Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Stratégie régionale pour l’Intelligence artificielle

Voici le texte de mon intervention lors de l’adoption de cette stratégie de la Région Auvergne-Rhône-Alpes lors de sa session du 15 octobre 2020.

“Monsieur le Président,

Notre groupe des élus LR, divers droite et société civile se félicite de la stratégie régionale en matière d’Intelligence artificielle que vous soumettez aujourd’hui à notre assemblée régionale. Dans notre soutien nous soulignons trois aspects : l’ambition, les opportunités et la cohérence.

Oui nous nous félicitons de l’ambition que traduit cette stratégie, celle d’être un territoire leader en Europe et d’en faire un élément du plan de relance. Les technologies numériques qui forment l’Intelligence artificielle sont des technologies clés et incontournables. Elles constituent un marché prometteur et il faut être conscient que ceux qui ne s’y intéresseront pas ne bénéficieront pas des retombées de ce marché, y compris en termes d’emplois, mais seulement des effets défavorables de ces technologies.

Mais l’IA ce n’est pas qu’une question de chiffre d’affaires, c’est aussi une question de souveraineté technologique. Si nous laissons passer le sujet, nous serons à la merci d’acteurs extérieurs. Soyons conscients que le rapport des investissements sur l’IA est de 1 à 2 entre l’UE et l’Asie et 1 à 4 avec l’Amérique du nord. Alors oui, nous pouvons nous satisfaire que notre Région ait une ambition en la matière.

J’en viens maintenant aux opportunités. Cette ambition, elle se construit sur des atouts que possède notre territoire. Celui d’accueillir à Grenoble l’un des trois instituts nationaux, en renfort d’autres capacités de recherche, y compris de majeurs privés comme Atos. Celui de compter d’ores et déjà au moins 200 offreurs de solutions. Celui d’être positionné sur l’IA embarquée. Et celui enfin d’être un pôle majeur en matière d’Industrie du futur, car c’est bien dans ce domaine que l’Europe et la France peuvent gagner la prochaine bataille mondiale du numérique. Il faut pour cela assurer l’essor de l’Intelligence artificielle mais aussi, “à bon entendeur”, investir dans la 5G, dont l’utilité est moins dans nos ascenseurs que dans nos usines. Le premier appel à projets de R&D doté de 15 millions d’euros permettra concrètement de progresser sur le sujet.

Enfin il faut saluer la cohérence de votre approche. Notre Région investit fortement depuis le début du mandat dans des projets qui créent un écosystème favorable à l’Intelligence Artificielle sur notre territoire : notre engagement dans Nano 2022 et notre partenariat stratégique avec le CEA que nous avons auditionné dernièrement en commission Enseignement supérieur et Recherche, le projet de Campus numérique avec ses dimensions industrielles et de sensibilisation des entreprises. Cohérence aussi et intelligence collective, avec la feuille de route qui est définie avec l’Etat. Cohérence enfin avec le soin du Vice-Président Yannick Neuder de bien aligner cette stratégie avec la programmation des fonds européens, afin que notre région bénéficie pleinement de ces financements.

C’est bien cela l’enjeu : celui qu’Auvergne-Rhône-Alpes prenne toute sa place dans un effort européen et français pour développer une Intelligence Artificielle digne de confiance, avec cette spécificité européenne d’une approche transparente qui n’oublie pas les questions d’éthique, notamment pour les applications pour la santé. C’est d’ailleurs pour cela que notre approche de la culture scientifique, technique et industrielle a fait de l’IA l’un de ses sujets prioritaires.

Nous approuvons donc pleinement cette stratégie et vous assurons de notre mobilisation pour sa mise en œuvre.”

Notre sécurité en question(s)

Depuis quelques mois, l’insécurité et les atteintes à la quiétude font la une de l’actualité à Lyon comme en France, enfin sans doute encore plus à Lyon tant notre métropole est touchée par des faits divers odieux. Les médias en parlent mais la réponse politique reste insuffisante… alors retour sur ce sujet chaud en quelques questions.

L’insécurité pose-t-elle problème à Lyon ? Oui bien sûr, quand nous constatons tous au quotidien combien notre vie est perturbée et dégradée par des comportements qui ne respectent pas les règles du vivre en société, avec l’agressivité en prime. La diffusion des nuisances à la tranquillité fait que la tension devient forte et permanente, avec des comportements qui portent atteinte à la sécurité quand il s’agit de rodéos, de tirs de mortiers… Cette diffusion se double de délits répétés dans nos quartiers :  trafics en toutes impunité, cambriolages à répétition, dégradations de véhicules… Et deux phénomènes deviennent particulièrement préoccupants : des comportements assumés pour s’approprier l’espace public (« on est chez nous ») et des faits divers qui montrent que certains n’ont plus aucune limite. A cet égard, le débat sur le terme « ensauvagement » fait figure de farce.

