nov 28

Le départ de Thierry Philip du Conseil régional a entraîné une « réorganisation » de l’exécutif régional. La complexité de la machine régionale en est accrue. Cette complexité n’est pas bonne pour l’enseignement supérieur et la recherche en Rhône-Alpes. Ce post est aussi l’occasion de revenir sur deux vérités arrangées du PS local.

Quelques mots en effet sur le départ de Thierry Philip du Conseil. Je lis ici ou là « qu’il aurait fait le choix » de quitter cette collectivité par souci de ne pas additionner trop de mandats. Je crois bon de rétablir les choses : ce n’est pas un choix mais une obligation par la loi, car il y a des limites au cumul.  Belle façon de présenter les choses à son avantage ! C’est la même chose quand je lis que Najat Belkacem a le “sens du devoir” en étant candidate dans la 4e circonscription du Rhône pour les législatives… Cela fait des mois que les journaux relatent ses tentatives « malheureuses » pour trouver une circonscription plus facile, à Bron, Villeurbanne et ailleurs. Le « retour » sur la 4e semble donc bien par défaut. Je suis étonné que certains « observateurs » locaux se laissent abuser par ces arrangements avec la vérité.

Pour en revenir à Thierry Philip, il aurait en effet dû abandonner son mandat régional dès les élections cantonales s’il n’y avait pas eu de recours pour cette élection. Il aurait d’ailleurs pu abandonner son mandat malgré le contentieux électoral. Cela pose en tous cas clairement le problème du cumul-enchaînement des mandats : dans le cas présent, après une réélection à la Région en 2010, le Maire du 3e a eu en ligne de mire les cantonales de 2011. Conséquences : la mise en œuvre de la stratégie régionale d’enseignement supérieur-recherche a été bâclée, puis une période de flottement s’est installée depuis mars 2011.

Le temps d’une nouvelle « organisation » est donc venue à la Région : pour remplacer le conseiller délégué Thierry Philip, le Président du Conseil régional Jean-Jack Queyranne prend en charge lui-même les relations avec les universités-grandes écoles. Le Vice-Président à l’économie hérite de tout ce qui concerne l’innovation. Et une nouvelle conseillère déléguée est nommée, mais avec des responsabilités limitées à la vie étudiante et aux formations sanitaires et sociales.

Voilà donc l’enseignement supérieur-recherche éclaté entre trois responsables… cela ne me semble pas bon pour la cohérence de la politique sur ce thème :

  • En rattachant l’innovation à l’économie, c’est certes bien prendre en compte le rôle premier des entreprises, mais c’est prendre le risque de « décrocher » l’université de cet impératif, alors que c’est là que se trouve l’enjeu.
  • Avoir un Président du Conseil régional qui se charge des relations avec les établissements, c’est le « top » pour ces établissements… tant que les disponibilités du Président permettent un réel suivi.
  • Enfin, il me semble dommage de séparer les formations sanitaires et sociales des autres cursus. De la même façon, « isoler » la vie étudiante n’est pas un bon choix, alors qu’il faut au contraire rechercher la réussite des étudiants de façon globale.

J’ai demandé des éclaircissements sur ce “remaniement”  jeudi en commission. Je ne suis pas vraiment rassuré par la réponse du Vice-Président à l’économie qui a indiqué que tout cela était transitoire. Mais de quelle transition s’agit-il ? Si c’est dans l’attente des résultats des élections nationales de 2012, on ne peut que répondre qu’il faut agir et ne pas avoir les yeux rivés sur les éventuels mandats d’après. Si c’est une transition jusqu’en 2014, dans l’attente de la mise en place de la nouvelle décentralisation, reconnaissons que cela fait quand même un bail de 2011 à 2014.

Pour ma part, je pense qu’un vrai Vice-Président à l’enseignement supérieur-recherche, ne « pensant qu’à ça » de 2010 à 2014, cela n’aurait pas été du luxe. La thématique et ses enjeux le justifient. C’est en tous cas ce à quoi aspirent les électeurs rhônalpins quand ils votent.

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mar 22

Journée bizarre que ce dernier dimanche d’élection. Je l’ai passé dans un bureau de vote, en tant que Président de ce bureau. Bizarre de participer à ce rendez-vous démocratique très « partiel », compte tenu du niveau de participation, alors que dans le même temps la France s’engageait militairement en Libye (ce qui est tout à son Honneur) et que l’on imagine aussi la situation dramatique que vivent les Japonais.

