Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

L’opposition à la politique des Verts/Extrême gauche doit être plus profonde

Il y a peu de jours sans que la presse ou les réseaux sociaux s’enflamment après des déclarations et prises de positions des nouvelles majorités Verts/Extrême gauche à la Ville de Lyon et à la Métropole : critique contre le Tour de France “machiste”, refus de survol par la Patrouille de France, budget genré, retrait temporaire de la viande à la cantine, congé paternité du Maire… La plupart du temps les déclarations ou les situations sont clairement hallucinantes et constituent effectivement des symboles des nouvelles « politiques »… mais à passer son temps à s’occuper de ces symboles, on risque aussi d’oublier de combattre des volontés politiques plus structurelles et très néfastes. On peut d’ailleurs se demander si dans tout cela, il n’y a pas un jeu de diversion et de provocation des nouvelles équipes.

Car des politiques qui ont été lancées ces derniers mois vont modifier en profondeur notre Ville et notre Métropole.

La grande offensive avec les aménagements de voirie pour les « modes doux » est présentée comme visant le report modal, de la voiture vers des modes doux, ou pour ramener de la nature et de la tranquillité en ville. Mais si certains de ces aménagements permettent effectivement de progresser en ce sens, on se doute que la démarche plus globale et idéologique « anti-voitures » est aussi d’amplifier un changement sociologique de la Ville.

Au plan économique, mais aussi peut-être au plan sportif ou culturel, la volonté délibérée de ne plus chercher à exceller ou à être attractif, dans une logique d’autonomisation et de repli sur soi, sera bien sûr dramatique dans la durée. C’est un effort constant depuis 25 ans pour que Lyon s’affirme en tant que métropole européenne qui est interrompu. Dans un monde post-Covid qui sera sans doute encore plus compétitif, avec l’Asie et les Etats-Unis qui ont pris de l’avance dans le rebond post crise sanitaire, les conséquences de cet abandon de l’esprit de conquête ne vont pas tarder à apparaître, en termes de pertes de potentiel économique. Chacun peut comprendre que si demain il se crée moins de richesses dans la métropole, ce sera moins de capacité d’action pour la solidarité et la transition écologique.

Toujours au plan économique, quand la Métropole décide de ne plus soutenir Lyon French Tech, sauf si c’est pour des projets en matière de transition écologique (et encore faudra-t-il voir les critères qui seront posés), c’est aussi une rupture avec la tradition lyonnaise d’innovation. C’est se priver de la chance de développer et renouveler notre tissu d’entreprises dans tous les domaines où nous avons des points forts : le numérique, les industries de santé, l’Industrie du futur, le transport, la chimie…

Quand la nouvelle majorité à Lyon décide de ne consacrer à la sécurité que 1 % des dépenses du Plan Pluriannuel des Investissements 2021-2026, on voit clairement le refus de contribuer au rétablissement de la sécurité et de la tranquillité dans nos quartiers. Que va-t-on faire avec ces 11 millions d’euros (11 millions seulement alors que 50 sont prévus pour des budgets participatifs…) ? Des travaux d’entretien dans les postes de police municipale du 1er et du 8e, l’entretien des caméras de vidéoprotection existantes et une carrière pour la brigade équestre ! En creux, ces 11 millions confirment les déclarations politiques : pas de présence supplémentaire de la police municipale sur le terrain, en appui de la Police nationale, et pas d’extension de la vidéoprotection. Et pourtant, l’actualité nous montre combien la reprise en mains de la situation est urgente et impérative !

Ce sont surtout ces orientations dramatiques pour notre ville et notre agglomération qu’il faut combattre.

Dans ce contexte, le vote du Plan Pluriannuel des Investissements de la Ville de Lyon 2021-2026 était déterminant, puisque c’est ce PPI qui définit les budgets et les réalisations concrètes. En clair, c’est cela la feuille de route concrète du mandat.

Dès lors, je suis pour ma part surpris que le groupe municipal « Droite, Centre et Indépendant » présidé par le sénateur Blanc se soit abstenu au lieu de voter contre. C’est quand même un comble que les votes contre soient venus des groupes politiques de Georges Képénekian et Yann Cucherat.

