mar 19

Nous avons eu jeudi dernier le premier débat d’orientation budgétaire (DOB) de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes. La stratégie budgétaire exposée par Laurent Wauquiez et Etienne Blanc, 1er vice-président, traduit notre volontarisme pour redresser la Région en respectant les engagements de la campagne.

Alors qu’elles ont augmenté en moyenne de 6 % par an depuis 2005, les dépenses de fonctionnement vont reculer pour la 1ère fois, dès cette année avec – 75 millions d’euros. Sur la durée du mandat, la baisse sera de 4 % en moyenne par an.

Cette logique vertueuse permettra de restaurer la capacité d’autofinancement de la Région, et donc d’accroître l’investissement. Plus d’investissement, ce sera bon pour nos territoires et bon pour la croissance. Entre 2016 et 2020, ce sont ainsi 4 milliards d’euros d’investissements qui seront possibles.

Cette stratégie budgétaire est particulièrement volontariste, puisqu’elle intervient dans un contexte de forte baisse des dotations de l’Etat et qu’elle intègre la promesse de ne pas augmenter la fiscalité.

Le plan d’économies de 300 millions d’euros sur le mandat est un vrai défi. Il intègre la réduction du train de vie des élus, voté dès la première session de l’Assemblée régionale : baisse des indemnités, réduction de la commission permanente… La réduction des moyens généraux (cf. ci-dessous) doit aussi y contribuer grandement. Et il faudra réviser les politiques régionales, pour plus d’efficience, en faisant notamment en sorte que la fusion des régions réalise bien l’objectif de réduction de la dépense publique.

Volontarisme politique et changement complet d’approche de l’utilisation des “impôts et taxes” versés par chacun de nous. Car ce débat d’orientation budgétaire a aussi été l’occasion de revenir sur des chiffres calamiteux de l’ancienne majorité : 170 000 euros par an de frais de taxi !… alors qu’il y avait en plus 150 voitures de fonction (qui seront ramenées à 90). 780 000 euros de prestations pour l’organisation des expositions au siège de Confluence ! Il faut clairement rompre avec ces pratiques de gaspillage des fonds publics.

Il faudra enfin mieux contrôler l’usage des fonds publics par les organismes subventionnés par la Région. La session de jeudi dernier a aussi été l’occasion de présenter le rapport de la CRC sur la Villa Gillet. Ce dossier illustre bien le laxisme de la gestion socialiste, du côté de la Région “Queyranne”… mais aussi de la Ville de Lyon, Gérard Collomb n’hésitant pas à déclarer en Conseil municipal qu’il n’est responsable de rien dans les dérapages puisque la Région était le principal financeur… La Ville de Lyon contribuait quand même à hauteur de 220 000 euros par an. Pour Gérard Collomb, 220 000 euros, c’est donc une dépense accessoire, qui n’est pas à surveiller !

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oct 20

cockpitEn fin de semaine dernière, s’est tenue la dernière session du Conseil régional Rhône-Alpes… une session qui fut à l’image de la mandature : des délibérations qui laissent de côté des besoins essentiels des Rhônalpins, des positions déconnectées des réalités et une dynamique régionale toujours bloquée par les divergences des composantes de la “majorité“. Et pourtant, comme un couple au bord de la rupture qui veut donner l’illusion de l’harmonie dans les dîners en ville, PS et Verts s’étaient bridés en début de session. Mais patatras, après une première fissure lors du vote des volets territoriaux du contrat de plan, la fracture s’est imposée à l’occasion d’un vœu sur le soutien à l’industrie microélectronique.

Quelques jours plus tôt, alors que des menaces planent sur certaines activités de STMicro à Grenoble, Jean-Jack Queyranne avait lancé l’idée d’un airbus européen de la microélectronique. Mais voilà que le Front de gauche revendique en pleine session la paternité de cet airbus de la microélectronique ! Et voici aussi les Verts qui mettent en avant leur version de l’airbus de la microélectronique. Une véritable escadrille d’airbus !

Mais au-delà de cette querelle d’égos partisans, c’est le fond qui est consternant. Alors qu’il s’agit effectivement de parvenir à conforter le pôle microélectronique grenoblois, pour préserver et développer l’emploi, les composantes de la majorité régionale étalent leur absence de vision commune.

Le Front de gauche parle développement de l’industrie, mais chacun a bien compris à quel modèle industriel pensent ses élus régionaux proches de la CGT. Un modèle fait de contrôle politique sur l’activité qui ne peut que dissuader les investisseurs. Les Verts mettent eux-aussi en avant dans le vœu qu’ils proposent la conditionnalité des aides, mais personne n’oublie aussi que depuis cinq ans, ils n’ont cessé de s’opposer aux nanotechnologies pour des raisons idéologiques. Queyranne a été contraint de reconnaître que voter ce vœu des Verts, ce serait “envoyer un très mauvais signal” pour l’investissement dans la microélectronique à Grenoble. Voilà, on ne pouvait démontrer plus clairement que cette “majorité” n’est pas en mesure de faire les choix stratégiques pour le développement économique et l’emploi. Mauvais signal ? C’est cette coalition qui est par nature un mauvais signal !

