Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Mois : juillet 2020

Dernière chance ?

« C’est le dernier mandat pour réaliser la transition écologique qui permettra de lutter contre le réchauffement climatique » : cet argument, beaucoup entendu ces derniers mois, a sans doute été puissant dans la mobilisation de l’électorat qui a fait la victoire des Verts dans les grandes villes.

Pour ma part, l’évolution sous nos yeux de la France m’amène de plus en plus à croire que les échéances nationales de 2022 seront les dernières chances de restaurer notre pacte national, tant celui-ci semble aujourd’hui atteint. Quelle est encore l’épaisseur du ciment qui fait tenir ensemble notre communauté nationale ?

Par petites touches, l’actualité nous fait prendre conscience de l’ampleur du malaise. La France est l’un des pays au monde qui présente le plus haut niveau de dépenses sociales, et pourtant une part importante de la population, et notamment des seniors qui ont contribué à la Nation pendant des années, vivent dans le plus grand dénuement et l’isolement. L’impréparation face au risque virologique nous a contraints à un confinement drastique, aux conséquences humaines, sociales et économiques colossales. Mais alors que le risque d’une 2e vague est toujours présent, nous ne sommes toujours pas capables de réactivité face à l’importation de cas depuis certaines destinations sensibles. En matière d’emplois et d’économie, il faut maintenant constamment composer avec les ambitions de nouvelles puissances, au premier desquelles la Chine. Nous avons de plus en plus de mal à faire respecter nos intérêts stratégiques, comme la crise avec la Turquie en Méditerranée vient de le montrer ouvertement. Au plan démocratique, chacun se lamente de la montée de l’abstention mais nos institutions sont incapables d’innover pour inciter à la participation politique, préférant se complaire dans les rites électoraux de la IIIe République… Et bien sûr, la situation en matière de sécurité intérieure souligne l’étendue du désastre : la République laisse des bandes prendre le contrôle de certains territoires et la barbarie gagne du terrain : agression contre Marin, attaques contre des policiers en dehors du service, agression mortelle d’un chauffeur de bus à Bayonne qui ne faisait que remplir sa mission… Certains veulent se rassurer en parlant de malheureux cas isolés alors que tout cela n’est que le résultat d’une République perçue comme désarmée et qui, il faut bien le dire, apparaît très passive.

Alors bien sûr, on peut s’émouvoir des décisions des nouveaux élus lyonnais écologistes portant atteinte à notre Fête nationale. Ils participent bien au travail de sape qui est à l’œuvre. Mais le besoin de se ressaisir est bien plus profond.

Derrière ces états de fait, n’y-a-t-il pas le manque de volonté de se surpasser pour le Bien commun que constitue la communauté nationale, l’une des familles de l’Union européenne ?

Je lisais il y a quelques jours les propos suivants de Andrew Michta : « Nos élites actuelles sont de plus en plus désancrées de leur culture et tradition politique. Elles doivent réapprendre le patriotisme : le sens de l’amour du pays, de l’héritage historique, et surtout, de l’obligation mutuelle que nous devons ressentir l’un envers l’autre quand nous appartenons à la même nation. (…) Quand on cesse d’être une nation, quand notre identité nationale est déconstruite au point que nous ne croyons plus en un bien commun, la démocratie cesse de fonctionner. » Il fait ici allusion aux Etats-Unis de Trump ! Cela ne résonne-t-il pas fortement à nos oreilles françaises ?

N’y-a-t-il pas urgence en France à faire en sorte que nous puissions encore croire au Bien commun ?

Bonne Fête nationale ! Et bon été !

Réflexions et clarifications d’après “vague” verte

Dans le prolongement du 1er tour, le 2e tour des élections municipale et métropolitaine à Lyon se traduit par une nette victoire de la coalition entre les Verts, la gauche et l’extrême gauche. On ne peut que le constater, pour ces élections du 15 mars et du 28 juin, une partie de la population, motivée par le programme des Verts, s’est bien mobilisée. Sans doute une partie de cette électorat du 2e tour n’a pas bien intégré que ce programme allait se traduire par des mesures portées par l’extrême gauche…

Cette victoire est néanmoins incontestable, c’est le jeu de la démocratie. C’est maintenant à cette nouvelle majorité de prendre les commandes, et nous savons que la situation économique et sociale du pays nécessite que les collectivités soient dirigées sans tarder. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’était à mon avis pas souhaitable de décaler les élections de plusieurs mois, à partir du moment où la situation sanitaire permettait la tenue du 2e tour.

