Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Auteur : Pierre BERAT Page 1 of 73

Réflexions et clarifications d’après “vague” verte

Dans le prolongement du 1er tour, le 2e tour des élections municipale et métropolitaine à Lyon se traduit par une nette victoire de la coalition entre les Verts, la gauche et l’extrême gauche. On ne peut que le constater, pour ces élections du 15 mars et du 28 juin, une partie de la population, motivée par le programme des Verts, s’est bien mobilisée. Sans doute une partie de cette électorat du 2e tour n’a pas bien intégré que ce programme allait se traduire par des mesures portées par l’extrême gauche…

Cette victoire est néanmoins incontestable, c’est le jeu de la démocratie. C’est maintenant à cette nouvelle majorité de prendre les commandes, et nous savons que la situation économique et sociale du pays nécessite que les collectivités soient dirigées sans tarder. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’était à mon avis pas souhaitable de décaler les élections de plusieurs mois, à partir du moment où la situation sanitaire permettait la tenue du 2e tour.

Les Verts et leurs alliés de gauche et d’extrême gauche vont donc gouverner notre Métropole et notre Ville. Peut-être peut-on suggérer aux nouveaux élus de faire particulièrement preuve d’humilité et de retenue, d’une part parce que leur élection se fait avec une énorme abstention, et que l’adhésion des habitants à leur programme est donc limité et, d’autre part, parce que chacun doit bien prendre en compte le contexte nouveau de la crise économique et sociale post Covid.

Autre constat en effet incontournable : celui d’une abstention de haut niveau durable. Le 2e tour n’a pas changé la donne. Difficile d’en déterminer les raisons, et surtout leur part respective. Mais il faudra bien comprendre le phénomène, tant il interroge sur le fonctionnement démocratique. Il revient à notre famille politique de faire un travail de propositions, pour éviter qu’une telle vague verte se renouvelle lors des futurs scrutins, notamment pour les élections nationales de 2022.

Dans ce contexte, notre mouvement politique a donc perdu ces élections municipale et métropolitaine. Et je suis bien sûr très déçu que notre liste ne l’emporte pas dans la circonscription Lyon Est de l’élection métropolitaine… A ce sujet, je veux revenir sur la décision de s’allier pour ce 2e tour avec les listes « Un temps d’avance » de Gérard Collomb. Comme je l’avais écrit, je maintiens que c’était une décision responsable, reposant sur un accord sur l’essentiel pour répondre aux défis de la crise économique et sociale et proposer une alternative crédible au projet de l’alliance Verts-Extrême gauche. Maintenant, sans doute que la communication n’a pas été adaptée entre les deux tours et que trop de Lyonnais ont compris cette alliance comme la poursuite du mandat de Gérard Collomb.

Quelques mots aussi sur la « honte des procurations » qui décrédibilise notre système étatique. Depuis mars, chacun s’est ému de la faible participation et a appelé à assouplir le système des procurations, voire du vote, pour encourager la participation. Les administrations et les parlementaires ont sans doute passé beaucoup de temps (et donc d’argent) sur le sujet. Et au final, un petit aménagement dans la dernière ligne droite, qui ne simplifie en rien le processus des procurations… pire, de nombreuses procurations n’ont pas été prises en compte pour une question de délai. Franchement, c’est la honte pour notre démocratie, à l’heure de la société 4.0… une parfaite illustration de nos pesanteurs étatiques.

Pour terminer, quelques mots aussi sur mon départ du Conseil du 3e arrondissement. C’est bien sûr pour moi un déchirement tant j’ai apprécié défendre les intérêts des quartiers de notre arrondissement dans cette enceinte.

