Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Auteur : Pierre BERAT Page 1 of 73

Les temps actuels appellent la clarté

Les Français sont de moins en moins sensibles aux consignes de vote, chacun fait ses choix en conscience. Mais pour autant, sans doute apprécient-ils la clarté de ceux qui sont engagés dans le débat public… notamment pour un scrutin aussi crucial qu’un 2e tour d’élection présidentielle.

Pour ma part, lors de cette échéance, je voterai pour Emmanuel Macron. Et je me reconnais bien dans les raisons invoquées par Nicolas Sarkozy : “Je crois qu’il a l’expérience nécessaire face à une grave crise internationale plus complexe que jamais, parce que son projet économique met la valorisation du travail au centre de toutes ses priorités, parce que son engagement européen est clair et sans ambiguïté”.

Pour ce qui est de Marine le Pen, je pense que son projet serait néfaste pour la France. Son approche populiste en matière de pouvoir d’achat et sa démagogie sur les retraites, si elles feraient plaisir quelques mois, ne manqueraient pas de creuser encore notre déficit public et donc la dette, après deux ans de crise sévère, et d’effacer rapidement les gains de compétitivité que notre pays a réalisé ces dernières années. Cela se traduirait par un affaiblissement économique et donc, à terme, par moins de croissance et moins d’emplois. Pour ma part je ne souhaite pas une France « péroniste ». Par ailleurs, au moment où l’Union européenne doit être une réponse aux grands défis auxquels nous faisons face (souveraineté économique, défense du continent, transition énergétique, immigration économique…), je ne souscris pas bien sûr au projet de Marine Le Pen de détricoter l’Europe et de paralyser les politiques européennes. Ce serait une erreur stratégique. Et alors que la Russie a déclenché une guerre en Europe, on ne peut par ailleurs mettre en place un chef de l’État ambigu avec les dirigeants de cette puissance voisine. Ce serait une faute tragique. Et enfin, je ne veux pas, pour notre démocratie, une évolution à la Hongrie d’Orban.

Mon choix est donc clair et je souhaite que se mette en place une majorité présidentielle avec un nouveau contour et notamment un pôle de droite ouverte et responsable, clairement identifié et pris en compte. Je compte sur Edouard Philippe pour cela et c’est la raison pour laquelle j’ai rejoint Horizons en novembre dernier et que j’avais rejoint La France audacieuse de Christian Estrosi au printemps précédent.

Je salue les élus LR qui ont annoncé qu’ils voteront pour Emmanuel Macron, voire qui en appellent à une nouvelle majorité de responsabilité. En revanche je regrette le non choix, le silence ou les explications confuses d’autres responsables au plan local, surtout quand ils sont candidats aux législatives. Mais cela ne me surprend pas. J’ai pris mes distances avec LR après avoir constaté que le mouvement avait laissé Etienne Blanc prendre le contrôle au moment des municipales, malgré une ambiguïté politique vis-à-vis de la ligne Zemmour qui n’a fait que se renforcer avec le temps. Face à une échéance aussi importante que cette élection présidentielle, celui qui se veut engagé en politique ne peut se réfugier dans le non-choix, le silence ou les positions alambiquées.

Une fois de plus, l’idéologie ne prime-t-elle pas sur le pragmatisme ?

La majorité métropolitaine verte-rouge, avec l’appui de celle de la Ville de Lyon, a lancé une modification du Plan local de l’urbanisme et de l’habitat (PLUH). Une enquête publique est en cours sur ce projet, avant son vote dans quelques mois.

Je me suis exprimé dans le cadre de cette enquête sur le point 365 qui vise à diminuer les exigences de réalisation de places de stationnement dans les constructions neuves dans une partie importante de Montchat et de Villette-Maisons neuves.

D’apparence très technique, et surtout très difficile d’accès (pour analyser les choses il faut jongler entre le projet de modification, des cartes et le règlement actuel du PLUH…), ce point 365 est en fait loin d’être mineur car il renvoie à la question d’avoir un véhicule en ville.

Les PLUH définissent en effet des exigences minimales de réalisation de places de stationnement dans les constructions neuves d’habitation ou de bureau avec la logique suivante : quand on est proche d’une ligne forte de transport en commun (métro, tram), les exigences sont moins importantes car il est de ce fait plus facile de trouver une alternative à l’usage de la voiture particulière. C’est notamment le cas dans l’hyper-centre. On comprend bien que quand on réalise un immeuble de bureau proche d’une station de métro, qui sera occupé par beaucoup de personnels, on peut limiter le nombre de stationnements de l’immeuble pour inciter à ce que les déplacements domicile-travail se fassent en métro.