Les résultats de ce 1er tour ont aussi été  « bizarres », avec une multitude de configurations au 2e tour. C’est l’effet du mode de scrutin, qui garde toutefois ma préférence. Bizarre car il y a certes un score très décevant pour la droite et le centre, mais de beaux résultats ici ou là et une bascule du Département du Rhône qui peut être évitée si la mobilisation est là.

Dans le 11e canton, les résultats sont décevants et ne sont pas à la hauteur de la belle campagne menée par Gérard VOLLORY. Prenons soin de noter toutefois que si des dizaines de bulletins de notre candidat n’avaient pas été déclarés « nuls » de façon tout à fait abusive, Gérard VOLLORY aurait été devant le FN. Je regrette sur ce sujet l’attitude de certains élus de gauche du 3e (pas tous c’est vrai). C’est ce qui m’amène à ne pas présider de bureau de vote au 2e tour. Notons aussi que sans les candidatures « divers droite », Gérard VOLLORY aurait été présent au 2e tour. Quand on parlait des effets de la division ce n’était pas de la fiction. Nous aurons donc un duel PS-Verts au 2e tour…

Que dire du débat lié à la (re)montée du FN ? Dans l’adversité, ne nous laissons pas embarquer dans des débats qui ne peuvent être que contreproductifs. L’UMP a donné sa position sur la question des alliances. Concentrons-nous sur la bataille pour nos idées : ce ne sont celles ni de la Gauche, ni du FN (quelles sont d’ailleurs les solutions concrètes de ce dernier ?). Notre secrétaire départemental, Michel FORISSIER, qui a réalisé un beau score dans le canton de Meyzieu, en est un bon exemple.

Le FN n’a pas le monopole de certains sujets. Nous avons notre ligne directrice : mais de grâce, et je m’adresse à mon mouvement politique, ayons pour première préoccupation d’assurer la clarté de cette ligne. Je suis affligé chaque fois que le Président ou le Gouvernement prend une position « forte » sur les sujets « nationaux » ou « de société », qui répondent aux préoccupations de fond de nos concitoyens, d’entendre des voix « originales » de notre camp, tel ou tel député « marginal » en quête de notoriété, venir saper médiatiquement l’ouvrage.

Nos idées ne sont pas non plus celles du PS. Et je veux dénoncer, comme je l’ai déjà fait sur ce blog, l’attitude de trop d’élus de gauche qui ont beaucoup contribué au panorama politique qui s’est mis en place depuis quelques mois : positions démagogiques qui déresponsabilisent et minent notre société, violence des attaques contre le Président de la République qui ont fait « sauter » des verrous, aveuglement sur les questions de cohésion nationale…  Les Manuel VALLS ne sont pas légion aux PS. Pour ne prendre qu’un exemple « local » de ces dérives, voyez le communiqué de presse de Mme VALLAUD-BELKACEM, il y a quelques jours, en réaction aux propos du Ministre de l’intérieur. Il faudrait nier les situations que peuvent vivre certains de nos compatriotes et il serait scandaleux de tenir aux caractéristiques de notre vie en société…

Bref soyons nous-même. Et travaillons d’ici dimanche pour que nos candidats l’emportent. Je pense notamment à nos candidats lyonnais : Lionel LASSAGNE dans le 8e canton (3e arrondissement), Dominique NACHURY dans le 7e canton (6e arrondissement), Dominique PERBEN dans le 6e canton (6e arrondissement), engagé dans une bataille pour la clarté en politique et  Jean-Pierre DUFOUR dans le 5e canton (5e arrondissement).

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oct 18

L’arrivée des lycéens dans les manifestations contre la réforme des retraites interpelle. Elle inquiète aussi face au constat des débordements qu’elle occasionne, du fait de certains individus, comme c’était prévisible.

Revenons tout d’abord sur le feuilleton de la semaine des déclarations du PS sur le sujet. Nous avons tout d’abord eu les paroles de Madame Royal, lundi au cours du Journal de 20 H, invitant les jeunes à descendre dans la rue, retrouvant ainsi les accents démago-populistes de sa campagne présidentielle. Paroles bien irresponsables suivies le lendemain d’une tentative de démenti, bien peu convaincante, d’autant plus qu’elle s’est accompagnée du lapsus « politiquement » au lieu de « pacifiquement ». On critique souvent les journalistes. J’ai pour ma part admiré la journaliste de France Info qui a mis Mme Royal face à ses ambiguïtés. Le 13 octobre, la conseillère générale de Montchat, Mme Vallaud-Belkacem, toute à ses œuvres parisiennes, se félicitait que les responsables politiques incitent les jeunes à s’exprimer… Et en fin de semaine Gérard Collomb, après les troubles survenus à Lyon, en appelait à la responsabilité de chacun pour un retour rapide à l’ordre et à la tranquillité publique…

