Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

90 000

Il y a quelques jours, les derniers chiffres du recensement ont été rendus publics. Ils nous apprennent que nous sommes plus de 90 000 habitants dans le 3e arrondissement. Cela m’amène à me poser la question de ce que représente aujourd’hui ce territoire de 90 000 habitants.

 

Nous sommes donc 90 000 habitants dans le 3e, ou plutôt nous étions 90 000 puisque je crois que ce sont les chiffres pour l’année 2006. Sans doute, ce chiffre a-t-il encore grossi depuis, et il va encore augmenter dans les années qui viennent, du fait notamment du nouveau quartier de la Buire qui devrait compter à terme 800 logements.

 

Si ce chiffre n’a pour moi pas été une surprise, il frappe néanmoins par son importance. Le 3e arrondissement reste le plus peuplé de Lyon. Il compte autant d’habitants qu’Avignon ou Pau, ou encore deux fois plus que Bourg-en-Bresse. Bref, une ville dans la ville. S’il n’est plus celui qui connaît la plus forte croissance, cette dernière reste toutefois soutenue (+ 7500 habitants depuis 1999).

 

Ce qui m’a étonné par contre, c’est d’apprendre qu’avec ce chiffre, le 3e retrouvait en fait le nombre d’habitants qu’il comptait en 1968. Il reste aujourd’hui en deçà du niveau de 1962. Cela démontre une fois de plus l’intérêt de remettre les choses en perspectives. Entre 1962 et 1982, l’arrondissement aurait donc perdu 1 habitant sur trois ! Depuis, il en a attiré 38 % de plus. C’est dire les mutations qu’a connues ce territoire, avec des mouvements de population de grande ampleur qui s’expliquent en partie par la mutation des quartiers et le renouvellement urbain. Cela pose aussi la question de la densité de l’habitat en ville alors que le développement durable plaide pour une maîtrise des déplacements.

 

Autre interrogation : que représente ce territoire de 90 000 habitants dans l’agglomération lyonnaise, à l’heure où le rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales, rendu public il y a quelques jours, propose de créer à Lyon, comme dans d’autres grandes agglomérations, un nouveau type de collectivité, la métropole, pour affirmer des pôles urbains dynamiques à fort rayonnement ? Il s’agirait d’une collectivité de plein exercice, sur un périmètre sans doute élargi par rapport au Grand Lyon actuel. Les villes regroupées dans ces métropoles subsisteraient en tant qu’échelons de proximité.

 

Quel devenir pour le 3e arrondissement dans la future métropole, si cette réforme se concrétise, compte tenu de l’organisation spécifique de Lyon en arrondissements. La question doit bien entendu être posée. Le découpage territorial au sein du Lyon actuel doit-il disparaître au profit d’une seule section « Lyon centre » correspondant à la commune actuelle avec ses 481 000 habitants dans une métropole lyonnaise qui compterait plus de 1 200 000 habitants ? S’il faut conserver un découpage au sein de l’actuelle commune de Lyon, faut-il profiter du « big bang » institutionnel pour faire évoluer ce découpage ?

 

Il faut admettre l’évolution des découpages territoriaux, si cela permet de mieux répondre aux besoins. En visitant l’intéressante exposition des Archives municipales sur l’aéronautique à Lyon (une expo à voir !), j’ai ainsi découvert qu’il n’y a pas si longtemps, l’Isère commençait aux portes de Bron, et que pour agrandir l’aérodrome de cette commune, il avait fallu repousser les limites départementales… ou comment l’histoire est un éternel recommencement si on regarde la situation de l’aéroport Saint Exupéry.

 

La meilleure façon d’aborder la question est de se demander quelle est la bonne maille territoriale pour assurer une gestion de proximité au sein de la métropole, et de veiller à ce que cette maille corresponde à des territoires vécus par la population. On en reparle très prochainement !

