Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Mois : mars 2021

Si on pouvait éviter une 3e erreur !

Le Progrès du samedi 20 mars a évoqué la réunion publique en visio qui s’est tenue le 15 mars. Les propos de Madame la Maire du 3e, effectivement tenus lors de cette réunion, comme ils l’avaient été lors du dernier conseil d’arrondissement et dans un autre article, m’amènent à réagir dans ce post.

Comme je l’ai déjà exprimé, sur ce dossier de la fermeture permanente, 24H/24 et 7J/7 de la rue de l’Harmonie, les nouveaux élus de la Ville de Lyon et de la Métropole ont déjà fait deux erreurs.

La 1ère, c’est d’avoir lancé ce projet sans que les objectifs soient clairs et transparents. On ne sait pas vraiment si le premier objectif est de sécuriser les abords (tous les abords ?) des écoles Rebatel ou s’il s’agit de créer un espace planté qui permettrait d’afficher “une rue supprimée” au tableau de chasse des élus Verts… Comme toujours, quand l’objectif n’est pas clair, le dossier part mal…

La 2e erreur, c’est d’avoir concrétiser le projet sans avoir fait d’étude d’impact préalable et sans avoir concerté avec tous les habitants du quartier. La conséquence est logique : beaucoup d’habitants subissent un préjudice important, le sujet est devenu une source d’oppositions et il faut maintenant trouver comme on peut des solutions pour réduire ce préjudice…

A ce bilan bien désolant, il ne faudrait pas ajouter de provocations à l’égard des habitants qui contestent ce choix de fermeture permanente, en faisant un lien entre leur position et les dégradations sur les barrières. Dans mes nombreuses rencontres avec les riverains et les membres du collectif “Harmonie pour tous” ces dernières semaines, je n’ai jamais entendu parler de dégradations, qui bien évidemment ne sont pas acceptables. Je constate d’ailleurs que des dégradations surviennent dans les autres rues soumises dernièrement à fermeture et pas seulement rue de l’Harmonie.

Cet état de fait en plusieurs endroits interroge d’ailleurs sur le coût du projet. On nous dit que cela coûte trop cher de rémunérer quelqu’un pour ouvrir et fermer les barrières en fonction des entrées-sorties des écoles. Au final, est-ce vraiment plus économique de commander toutes ces opérations de voiries pour installer, changer des barrières mal conçues, réparer les dégradations… ?

Bref merci à nos élus d’éviter une 3e erreur en sous-entendant une suspicion quant aux dégradations. Il faut admettre que l’on peut être un bon citoyen sans partager les conceptions de la nouvelle majorité.

Fermeture de la rue de l’Harmonie : suite

J’ai assisté ce jour, lundi 15 mars, à la réunion d’information organisée par la Mairie du 3e. Un échange de proximité était souhaité, c’est donc une avancée. Mais il s’agissait effectivement d’une réunion d’information et non de concertation puisque la décision de fermeture permanente de la rue est déjà prise…

Je retiens de cette réunion les points suivants, qui sont problématiques :

On ne sait toujours pas quels sont clairement les objectifs : est-ce vraiment la sécurité des abords des écoles ou bien de transformer une rue en un espace planté ?

Si on veut vraiment améliorer les choses en matière de sécurisation des abords de l’école, qu’est-il prévu sur Rebatel qui connaît un fort trafic et de multiples flux à gérer qui sont autant de risques pour les enfants et les familles qui traversent (voir la vidéo ci-dessous) ?

Les élus de la majorité du 3e l’ont reconnu. Cette décision de fermeture permanente de la rue de l’Harmonie a été prise sans que des études de circulation préalables soient menées ! Et pourtant, le document “Voirie pour tous” du CERTU précise bien que la mise en place d’aires piétonnes doit être préparée et qu’il faut tenir compte de la hiérarchisation des voiries.

Concernant cette hiérarchisation des voiries, les élus de la majorité du 3e ne semblent pas comprendre que la circulation Ouest-Est rue de l’Harmonie est nécessaire au plan de circulation du quartier, pour permettre aux habitants des rues voisines (Rebatel, Dahlias…) d’aller vers le Nord-Est. Il ne s’agit pas de vouloir faire passer rue de l’Harmonie un trafic de transit entre des quartiers lyonnais. En laissant ouverte la rue en dehors des heures d’entrée et de sortie des écoles, il s’agit juste de permettre aux riverains de ne pas faire 1,6 km de détour pour rentrer chez eux, et de perdre parfois 15 minutes (voir la 2e vidéo ci-dessous sur la réalité du détour), et de permettre aux habitants du quartier d’en sortir sans détour.

Circulation rue Rebatel au moment de l’entrée des écoles
Preuve en vidéo de l’importance du détour occasionné par la fermeture de la rue de l’Harmonie

Le mur des réalités

L’actualité de ces derniers jours est très préoccupante pour la situation dans notre métropole en matière de sécurité : émeutes à la Duchère, Rillieux et Bron, dégradations régulières dans ces mêmes villes, prise à partie du Maire de Bron, insultes contre le Maire du 2e… le sentiment que de nouveaux paliers sont franchis dans l’inadmissible, avec souvent en toile de fond, le trafic de drogue auquel le Progrès vient de consacrer une très intéressante analyse fouillée.

Au-delà de cette actualité médiatisée, il y a aussi tous les autres points sensibles de l’agglomération et de notre ville, où les habitants doivent faire face au quotidien aux incivilités et délits qui plombent la vie quotidienne. Le 3e arrondissement n’est pas à l’écart de cela avec des situations sensibles aux abords de la gare Part-Dieu, dans le secteur Charial, place ronde et rue de la Balme à Montchat, à Sans-Souci Dauphiné et bien sûr place Gabriel Péri…

J’ai noté les déclarations suivantes d’un policier municipal dans le journal suite aux émeutes du 4 mars : “Deux de mes collègues sont sortis. Ils ont pris les boucliers et les flash-balls. Je sais que son utilisation est décriée. Mais si on avait pas eu ça, on ne les aurait pas fait reculer.”

Alors que des faits aussi graves se produisent et que notre ville fait tristement la Une des JT nationaux, le Maire de Lyon vient d’exposer ses orientations en matière de tranquillité publique, de sécurité et de prévention, lors d’une commission générale du Conseil municipal. Qu’apprend-on ? D’abord qu’en termes de programmation des investissements, la sécurité est au bout de la file des priorités… Qu’ensuite, la priorité pour la police municipale sera d’outiller les agents pour aider les citoyens au quotidien (en les formant à la communication non violente, au secourisme, à la lutte contre les discriminations…) !!! Pour l’adjoint à la sécurité, il faut retrouver une police de proximité, pour recréer du lien avec les habitants. Et dans le 3e, les élus majoritaires font passer le message qu’il n’y aura pas de nouveau poste de proximité et que l’extension de la vidéoprotection n’est pas à l’ordre du jour.

Quel sentiment d’écart abyssal entre les besoins de la population de nos quartiers et la vision politique de la majorité Verts-Extrême gauche de la Ville de Lyon… Où en serons-nous dans 5 ans ?

Un autre témoignage de policier municipal suite aux dernières émeutes de la Duchère est éclairant : “Je suis un policier de proximité. Cela veut dire que je connais très bien mon terrain. Mais mon métier, c’est de constater les infractions et les délits et d’interpeller. Pas d’être sympa. Nous vouloir inoffensif, c’est contre-productif.”

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