plutôt 40 000 habitants. Tout cela montre une chose. Ceux qui vont décider pour nous n’ont pas une idée claire du périmètre du quartier vécu. Comment dès lors bien répondre aux besoins des habitants ? Au quotidien, quand on habite l’Ouest de Villette, les secteurs Voltaire, Bir Hakeim ou Lafayette, on sait bien que la Part-Dieu influence directement nos possibilités de circulation, de stationnement, notre tissu de commerces de proximité

Enfin quatrième illustration, avec dans ce cas par contre, une vision extensive des choses : le secteur Sud du projet Part-Dieu englobe l’Esplanade Dauphiné-Villette pour aller jusqu’au cours Albert-Thomas. A-t-on pris en compte le cadre de vie des habitants de ces quartiers dans cette ouverture à l’urbanisation ?

Alors je ne doute pas que les communicants de la municipalité PS sauront adapter leur communication aux lacunes évoquées ci-dessus. Peut-être le power point mentionnera-t-il demain 30 000 habitants. Peut-être que le secteur Sud sera renommé “Esplanade Dauphiné-Villette”. Mais le problème de fond va perdurer : le vivre à la Part-Dieu est traité de façon annexe, en fonction de ce que les grands projets structurants laissent comme marge de manoeuvre. Une autre approche est possible.

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mar 07

Habitant(e)  du 3e arrondissement, vous êtes intéressé(e) par la démocratie de proximité. Vous trouvez normal de donner votre avis sur les projets urbains. Vous êtes notamment intéressé(e) par le devenir de la Part-Dieu. La densification du quartier, avec de nouvelles tours, et les déplacements supplémentaires induits, ne vous laissent pas indifférents.

Alors ruez-vous à l’aéroport, à la gare, ou préparez votre voiture pour vous rendre à Cannes demain. Nous apprenons en effet dans le programme du Maire de Lyon qu’il va présenter demain au MIPIM de Cannes, le salon de l’immobilier d’entreprise, deux nouveaux projets d’immeubles « denses » (Silex et Sky 56). Déjà l’année dernière, Gérard Collomb avait dévoilé en avant-première dans cette ville, le projet urbain de la nouvelle Part-Dieu. A Lyon, c’était l’embargo avant cette présentation ! Sympa pour les Lyonnais !

Nos élus locaux PS nous avaient expliqué après que ce n’étaient que des « intentions d’aménagement » qui avaient été présentées aux investisseurs. Ah le jargon technico-politique ! Mais demain, ce sont bien deux projets majeurs qui seront présentés dans une séquence « Lyon Part-Dieu, de l’ambition à la réalisation ».

Inutile de vous dire qu’en tant qu’élu d’opposition, on ne nous a rien montré de cela. Même traitement pour les habitants en dehors des circuits initiés. Dans les réunions, on vous parle de concepts : « le sol facile », les « pieds d’immeuble animés », le « hub »… mais pour le concret… Et pourtant ces deux projets d’immeubles “denses” sont importants, ne serait-ce que pour les habitants résidant à proximité. Le premier projet se situe à l’angle Bouchut/Cuirassier et intéresse donc directement les nombreux habitants de la barre de la rue du Lac. Le second, à l’angle Félix Faure/Mouton Duvernet (vous vous rappelez, le terrain promis pour le skate-parc), sera la façade de l’Esplanade Dauphiné-Villette et intéresse donc le quartier Dauphiné.

Ces annonces délocalisées pourraient porter à sourire. J’y vois un vrai mépris pour les Lyonnais ou la négation du fait que la Part-Dieu est aussi un quartier d’habitation, et ce malgré les belles paroles de notre Maire d’arrondissement.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , ,

jan 23

Grand étonnement, il y a quelques jours, en recevant un mail de l’adjoint au Maire du 3e chargé de la démocratie de proximité, adressé aux membres des conseils de quartier, proposant une formation sur la conduite d’une ZAC. A quoi cela peut-il bien servir dans notre arrondissement de connaître le déroulement d’une zone d’aménagement concerté ? Quand on voit ce qui se passe pour l’esplanade Dauphiné-Villette Nord ou bien les tènements Merck-RVI, on est bien loin d’une telle procédure : pas de vision d’ensemble, pour s’assurer de la cohérence des aménagements et de l’équilibre urbanisation-équipements publics ; quant au qualificatif « concerté », dans le cas de RVI, c’est tout simplement un mot à bannir du vocabulaire. Il vaudrait mieux former aux méthodes utilisées pour les zones d’urbanisation prioritaire dans les pays émergents, cela serait plus proche de notre réalité.