 

Pierre Bérat

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5 Comments

  1. sans souci

    le crédit agricole de SAINT-PRIEST porte le nom de crédit agricole de l’ISERE

  2. Pierre, bonsoir,

    Ton papier a un mérite : en posant les questions pour l’avenir, tu reprends l’adage « gouverner, c’est prévoir ».

    Effectivement, c’est maintenant qu’il faut se poser la question : quelle métropole voulons-nous demain?. C’est ce que fait le Conseil de Développement du Grand Lyon dans le cadre de Lyon 2020 notamment. C’est vrai, je suis d’accord avec toi que la ville centre soit un noyau fort. C’est le propre de la Cité et de l’Etat à travers de ce qui les compose.

    Si Lyon veut être une métropole européenne, elle doit d’abord sur son territoire de disposer d’une centralité politique, économique, culturelle, scientifique et sportive. C’est d’ailleurs pourquoi je suis opposé au transfert de l’OL vers d’autres cieux où des dépenses pharaoniques risquent d’être engagées au détriment de la ville centre. Il me semblerait que la priorité est d’abord d’investir dans nos universités, nos laboratoires de recherche, dans la culture plutôt que des grands stades de foot qui servent uniquement à engraisser une minorité de sportifs miliardaires que sont les footballeurs entre autre, alors que la France est le pays qui met le moins en Europe dans ses Universités et également par étudiant.

    Le deuxième aspect que je voudrais soulever. Une cité comme Lyon s’est faite à partir d’un terroir enraciné que l’on appelle aujourd’hui les quartiers et il me semble qu’il faut garder la structure d’arrondissemnt qui permet une relation plus étroite entre l’Elu(e) et le citoyen. Il faut donner la possibilité au Maire de Lyon de pouvoir simplement déléguer aux Maires d’arrondissement des attributions de proximité sur des domaines comme l’entretien de la voirie et de la propreté, par exemple qui fait largement défaut à Lyon.

    Quant à la réforme Balladur je t’avoue franchement que cela ressemble plus à de la salade russe où visiblement je ne voie pas à quoi l’on veut en venir si ce n’est la disparition du département sans vouloir le dire.

    Je crois l’avoir déjà dit, je suis pour le maintien du département et des régions comme actuellement. Tout cela est de la « flûte », il suffit simplement de limiter les compétences de chacune des collectivités locales et de ne pas donner le principe de compétence générale à la Région et au Département. Seuls, la centralisation jacobine des pouvoirs, garante de l’unité de la Nation et de la République, la solidité de l’Etat qui, par sa puissance et le sens de l’intérêt général permet l’efficacité de l’action politique au services ces citoyens.

    La France, pour exister dans la mondialisation doit garder son unité au travers de ses organes centralisés. Elle est la garantie de son existence eternelle dans une Union européenne décadente, impuissante et inefficace.

    Que vive la République, vive la France

    Gaullistement

    Claude Jeandel

  3. Gilles VITALIS

    Monsieur Jeandel,

    Permettez-moi de vous serrer la main à travers le blog de notre ami Pierre, car ce fut un réel plaisir de vous lire.
    Vous m’avez enlevé les ecrits que je souhaitais insérer suite à la lecture de l’article.

    Je crois en effet que notre pays se reconnaît culturellement et politiquement dans une gestion centralisée au travers de laquelle on sait qui a le pouvoir, les prérogatives et les moyens pour agir. On aurait bien tort de nous comparer à d’autres états car ce qui fait la cohésion de notre Nation n’est pas obligatoirement la même chose chez certains de nos voisins.

    La cohésion de la République passe dans notre culture politique française par un jacobinisme et non par une gestion en perpétuelle décentralisation, où chacun y va de sa “baronnie”, ce qui fut un des ferments de la Révolution.

    Je partage également votre point de vue sur l’avenir de ce que l’on appellera bientôt la “Métropole” et sur la réforme “Balladur”. Je crains que l’on ne s’intéresse qu’aux conséquences des réformes de décentralisation et non aux causes, au risque de compliquer un peu plus les choses pour ne pas froisser les échelons administratifs en place.