Alors pour rester dans l’image aéronautique, pour notre sécurité économique, que ces composantes de la gauche plurielle quittent le cockpit ! Il faut un nouvel équipage pour la grande région.

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sept 23

UniversiteIntervention lors du Conseil métropolitain du 21 septembre 2015 sur le soutien à la Communauté d’universités et d’établissements de Lyon.

“Le groupe Les Républicains et apparentés va voter ce soutien à l’Université de Lyon. L’engagement en faveur de l’enseignement supérieur est une nécessité, quand on sait notamment que les jeunes diplômés du supérieur ont cinq fois moins de risques d’être au chômage.

On sait aussi que beaucoup reste à faire dans notre agglomération. L’académie de Lyon est ainsi qualifiée de « cancre » en matière de logement étudiant, et c’est à Lyon que le coût de la vie étudiante est le plus élevé après l’Ile-de-France.

Nous approuvons ce soutien mais nous en appelons à une réflexion sur cette politique compte tenu du nouveau contexte que nous connaissons. Avec la réduction de la dépense publique, il sera plus que jamais nécessaire de savoir qui fait quoi et de s’assurer que toutes les interventions vont bien dans le bon sens.

Se pose d’abord la question de l’engagement de l’Etat, qui a la responsabilité de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sur ce sujet comme sur d’autres, François Hollande avait promis beaucoup à la jeunesse, et les résultats sont bien maigres. Les moyens consacrés aux universités stagnent, alors que les effectifs étudiants continuent d’augmenter : + 65 000 pour cette année universitaire. La France est à la traine pour l’investissement par étudiant : 14e rang seulement des pays de l’OCDE. Pire, le Gouvernement vient de « faire les poches » aux universités, prélevant de l’argent dans les fonds de roulement, au risque de menacer leurs projets. Des élections se profilant, on nous annonce un plan national de la vie étudiante : quelle sera sa réalité au-delà de l’effet d’affichage ?

Se pose ensuite la question de l’articulation avec la Région. La loi NOTRe confie clairement la responsabilité à la Région d’établir un schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, schéma définissant les priorités d’intervention, priorités qui devront être prises en compte par les autres collectivités. Est-il par exemple intelligent que Région et Ville de Lyon saupoudrent toutes les deux de petites aides aux colloques de quelques centaines d’euros ? Il faudra donc parler avec la Région. Nous savons que vous avez du mal à le faire actuellement. M. Bret et Mme Boudaoud doivent être les derniers socialistes à parler à M. Queyranne. Souhaitons qu’un nouveau souffle à la Région permette de dégager ces obstacles dès la fin de cette année !

Se pose enfin la question du territoire pertinent pour soutenir localement l’enseignement supérieur. La Communauté d’universités et d’établissements que nous soutenons est celle du pôle Lyon-Saint Etienne. La Métropole de Lyon n’est donc pas la seule concernée. Vous avez par ailleurs créé un pôle métropolitain avec l’agglomération de Saint-Etienne. On se demande parfois pourquoi ce pôle vient s’occuper de certains sujets ; on s’étonne par contre qu’il traite peu de l’enseignement supérieur alors que l’Université de Lyon réunit aujourd’hui Lyon et Saint-Etienne. Tout cela est décidément bien complexe, entremêlé. Cela manque un peu d’esprit cartésien pour rester dans le domaine du savoir. Certes, nous allons aussi approuver aujourd’hui la création d’un service commun entre la Ville de Lyon et la Métropole. Mais cette optimisation des moyens publics semble bien modeste par rapport aux clarifications à opérer.

Donc oui nous approuvons le soutien à l’Université de Lyon. Mais dans les temps compliqués que nous connaissons en matière d’investissement public, il faut nous assurer que nous faisons globalement au mieux pour que l’enseignement supérieur remplisse sa mission de transmission du savoir, pour que les étudiants aient de bons débouchés professionnels et pour qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions.

Il devient urgent de rappeler l’Etat à ses responsabilités et de débattre du qui doit soutenir quoi, entre les collectivités, pour une action conjointe optimale. Vous pouvez compter sur notre détermination, pour l’un comme pour l’autre.”

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fév 15

Nous sommes plus de 6,3 millions de Rhônalpins, une population en croissance moyenne de 0,9 % par an entre 2007 et 2012, ce qui place Rhône-Alpes dans le trio de tête national pour la dynamique démographique.

En présentant ces résultats, l’INSEE a produit une intéressante carte de Rhône-Alpes qui montre les communes où la croissance démographique a été la plus forte sur la période.

