Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Mois : juin 2020

Marre de ces incohérences

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ces dernières semaines la situation sensible en matière de sécurité et de tranquillité publique dans cette période de déconfinement… nous étions encore hier soir à Montchat avec Hélène Baronnier pour rencontrer des habitants excédés suite à de nouveaux incendies volontaires de véhicules dans la rue… il y a quelques jours, c’était rue Baraban que sept véhicules étaient incendiés.

Un autre aspect des débordements est celui de l’occupation nocturne des parcs et jardins, avec leur lot de nuisances pour les riverains. Les soirées estivales arrivant, finie la quiétude pour ces riverains parce que la fermeture de ces espaces publics n’est pas respectée. Un habitant confronté à cette situation récurrente autour du Parc Kaplan, en réponse à sa demande que soit fermé le parc selon les horaires du règlement, a reçu l’explication suivante “Le nombre de ces espaces sécurisés est en diminution compte tenu des nouvelles contraintes financières qui pèsent sur les collectivités territoriales (notamment de la baisse des dotations de l’Etat).”

On apprend ainsi que sur notre 3e arrondissement, ce service essentiel de la maîtrise des espaces publics n’est pas assuré de façon systématique ; à chaque espace ses règles de gestion ou l’absence de règles… et c’est l’argument des économies budgétaires qui est avancé. Nous sommes bien pourtant là sur une mission essentielle de la collectivité.

Donc manque d’argent… mais dans le même temps nous assistons au spectacle consternant de l’aménagement cyclable de la rue Ferdinand Buisson à Montchat. Un aménagement qui dès l’origine a été mal conçu, avec notamment des bordures de séparation peu visibles qui sont causes d’accident et qui, par ailleurs, empêchent les girations depuis certaines rues perpendiculaires.

Un défaut de conception qui aurait pu être facilement évité ; il suffisait de consulter les riverains qui connaissent les usages de leur rue.

Ce défaut de conception a été maintes fois signalé depuis quelques mois auprès de l’adjoint à la voirie de la Mairie du 3e, Laurent Peiser. Je l’ai encore fait lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement. Mais c’est un Laurent Peiser sûr de son fait, niant les problèmes, qui a répondu “circulez y’a rien à voir”. Et pourtant, ces derniers jours, plusieurs interventions de la voirie sont venues compléter l’aménagement… sans grand succès puisque ces compléments sont immédiatement dégradés (voir photo).

Visiblement, si la baisse des dotations impacte la fermeture des parcs et jardins, elle n’impacte pas les expérimentations hasardeuses sur la voirie

Election métropolitaine : notre lettre aux habitants de Lyon Est

Voici la lettre que nous adressons aux électeurs de Lyon Est dans la perspective du 2e tour des élections à la Métropole de Lyon

Madame, Monsieur,

Le 28 juin prochain, vous déciderez de l’avenir de notre Ville et de notre Métropole. Candidats à l’élection métropolitaine pour Lyon-Est, nous tenions à nous adresser à vous personnellement.

L’histoire de Lyon est singulière : les femmes et hommes politiques locaux ont toujours su, au-delà des consignes des partis politiques parisiens, bâtir un modèle de développement fait d’échanges, de dialogues et de modération. C’est à ce modèle de gouvernance, unique en France, envié par de nombreuses villes, que notre territoire doit son attractivité.

Fidèles à cette tradition de notre Ville, nous faisons, une nouvelle fois, le choix de dépasser les vieux clivages pour saisir ce qui nous rassemble afin de porter un nouveau destin pour la Métropole de Lyon.

Nous voulons un territoire équilibré, au sein duquel la solidarité, l’économie et l’écologie ne s’opposent pas mais, au contraire, s’additionnent. Une Ville durable, où malgré la crise sanitaire, l’économie demeure solide et capable de financer les investissements pour faire face aux besoins des habitants. Une Métropole ambitieuse, qui sait créer des emplois et distribuer ses richesses pour toutes et pour tous. Une Ville plus sûre qui protège ses habitants.