    Pour obtenir une Métropole capable de rivaliser avec les capitales européennes par exemple et avoir suffisamment de poids, la Ville de Lyon doit s’agrandir. Et il n’y a pas de multiples façons. La dernière en date fut Vaise… Ce qui n’empêche en rien d’avoir une gestion de proximité des arrondissements.

    Mais pour donner les grands axes de déveleppements de la Cité future (politiques, économiques, sportifs, culturels, rayonnement extérieur…), la gestion doit être centralisée : c’est le noyau fort qui fédère les Lyonnais et qui, seul, peut engager la conception de la Métropole du futur.

    Gaullistement,

    Gilles VITALIS

  4. BERAT

    @ Claude et Gilles,
    Comme vous je crois, je considère que le gaullisme présente plusieurs dimensions fortes et fondamentales : le refus de la fatalité, avec l’acte fondateur du 18 juin, la grandeur de la France, le sens de l’intérêt général. Je retiens aussi le volontarisme réformateur et je pense que la période qui s’est ouverte en 1958 a du être très motivante, tant elle a permis d’adapter la France à un contexte nouveau. Nous vivons une période similaire, et il me semble qu’il faut mener les réformes qui s’imposent, selon des logiques claires. Rien ne serait plus dommageable que des réformes “à demi” parce qu’il aurait fallu composer avec les multiples intérêts en présence.
    A mon avis, il n’y a pas lieu d’opposer l’Etat et les collectivités territoriales. Chacun doit jouer son rôle, et celui de l’Etat reste bien sûr déterminant. L’enjeu aujourd’hui, est effectivement de clarifier les rôles, pour faire mieux ce que chaque niveau doit faire. C’est je crois l’esprit de la réforme qui a été engagée. Pour en revenir aux métropoles, il faut effectivement permettre de définir et de mener des stratégies de développement au niveau de ces pôles urbains, ce qui ne peut pas se faire correctement par l’addition de stratégies locales… pour autant il faut assurer une réelle proximité de la collectivité territoriale. C’est cela qu’il faut construire, et cela donne matière à “cogiter”. J’ai noté Claude que tu parles de la proximité au niveau des quartiers, mais que tu termines sur les arrondissements. Quelle doit être l’articulation entre ces deux niveaux ?

  5. catelin

    Bonjour,
    2 sujets sont abordés , l’un concernant le 3e et l’autre le rapport Balladur.
    – L’importance du 3e ne doit pas faire oublier son melting-pot s’épanouissant de la place du Pont à Montchat. Ce qui serait à étudier, pour améliorer la subsidiarité, c’est un autre rapport à la population diversifiée et nombreuse. Notamment les conseils de quartier et qui, actuellement, prennent comme référence un plan de mandat : plan d’une métropole élaboré pour un développement centralisateur et ignorant, malgré les références, l’épanouissement de villes comme Barcelone, Manchester, Milan ou Dusseldorf.
    2020 comme date “objectif” révèle une date de réélection.
    – Le rapport Balladur a le grand mérite de, non seulement dévoilé ce qu’est notre pays dans sa structure administrative et fiscale, mais de suggérer des points d’ancrage. Ces derniers sont des propositions pour améliorer économiquement le positionnement de régions françaises, articulées par 11 métropoles. Il traite du “Grand Paris”, des DOM-TOM et de la Corse. Mais à aucun moment il semble dicter une mutation au “forceps”, laissant aux collectivités le soin de s’accorder.
    Car quelle que soit l’histoire de la France, cette dernière n’est qu’un pays moyen qui s’érode tant son centralisme balaie, par ignorance ou intérêt, les multiples richesses d’inventivité. Las, le français se plie ou s’exile pou laisser des préférences nationalistes s’exprimer.
    Les protestations concernant ce rapport sont surtout cocardières, plus rarement objectives : le cas “Picardie” démontre l’emploi de l’ignorance et l’opinion de notre Maire est franchement pharisien. Qu’il regarde sa propre écuelle avant de juger.

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