Juil 06

Voici le texte de mon intervention en Conseil municipal du 1er juillet 2019 à propos du soutien aux commerces du secteur Gambetta/Guillotière.

“Monsieur le Maire,

Avec cette délibération, vous nous proposez d’étendre à certains axes commerciaux du 3e et 7e arrondissements, fortement impactés par les manifestations du mouvement des Gilets jaunes, la mesure d’exonération exceptionnelle de la redevance d’occupation du domaine public votée par ce conseil en mai dernier pour les commerçants du 1er et du 2e arrondissement.

Cette mesure exceptionnelle est censée constituer une réponse aux difficultés économiques rencontrées par ces commerces du fait du mouvement social.

Ces difficultés économiques sont bien réelles du fait de la perte d’activité occasionnée par la perte de fréquentation commerciale les samedis, pendant un semestre, et notamment lors de la période clé des fêtes de fin d’année. Et cette perte directe de chiffre d’affaires se prolonge car beaucoup de personnes ont perdu l’habitude de fréquenter les commerces du centre-ville, une tendance encore renforcée par l’attentat de la rue Victor Hugo, la canicule et les restrictions de circulation. Les experts du cabinet PROCOS notent ainsi que « les consommateurs se sont détournés des centres-villes car ils craignaient d’être bloqués par des manifestations même si aucune n’était prévue ce jour-là ».

Alors oui il faut apporter une aide aux commerces dans cette période délicate, notamment aux petits commerces indépendants qui peuvent être très vulnérables.

Mais il me semble nécessaire de faire trois remarques.

La première, comme nous l’indiquions en mai dernier, c’est que cette exonération d’occupation du domaine public est une mesure bien limitée et qui plus est, peu équitable, puisque tous les commerces n’ont pas de terrasses sur la voirie. Un soutien plus fort et plus général serait possible avec, par exemple, comme vient de le faire la Ville de Valence, une exonération de la taxe locale sur la publicité extérieure.

2e remarque, il faut effectivement étendre le soutien au secteur Gambetta/Guillotière car il est souvent, bien trop souvent, impacté par les manifestations, avec les dégradations qui peuvent aller avec. Et on ne parle pas que des manifestations « gilets jaunes ». Il serait sans doute opportun d’intervenir auprès de la Préfecture pour que le cours Gambetta ne soit pas considérer comme le terrain systématique des manifestations ou l’arrière-cour des échauffourées à Bellecour.

3e remarque, les secteurs du 3e et du 7e arrondissement qui bordent le cours Gambetta ont aussi besoin d’un appui à la dynamisation commerciale. Il s’agit d’une porte vers le 3e arrondissement, il comporte de beaux cours et avenues avec des atouts pour en faire des axes de prestige. Mais force est de constater que la situation du tissu commercial s’est plutôt dégradée ces dernières années, sauf bien sûr pour le commerce illégal de la place Gabriel Péri et des rues attenantes, qui reste « une cour des miracles »…

Une action volontariste de la Ville est nécessaire pour dynamiser le tissu commercial, entretenir le cadre urbain, rétablir les règles du vivre ensemble et de l’activité commerciale normale, pour inciter à la fréquentation commerciale, faire venir les passants, les touristes, les consommateurs.

Je note que la Mairie du 3e arrondissement avait fait de la redynamisation du secteur Montebello/Mortier une priorité du mandat qui s’achève. Nous sommes loin du compte.

Alors notre groupe des élus Les Républicains et apparentés va voter cette exonération qui est un petit pas dans le bon sens. Mais il reste encore beaucoup à faire pour soutenir les commerces dans le secteur Gambetta/Guillotière.”

 

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,

Juin 16

COMMUNIQUE DE PRESSE

11 juin 2019

 

Ce mardi soir, la Mairie du 3e arrondissement a tenu une réunion publique pour appeler les habitants à la vigilance citoyenne face à la montée de l’insécurité et des atteintes à la tranquillité publique à Montchat. Aussi utile soit-elle, cette vigilance ne peut suffire et il faut que les autorités apportent elles-aussi sans attendre des réponses.