Mais ces variations socialistes ne sont que l’écume des choses. J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, mais je crois que les leaders du PS portent une lourde responsabilité dans le climat social du pays. En adoptant une posture d’opposition systématique, anti-sarkozyste, en utilisant sans cesse la référence aux principes et aux valeurs au risque de leur faire perdre leur sens, en faisant preuve de démagogie, de compassion gratuite et de positions simplistes, ils contribuent à créer une situation de « rébellion » citoyenne sur des sujets incontournables qui sont traités dans la sérénité dans la plupart des autres pays. Ils ont ainsi pris une lourde responsabilité en jetant constamment de l’huile sur le feu.

Si les incitations à la manifestation des jeunes sont évidentes, il est clair néanmoins que nombre de ces jeunes ressentent et expriment des inquiétudes. Que disent-ils ?

J’ai entendu certains jeunes manifestants déplorer le report de l’âge légal de la retraite, refusant la perspective d’une carrière professionnelle plus longue. Sur ce point, je crois qu’il faut être clair. A partir du moment où il y a une réponse au problème de la pénibilité, les générations qui arrivent sur le marché du travail, plus encore que ceux qui sont actuellement au travail, doivent comprendre que l’allongement de la durée de travail peut être une réponse pour sauver le régime de retraite par répartition, dans la mesure où l’espérance de vie s’allonge.

Mais nous entendons aussi une autre inquiétude, qui est celle de l’entrée sur le marché du travail, de l’insertion professionnelle. Certains jeunes expriment leur crainte de voir s’accroître encore les difficultés d’insertion professionnelle, les séniors occupant plus longtemps leur emploi du fait du report de l’âge de la retraite.

En la matière, il y a deux visions qui s’opposent. Celle de la gauche d’une part, qui raisonne toujours à situation constante. Un sénior qui travaille plus longtemps, ce serait une opportunité professionnelle de moins pour un jeune. C’est la même conception que pour les 35 H, qui reposait sur l’idée que le travail était un gâteau qu’il convenait de partager… sans intégrer le fait que l’existence d’un gâteau à partager nécessitait de réunir un certain nombre de conditions, et sans imaginer qu’il était aussi possible, sous certaines conditions, de disposer d’un gâteau plus gros.

D’autre part, selon une autre conception, plus dynamique, on peut considérer qu’avec un régime de retraite rééquilibré, cela permettra d’éviter une pression encore plus forte en termes de prélèvements, donc une activité économique plus dynamique. Ce sera aussi une maîtrise du déficit, donc plus de confiance des acteurs économiques pour investir. Tout cela créant des conditions plus favorables à la création d’emplois.

Souhaitons que les jeunes ne se laissent ni utilisés à des fins politiques, ni abusés quant aux enjeux de cette réforme.

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août 30

Pour mon 2e post de rentrée, c’est à un communiqué de Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au Maire de Lyon et conseillère générale de Montchat que je vais réagir. Ce communiqué de Mme Belkacem, signé en tant que secrétaire nationale du PS, se veut une réaction au discours de Grenoble du Président de la République, sur la Sécurité.

Ce communiqué, comme d’autres, est choquant. Et je le dis à « froid », un mois après sa parution. Ce n’est donc pas une réaction épidermique.

Son titre tout d’abord : « Si être Français se mérite, être Président des Français se mérite aussi ». D’évidence, il est nécessaire de rappeler à Mme Belkacem que ce mérite, ce sont les Français qui en jugent lors d’une élection présidentielle tout ce qu’il y a de plus démocratique. Pour le reste, nous sommes dans un Etat de droit, et l’action du Chef de l’Etat s’inscrit dans les règles de notre République. Il ne revient pas à des « consciences autoproclamées » d’apprécier la légitimité du Président de la République.

Deuxième élément particulièrement choquant, le commentaire de Mme Vallaud-Belkacem sur la question de la déchéance de nationalité, proposée par le Président, pour des personnes ayant acquis récemment la nationalité et qui commettent des crimes. Je cite Mme Vallaud-Belkacem : « ses propositions sur les citoyens « d’origine étrangère » nous ramènent aujourd’hui, n’ayons pas peur des mots, au régime de Vichy, le seul à être allé aussi loin en retirant la nationalité française à un certain nombre de citoyens de ce pays. »

De tels propos sont bien sûr outranciers, et on ne manque pas de les rapprocher du discours de Martine Aubry de ce week-end « sur la sécurité, la droite c’est le pugilat et la gauche le résultat »…  Mais ces propos sont aussi irresponsables et irrespectueux. Il est en effet irresponsable pour le représentant d’un parti politique qui aspire à l’alternance, de « jouer ainsi avec les références historiques ». Un tel responsable politique affaiblit ainsi la République.

