Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Mois : décembre 2020

Conseil d’arrondissement : son utilité est une question de volonté !

L’utilité des conseils d’arrondissement à la lyonnaise est régulièrement critiquée par certains, aux motifs que les arrondissements seraient dépourvus de moyens financiers et juridiques pour agir. En tous cas, la question mérite d’être posée puisqu’ils coûtent, tant en termes de locaux utilisés, de dépenses de fonctionnement et d’indemnités des Maire et adjoints d’arrondissement.

Pour ma part, je n’ai jamais partagé cette critique des arrondissements car il me semble (pouvoir) avoir une utilité. Dans des villes de la taille de Paris, Lyon et Marseille, je vois deux utilités majeures : (1) celle de la “porte de proximité” que l’on peut pousser pour trouver une solution à un dysfonctionnement dans nos quartiers, et tant pis si la solution n’est pas à la Ville mais à la Métropole, au Sytral ou autre, les équipes d’arrondissement doivent organiser la réponse et (2) celle du lieu politique d’expression sur les sujets de proximité (sécurité, propreté, stationnement/circulation, dynamique des commerces, jeunesse…). Mon expérience m’a montré que sans les conseils d’arrondissement, certains problèmes, jugés trop périphériques ou secondaires par la Mairie centrale, ne seraient jamais évoqués publiquement… et pourtant ils sont importants pour beaucoup de Lyonnais.

Donc oui, mais encore faut-il que les élus d’arrondissement aient la volonté de jouer ce rôle. Je suis frappé depuis la rentrée du nombre d’habitants du 3e, de responsables associatifs, de professionnels qui m’expliquent qu’ils ne peuvent pas rencontrer les élus d’arrondissement et qu’ils n’obtiennent même pas d’accusé de réception à leur courrier… j’en ai fait l’expérience concrète sur l’affaire de la rue de l’Harmonie : pas de réponse à mes questions et un dossier qui semble géré en “petit comité”. De la même façon des sujets importants pour nos quartiers comme la dégradation de la sécurité à Sans Souci Dauphiné ou la fermeture de la dépose minutes à Part-Dieu sont passés sous silence par la Mairie d’arrondissement. Les candidats Verts ont l’habitude de promouvoir la concertation et la démocratie de proximité, il serait bon, que sur ce point également, ils soient attachés à respecter leurs promesses de campagne.

Et que l’on ne vienne plus nous dire qu’il faut le temps de s’installer, cela fait déjà un semestre que les élections sont intervenues.

Chronique de quartiers “tranquilles”

Un rapport officiel qui vient d’être publié confirme que les quartiers prioritaires de la ville (QPV) sont minés par la délinquance. Les habitants s’y disent plus en insécurité qu’ailleurs et on y trouve aussi plus de personnes impliquées dans des faits de délinquance.

Loin de moi l’idée de contester cette “évidence” et il faut bien être conscient de la dureté de la vie des personnes qui habitent les quartiers sensibles. Parmi les obligations de la République il doit y avoir celle de redonner une vie normale aux habitants de ces quartiers.

Mais il ne faut que ces constats sur les quartiers sensibles conduisent à relativiser les situations que nous connaissons de plus en plus ailleurs. Voici deux exemples de ce qui se passe dans notre 3e arrondissement, un secteur pour lequel on nous dit souvent que la situation n’est pas si grave, qu’il se passe des choses pires ailleurs…

Le 1er exemple est un témoignage qui m’a été adressé par un habitant du centre de Montchat. Il montre clairement l’organisation des délinquants et les risques pour notre sécurité.

2e exemple, la situation dans le secteur Dauphiné Sans Souci où ce collectif d’habitants s’est constitué après une dizaine d’agressions violentes depuis cet été pour arracher des bijoux ou extorquer des objets (téléphone, ordinateur, argent…) sous la menace d’un couteau. Des faits graves, sur plusieurs mois.

On pourrait aussi évoquer les débordements qui continuent aux abords des Charmilles ou dans le secteur Charial.

Sur ce blog, j’évoque régulièrement la nécessité de changer de braquet dans la lutte contre la délinquance, en améliorant la chaîne police-justice, et en déployant plus d’effectifs sur le terrain, en tirant parti d’une articulation renforcée entre police nationale et police municipale. Ces impératifs subsistent…

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