Je tiens à bien préciser que ce départ du conseil du 3e arrondissement n’est pas volontaire ou un choix déterminé comme certains ont voulu le faire croire. Indépendamment de mon engagement dans l’élection métropolitaine, c’est parce que les leaders locaux LR pour l’élection municipale n’ont pas souhaité ma présence sur la liste que je n’y étais pas. Je peux le préciser maintenant que la campagne est terminée. C’est important pour moi de le dire car je ne veux surtout pas que les habitants du 3e pensent que j’avais abandonné l’arrondissement…

Marre de ces incohérences

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ces dernières semaines la situation sensible en matière de sécurité et de tranquillité publique dans cette période de déconfinement… nous étions encore hier soir à Montchat avec Hélène Baronnier pour rencontrer des habitants excédés suite à de nouveaux incendies volontaires de véhicules dans la rue… il y a quelques jours, c’était rue Baraban que sept véhicules étaient incendiés.

Un autre aspect des débordements est celui de l’occupation nocturne des parcs et jardins, avec leur lot de nuisances pour les riverains. Les soirées estivales arrivant, finie la quiétude pour ces riverains parce que la fermeture de ces espaces publics n’est pas respectée. Un habitant confronté à cette situation récurrente autour du Parc Kaplan, en réponse à sa demande que soit fermé le parc selon les horaires du règlement, a reçu l’explication suivante “Le nombre de ces espaces sécurisés est en diminution compte tenu des nouvelles contraintes financières qui pèsent sur les collectivités territoriales (notamment de la baisse des dotations de l’Etat).”

On apprend ainsi que sur notre 3e arrondissement, ce service essentiel de la maîtrise des espaces publics n’est pas assuré de façon systématique ; à chaque espace ses règles de gestion ou l’absence de règles… et c’est l’argument des économies budgétaires qui est avancé. Nous sommes bien pourtant là sur une mission essentielle de la collectivité.

Donc manque d’argent… mais dans le même temps nous assistons au spectacle consternant de l’aménagement cyclable de la rue Ferdinand Buisson à Montchat. Un aménagement qui dès l’origine a été mal conçu, avec notamment des bordures de séparation peu visibles qui sont causes d’accident et qui, par ailleurs, empêchent les girations depuis certaines rues perpendiculaires.

Un défaut de conception qui aurait pu être facilement évité ; il suffisait de consulter les riverains qui connaissent les usages de leur rue.

Ce défaut de conception a été maintes fois signalé depuis quelques mois auprès de l’adjoint à la voirie de la Mairie du 3e, Laurent Peiser. Je l’ai encore fait lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement. Mais c’est un Laurent Peiser sûr de son fait, niant les problèmes, qui a répondu “circulez y’a rien à voir”. Et pourtant, ces derniers jours, plusieurs interventions de la voirie sont venues compléter l’aménagement… sans grand succès puisque ces compléments sont immédiatement dégradés (voir photo).

Visiblement, si la baisse des dotations impacte la fermeture des parcs et jardins, elle n’impacte pas les expérimentations hasardeuses sur la voirie

Election métropolitaine : notre lettre aux habitants de Lyon Est

Voici la lettre que nous adressons aux électeurs de Lyon Est dans la perspective du 2e tour des élections à la Métropole de Lyon

Madame, Monsieur,

Le 28 juin prochain, vous déciderez de l’avenir de notre Ville et de notre Métropole. Candidats à l’élection métropolitaine pour Lyon-Est, nous tenions à nous adresser à vous personnellement.

L’histoire de Lyon est singulière : les femmes et hommes politiques locaux ont toujours su, au-delà des consignes des partis politiques parisiens, bâtir un modèle de développement fait d’échanges, de dialogues et de modération. C’est à ce modèle de gouvernance, unique en France, envié par de nombreuses villes, que notre territoire doit son attractivité.

Fidèles à cette tradition de notre Ville, nous faisons, une nouvelle fois, le choix de dépasser les vieux clivages pour saisir ce qui nous rassemble afin de porter un nouveau destin pour la Métropole de Lyon.