Ces derniers mois, la sécurité et la tranquillité publique à Montchat se sont fortement dégradées : braquage de commerce, voitures incendiées, cambriolages avec acharnement sur des commerces, dégradations sur véhicules parfois de façon purement gratuite, incivilités, lieux de trafic…

Il y a déjà plusieurs mois, j’avais écrit à la Maire du 3e en listant les faits dont j’avais connaissance. Je suis intervenu aussi sur ce sujet lors d’un récent Conseil d’arrondissement. Cette dégradation très préoccupante amène à se poser deux questions. Est-ce un effet du renforcement de la police de proximité sur le 8e arrondissement, provoquant un déplacement de la délinquance ? Est-ce que les caractéristiques de Montchat (nombreux secteurs pavillonnaires, éloignement du centre) sont bien prises en compte dans la stratégie de sécurité ?

Face à cette situation, la Mairie du 3e organise une réunion publique pour inciter habitants et commerçants à être plus vigilants. Si la sécurité est effectivement l’affaire de tous, j’en appelle néanmoins aux autorités pour qu’elles apportent enfin elles-mêmes des réponses structurelles face à cette situation inacceptable qui pèse sur les Montchatois :

  • Les caractéristiques du quartier nécessitent une présence de proximité permanente des forces de police. Cela pose de nouveau la question de l’absence de poste de police dans le 3e Est (60 000 habitants sans poste de police nationale ou municipale), alors que Lyon dispose d’une Police municipale les plus importantes de France.
  • Compte tenu de la nature des actes délinquants, la vidéoprotection ne serait-elle pas utile dans certains secteurs ?
  • Par ailleurs, est-il bien opportun dans ce contexte de mettre en place sur le quartier un éclairage public uniquement par détection ?

 

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , ,

Juin 05

La dernière élection européenne est pour moi une déception. Une fois encore, ce scrutin,  pourtant essentiel pour notre avenir, n’a pas traité en profondeur le sujet européen. D’abord parce que l’élection a été orientée vers un match “progressistes/populistes” sans plus de contenu. Ensuite, parce que les débats sont trop restés sur des slogans, des postures, de grandes idées… Dès l’automne, le nouveau Parlement européen aura à se prononcer sur des textes importants, concrets… La campagne ayant été ce qu’elle a été, je vois mal comment les nouveaux élus pourront aller chercher dans cette élection le mandat pour se prononcer sur la plupart des sujets soumis au vote…

Le choc ensuite, avec le score réalisé par la liste LR et ses alliés. Quand le Parti populaire espagnol réalise un score de 17 % aux dernières législatives, c’est un grave échec. Quand les conservateurs britanniques font 9 % aux européennes, c’est un tremblement de terre. Alors réaliser un score de 8,5 % quand on est dans l’opposition, c’est un échec terrible qui appelle un effort à la mesure pour se relever.

Car pour ma part, je crois que la droite et le centre ont encore une grande place à occuper sur l’échiquier politique français. Je crois que cette famille politique a encore des choses à dire aux Français. Et je crois que cette famille politique peut être porteuse d’un projet d’avenir.

Mais pour cela, il y a un colossal chantier de refondation à mener… et un certain nombre de conditions à remplir.

La première, c’est d’attirer de nouveau du monde au sein de notre Mouvement. Ces dernières années, suite aux précédentes difficultés politiques, le choix a été fait de reconstruire rapidement, d’organiser, d’encadrer… La reconstruction a certes été rapide mais elle s’est accompagnée d’une perte d’adhérents. Les orientations politiques ont été fixées elles-aussi rapidement, par un “corps politique restreint”. Cela a mené au décalage avec la population. Il faut donc faire revenir du monde au sein du Mouvement, quitte à trouver une organisation souple et agile pour cela pour s’adapter aux changements de notre temps. Un constat que je livre : pour les dernières élections, tous les partis politiques ont eu du mal à fournir les assesseurs chargés de tenir les bureaux de vote. Une tendance débutée depuis déjà pas mal d’années… Mais quand la Ville a fait un appel, elle a pu recruter sans problème de nombreuses personnes prêtes à un engagement citoyen.