Mais vouloir généraliser cette pratique à tous les quartiers peut devenir problématique. Et c’est, à mon avis, ce qui se produit avec cette modification proposée.

Au motif de la densité de la desserte en bus sur les avenues Félix Faure, Lacassagne et route de Genas, il est ainsi proposé pour l’Est de Villette, le secteur Feuillat et un vaste secteur central du quartier de Montchat (entre approximativement l’avenue des Acacias-cours Dr Long au Nord, l’Est de l’arrondissement, l’avenue Lacassagne au sud et la rue Feuillat à l’Ouest) les évolutions suivantes :

  • Pour les logements neufs : passage de 1 place de stationnement pour 65 m² de surface (avec au moins 1 place par logement) (PLUH en vigueur) à 1 place pour 75 m² (avec une moyenne d’au moins 0,9 place par logement) (PLUH proposé).
  • Pour les immeubles de bureaux : 1 place pour 120 m² de surface (PLUH actuel) à 1 place pour 160 m² (PLUH proposé).

Cette modification amène à se poser les questions suivantes.

Celle de l’alternative « transports en commun » pour les déplacements : dans ces secteurs, peut-on vraiment considérer que la desserte en bus est dense et performante, même à l’horizon de la réalisation du Bus à haut niveau de service sur la route de Genas ? Répond-elle à tous les besoins de déplacement des habitants des quartiers ? Pour ma part je pense que la réponse est non. Si la desserte de la Part-Dieu est bien fournie, ce n’est pas du tout le cas pour les déplacements directs vers la Presqu’île/Confluence ou en Nord-Sud. Par ailleurs cette mesure ne prend pas en compte le fait que des personnes font le choix d’habiter dans l’Est de la Ville (et du 3e) pour être proches du boulevard périphérique et de l’A40/A43 parce qu’ils ont besoin de se déplacer en voiture pour leur activité professionnelle.

Cette mesure ne va-t-elle pas avoir pour effet de simplement compliquer la situation du stationnement sur voirie qui est déjà très tendue dans ces secteurs ? Il y a en effet beaucoup d’immeubles anciens dans ces secteurs qui ne comportent pas de stationnement en sous-sol. Par ailleurs, les constructions neuves se font en général à la place de maisons individuelles ou de petits immeubles, ce qui se traduit par une densification de l’habitat et donc de la population en plus. Si on oblige demain à construire du neuf avec moins de places de stationnement, il y aura encore plus de véhicules stationnés sur la voirie dans ces secteurs au stationnement non payant… or il est déjà très difficile de se garer à Villette Est et à Montchat centre.

Bref, cette modification me semble d’abord être motivée par l’idéologie. C’est un exemple de l’approche anti-voiture, aveugle et excessive, des majorités métropolitaine et municipale. Oui il faut inciter à réduire l’usage de la voiture en ville mais cela doit se faire sans contraindre à ne plus avoir de voiture quand on habite en ville.

Vous pouvez donner votre avis dans le cadre de l’enquête publique jusqu’au 5 avril à 16H via ce lien.

Perceptions de l’élection présidentielle

Il y a bien longtemps que je n’avais pas vécu une campagne présidentielle de l’extérieur. C’est le cas cette année, après mon départ de LR au printemps 2021 (rappel sur les raisons de ce départ). Je dois dire que la perception de l’élection est de ce fait très différente ; il n’y a pas l’exaltation de la mobilisation sur plusieurs semaines mais voir la situation avec plus de recul ne manque pas d’intérêt.

Après la campagne des municipales/métropolitaines 2020, celle des régionales en 2021, voici une nouvelle échéance démocratique qui ne se déroule pas dans des conditions « normales », avec la crainte de faire face à un nouveau rendez-vous manqué.

Mais dans le même temps, la terrible guerre qui frappe les Ukrainiens fait aussi que cette élection présidentielle amène à aborder (pour une fois) l’essentiel. Depuis quelques semaines, en tant qu’Européens, nous avons basculé dans un nouveau monde, avec le rappel, comme la Covid l’avait fait d’une autre manière, que rien n’est jamais définitivement acquis. Nous savons maintenant qu’une invasion est possible en Europe, nous apprenons tous les jours que cette guerre tue des soldats mais aussi des civils, nous voyons tous les jours que des millions d’Ukrainiens perdent tout en prenant le chemin de l’exode et nous sentons que cette situation peut dégénérer et nous toucher directement.

