avr 03

DSC00575La révision générale du Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) de la Métropole est engagée. Il s’agit d’un plan essentiel puisqu’il fixe les conditions de construction et organise l’évolution de la ville.

La Mairie du 3e arrondissement a lancé le débat sur ce nouveau PLU-H avec une contribution présentée lors du CICA de mars.

Ce débat est utile car les enjeux sont importants pour notre qualité de vie. Dans les semaines qui viennent, sur ce blog, je vais exposer ma vision sur ce nouveau PLU-H pour notre arrondissement et pointer les divergences avec celle de la majorité municipale.

Commençons aujourd’hui par ce qui sera un point clé, à savoir la densification de la ville. Oui, une certaine densification urbaine est nécessaire, car nous sommes – heureusement – en croissance démographique. Celle-ci ne doit pas se traduire par la destruction d’espaces naturels. Et nous savons par ailleurs que l’étalement urbain génère des coûts importants pour la société. Il faut donc admettre que le centre des villes et les lieux bien desservis par les transports soient denses en logements.

Mais la question qui se pose est celle du niveau de densification visé. Et je réponds qu’il faut se garder des excès de la densification urbaine, qu’il faut se fixer des limites. Le SCOT de l’agglomération lyonnaise fixe déjà des objectifs ambitieux en prévoyant la réalisation de 150 000 logements entre 2010 et 2030. Le rythme des constructions a été soutenu ces dernières années, en ligne avec les objectifs du SCOT. Mais il apparait que la majorité municipale est tentée d’aller au-delà de ces objectifs, avec une vision politique très “constructiviste”. On peut ainsi lire, dans la contribution de la Mairie du 3e : “l’attractivité de l’arrondissement appelle une production de logements afin de répondre aux aspirations des populations à une vie urbaine”. Reste à préciser de quelle vie urbaine on parle.

Pour ma part, je ne suis pas favorable au dépassement des objectifs du SCOT et je pense par ailleurs que le 3e arrondissement, qui s’est fortement densifié ces dernières années, ne doit pas prendre plus que sa part de cette densification.

Par ailleurs, il y a lieu de s’interroger sur la méthode employée par la majorité municipale. Elle lance des “appels à la population” pour que chacun regarde autour de chez lui où il est possible de densifier l’habitat ! Il s’agit ainsi de chercher à remplir les “vides” de la ville. Par ailleurs, leur tentation à l’augmentation des hauteurs est forte, et pas seulement à la Part-Dieu.

Mais dans le même temps, Gérard Collomb et Thierry Philip ont aménagé de grands tènements sans y créer de logements… Ainsi, le tènement RVI de la rue Feuillat a été aménagé pratiquement sans création de nouveaux logements… Allez comprendre.

Je pense qu’en matière de densification de l’habitat à Lyon, la priorité doit aller aux grandes zones à aménager, à proximité des transports en commun.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: ,

sept 29

DSC00500Voici mon intervention lors du Conseil municipal du 28/09/2015, à propos de la construction d’un immeuble de 7 étages dans un secteur pavillonnaire de Montchat. Moment de vérité car non seulement la majorité municipale n’a pas essayé de faire respecter les orientations d’aménagement du quartier, mais elle contribue au montage financier de l’opération ! Cela prouve bien que les élus PS poursuivent une politique de densification non maîtrisée de Montchat.

“Monsieur le Maire,

Notre groupe des élus Les Républicains va voter contre cette délibération. Nous nous opposons à garantir cette opération de construction à Montchat au 12 rue Ferdinand Buisson, aberration urbanistique qui démontre clairement votre volonté de réaliser une densification urbaine non maîtrisée dans ce quartier pourtant si réputé pour son identité.

Construire une « mini-tour » de 7 étages –23 mètres de haut dans une rue où la hauteur maximale autorisée est de 10 mètres-, est effectivement une aberration urbanistique. La construction sera 2,5 fois plus haute que la construction qu’elle va jouxter. Construction décalée car les orientations d’urbanisme, inscrites au PLU, appellent à préserver l’habitat traditionnel du secteur fait de petits immeubles et petites maisons : je cite « le particularisme montchatois constitue un ensemble patrimonial à préserver. »

Cette construction bénéficie d’une triple exception :

  • Parce qu’il s’agit de logement social. Il faut néanmoins que chacun sache que cette opération de logement social est toutefois transitoire, puisqu’il s’agit d’un usufruit locatif. A terme, les logements ne seront plus sociaux. Voici donc à terme une belle opération de « promotion classique ».
  • Parce que la construction nouvelle est construite à côté d’un immeuble de même hauteur. Avec cette logique, en quelques années, vous pourrez construire une barre de 7 étages de la rue Bernard à l’avenue Lacassagne !
  • Dans un quartier déjà tendu en matière de stationnement, ce programme se fait avec un déficit de parkings. Le promoteur a payé une compensation financière pour cela. La loi actuelle ne le permet plus mais le promoteur a pu le faire compte tenu de la date de dépôt du permis.