Les terrains RVI-Merck restants disponibles, à la jonction de Sans-Souci et Montchat, ce sont plus de 60 000 m² à aménager : un vrai morceau de ville, une opportunité extraordinaire de créer un cadre de vie valorisant. Mais voilà, ces espaces sont promis à une urbanisation « à la découpe », posant ici et là tel équipement, et tout cela se décidant dans les bureaux. On parle d’une voie nouvelle au milieu du tènement RVI, mais celle-ci change de localisation et de statut au gré des discussions bureaucratiques. On annonce une école dans le programme électoral de Thierry Philip, celle-ci est positionnée sur les plans « secrets » d’aménagement, puis elle disparaît, véritable « concept électoral à durée de vie limitée ». Cela en dit long sur le sérieux des programmations et l’étude des besoins. On promet un équipement de service public pour le 3e Est, mais personne ne se pose la question de son utilité dans le secteur. On promet un parking, puis celui-ci se déplace. On n’avance pas sur le projet de station de tram rue Feuillat, alors que ce serait un plus pour desservir le nouveau pôle éducatif et d’habitation. On annonce finalement une bibliothèque (encore une fois une bonne chose si elle est correctement desservie en transports en commun). Et cela finit par le choix d’une construction d’un immeuble HLM, en bordure de Lacassagne, histoire de bien « refermer » l’îlot RVI sur lui-même (cf. mon précédent post sur cette erreur urbanistique majeure).

Un récent article des Potins d’Angèle évoquait le projet de l’Hôtel Dieu et les attentes déçues des habitants en termes de concertation ; il avait fallu dépêcher en urgence à une réunion d’information, Gérard Claisse, adjoint chargé de la concertation, pour « incarner » un semblant d’écoute. Dans le 3e, on ne se donnera même pas cette peine. Certes, nous aurons une réunion d’information lundi soir ; une réunion qui n’est pas sans lien avec le débat que j’ai initié suite au vote du projet de bibliothèque lors du dernier Conseil d’arrondissement. Voilà à quoi sert l’opposition, dénoncer ce qui mérite de l’être et faire bouger les choses au moins en termes de transparence. Mais le mouvement reste faible. Ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’une réunion d’information au cours de laquelle seront présentés les « projets retenus » pour le tènement RVI, comme le précise le courrier d’annonce. Des projets « retenus » par des gens qui “savent” ce qui est bien pour le 3e, ou plutôt, dans leur approche, ce qui est bien pour ces m² disponibles à cet endroit de la Ville. Et attention, habitants du 3e, il convient de dire merci à ces “choix éclairés” qui sont faits pour vous (cf. la réaction virulente du Maire du 3e contre la presse lors du dernier Conseil municipal, parce que celle-ci avait osé relayer les mécontentements d’habitants du quartier).

Mais entre nous, habitants du 3e, est-il acceptable de se faire imposer ces choix « éclairés », en absence de tout débat démocratique ? Bien sûr que non, parce que ces m², ce morceau de ville de demain, c’est notre bien commun.

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mai 09

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Je reviens sur la modification du Plan Local d’Urbanisme, projet sur lequel nous – les élus Ensemble pour Lyon du 3e – avons voté non lors du dernier Conseil. En débattant avec la Majorité du 3e, je me suis demandé à propos des points posant problème s’il y avait une volonté de masquer certaines évolutions ou bien un défaut de suivi des dossiers. Les suites de ce débat renforcent mes doutes.

Ces doutes concernent notamment le changement de destination de l’îlot Créqui/Chaponnay/Edison. J’ai déjà évoqué mon étonnement lorsque j’ai constaté que Mme Panassier, l’adjointe à l’urbanisme du 3e, n’évoquait pas spontanément ce projet dans sa présentation. Elle a répondu à mon interpellation avec des arguments pour le moins « datés » relatifs à la requalification de la place Voltaire. Elle a aussi essayé la diversion en mettant en avant le désormais classique « Mieux vivre ensemble » puis en glissant sur des propos plus que limites. Passons…

Depuis, la conseillère déléguée Anne Brugnera s’est aussi exprimée sur le sujet. Elle se positionne résolument comme la « grande rectificatrice » du Conseil du 3e, dès que l’opposition joue son rôle… quitte d’ailleurs à se prendre les pieds dans le tapis comme nous l’avons vu sur le dossier « Citrouille et Potiron » et comme nous le voyons encore sur cette question d’urbanisme. Mme Brugnera nous dit « L’opposition s’est émue du projet visant à lever une réserve pour espace sportif… Concernant le terrain sportif, il en existe déjà un à proximité ». Non Mme Brugnera, la réserve que vous comptez supprimer sur l’îlot en cause était une réserve pour espace public, au profit du Grand Lyon et non de la Ville (je joins une photo pour aider le cas échéant au suivi de ce dossier !). Tout cela pose effectivement question sur la vision de la Mairie du 3e sur le renouvellement urbain du secteur Voltaire.