Il faut ensuite travailler – oui travailler – à un projet politique pour la France qui réponde aux défis du temps et permette effectivement de fédérer tous les courants de la droite et du centre. Si nous nous focalisons sur le présent et l’avenir plutôt que sur le passé, cela devrait être plus facile. Et ces quelques engagements pour la France, conformes à nos valeurs et à nos convictions, couvrant tous les sujets de préoccupation des Français, il nous faudra les défendre avec constance d’ici 2022. Nous souffrons trop depuis de nombreuses années de positions variables et d’expressions dissonantes. Je soutiens à cet égard l’initiative du Président du Sénat Gérard Larcher, tendant à réunir le plus largement possible pour fixer une ligne et faire des propositions à partir des territoires. Et cela doit être de tous les territoires car la droite et le centre doivent aussi avoir une vision pour le monde urbain.

Il faut aussi un positionnement transparent consistant à reconnaître que nous soutenons celles des décisions gouvernementales qui réforment utilement le pays, mais tout en affirmant notre conviction que le pays a besoin d’un pôle fort de droite et du centre car nous savons que la majorité LREM est trop hétérogène et fragile pour assurer la dynamique dont le pays a besoin (cf. l’alerte récente du FMI sur le niveau d’endettement du pays).

Et pour que tout cela réussisse, il faut que le Mouvement soit dirigé par une personnalité qui s’engage à ne pas être candidat(e) à l’élection présidentielle. C’est à court terme la condition pour ouvrir, mener le travail de fond sur les idées et fédérer. Le choix du candidat qui portera le projet viendra plus tard.

écrit par Pierre BERAT

Mai 13

Avancées et limites du nouveau PLU-H

Cadre de vie, Intervention en conseil d'arrondissement, Montchat, Urbanisme Commentaires fermés sur Avancées et limites du nouveau PLU-H

COMMUNIQUE DE PRESSE

Nouveau PLU-H : après un combat de plusieurs années, deux avancées pour le cadre de vie de Montchat…

mais des insuffisances subsistent

 

Le quartier de Montchat (Lyon 3e) est une richesse pour la Ville, par son identité et la qualité de ses espaces ; des atouts fragilisés ces dernières années du fait d’une densification mal maîtrisée. Après le combat politique que j’ai mené depuis des années et grâce à la mobilisation des habitants, le nouveau PLU-H voté lundi par la Métropole réalise des avancées. Mais certaines dispositions demeurent regrettables.

Première avancée : l’inscription d’une trentaine de maisons à l’inventaire des éléments bâtis à préserver du fait de leurs caractéristiques architecturales. Dès 2012, lors de la dernière modification du PLU-H, j’avais proposé de débuter cette protection mais cela avait été écarté par la majorité municipale. Quelques années ont été perdues… Le nouveau PLU-H apporte enfin une protection pour les maisons remarquables qui font l’identité de Montchat.

Deuxième avancée, obtenue à l’arraché : l’inscription d’orientations d’aménagement et de programmation (OAP) qui donnent des garanties pour la mutation du site d’exception de l’ancienne clinique Trarieux. La modification du PLU de 2013, à laquelle je m’étais opposé, risquait de mener à une densification excessive, en portant la hauteur constructible à 13 mètres dans un quartier pourtant pavillonnaire. Dès 2016, je demandais en Conseil d’arrondissement une telle OAP pour maîtriser cette densification. L’équipe municipale et la Métropole n’avaient pas voulu le prévoir. Le combat politique que j’ai mené depuis 3 ans et la mobilisation des habitants ont amené la Commission de l’enquête publique à reconnaître la nécessité d’une OAP. C’est chose faite dans le projet final.