Cette bétonisation excessive, les Montchatois n’en veulent pas. Ils sont près de 400 dans le secteur à l’avoir signifié en signant une pétition, dont le CIL.

Vous ignorez tellement peu ce refus que vous avez été, en apparence, d’un grand effacement sur le sujet. Le Maire du 3e, au motif d’un contentieux, a refusé de dire quel avis il avait rendu sur le projet. Cet avis a été favorable comme chacun peut le constater en allant consulter ce permis. Votre adjoint, M. Le Faou, aime à dire qu’il ne pouvait s’opposer à ce projet. Les Lyonnais attendent pourtant de leurs élus qu’ils défendent les orientations d’aménagement du PLU !

Mais finalement, il n’est pas nécessaire d’analyser la procédure de délivrance du permis de construire. Avec ce dossier que nous examinons ce soir c’est le moment de vérité. Il prouve que non seulement vous n’avez pas agi pour contrer ce projet pour servir l’intérêt général du quartier, mais vous contribuez à son montage financier puisque Ville et Métropole garantissent la totalité de l’emprunt nécessaire. Les choses sont claires : vous avez approuvé cette construction au plan urbanistique et surtout vous la rendez financièrement possible.

Alors Monsieur le Maire, vous allez sûrement comme à chaque fois que des arguments font mouche parler d’une intervention virulente. Je ne sais qu’une chose, les Lyonnais nous demandent de ne pas soutenir ce type de fuite en avant.

Vous allez aussi sûrement dire que vous ne comprenez pas que l’on discute un projet de logement social. J’appelle chacun à bien regarder de quel programme il s’agit.

Vous allez aussi sûrement me dire « les chantiers sont utiles pour relancer l’activité ». Oui bien sûr, mais il n’est pas nécessaire pour cela de faire n’importe quoi, sous forme de néo-pradélisme déconnecté de la vie des quartiers. Vous feriez mieux –enfin- d’œuvrer à l’accélération des grands chantiers d’infrastructure.”

 

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sept 13

Projet Part-Dieu : ce que l’on ne vous dit pas

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Lyon-20130630-00119Le public était nombreux pour la réunion organisée dans le cadre de la concertation sur la ZAC Part-Dieu Ouest. Tant mieux ! Il demeure néanmoins que les présentations du projet Part-Dieu restent très orientées. Gérard Collomb et Thierry Philip mettent en avant des concepts vendeurs… mais veillent à ne pas développer certaines réalités moins avenantes !

Depuis son lancement, nous contestons les erreurs prévisibles du projet Part-Dieu. Il faut un nouveau développement urbain mais nous voulons que le « quartier à vivre » ne soit pas qu’un slogan.

Nous soutenons la restructuration de la gare, pour le confort des passants et passagers (220 000 sont attendus en 2030). Mais nous ne partageons pas la vision de Gérard Collomb consistant à en faire le cœur de la Part-Dieu, avec un nouveau centre commercial qui pénalisera les centres de quartier alentours. En effet, l’augmentation conséquente des surfaces commerciales dans la gare, couplée avec la loi Macron qui autorise maintenant dans cette gare internationale le travail en soirée et le dimanche, peuvent déstabiliser le tissu de petits commerces dans les secteurs voisins. Ce serait un recul pour notre qualité de vie.

Le développement du centre d’affaires est nécessaire, pour accueillir de nouvelles entreprises et donc des emplois. Mais il ne faut pas « poser » des tours en fonction des opportunités foncières. Il faut un plan d’ensemble, concerté, qui respecte la vie des habitants et le fonctionnement de la Cité. Le commissaire enquêteur l’a dit avec ses avis négatifs lors de la dernière modification du PLU.

S’il faut conforter le pôle d’échange multimodal, avec transports en commun et itinéraires cyclables et piétonniers confortables, il faut aussi maintenir l’accessibilité en voiture. Nous contestons la réduction à deux voies seulement de l’avenue Pompidou sous les voies ferrées. Ce nouveau verrou sur la voirie va engorger tout le secteur et isoler un peu plus le coeur de Villette.

La couverture du tunnel Brotteaux Servient est par ailleurs une réalisation couteuse qui va détourner la circulation dans des rues résidentielles (Mazenod, André Philip). C’est une illustration de la non prise en compte des 30 000 habitants, comme l’est la décision brutale de démolir des logements. La majorité municipale annonce la création de 2000 logements mais commence par détruire ceux de 300 familles contentes d’habiter à côté de la gare, sans leur donner des assurances quant à leur devenir.