Il s’agit sans doute de la campagne présidentielle de la Ve République où nous percevons le plus l’importance de ce moment démocratique qui voit la Nation choisir son Chef de l’Etat et son Chef des armées. Ce contexte de guerre en Europe amène à se (re)poser des questions clés : sommes-nous prêts à faire face à la situation que connaissent les Ukrainiens, avons-nous des moyens suffisants et adaptés pour nous défendre, sommes-nous prêts à faire des efforts pour contribuer à redresser la situation ? On peut en douter quand on entend certains candidats qui sont d’accord pour des sanctions contre la Russie… à la condition que cela ne présente pour nous aucun désagrément.

Cette guerre pose aussi la question européenne sous un autre angle, avec la nécessité de penser les choses au niveau continental. Voilà, maintenant peut-être pouvons-nous sortir de la comédie et des postures sur les questions européennes, peut-être pouvons-nous un peu moins entendre ceux qui vivent politiquement de la critique de l’UE pour s’atteler aux vraies questions. Sur quoi s’entendre entre partenaires de l’UE sur les menaces auxquelles nous faisons face, comment avançons-nous pour peser dans le monde à la hauteur de notre potentiel collectif ? Et que doit faire la France dans ce contexte, avec ses spécificités en matière de défense et de diplomatie ?

La résistance des Ukrainiens, la mobilisation de toute cette Nation, forcent notre respect. Cela doit aussi nous interroger sur notre propre capacité à une telle résistance, sur notre cohésion nationale, alors que notre pays fait face aux velléités séparatistes d’acteurs de certains quartiers et que dans le même temps, des personnalités ont fait preuve ces dernières années de fascination pour des puissances étrangères, la Russie bien évidemment, mais d’autres également…

Cette élection présidentielle doit aussi être celle du choix du chemin à emprunter pour assurer notre prospérité et le futur de nos enfants. La crise de la Covid a nécessité une mobilisation très importante de la dépense publique. La guerre en Ukraine et le choc énergétique qui en résulte vont encore nécessiter un soutien public conséquent. Mais pour la suite, il faut être clair sur les efforts qui seront nécessaires et sur les forces à libérer pour que notre pays crée suffisamment de richesses pour alléger sa dette, financer ses investissements et répondre aux besoins liés au vieillissement, à l’éducation et à la transition écologique. Il serait dramatique que nous sortions de ces crises en pensant “qu’on peut bien tout se payer sans rien faire, on l’a vu pendant le Covid”…

Concernant la transition écologique, je lis que M. Jadot et les Verts déplorent que la lutte contre le réchauffement climatique ne soit pas plus présente dans la campagne. Peut-être doivent-ils se demander s’ils n’en sont pas les premiers responsables, après avoir exaspéré de nombreux Français par les mesures décalées et idéologiques de leur écologisme municipal !

Un chemin pour une relance de l’Europe ?

Une fois passée la polémique du drapeau de l’Arc de triomphe, on ne peut pas dire que la présidence française de l’Union européenne (PFUE) occupe le devant de la scène médiatique. Faut-il s’en étonner alors que quelques sujets arrivent tout juste à surnager dans cette triste (pré)campagne présidentielle ? S’en étonner non mais s’en inquiéter oui… quelle frustration de voir le niveau du débat politique dans notre pays ! On en prend d’autant plus la mesure quand on prend connaissance de l’accord qui a été noué par les partenaires de la nouvelle coalition en Allemagne. Je ne partage pas les orientations politiques de cette coalition mais on ne peut que constater que cet accord a abordé avec précision tous les sujets à enjeux.

Dans ce contexte politique national, Les Echos et l’Institut Montaigne ont publié le 6 janvier un intéressant sondage sur « Les Français et la PFUE » qui donne en fait une photo de la perception de l’Europe par les Français.

1er enseignement marquant à mon avis, si le regard des Français sur l’Union européenne demeure mitigé, la tendance ne semble pas aller vers un approfondissement du divorce : 39 % pensent que l’appartenance à l’UE présente autant d’avantages que d’inconvénients, 27 % qu’elle a plus d’avantages que d’inconvénients et 33 % qu’elle a plus d’inconvénients que d’avantages (mais une part en baisse de 6 points par rapport à 2016). Il semble donc y avoir un espace pour construire quelque chose.

C’est d’autant plus le cas que ce qui devrait constituer la valeur ajoutée de l’Europe semble mieux identifié : ainsi, si 43 % des Français pensent que la France doit produire sur son territoire tout ce dont elle a besoin, presque autant (40 %, + 3) pensent que la France doit s’entendre avec les pays de l’UE pour produire ensemble ce dont ils ont besoin. Une vision qui semble plus en adéquation avec les réalités économiques, financières et technologiques, dans un monde où d’autres puissances sont à l’oeuvre.