Est-ce un phénomène nouveau ? Non pas vraiment et on ne dira pas qu’il date de l’arrivée des élus écolos. Il y a eu une montée régulière depuis plusieurs années. Mais on constate une nette aggravation depuis le confinement.

Doit-on l’accepter, par aveuglement, angélisme ou fatalité ? Non bien sûr. La sécurité est la première des libertés, et c’est l’une des fonctions de base de l’Etat de protéger sa population. La situation actuelle mine la cohésion et la bonne marche de notre société. C’est par ailleurs un puissant facteur d’inégalité : les plus modestes, souvent en première ligne, en sont les premières victimes.

Qui doit agir ? C’est bien sûr à l’Etat de le faire en priorité. C’est toute la question des moyens à accorder à la Police nationale et d’abord du meilleur emploi de ces moyens. Mais c’est aussi et surtout une autre approche de la Justice, pour en finir avec ces trop nombreux constats d’impunité. Pour autant, il me semble que les collectivités doivent aussi s’en préoccuper. Le sujet est d’une telle intensité qu’il ne trouvera de solution que par une approche globale et la Ville et la Métropole interviennent dans de nombreux domaines en lien avec ce sujet (prévention de la délinquance, aides sociales, logement social, insertion professionnelle, mineurs isolés…). Et puis il y a la police municipale. Celle-ci doit intervenir dans la lutte contre la délinquance et dans un premier niveau de lutte contre la sécurité, et sans doute faut-il pour cela adapter les textes. Je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que seule la Police nationale doit régler les problèmes. Certains acteurs politiques (y compris à droite et au centre il faut le constater) confondent l’engagement politique avec une plaidoirie devant un tribunal administratif ou un cour de droit en Fac. En tous cas, si on considère que la police municipale n’a pas à s’occuper de ces problèmes, il faut sérieusement se demander pourquoi on y consacre une part croissante de nos impôts locaux.

Que font nos nouveaux élus ? Après des déclarations floues et contradictoires dans la nouvelle majorité municipale, le nouveau Maire de Lyon Grégory Doucet a exprimé une vision minimaliste de l’action municipale, en appelant uniquement à la responsabilité de l’Etat et en faisant preuve de peu de volontarisme en termes de moyens (+ 20 agents de police municipale seulement sur le mandat). Quant à la vidéoprotection, elle fait toujours l’objet de réticences fortes chez les Verts. Tout cela est bien préoccupant et augure mal d’une amélioration des choses. On ne peut que lui conseiller de regarder les déclarations du Maire de Villeurbanne dans le Progrès du 18 septembre « je ne renverrai pas les problèmes de sécurité à l’Etat ». Je ne partage pas la plupart des orientations politiques du Maire de Villeurbanne mais il s’y prend mieux que le Maire de Lyon sur la sécurité.

Dernière chance ?

« C’est le dernier mandat pour réaliser la transition écologique qui permettra de lutter contre le réchauffement climatique » : cet argument, beaucoup entendu ces derniers mois, a sans doute été puissant dans la mobilisation de l’électorat qui a fait la victoire des Verts dans les grandes villes.

Pour ma part, l’évolution sous nos yeux de la France m’amène de plus en plus à croire que les échéances nationales de 2022 seront les dernières chances de restaurer notre pacte national, tant celui-ci semble aujourd’hui atteint. Quelle est encore l’épaisseur du ciment qui fait tenir ensemble notre communauté nationale ?

Par petites touches, l’actualité nous fait prendre conscience de l’ampleur du malaise. La France est l’un des pays au monde qui présente le plus haut niveau de dépenses sociales, et pourtant une part importante de la population, et notamment des seniors qui ont contribué à la Nation pendant des années, vivent dans le plus grand dénuement et l’isolement. L’impréparation face au risque virologique nous a contraints à un confinement drastique, aux conséquences humaines, sociales et économiques colossales. Mais alors que le risque d’une 2e vague est toujours présent, nous ne sommes toujours pas capables de réactivité face à l’importation de cas depuis certaines destinations sensibles. En matière d’emplois et d’économie, il faut maintenant constamment composer avec les ambitions de nouvelles puissances, au premier desquelles la Chine. Nous avons de plus en plus de mal à faire respecter nos intérêts stratégiques, comme la crise avec la Turquie en Méditerranée vient de le montrer ouvertement. Au plan démocratique, chacun se lamente de la montée de l’abstention mais nos institutions sont incapables d’innover pour inciter à la participation politique, préférant se complaire dans les rites électoraux de la IIIe République… Et bien sûr, la situation en matière de sécurité intérieure souligne l’étendue du désastre : la République laisse des bandes prendre le contrôle de certains territoires et la barbarie gagne du terrain : agression contre Marin, attaques contre des policiers en dehors du service, agression mortelle d’un chauffeur de bus à Bayonne qui ne faisait que remplir sa mission… Certains veulent se rassurer en parlant de malheureux cas isolés alors que tout cela n’est que le résultat d’une République perçue comme désarmée et qui, il faut bien le dire, apparaît très passive.