Malaise encore avec la suppression de la réserve pour espace vert de la rue des Petites sœurs. Mme Panassier nous dit : « c’était trop petit » (1990 m²). La réserve qui a été créée rue Meynis lors de la dernière modification fait seulement 1260 m². Celle qui existe rue de l’Espérance 1810 m²…

Malaise toujours avec les aménagements du tramway T3 du fait de la mise en service de Rhônexpress et du projet de desserte du Grand stade. Une réunion de concertation avait lieu mercredi soir en Mairie. Monsieur Rivalta, Président du Sytral, a plusieurs fois évoqué lors de la soirée le fait que des tramways pour le Grand stade partiront effectivement du nouveau quai prévu au Sud de la rue Paul Bert (sur une partie du tènement prévu pour l’Esplanade verte Dauphiné II)… Et tant pis si les supporters devront faire un trajet de 500 mètres entre la gare Part Dieu/Métro et cette gare « spéciale ». Pourtant, dans les documents de concertation consultables en Mairie, c’est-à-dire dans les « écrits », nulle mention de cette gare « spéciale ». Les aménagements prévus sont présentés comme une plate-forme constituant :

  • un quai de secours,
  • un point de stockage de rames (injection/retrait du réseau),
  • un point de régulation du trafic pour « gérer l’encombrement du tronc commun T3, T4, Rhônexpress » (et après on vient prétendre que l’intersection avec la rue Paul Bert ne va pas perturber gravement la circulation automobile)…

Bref, la question majeure de l’urbanisme exige mieux que du verbiage : du sérieux dans le suivi des dossiers, de la transparence et du pragmatisme.

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avr 06

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Je me suis abstenu lors du Conseil du 3e de ce soir sur les délibérations approuvant les modalités des concertations relatives à l’extension de la ligne de tram T3 pour la desserte du Grand stade et à d’autres aménagements de T3 pour l’exploitation conjointe T3/Rhônexpress ; une abstention non pas par désaccord sur la concertation, mais pour signifier des interrogations sur le fond du dossier à la fois au plan global et pour son impact sur le quartier Villette.

Le projet d’extension de la ligne T3 consiste à créer un débranchement de la ligne à Décines pour rejoindre le site du futur Grand stade, avec création d’un nouveau terminus.

Nous abordons ce projet avec la plus grande circonspection tant il est mené dans la précipitation avec un minimum d’informations. C’est vrai pour le dossier global du Grand stade et de ses futurs accès financés par la collectivité. Par ailleurs, les dossiers de l’extension/aménagement de T3 ne sont pas sans incidences pour le quartier Villette, à deux niveaux : d’une part, avec les menaces qu’ils font planer sur la réalisation complète de l’esplanade verte Dauphiné II, d’autre part, avec les conséquences sur la circulation automobile. Ce sont ces interrogations et ces doutes qui motivent notre abstention.

Premier aspect sur lequel il faut être vigilant : les projets d’extension de l’emprise du tram sur l’espace dédié à l’Esplanade verte Dauphiné II. Chacun connaît les besoins du quartier Villette Paul Bert en espaces verts, notamment depuis la « démission » de la Ville de Lyon sur le tènement Keller Dorian. Aujourd’hui, le projet soumis consiste à réaliser sur l’îlot Millon, à côté des voies du tram, des aménagements complémentaires (aire d’attente, régulation des rames et quais). L’aménagement pourrait rester limité, mais rappelons-nous qu’il y a encore quelques semaines on nous parlait de créer à cet endroit la gare de départ pour le Grand stade. Il s’agit des terrains de l’Esplanade Dauphiné II les plus proches du cœur de quartier de Villette. Je serai particulièrement vigilant pour éviter un mitage progressif de ces terrains, comme je l’ai fait dans le passé quand le Grand Lyon avait proposé de réaliser une déchetterie le long de l’esplanade Sans Souci Dauphiné I.

Deuxième aspect : celui de l’impact sur la circulation automobile au niveau du carrefour déjà très complexe de Paul Bert/Villette/Lacassagne. En prévoyant une desserte du Grand Stade en T3 depuis la Part Dieu, cela signifie des rames supplémentaires qui vont s’ajouter aux T3 classiques, aux T4 et à Rhônexpress  lorsqu’il y aura des matchs ou d’autres événements au Grand stade. Cela signifie que le carrefour sera très fréquemment bloqué par le passage de rames, coupant ainsi l’axe essentiel que constitue Paul Bert/Lacassagne pour la sortie de Lyon et la desserte de la gare. On peut légitimement craindre l’asphyxie du quartier.

J’imagine déjà l’argument opposé par la coalition rose-verte : il faut apprendre à vivre sans voiture à la Part Dieu. Comme chacun le sait, pour faire vivre les grands centres d’affaires et de communication, une bonne desserte en trottinette est suffisante… Pour être plus sérieux, je note la mention suivante dans la délibération relative à la concertation sur l’extension de T3 pour la desserte du Grand stade : « ce débranchement implique la construction d’un ouvrage d’art permettant le franchissement de l’avenue Jean-Jaurès à Décines et ainsi d’éviter toute problématique d’interface de circulation routière… ». Les risques évoqués pour Décines, pour le seul tronçon de l’extension, ne sont-ils pas d’autant plus importants pour le tronçon du tram à Lyon 3e qui verra passer Rhônexpress, les T3 normaux et Grand stade, et T4 ?

Je fais une proposition : pourquoi ne pas prévoir une desserte du Grand stade par T3 uniquement à partir de Vaulx-en-Velin la Soie qui permet la connexion avec la ligne A du métro ? Cela limiterait le coût de la desserte du Grand stade tout en évitant de surcharger encore l’arrivée de T3/T4 sur la Part Dieu.

Chacun pourra donc s’exprimer sur ces dossiers importants du 23 avril au 4 juin dans le cadre de l’enquête publique.

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