Pour les quartiers de Sans Souci – Dauphiné, Villette – Paul Bert et Montchat, qui composent la circonscription Lyon-Est, nos priorités seront :

• Une nature plus présente dans la ville, en proposant des continuités vertes entre les parcs du 3e Est, une extension arborée de l’Esplanade Mandela, une ouverture du Parc Chambovet vers l’avenue Lacassagne avec la préservation de l’intégralité des espaces verts de la clinique Trarieux.

• Une antenne de proximité de la Métropole pour effectuer toutes les démarches en matière de solidarité (handicap, seniors, petite enfance) et l’expérimentation d’une navette pour faciliter le déplacement des seniors vers les centres de quartier.

• Dans le cadre d’une présence de proximité renforcée des forces de police et du développement de la vidéoprotection, une action volontariste pour favoriser la coopération entre les polices municipales dans les secteurs du 3e à la limite de Bron et Villeurbanne.

• Une politique en faveur des collégiens qui renforce le soutien scolaire, pour rattraper le retard de la période du confinement, avec une action déterminée contre le harcèlement scolaire.

• Une mobilité facilitée en transports en commun en réalisant l’extension du Tramway T6 vers Villeurbanne et en améliorant la desserte de Ferrandière-Maisons neuves et la liaison entre Montchat centre et Dauphiné-la Part Dieu.

• Un cadre de vie de qualité, respectueux de l’identité des quartiers, avec des secteurs commerçants dynamiques.
Après la crise sanitaire, nous voulons construire un monde post-COVID plus agile, plus proche des réalités des territoires. Il doit donner une priorité au local, à l’éducation pour remettre les valeurs de justice sociale, de responsabilité, de solidarité, de développement durable au cœur de notre société.
C’est ce modèle lyonnais de développement que nous voulons porter, ensemble, unis, par-delà nos différences d’hier. François-Noël BUFFET, en tant que Président de la Métropole de Lyon, saura ainsi continuer à œuvrer au développement de notre Métropole comme l’a fait Gérard COLLOMB : une Métropole qui rayonne, avec un urbanisme maîtrisé, des transports multiples et adaptés à chacun d’entre vous, une Métropole avec une économie en croissance, permettant la création d’emplois, avec le respect et le développement des zones vertes, avec une solidarité efficace (petite enfance, insertion, personnes âgées et/ou handicapées).
Le 28 juin c’est vous qui déciderez de l’avenir de Lyon et de la Métropole.
Vous pourrez choisir entre deux visions. D’un côté, une coalition Verts – France insoumise – Front de gauche, inexpérimentée, guidée par l’idéologie et les consignes parisiennes et dont la politique (logique de décroissance, écologie punitive) ne manquerait pas d’aggraver les conséquences de la crise économique et sociale et de faire perdre les atouts de notre territoire.

De l’autre, notre rassemblement local, riche de sa diversité et de ses compétences, fidèle aux valeurs lyonnaises d’ouverture et de dialogue, déterminé à assurer un développement équilibré de notre Métropole.

Résolument, ensemble, nous vous invitons à choisir Lyon et à voter le dimanche 28 juin pour nos listes « La Métropole, la force du rassemblement ».

Carole BURILLON, Conseillère métropolitaine Pierre BERAT, Conseiller municipal

Explications

Nous serons donc présents au 2e tour des élections municipale et métropolitaine dans le cadre d’une alliance entre nos listes de la « Droite et du Centre » et les listes « Un temps d’avance » de Gérard Collomb et Yann Cucherat. Pour la circonscription métropolitaine Lyon Est, cette liste fusionnée sera conduite par Carole Burillon et je serai 2e. Hélène Baronnier (3e), Fabien Vicente (6e) et Luis-Georges Quintelas (8e) seront aussi sur cette liste.

Quelques mots pour vous expliquer mon point de vue d’acteur alors que vous avez pu être surpris et que vous vous posez de légitimes questions.

Pour ce qui concerne les élections métropolitaines, en tant que tête de liste de la Droite et du Centre à Lyon Est, l’une des deux circonscriptions lyonnaises sur six où nous étions en position de nous maintenir au 2e tour, la question de cette alliance s’est posée directement et très concrètement.

