Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Assez de SMA ?

Lors du « jeudi noir » de la semaine dernière, le service minimum d’accueil (SMA), mis en place par la Ville de Lyon, a accueilli très peu d’élèves. Cela amène-t-il à contester l’utilité d’un SMA ? Il serait osé de répondre par l’affirmative.

 

Très peu de parents ont donc eu recours au SMA en ce jour de grève. Est-ce une surprise ? Franchement non, comment pouvait-il en être autrement ? C’est surtout le SMC, service minimum de communication, qui a été à l’œuvre. Témoignage de parent, il faut bien constater que si l’on était informé, le cas échéant, de l’absence de l’instituteur, voire de la fermeture de l’école, avec la consigne insistante de trouver sa propre solution de garde, il fallait être curieux et réactif pour connaître les modalités du SMA (c’est-à-dire les trois gymnases ouverts pour l’occasion sur l’ensemble de la ville). Il est assez étonnant de voir comment les élus de l’équipe municipale actuelle, toujours prompts à communiquer largement sur leurs faits et gestes (même lorsque ces derniers ont peu de liens avec leur mission), se font silencieux quand il s’agit de mettre en œuvre un service essentiel…

 

Ensuite, on peut comprendre que des parents, même sans solution de garde, soient plus que réticents à emmener leurs enfants dans un gymnase qu’ils ne connaissent pas, souvent loin de leur domicile. Et cela d’autant plus que les élus de gauche n’ont cessé de tenir des discours sur le manque de sécurité du SMA. Trois gymnases pour toute la ville ! Encore plus fort, pour la prochaine grève, je propose une approche intercommunale, avec la réservation d’Eurexpo pour que toutes les familles de Rhône-Alpes y amènent leurs enfants ! De qui se moque-t-on ?

 

Pour ce qui est du 3e, on peut aussi remarquer que le groupe scolaire situé à proximité du gymnase ouvert pour le SMA était relativement peu concerné par la grève.

 

Bref, une fois de plus, la Ville de Lyon a sans doute mobilisé une batterie de juristes pour voir comment faire le Minimum Minimum, tout en évitant la sanction de la justice. Le recrutement des volontaires pour assurer le SMA aura encore été purement formel, ce qui n’a pas permis d’offrir des solutions de proximité adaptées. Dans ces conditions, il est clair que ce ne pouvait pas être l’affluence. D’ici là à en déduire que les grèves à répétition dans l’enseignement ne posent pas de problèmes aux parents…

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6 Comments

  1. Clémence

    Pour vous faire part de mon expérience de ce “jeudi noir” j’ai été contrainte de rester à mon domicile pour garder mes enfants.
    Ce qui commence à poser de sérieux problèmes avec mon employeur qui a du mal à comprendre que je n’ai pas de solution de garde en cas de grève!
    Le service minimum devrait s’appliquer pour permettre aux personnes qui comme moi n’ont pas de solutions de repli de pouvoir faire garder leurs enfants.

  2. J’avais lors du conseil du huitième arrondissement en novembre, dénoncé le choix de la ville de Lyon de ne pas mettre en oeuvre le SMA… en se cachant derrière des difficultés techniques. L’attitude lors de la grève de Jeudi (dont tu décortiques fort bien les tenants et aboutissants dans ce post) s’inscrit dans la continuité. Les lyonnais si ils en sont informés, ne seront pas dupes longtemps, le choix de Gérard Collomb est avant tout politique, les difficultés des parents pèsent bien peu au regard d’un “petit” coup de pouce à ses amis syndicats enseignants !