Soutien déterminant à l’Académie de l’OMS

Voici la position de notre groupe politique sur le projet de création d’une Académie de l’Organisation Mondiale de la Santé à Lyon que j’ai élaborée suite à notre examen en commission*.

“Cette délibération, relative à la création à Lyon de l’Académie de l’Organisation Mondiale de la Santé, suscite un grand intérêt pour notre groupe des élus LR, divers droite et apparentés.

Notre Région s’engage ainsi, aux côtés de l’Etat, avec également la Métropole et la Ville de Lyon, des partenaires privés et bien sûr l’OMS, dans cet ambitieux projet consistant à édifier, dans le Biodistrict de Gerland, une Académie de cette organisation internationale à l’horizon 2023, mais avec de premières formations dès cette année.

Plus qu’un engagement, nous notons le volontarisme de notre collectivité sur ce dossier, son effet d’entraînement, puisque nos décisions vont permettre d’accélérer la mise en œuvre du projet. En consacrant 24,65 M€ sur un budget de 59,5 M€ pour la création du site de l’Académie, la Région assure un leadership et sera le coordinateur opérationnel de cet investissement. Nous offrons ainsi à l’OMS la garantie d’une implantation facilitée.

Ce projet ambitieux comporte également une double résonnance.

D’abord bien sûr la dimension de santé.

Alors que la pandémie de la Covid-19 est venue rappeler nos vulnérabilités, qu’elle continue de frapper sur notre territoire, que nous avons passé dernièrement en France le cap dramatique des 100 000 victimes de ce virus, que cette crise sanitaire pose aussi la question du traitement pour les autres maladies, le fait que cette nouvelle académie permette à l’Humanité de progresser en matière de soins, par la formation, est bien sûr un objectif particulièrement motivant.

Cette Académie de l’OMS doit aider à combler un manque estimé de 18 millions de personnels de santé dans le monde d’ici 2030. C’est dire l’importance de l’enjeu.

Ce sera un honneur pour Lyon et notre région d’être acteur de ce projet. Un projet qui s’inscrit parfaitement dans l’ADN de notre région en matière de santé et pour lequel de nombreuses personnalités s’investissent, et il faut saluer notamment l’engagement, une fois de plus, de Monsieur Alain Mérieux.

Résonnance aussi avec notre actualité locale, alors que l’on a pu entendre ces derniers mois des propos qui nous ont inquiétés sur la vision du rayonnement et de l’attractivité de notre métropole et même, disons-le, des déclarations qui ont pu marquer une volonté de repli sur soi et de décrochage par rapport à un esprit de conquête qui est pourtant nécessaire.

En réalisant cet investissement, en permettant l’implantation d’une nouvelle division d’une organisation internationale, aux côtés du CIRC et d’Interpol, la Région conforte clairement notre capitale régionale comme l’un des pôles de santé mondial avec ses CHU, ses centres de recherche, ses industriels, ses pôles de compétitivité et clusters… Nous sommes clairement dans les radars mondiaux. Ce sera pour nos acteurs de santé, une formidable opportunité.

Au plan économique, c’est une centaine d’agents internationaux de haut niveau qui s’installeront à Lyon pour faire vivre cette académie. Ce seront 16 000 apprenants qui devraient venir se former en présentiel. L’impact sera significatif. Et ces flux de visiteurs devront nous amener à améliorer notre connectivité plutôt que de chercher à la réduire, comme nous l’entendons parfois…

Cette Académie, qui sera par ailleurs un acteur majeur de la formation à distance, qui va changer la donne en matière d’apprentissage tout au long de la vie, sera aussi une opportunité pour développer encore nos atouts, nos expertises et notre tissu d’entreprises en matière de formation et de e-learning.

Pour toutes ces raisons, c’est avec un grand enthousiasme que nous approuvons le principe de l’acquisition du bâtiment qui accueillera l’Académie de l’OMS ainsi que la convention qui scelle le partenariat autour de ce beau projet.”

*cette intervention devait être prononcée lors de la session du 29 avril 2021 de la Région s’il n’y avait pas eu de difficultés techniques lors des débats en visio.