Le plus facile aurait été de se présenter au 2e tour avec la même liste. D’abord parce que cela aurait été poursuivre la campagne avec les 9 candidats qui ont formé une très belle équipe pour le 1er tour ; cela évitait que certains d’entre eux ne soient plus candidats. Je tiens à remercier Anne-Marie Derozier, Virginie Reymond, Jacques Rolland, Brigitte Fontanez et Jean-Edouard Guillermard pour leur implication dans notre campagne. Plus facile aussi bien sûr car cela aurait été porter un projet inchangé, intégralement défini par notre famille politique.

Mais l’explication du choix de la fusion avec les listes « Un temps d’avance » est très simple.

Le contexte politique et les résultats du 1er tour montrent qu’il y a une réelle possibilité que les Verts, alliés au PS, au PCF et à l’extrême de gauche de France Insoumise l’emportent le 28 juin, à la Ville et à la Métropole.

Cette alliance Verte-Rouge a bien sûr le droit de défendre son projet et de vouloir exercer le pouvoir.

Mais on a aussi le droit de dire que l’on considère que ce projet mettrait en péril le développement de la ville et de notre métropole et qu’il faut absolument chercher à l’éviter. Nous voyons ce qu’a provoqué cette politique à Grenoble en quelques années.

C’est ce que je pense parce que cette coalition Verte-Rouge porte en étendard une écologie qui est d’abord une vision idéologique, avec des mesures punitives, pour jouer sur des symboles plutôt que de trouver des solutions systémiques. C’est ce que je pense parce que cette coalition est constamment tentée par des logiques de décroissance, qu’elle théorise, alors même que la crise économique profonde post-Covid que nous allons connaître exige au contraire de déployer toutes nos énergies. C’est ce que je pense parce que cette coalition est, par idéalisme, laxiste sur les questions de cohésion nationale, de sécurité, de justice. Notre société troublée a besoin de tout sauf de perte de repères encore plus profonde.

Notre alliance a pour vocation de rassembler sur un projet alternatif de développement pour notre territoire : un projet avec en son cœur le développement durable, comme vision vertueuse globale, car c’est une nécessité pour notre qualité de vie, celle de nos enfants, et pour l’équilibre de notre développement ; un projet qui crée les conditions du rebond économique pour sauver l’emploi ; un projet qui contribue à rétablir les équilibres dans notre société.

C’est une alliance pour Lyon et sa métropole, et non pas un accord d’appareils politiques, au niveau local ou national.

Cette alliance, nous avons cherché à la bâtir avec les forces politiques les plus proches de nous. Et si nous avons des divergences avec l’équipe de Gérard Collomb, si nous nous sommes opposés à certains de ses projets, force est de constater que ces dernières années, sur le fond, le clivage s’est plutôt réduit. Par ailleurs, sur ses listes du 1er tour, il y avait des forces politiques centristes, le MODEM et l’UDI, avec lesquelles nous travaillons déjà à la Région. Enfin, point important, Gérard Collomb a accepté de ne pas postuler à la présidence de la Métropole, ce qui était une condition posée. C’est un geste fort.

Enfin, sur Lyon Est, je constate que sur deux sujets que nous avons portés lors de la campagne, la liste de Gérard Collomb s’était rapprochée de nos positions dès avant le 1er tour. Sur la nécessité de mieux préserver le cadre de vie de nos quartiers, Gérard Collomb avait admis que l’on était sans doute aller trop loin en termes de densification. Et sur la problématique de la sécurité et de la tranquillité publique, sa liste nous avait rejoint dans la proposition de créer un poste de police de proximité pour le 3e Est.

Voilà donc quelle est la situation.

Nous allons avoir une campagne de 2e tour finalement très politique, avec deux visions très différentes proposées aux électeurs. Le projet que nous porterons ne sera pas totalement le même que celui que nous aurions défendu seuls, mais il est celui de la responsabilité et donc du rassemblement.

Maintenant, ce sera à chacun de se prononcer le 28 juin, en conscience, et ce choix sera d’importance. C’est bien le propre de la démocratie.

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