Cette carte m’inspire les constats suivants :

  • Si l’agglomération lyonnaise confirme son dynamisme démographique, force est constater que la progression de population se fait aussi en dehors de la Métropole de Lyon. D’ailleurs, la croissance du nombre d’habitants a été plus forte dans la partie “Nouveau Rhône” (+ 1,2% par an) que dans la partie “Métropole de Lyon” (+ 1 %/an).
  • Les territoires rhônalpins les plus dynamiques en termes de démographie dessinent un large U, de la Vallée de la Saône au bassin genevois, en passant par l’agglomération lyonnaise, le Nord-Isère, les bassins chambériens et anneciens. On peut y voir aussi un W avec les bassins de Valence et Grenoble.

Depuis quelques semaines, Gérard Collomb nous “rebat les oreilles” avec “sa” Métropole, “Nirvana institutionnel” qui serait la clé de tous nos défis.

Les faits sont un peu différents. Nous voyons comment l’approche “par exception” de la mise en place de la Métropole présente de graves limites, en termes de fonctionnement démocratique : scrutin escamoté en 2014, une commission permanente qui ne respecte pas l’impératif élémentaire de transparence, non prise en compte de la parité dans l’exécutif, charcutage électoral pour préparer les prochaines élections

Mais sur le fond, quand on regarde cette carte, on voit aussi qu’il nous faut une vue élargie pour bien assurer notre développement. Oui la Métropole peut et doit nous permettre de mieux répondre à certains besoins de la population et des entreprises. Mais qu’il s’agisse de la mobilité quotidienne ou professionnelle, de la localisation des activités économiques et donc des perspectives d’emploi, de l’équilibre entre espaces urbanisés et espace rural, la maille régionale s’impose, en liaison avec chacun des bassins de vie qui composent le territoire régional. Gérard Collomb prétend que la Métropole créée la richesse qui peut ensuite être répartie au niveau régional. Je pense plutôt qu’il nous faut prendre en compte tous les atouts des territoires de Rhône-Alpes, et demain de Rhône-Alpes Auvergne, pour réussir.

Ce n’est pas parce que la Région Rhône-Alpes de Jean-Jack Queyranne patine aujourd’hui, bloquée par sa “majorité” politique éclatée, qu’il faut  oublier que notre avenir doit largement se construire à ce niveau là.

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jan 20

Comme je m’y suis engagé cette semaine sur Twitter, quelques infos sur la réflexion qui s’ouvre au niveau régional autour du projet d’Alliance de l’Université Rhône-Alpes.

Nous avions demandé, parce que ce n’était pas le cas, à ce que ce projet puisse être débattu (aussi) dans le cadre du fonctionnement démocratique de la Région, et que cette Alliance ne résulte pas (seulement) d’une co-construction Exécutif régional/direction des Universités-Grandes écoles. Le Président Queyranne est ainsi venu exposer en Commission “Enseignement supérieur / Recherche” les tenants de ce projet.

L’objectif de l’Alliance de l’Université Rhône-Alpes serait d’organiser des coopérations au niveau régional entre les établissements d’enseignement supérieur, pour gagner en cohérence et en réactivité en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. Autrement dit, des coopérations renforcées au niveau régional peuvent-elles contribuer à améliorer les performances de l’enseignement supérieur ? La réflexion est lancée autour de cinq thèmes : l’international, l’orientation-insertion professionnelle, la vie étudiante, la recherche-innovation-valorisation, le lien culture-université.

Cette réflexion débute dans un contexte en évolution. A la suite des Assises de l’enseignement supérieur qui se sont tenues cet automne, un projet de loi est en cours de préparation. Le rapport Le Déault réalisé à l’issue de ses assises fait un certain nombre de propositions d’évolution : parmi elles, les PRES (pôles d’enseignement supérieur et de recherche) ayant rencontré des limites, il est proposé de créer de nouvelles instances de coopération, les communautés d’universités. Parallèlement, le projet de loi pour l’acte III de la décentralisation avance. Il semble que suite aux assises, la Gauche fasse un peu machine arrière sur la régionalisation des compétences en matière d’enseignement supérieur.

Pour ma part, j’entre dans ce débat sans “idéologie”, position “à la mode” ou schéma préconçu. C’est un peu comme sur le sujet de la Métropole, dans le contexte de la décentralisation. Les premières questions à se poser sont les suivantes : quelle valeur ajoutée pour les coopérations entre établissements d’enseignement supérieur, avec quel degré de coopération ? Quel est le bon niveau territorial pour chacune de ces coopérations à valeur ajoutée, en recherchant l’efficience d’ensemble ? Quelle mise en oeuvre des coopérations pour que chacune des parties prenantes de l’enseignement supérieur (enseignants, chercheurs, étudiants, monde économique, collectivités territoriales…) puisse y jouer son rôle ?

Je suis preneur de tous avis sur ces questions, de façon publique ou privée, via ce blog ou par courrier/courriel à mon intention à la Région. Merci !

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