Extension de l’esplanade Mandela : les acquis et les questions

Le 3 mars dernier j’ai assisté à la réunion de concertation en visio-conférence sur le projet d’extension de l’esplanade Mandela. Il s’agit de compléter l’espace actuel en aménageant le terrain au Nord, entre l’avenue Félix-Faure et la rue Paul Bert. 1,2 hectare supplémentaire sera aménagé ce qui portera la totalité de l’espace à 4 hectares. On parle donc de la valorisation d’un espace clé pour le 3e, les quartiers Dauphiné, Villette-Paul Bert et Part-Dieu.

Je dois dire d’abord que cette réunion a été plutôt une réussite, avec beaucoup de participants, ce qui confirme ce caractère clé du site. Bien menée par la SPL Part-Dieu elle a permis certes d’entendre les objectifs des élus mais aussi de nombreux avis et questions d’habitants. La place aux échanges n’est pas toujours assurée dans ce type de réunion donc, quand c’est le cas, on peut le remarquer.

On déduit de la présentation qu’il y a déjà un certain nombre d’acquis : l’aménagement de nouveaux terrains va se traduire par d’importantes plantations d’arbres et le nouvel espace devrait comporter de l’eau. Je me félicite de ces orientations. Cela faisait partie de nos propositions lors de la campagne des élections métropolitaines.

Je suis aussi satisfait que la future extension comporte des équipements sportifs et pour les enfants. C’est l’un des enjeux du projet ; il faut que l’esplanade Mandela ne soit pas que l’un des espaces verts du quartier d’affaires Part-Dieu, mais qu’elle reste bien un espace de proximité destiné aux familles de Villette-Paul Bert, de Dauphiné et de la Buire.

Nous avons ensuite compris qu’il reste des précisions à apporter concernant ces équipements, ainsi que pour la vocation future de la zone sud-est de l’esplanade, celle qui est la plus proche des habitations.

Un élément nouveau est en revanche apparu lors de cette réunion avec l’annonce d’une place centrale, de part et d’autre de l’avenue Félix Faure ; une place qualifiée “d’espace capable” (?) ayant vocation à être un lieu d’événements.

Je dois dire que cette nouveauté m’interroge. Pourquoi envisager d’implanter un lieu ayant vocation à accueillir de nombreux visiteurs, avec des enfants, de part et d’autre de l’avenue Félix Faure? Cette avenue est un axe majeur de déplacement. Dès lors pourquoi faire passer un flux important de circulation au milieu d’une place (cf. la photo ci-dessous) ? C’est un peu comme si on envisageait de faire des animations au milieu de la place Charles Hernu à Charpennes, avec le cours Emile Zola qui passe au milieu… Ne pourrait-on pas implanter cet espace pour les événements en retrait de l’avenue Félix Faure, pour qu’il soit un lieu plus sûr ?

Cette proposition nouvelle m’amène une interrogation. N’est-ce-pas une nouvelle illustration de l’utilisation, par la nouvelle municipalité Verte, d’un aménagement pour mener sa politique systématique anti-voitures ? On a vu que certains couloirs cyclables “provisoires” avaient neutralisé une voie de circulation sur des axes peu “utiles” pour les cyclistes. On voit dans notre arrondissement le cas de la fermeture permanente de la rue de l’Harmonie, alors que cette décision n’améliore qu’en partie seulement la sécurisation des abords de l’école… Il ne faudrait pas que ce nouvel espace central de l’esplanade Mandela soit créé pour constituer un goulot d’étranglement sur l’avenue Félix-Faure. Les visiteurs de l’esplanade Mandela ne sont pas là pour mener un combat anti-voitures mais pour y passer un bon moment, en sécurité !

Si on pouvait éviter une 3e erreur !

Le Progrès du samedi 20 mars a évoqué la réunion publique en visio qui s’est tenue le 15 mars. Les propos de Madame la Maire du 3e, effectivement tenus lors de cette réunion, comme ils l’avaient été lors du dernier conseil d’arrondissement et dans un autre article, m’amènent à réagir dans ce post.

Comme je l’ai déjà exprimé, sur ce dossier de la fermeture permanente, 24H/24 et 7J/7 de la rue de l’Harmonie, les nouveaux élus de la Ville de Lyon et de la Métropole ont déjà fait deux erreurs.