Les Verts et leurs alliés de gauche et d’extrême gauche vont donc gouverner notre Métropole et notre Ville. Peut-être peut-on suggérer aux nouveaux élus de faire particulièrement preuve d’humilité et de retenue, d’une part parce que leur élection se fait avec une énorme abstention, et que l’adhésion des habitants à leur programme est donc limité et, d’autre part, parce que chacun doit bien prendre en compte le contexte nouveau de la crise économique et sociale post Covid.

Autre constat en effet incontournable : celui d’une abstention de haut niveau durable. Le 2e tour n’a pas changé la donne. Difficile d’en déterminer les raisons, et surtout leur part respective. Mais il faudra bien comprendre le phénomène, tant il interroge sur le fonctionnement démocratique. Il revient à notre famille politique de faire un travail de propositions, pour éviter qu’une telle vague verte se renouvelle lors des futurs scrutins, notamment pour les élections nationales de 2022.

Dans ce contexte, notre mouvement politique a donc perdu ces élections municipale et métropolitaine. Et je suis bien sûr très déçu que notre liste ne l’emporte pas dans la circonscription Lyon Est de l’élection métropolitaine… A ce sujet, je veux revenir sur la décision de s’allier pour ce 2e tour avec les listes « Un temps d’avance » de Gérard Collomb. Comme je l’avais écrit, je maintiens que c’était une décision responsable, reposant sur un accord sur l’essentiel pour répondre aux défis de la crise économique et sociale et proposer une alternative crédible au projet de l’alliance Verts-Extrême gauche. Maintenant, sans doute que la communication n’a pas été adaptée entre les deux tours et que trop de Lyonnais ont compris cette alliance comme la poursuite du mandat de Gérard Collomb.

Quelques mots aussi sur la « honte des procurations » qui décrédibilise notre système étatique. Depuis mars, chacun s’est ému de la faible participation et a appelé à assouplir le système des procurations, voire du vote, pour encourager la participation. Les administrations et les parlementaires ont sans doute passé beaucoup de temps (et donc d’argent) sur le sujet. Et au final, un petit aménagement dans la dernière ligne droite, qui ne simplifie en rien le processus des procurations… pire, de nombreuses procurations n’ont pas été prises en compte pour une question de délai. Franchement, c’est la honte pour notre démocratie, à l’heure de la société 4.0… une parfaite illustration de nos pesanteurs étatiques.

Pour terminer, quelques mots aussi sur mon départ du Conseil du 3e arrondissement. C’est bien sûr pour moi un déchirement tant j’ai apprécié défendre les intérêts des quartiers de notre arrondissement dans cette enceinte.

Je tiens à bien préciser que ce départ du conseil du 3e arrondissement n’est pas volontaire ou un choix déterminé comme certains ont voulu le faire croire. Indépendamment de mon engagement dans l’élection métropolitaine, c’est parce que les leaders locaux LR pour l’élection municipale n’ont pas souhaité ma présence sur la liste que je n’y étais pas. Je peux le préciser maintenant que la campagne est terminée. C’est important pour moi de le dire car je ne veux surtout pas que les habitants du 3e pensent que j’avais abandonné l’arrondissement…

Je regrette aussi que parmi les élus issus de la liste de la droite et du centre qui siègent dans l’opposition au sein du Conseil du 3e arrondissement, 5 sur 6 ne résident pas dans l’arrondissement. Puisque l’on se situe dans une configuration de défaite aux élections municipales, avec donc un nombre réduit d’élus, il me semble opportun que certains démissionnent pour faire entrer au Conseil d’arrondissement des suivants de liste qui eux résident dans le 3e. Les conseils d’arrondissement sont en effet faits pour assurer une représentation en totale proximité. C’est en tous cas l’approche que j’ai toujours défendue.

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