Bien vivre à la Part-Dieu, ce n’est pas seulement en faire un lieu d’achats et de loisirs, concentré au centre commercial ou à la gare. On y vivra bien si tous ses secteurs (Villette, Lafayette, Guichard, Part-Dieu Sud, Bir Hakeim) sont des lieux conviviaux dotés d’équipements et de commerces de proximité.

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mai 27

A Montchat, l’inquiétude et le mécontentement montent face à la mutation du cadre urbain : démolition de maisons et de villas, densification avec la construction d’immeubles sur des terrains de petite taille… La Mairie cherche à nier ou minimiser le phénomène, parlant de six maisons démolies. Mais dans le même temps, on justifie les travaux sur le réseau électrique par la densification de l’habitat…

Nombreux sont les Montchatois à refuser cette urbanisation à marche forcée, non maîtrisée, qui porte atteinte à l’ambiance villageoise du quartier, à son âme.

J’ai organisé récemment une réunion dans le quartier pour échanger sur cette évolution. L’assistance était nombreuse, traduisant une mobilisation pour éviter la banalisation du quartier.

Parmi les dossiers sensibles du moment, il y a le projet de construction d’un immeuble de 7 étages au 12 rue Ferdinand Buisson, alors que dans le secteur le PLUH prévoit des constructions de 2 étages, en cohérence avec le profil de la plupart des bâtiments existants. La construction d’un tel immeuble est théoriquement possible d’une part parce qu’il s’agit d’un immeuble de logement social, et d’autre part, parce qu’elle vient s’accoler à un immeuble existant de la même hauteur. Chacun peut néanmoins constater sur la photo combien un tel immeuble de 7 étages, qui doit être édifié à la place du parking, va dégrader le cadre urbain du quartier, créant un effet tunnel sur la rue F. Buisson.

DSC00500Par ailleurs, cet immeuble, construit sur un parking privé, et présentant un déficit en places de stationnement en sous-sol, va créer des difficultés supplémentaires de stationnement dans le secteur.

Dans ces conditions, se pose la question de l’avis rendu par le Maire d’arrondissement sur la demande de permis de construire.

Lors du Conseil d’arrondissement d’avril, j’avais interpellé Thierry Philip sur le sujet.

Celui-ci, comme son adjointe à l’urbanisme, ont refusé de dire quel avait été leur avis au motif qu’un contentieux avait été ouvert sur ce projet de construction

Cet avis du Maire d’arrondissement, sur un tel projet, est essentiel. Car c’est bien le Maire d’arrondissement, en tant qu’élu de proximité, qui doit pouvoir alerter sur le fait qu’une construction, dans ce type de situation “d’exception”, n’est pas compatible avec les caractéristiques d’un quartier. Les orientations d’urbanisme du PLUH pour ce secteur de Montchat mentionnent ainsi une “ambiance si singulière à préserver”.

Eh bien, il faut savoir que cet avis “caché” du Maire d’arrondissement a été positif comme le montre le cliché ci-dessous. Une preuve de plus que malgré les discours, Thierry Philip et son équipe sont favorables à une densification urbaine à marche forcée à Montchat… même s’ils peinent à l’assumer.

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mai 24

DSC00502Cela embellit quand même la ville quand il y a la possibilité de mettre les constructions à l’alignement. C’est ce qui apparaît de façon assez évidente rue Charial, entre les rues Baraban et Richerand (photo ci-jointe).  La démolition d’une construction vient en effet de permettre de poursuivre l’alignement de l’axe Charial, offrant ainsi une belle perspective.

C’est bien d’ailleurs ce qui est recherché par certaines dispositions du PLUH, qui prévoient ces mises à l’alignement.

Dommage qu’à quelques pas de là, au 66 rue Etienne Richerand, la Ville de Lyon se soit prononcée pour une autre approche (voir photo ci-dessous). Elle a en effet renoncé à la démolition-reconstruction de l’immeuble ancien qui s’y trouve, ce qui aurait pourtant permis de poursuivre l’alignement de cette rue… tout en sécurisant le cheminement des piétons, en créant un trottoir correct, à proximité immédiate du groupe scolaire.

J’avais plaidé en son temps pour une autre approche de ce dossier. Dommage…

On peut ainsi constater que dans certains secteurs on démolit ce qui ne devrait pas l’être (à Montchat notamment) mais que l’on maintient dans d’autres secteurs des immeubles dont la reconstruction pourrait embellir la ville (à Villette notamment)…

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