Avec la disparition de Philippe Séguin, la France vient de perdre un de ses grands hommes politiques. Le choc de cette triste nouvelle a été d’autant plus fort ce matin que cette disparition est soudaine et arrive bien tôt.

Philippe Séguin a été un grand serviteur du pays. Que ce soit dans ses fonctions ministérielles, à la Présidence de l’Assemblée nationale, à la tête de la Cour des comptes, il incarnait parfaitement le sens de l’Etat. Il a aussi été un grand élu local, à Epinal, attaché à son territoire.

Il était un homme de conviction, qui avec d’autres faisait vivre l’héritage du gaullisme. Ses convictions, il les défendait avec courage et détermination. Personnellement, les positions politiques qu’il avait développées dans les années quatre-vingt-dix ne sont pas pour rien dans mon engagement politique.

Son caractère était dit-on bien trempé, ses colères redoutées. Outre ses discours lors des manifestations politiques du RPR, j’avais eu l’occasion de le rencontrer plus directement. C’était en 1993, il était venu apporter son soutien à Alain Mérieux. Jeune militant, j’étais impressionné de pouvoir échanger avec une telle personnalité. J’en ai retenu aussi sa grande simplicité.

Il incarnait une conception exigeante de la politique, à mille lieux du marketing politique et de la pensée facile. Quelle perte pour la France.