La 1ère, c’est d’avoir lancé ce projet sans que les objectifs soient clairs et transparents. On ne sait pas vraiment si le premier objectif est de sécuriser les abords (tous les abords ?) des écoles Rebatel ou s’il s’agit de créer un espace planté qui permettrait d’afficher “une rue supprimée” au tableau de chasse des élus Verts… Comme toujours, quand l’objectif n’est pas clair, le dossier part mal…

La 2e erreur, c’est d’avoir concrétiser le projet sans avoir fait d’étude d’impact préalable et sans avoir concerté avec tous les habitants du quartier. La conséquence est logique : beaucoup d’habitants subissent un préjudice important, le sujet est devenu une source d’oppositions et il faut maintenant trouver comme on peut des solutions pour réduire ce préjudice…

A ce bilan bien désolant, il ne faudrait pas ajouter de provocations à l’égard des habitants qui contestent ce choix de fermeture permanente, en faisant un lien entre leur position et les dégradations sur les barrières. Dans mes nombreuses rencontres avec les riverains et les membres du collectif “Harmonie pour tous” ces dernières semaines, je n’ai jamais entendu parler de dégradations, qui bien évidemment ne sont pas acceptables. Je constate d’ailleurs que des dégradations surviennent dans les autres rues soumises dernièrement à fermeture et pas seulement rue de l’Harmonie.

Cet état de fait en plusieurs endroits interroge d’ailleurs sur le coût du projet. On nous dit que cela coûte trop cher de rémunérer quelqu’un pour ouvrir et fermer les barrières en fonction des entrées-sorties des écoles. Au final, est-ce vraiment plus économique de commander toutes ces opérations de voiries pour installer, changer des barrières mal conçues, réparer les dégradations… ?

Bref merci à nos élus d’éviter une 3e erreur en sous-entendant une suspicion quant aux dégradations. Il faut admettre que l’on peut être un bon citoyen sans partager les conceptions de la nouvelle majorité.

Fermeture de la rue de l’Harmonie : suite

J’ai assisté ce jour, lundi 15 mars, à la réunion d’information organisée par la Mairie du 3e. Un échange de proximité était souhaité, c’est donc une avancée. Mais il s’agissait effectivement d’une réunion d’information et non de concertation puisque la décision de fermeture permanente de la rue est déjà prise…

Je retiens de cette réunion les points suivants, qui sont problématiques :

On ne sait toujours pas quels sont clairement les objectifs : est-ce vraiment la sécurité des abords des écoles ou bien de transformer une rue en un espace planté ?

Si on veut vraiment améliorer les choses en matière de sécurisation des abords de l’école, qu’est-il prévu sur Rebatel qui connaît un fort trafic et de multiples flux à gérer qui sont autant de risques pour les enfants et les familles qui traversent (voir la vidéo ci-dessous) ?

Les élus de la majorité du 3e l’ont reconnu. Cette décision de fermeture permanente de la rue de l’Harmonie a été prise sans que des études de circulation préalables soient menées ! Et pourtant, le document “Voirie pour tous” du CERTU précise bien que la mise en place d’aires piétonnes doit être préparée et qu’il faut tenir compte de la hiérarchisation des voiries.

Concernant cette hiérarchisation des voiries, les élus de la majorité du 3e ne semblent pas comprendre que la circulation Ouest-Est rue de l’Harmonie est nécessaire au plan de circulation du quartier, pour permettre aux habitants des rues voisines (Rebatel, Dahlias…) d’aller vers le Nord-Est. Il ne s’agit pas de vouloir faire passer rue de l’Harmonie un trafic de transit entre des quartiers lyonnais. En laissant ouverte la rue en dehors des heures d’entrée et de sortie des écoles, il s’agit juste de permettre aux riverains de ne pas faire 1,6 km de détour pour rentrer chez eux, et de perdre parfois 15 minutes (voir la 2e vidéo ci-dessous sur la réalité du détour), et de permettre aux habitants du quartier d’en sortir sans détour.

Circulation rue Rebatel au moment de l’entrée des écoles
Preuve en vidéo de l’importance du détour occasionné par la fermeture de la rue de l’Harmonie

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