De la même façon, on constate que des propositions françaises, qui traduisent bien les priorités de l’UE en termes de valeur ajoutée pour ses Etats membres, sont largement approuvées par les Français : davantage réguler les grandes entreprises du numérique (83 % de favorables), taxer les produits importés dans l’UE dont la production est considérée comme trop polluante (81 %), faire converger les bas salaires (75%).

Il semble donc y avoir une voie pour redonner un élan à l’Europe.

Mais pour ma part il reste une interrogation. Ce sondage montre que ce sont les 35-49 ans qui sont les plus nombreux à exprimer un « rejet » de l’UE. Ils sont 40 % à lui trouver plus d’inconvénients que d’avantages et 63 % à considérer que l’euro a été une mauvaise chose. Pourquoi les Français nés entre 1972 et 1986 sont-ils aussi sévères ou désabusés ? Ce sont les enfants de la crise économique des années 70-80, ceux aussi qui ont assisté jeunes au renforcement de l’intégration européenne, au lancement de l’euro, à l’élargissement de l’UE… cela semble bien le signe d’une attente de réponses plus efficaces à nos défis.

L’apaisement viendra de l’équilibre pas de la contrainte

Comme sans doute la plupart d’entre vous, j’ai constaté cette semaine que cette fois, la fin des vacances était bien là, avec des rues engorgées comme je l’avais rarement vu, et ce tous modes confondus… On voit aussi qu’un retour « à la normale » post-covid est à l’œuvre.

J’ai entendu sur Lyon Mag Fabien Bagnon, Vice-Président à la voirie de la Métropole de Lyon, évoquer « une attente d’apaisement de la voirie assez généralisée », dans le contexte de projet d’instaurer les 30 km/h dans toute la ville, sauf quelques axes.

Sur ce projet « 30 km/h », la seule question qui vaille est de savoir si cela améliore la situation en termes de sécurité. Si l’objectif caché est, une fois de plus, de contraindre les automobilistes à abandonner leur mode de transport, c’est bien sûr beaucoup plus discutable. D’autant plus quand on prend en compte tout l’argent public qui a été consacré à des aménagements de sécurisation « zones 30 km/h » ces dernières années.

La politique de la contrainte, nous la voyons bien sûr à l’œuvre avec les mesures prises par les nouveaux élus écolos : des voies « modes doux » à des endroits plutôt « décalés » peu fréquentés par les modes doux, des rues fermées alors que les entrées des écoles se font ailleurs,…  décisions dont on voit mal en quoi elles contribuent à la sécurité ou à la réduction de la pollution…

Pour en revenir à l’apaisement prôné par Fabien Bagnon, on doit bien sûr reconnaître que oui, c’est souhaitable. Circuler à Lyon, c’est effectivement plutôt la jungle. Mais d’abord contrairement au Vice-Président, je pense que cette recherche d’apaisement concerne les utilisateurs de tous les modes. Il y a bien sûr des comportements d’automobilistes inacceptables. Mais pour utiliser quotidiennement les voies « modes doux », je constate aussi des comportements de cyclistes qui ne poussent pas à l’apaisement : vitesses excessives sur des voies étroites, dépassement à grande vitesse sans distance de sécurité, personnes incapables de rester dans une file au feu et qui dépassent tout le monde pour se positionner devant…

Ensuite, je crois que l’apaisement ne viendra pas de la contrainte. Décider d’aménagements inutiles, incohérents, punitifs… ne peut qu’exaspérer les usagers. Les mesures qui vous gênent peuvent d’autant plus être acceptées qu’elles sont légitimes.

Le vrai sujet c’est de parvenir au bon équilibre entre les modes de déplacement : car on a encore besoin de tous les modes. S’il est nécessaire de continuer à réduire les trajets automobiles en ville, il faut admettre que c’est un mode de déplacement qui reste nécessaire dans certaines situations personnelles ou professionnelles, pour certaines personnes… Il doit donc encore être possible de circuler en voiture particulière. Pour ce qui est des cyclistes, des usagers de trottinettes ou bien sûr des piétons, il faut offrir des itinéraires pratiques et sûrs, et ce sur l’ensemble du parcours. La priorité doit donc aller au traitement des points faibles de ces itinéraires. Et en la matière, il reste beaucoup à faire… Quel écart entre les grands discours théoriques de nos élus écolos et les situations locales concrètes !

Le Progrès évoquait cette semaine le tragique accident qui avait coûté la vie à Nathalie qui circulait en vélo au niveau du carrefour Félix Faure/Lacassagne. Deux ans après, un premier niveau d’aménagement de sécurisation (marquage de la continuité cyclable dans le carrefour, rebouchage des trous dans la chaussée) n’a même pas encore été réalisé…

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