Je conteste par contre toujours l’augmentation des hauteurs constructibles à la « Porte ouest de Montchat » (rues Ferdinand Buisson, Professeur Florence et Roux-Soignat). Ainsi, la « ville haute » va encore gagner du terrain à Montchat. Ajouté à des hauteurs constructibles inchangées sur le cours du Dr Long, favorisant un effet « tunnel », cela va encore contribuer à la banalisation et à la densification urbaines du quartier, alors même qu’il reste mal desservi par les transports en commun en son cœur.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , ,

Avr 27

La conférence de presse du Président de la République du 25 avril vient enfin d’engager la sortie du Grand débat. Après bientôt six mois de tensions et de mouvement social, il est plus que temps pour le pays de repartir de l’avant.

Si la longueur et la mise en scène de cet échange avec la presse à l’Elysée donne une impression de grand bavardage, et si plusieurs des mesures évoquées restent à préciser ou clarifier, je ne dirais pas comme certains qu’Emmanuel Macron n’a rien annoncé. Il y a bien un certain nombre d’évolutions et de projets dans ses réponses. On retiendra notamment la baisse d’impôt sur le revenu dont devraient bénéficier certains contribuables de la classe moyenne ainsi que le coup de pouce aux petites retraites, et même à l’ensemble des retraites d’ici 2021. Ce sont des avancées. Dans le domaine de l’enseignement supérieur que je suis à la Région, j’ai noté aussi l’annonce d’un développement des filière universitaires courtes.

Des changements sont donc annoncés pour répondre à la colère sociale qui s’est notamment exprimée dans le mouvement des gilets jaunes. Après les premières mesures annoncées en décembre, pour un coût de 10 Md d’euros, les dernières annonces ont aussi un coût conséquent : on parle de 5 Md d’euros pour la réduction d’IRPP, de 3 Md d’euros pour l’indexation des retraites à l’horizon 2021.

Mais pour ma part, ces annonces de décembre et d’avril m’évoquent une double interrogation.

La première est celle de leur financement. Comment cela va-t-il être financé, qui va “payer” ? Les indications manquent de clarté et ne semblent pas à la hauteur du chantier.

La deuxième interrogation porte sur la cohérence de l’ensemble des mesures. Je ne perçois pas comment cela constitue un plan d’ensemble permettant de répondre aux défis du pays. Je n’y trouve pas de réponse à ce qui est à mon avis la problématique essentielle : comment retrouver la cohésion nationale et les marges de manœuvre financières pour que la France soit en mesure de faire face aux enjeux : le vieillissement, l’élévation des compétences, l’innovation, la transition énergétique, la défense… ?

L’éventail des annonces laisse plutôt penser qu’Emmanuel Macron cherche à accorder des avancées à différentes catégories de Français, pour que le plus possible puissent se dire qu’ils ont obtenu quelque chose. Cela rappelle finalement la campagne présidentielle, avec un patchwork de promesses qui n’a pas fait un projet politique cohérent… et qui a conduit à la crise quelques mois après.

Il y a donc de quoi être inquiets quant à la marche en avant que doit reprendre le pays. Et on peut aussi craindre que les élections européennes servent du coup à s’exprimer sur cette sortie de crise. Ce serait dramatique. Car après une élection présidentielle en 2017 qui n’a pas vraiment permis au pays de se prononcer sur le chemin qu’il voulait emprunter, on risque donc de passer à côté d’une élection européenne qui elle-aussi a vocation à trancher des choix importants : sur quels sujets et comment l’Union européenne doit-elle apporter une valeur ajoutée aux pays européens pour faire face aux défis de notre temps…

écrit par Pierre BERAT \\ tags: ,