  3. catelin

    Bonjour,
    Je comprends la situation de Clémence mais elle l’une des parties victime de responsabilités diverses :
    – l’employeur ne peut déroger aux “contrats ou obligations”, par exemple en prévoyant une gêne salariale due à une grève. Il ne peut se retourner à ce jour ou dans le futur contre son personnel. Mais c’est une des habitudes malsaines de la subordination salariale qui efface chez l’employeur toute responsabilité “hors les murs”,
    – la Ville savait depuis fort longtemps que cette grève engendrerait des dysfonctionnements, au niveau notamment des entreprises. Elle aurait dû, dans sa responsabilité étendue, créer une logistique coordonnée avec les représentants patronaux. C’est une carence d’exécution de sa part,
    – l’Etat, dans sa précipitation officielle d’éviter des gênes dues à des grèves a omis de mesurer l’ampleur des erreurs suceptibles d’apparaître. Officieusemente, soyons fair play, ce fut la mesure discrète pour atténuer des mouvements.
    En matière de droit, le Coutumier permet de construire des textes conformes (ou tendant à..) aux us et coutumes. L’écrit prescrit, et par là même ouvre la porte à des excès ou subtilités ignorées. D’où une jurisprudence touffue.
    En matière politique, le SMA notamment, crée des conflits entre parties, plus qu’il ne résout le fond du problème. La grève outil ultime pour l’ensemble des pays dits développés, est en France généré par une complicité politico-syndicale par épreuve de force. Chacun tient son discours et se concerte pour le tenir.

  4. admin

    @ Catelin,
    Je ne crois pas que le SMA crée des conflits entre parties. Il ne vise bien sûr pas à créer une école de substitution, et de ce fait, ne limite pas l’effet d’une grève. Chacun peut bien comprendre que même avec un SMA bien organisé, personne ne souhaiterait la poursuite de la grève, et notamment pas les parents, pour lesquels c’est bien l’éducation de leurs enfants qui compte. Quant à l’ampleur de l’organisation pour assurer le SMA, encore une fois, avec un peu de méthode et de bonne volonté, on peut mettre en place un service de proximité répondant aux besoins. Ce serait un vrai service qui mérite les moyens et efforts à y consacrer… surtout quand on voit comment certaines collectivités s’égarent dans des actions “non prioritaires”, annexes par rapport à leurs missions.
    Dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales, je vois que beaucoup d’élus réclament le maintien de la clause générale de compétences pour les communes, pour pouvoir faire face à tous les besoins importants des administrés… alors pourquoi pas pour le SMA.
    Pierre Bérat

  5. catelin

    @admi

    “..un SMA bien organisé…avec un peu de méthode et de bonne volonté..”.
    Seulement voilà, ces qualités sont subordonnées à une mutuelle coopération syndicalo-politique, d’où l’on exclut toute opinion purement opposante de principe.
    D’où l’emploi du mot, conflit.
    Je l’ai vécu il y a quelques décennies, ou toute proposition était rejetée par principe d’opposition. Il me souvient que votant à l’encontre de mes pairs patronaux, un texte sur la sécurité, je fus désavoué par ceux là. Et pourtant ce texte fut un aménagement matériel bénéfique et pour les entreprises et pour les salariés.
    Pour la petite histoire, nous nous décomptions en début de séance, pour savoir
    qu’elles étaient les chances de l’emporter. Avec la déclaration liminaire de la CGT..
    Triste époque, mais il me semble qu’elle n’est pas révolue.
    Je ne connais le texte concernant le SMA, que par voie de presse. Tout texte qui pour de multiples raisons anticipe, repose sur des béquilles.
    Mais celà n’épargne pas la Ville de Lyon de son devoir vis à vis de ses administrés. Elle n’est pas, contrairement à ce que l’on croit, parée à toute épreuve juridique.

  6. PORTO

    C’est dommage que le sparents qui ont du rester chez eux n’aient pas su que le service minimum d’accueil (SMA) été possible cette fois à Lyon. Pour seulement 270 enfants … mais tout de même seul 7 enfants en ont bénéficié. La faute à un manque de communication et d’information … selon moi, mais qui peut être analysé comme un “non besoin” de la part des parents ?!!!

    A suivre

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