Alors bien sûr, on peut s’émouvoir des décisions des nouveaux élus lyonnais écologistes portant atteinte à notre Fête nationale. Ils participent bien au travail de sape qui est à l’œuvre. Mais le besoin de se ressaisir est bien plus profond.

Derrière ces états de fait, n’y-a-t-il pas le manque de volonté de se surpasser pour le Bien commun que constitue la communauté nationale, l’une des familles de l’Union européenne ?

Je lisais il y a quelques jours les propos suivants de Andrew Michta : « Nos élites actuelles sont de plus en plus désancrées de leur culture et tradition politique. Elles doivent réapprendre le patriotisme : le sens de l’amour du pays, de l’héritage historique, et surtout, de l’obligation mutuelle que nous devons ressentir l’un envers l’autre quand nous appartenons à la même nation. (…) Quand on cesse d’être une nation, quand notre identité nationale est déconstruite au point que nous ne croyons plus en un bien commun, la démocratie cesse de fonctionner. » Il fait ici allusion aux Etats-Unis de Trump ! Cela ne résonne-t-il pas fortement à nos oreilles françaises ?

N’y-a-t-il pas urgence en France à faire en sorte que nous puissions encore croire au Bien commun ?

Bonne Fête nationale ! Et bon été !

Réflexions et clarifications d’après “vague” verte

Dans le prolongement du 1er tour, le 2e tour des élections municipale et métropolitaine à Lyon se traduit par une nette victoire de la coalition entre les Verts, la gauche et l’extrême gauche. On ne peut que le constater, pour ces élections du 15 mars et du 28 juin, une partie de la population, motivée par le programme des Verts, s’est bien mobilisée. Sans doute une partie de cette électorat du 2e tour n’a pas bien intégré que ce programme allait se traduire par des mesures portées par l’extrême gauche…

Cette victoire est néanmoins incontestable, c’est le jeu de la démocratie. C’est maintenant à cette nouvelle majorité de prendre les commandes, et nous savons que la situation économique et sociale du pays nécessite que les collectivités soient dirigées sans tarder. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’était à mon avis pas souhaitable de décaler les élections de plusieurs mois, à partir du moment où la situation sanitaire permettait la tenue du 2e tour.

Les Verts et leurs alliés de gauche et d’extrême gauche vont donc gouverner notre Métropole et notre Ville. Peut-être peut-on suggérer aux nouveaux élus de faire particulièrement preuve d’humilité et de retenue, d’une part parce que leur élection se fait avec une énorme abstention, et que l’adhésion des habitants à leur programme est donc limité et, d’autre part, parce que chacun doit bien prendre en compte le contexte nouveau de la crise économique et sociale post Covid.

Autre constat en effet incontournable : celui d’une abstention de haut niveau durable. Le 2e tour n’a pas changé la donne. Difficile d’en déterminer les raisons, et surtout leur part respective. Mais il faudra bien comprendre le phénomène, tant il interroge sur le fonctionnement démocratique. Il revient à notre famille politique de faire un travail de propositions, pour éviter qu’une telle vague verte se renouvelle lors des futurs scrutins, notamment pour les élections nationales de 2022.

Dans ce contexte, notre mouvement politique a donc perdu ces élections municipale et métropolitaine. Et je suis bien sûr très déçu que notre liste ne l’emporte pas dans la circonscription Lyon Est de l’élection métropolitaine… A ce sujet, je veux revenir sur la décision de s’allier pour ce 2e tour avec les listes « Un temps d’avance » de Gérard Collomb. Comme je l’avais écrit, je maintiens que c’était une décision responsable, reposant sur un accord sur l’essentiel pour répondre aux défis de la crise économique et sociale et proposer une alternative crédible au projet de l’alliance Verts-Extrême gauche. Maintenant, sans doute que la communication n’a pas été adaptée entre les deux tours et que trop de Lyonnais ont compris cette alliance comme la poursuite du mandat de Gérard Collomb.