Ils constituent aussi un grave manque de respect pour les personnes ayant subi les déchéances de nationalité du Régime de Vichy. Irrespect car cela revient à un amalgame entre la situation de délinquants « confirmés » et celle de personnes qui ont perdu la nationalité française sous le régime de Vichy, non pas pour des actes délictueux ou criminels, mais pour ce qu’elles étaient ou pour leur engagement patriotique.

En se référant avec abus aux faits historiques, ce sont la mémoire et la force des enseignements de l’histoire qui sont atteintes.

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août 26

Pourquoi se priver de la possibilité de choisir ?

Cadre de vie, Montchat, RVI, Sans Souci Dauphiné, Sécurité, Sport Commentaires fermés sur Pourquoi se priver de la possibilité de choisir ?

Reprise des activités du blog avec quelques réactions à des billets lus cet été. La première porte sur le tènement RVI, comme mon dernier post avant la coupure estivale, après avoir découvert par les « miracles » d’une recherche google un billet de mai dernier de D.A., habitant du 3e sur le blog participatif de Vision 3e.

Dans ce billet, M. A. s’étonne des promesses non tenues par la liste PS concernant le devenir de la friche RVI, en faisant état de propos de Mme Belkacem annonçant « le premier coup de pioche de la réhabilitation du tènement RVI, pour y réaliser école et parc, dès le lendemain de la victoire de la gauche aux élections municipales… ». 2 ans et demi après, je comprends bien le désarroi et la frustration de cet habitant du 3e.

Mais je voudrais surtout réagir à un propos de ce billet sur nos propositions alternatives à l’époque. Je cite « Pour être juste, le principal parti adverse proposait à l’époque un projet pharaonique qui n’aurait, parait-il, pas coûté un euro de plus à la collectivité. Que serait-il advenu de ce projet si ce parti avait été élu ? ».

Il est ainsi fait référence ici au projet de rénovation urbaine largement fondé sur la réalisation d’un centre nautique, que notre liste « Grandissons à Lyon » portait en mars 2008. Ces propos m’inspirent deux réactions.

Tout d’abord, il montre je crois qu’il faut vraiment accorder toute son importance au débat démocratique sanctionné par les élections, et ne pas s’enfermer dans un résultat couru d’avance. Dommage de ne pas avoir cru qu’une autre approche était possible. Oui il y avait une alternative, d’autant plus réelle que ce projet était au cœur de notre campagne.

Ensuite, pour ma part, je n’ai jamais prétendu que le projet que nous proposions ne couterait rien à la collectivité. Celle-ci aurait pu contribuer à l’investissement. C’est une question de choix et de priorité en matière d’investissement. Je pense que la création d’un centre nautique et de loisirs, au cœur du 3e, dans une optique de réhabilitation et de dynamisation, méritait un effort financier. Et cette « vision » apparaît aujourd’hui d’autant plus crédible que la Ville a renoncé au projet de piscine du futur parc Blandan ainsi qu’à celui de la Confluence.

Autre réaction : s’il faut effectivement souhaiter une réhabilitation urbaine rapide, attention à mon avis de ne pas se satisfaire en la matière de n’importe quelle construction, même si on peut comprendre le ras-le-bol devant des locaux en ruine. Ce que l’on construit, c’est un urbanisme pour au moins 50 ans, avec le fonctionnement du quartier qui va avec.

L’adjointe à l’urbanisme du 3e a semble-t-il souligné, avec pertinence, lors d’une réunion du quartier début juillet, qu’il fallait avoir à l’esprit que le tènement RVI, c’est aussi grand que le quartier des Gratte-ciel à Villeurbanne. Bien vu. Vous imaginez le Maire de Villeurbanne engager un projet de rénovation urbaine de ce quartier, en concentrant « ici et là » des m² sans vision d’ensemble ?

Pour ce qui est de la déception de M. D.A. quant aux promesses non tenues par Madame Belkacem, qu’il ou elle se rassure de ne pas être seul(e) dans ce cas ! Combien de Montchatois n’ai-je pas rencontré depuis les élections qui me reparlent de la promesse du retour d’un « garde champêtre » à Montchat ? Même bien « marketé », le vent reste le vent !

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