Quelques mots aussi sur la « honte des procurations » qui décrédibilise notre système étatique. Depuis mars, chacun s’est ému de la faible participation et a appelé à assouplir le système des procurations, voire du vote, pour encourager la participation. Les administrations et les parlementaires ont sans doute passé beaucoup de temps (et donc d’argent) sur le sujet. Et au final, un petit aménagement dans la dernière ligne droite, qui ne simplifie en rien le processus des procurations… pire, de nombreuses procurations n’ont pas été prises en compte pour une question de délai. Franchement, c’est la honte pour notre démocratie, à l’heure de la société 4.0… une parfaite illustration de nos pesanteurs étatiques.

Pour terminer, quelques mots aussi sur mon départ du Conseil du 3e arrondissement. C’est bien sûr pour moi un déchirement tant j’ai apprécié défendre les intérêts des quartiers de notre arrondissement dans cette enceinte.

Je tiens à bien préciser que ce départ du conseil du 3e arrondissement n’est pas volontaire ou un choix déterminé comme certains ont voulu le faire croire. Indépendamment de mon engagement dans l’élection métropolitaine, c’est parce que les leaders locaux LR pour l’élection municipale n’ont pas souhaité ma présence sur la liste que je n’y étais pas. Je peux le préciser maintenant que la campagne est terminée. C’est important pour moi de le dire car je ne veux surtout pas que les habitants du 3e pensent que j’avais abandonné l’arrondissement…

Je regrette aussi que parmi les élus issus de la liste de la droite et du centre qui siègent dans l’opposition au sein du Conseil du 3e arrondissement, 5 sur 6 ne résident pas dans l’arrondissement. Puisque l’on se situe dans une configuration de défaite aux élections municipales, avec donc un nombre réduit d’élus, il me semble opportun que certains démissionnent pour faire entrer au Conseil d’arrondissement des suivants de liste qui eux résident dans le 3e. Les conseils d’arrondissement sont en effet faits pour assurer une représentation en totale proximité. C’est en tous cas l’approche que j’ai toujours défendue.

Marre de ces incohérences

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ces dernières semaines la situation sensible en matière de sécurité et de tranquillité publique dans cette période de déconfinement… nous étions encore hier soir à Montchat avec Hélène Baronnier pour rencontrer des habitants excédés suite à de nouveaux incendies volontaires de véhicules dans la rue… il y a quelques jours, c’était rue Baraban que sept véhicules étaient incendiés.

Un autre aspect des débordements est celui de l’occupation nocturne des parcs et jardins, avec leur lot de nuisances pour les riverains. Les soirées estivales arrivant, finie la quiétude pour ces riverains parce que la fermeture de ces espaces publics n’est pas respectée. Un habitant confronté à cette situation récurrente autour du Parc Kaplan, en réponse à sa demande que soit fermé le parc selon les horaires du règlement, a reçu l’explication suivante “Le nombre de ces espaces sécurisés est en diminution compte tenu des nouvelles contraintes financières qui pèsent sur les collectivités territoriales (notamment de la baisse des dotations de l’Etat).”

On apprend ainsi que sur notre 3e arrondissement, ce service essentiel de la maîtrise des espaces publics n’est pas assuré de façon systématique ; à chaque espace ses règles de gestion ou l’absence de règles… et c’est l’argument des économies budgétaires qui est avancé. Nous sommes bien pourtant là sur une mission essentielle de la collectivité.

Donc manque d’argent… mais dans le même temps nous assistons au spectacle consternant de l’aménagement cyclable de la rue Ferdinand Buisson à Montchat. Un aménagement qui dès l’origine a été mal conçu, avec notamment des bordures de séparation peu visibles qui sont causes d’accident et qui, par ailleurs, empêchent les girations depuis certaines rues perpendiculaires.

Un défaut de conception qui aurait pu être facilement évité ; il suffisait de consulter les riverains qui connaissent les usages de leur rue.

Ce défaut de conception a été maintes fois signalé depuis quelques mois auprès de l’adjoint à la voirie de la Mairie du 3e, Laurent Peiser. Je l’ai encore fait lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement. Mais c’est un Laurent Peiser sûr de son fait, niant les problèmes, qui a répondu “circulez y’a rien à voir”. Et pourtant, ces derniers jours, plusieurs interventions de la voirie sont venues compléter l’aménagement… sans grand succès puisque ces compléments sont immédiatement dégradés (voir photo).

Visiblement, si la baisse des dotations impacte la fermeture des parcs et jardins, elle n’impacte pas les expérimentations hasardeuses sur la voirie

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