Nous voulons un territoire équilibré, au sein duquel la solidarité, l’économie et l’écologie ne s’opposent pas mais, au contraire, s’additionnent. Une Ville durable, où malgré la crise sanitaire, l’économie demeure solide et capable de financer les investissements pour faire face aux besoins des habitants. Une Métropole ambitieuse, qui sait créer des emplois et distribuer ses richesses pour toutes et pour tous. Une Ville plus sûre qui protège ses habitants.

Pour les quartiers de Sans Souci – Dauphiné, Villette – Paul Bert et Montchat, qui composent la circonscription Lyon-Est, nos priorités seront :

• Une nature plus présente dans la ville, en proposant des continuités vertes entre les parcs du 3e Est, une extension arborée de l’Esplanade Mandela, une ouverture du Parc Chambovet vers l’avenue Lacassagne avec la préservation de l’intégralité des espaces verts de la clinique Trarieux.

• Une antenne de proximité de la Métropole pour effectuer toutes les démarches en matière de solidarité (handicap, seniors, petite enfance) et l’expérimentation d’une navette pour faciliter le déplacement des seniors vers les centres de quartier.

• Dans le cadre d’une présence de proximité renforcée des forces de police et du développement de la vidéoprotection, une action volontariste pour favoriser la coopération entre les polices municipales dans les secteurs du 3e à la limite de Bron et Villeurbanne.

• Une politique en faveur des collégiens qui renforce le soutien scolaire, pour rattraper le retard de la période du confinement, avec une action déterminée contre le harcèlement scolaire.

• Une mobilité facilitée en transports en commun en réalisant l’extension du Tramway T6 vers Villeurbanne et en améliorant la desserte de Ferrandière-Maisons neuves et la liaison entre Montchat centre et Dauphiné-la Part Dieu.

• Un cadre de vie de qualité, respectueux de l’identité des quartiers, avec des secteurs commerçants dynamiques.
Après la crise sanitaire, nous voulons construire un monde post-COVID plus agile, plus proche des réalités des territoires. Il doit donner une priorité au local, à l’éducation pour remettre les valeurs de justice sociale, de responsabilité, de solidarité, de développement durable au cœur de notre société.
C’est ce modèle lyonnais de développement que nous voulons porter, ensemble, unis, par-delà nos différences d’hier. François-Noël BUFFET, en tant que Président de la Métropole de Lyon, saura ainsi continuer à œuvrer au développement de notre Métropole comme l’a fait Gérard COLLOMB : une Métropole qui rayonne, avec un urbanisme maîtrisé, des transports multiples et adaptés à chacun d’entre vous, une Métropole avec une économie en croissance, permettant la création d’emplois, avec le respect et le développement des zones vertes, avec une solidarité efficace (petite enfance, insertion, personnes âgées et/ou handicapées).
Le 28 juin c’est vous qui déciderez de l’avenir de Lyon et de la Métropole.
Vous pourrez choisir entre deux visions. D’un côté, une coalition Verts – France insoumise – Front de gauche, inexpérimentée, guidée par l’idéologie et les consignes parisiennes et dont la politique (logique de décroissance, écologie punitive) ne manquerait pas d’aggraver les conséquences de la crise économique et sociale et de faire perdre les atouts de notre territoire.

De l’autre, notre rassemblement local, riche de sa diversité et de ses compétences, fidèle aux valeurs lyonnaises d’ouverture et de dialogue, déterminé à assurer un développement équilibré de notre Métropole.

Résolument, ensemble, nous vous invitons à choisir Lyon et à voter le dimanche 28 juin pour nos listes « La Métropole, la force du rassemblement ».

Carole BURILLON, Conseillère métropolitaine Pierre BERAT, Conseiller municipal

Explications

Nous serons donc présents au 2e tour des élections municipale et métropolitaine dans le cadre d’une alliance entre nos listes de la « Droite et du Centre » et les listes « Un temps d’avance » de Gérard Collomb et Yann Cucherat. Pour la circonscription métropolitaine Lyon Est, cette liste fusionnée sera conduite par Carole Burillon et je serai 2e. Hélène Baronnier (3e), Fabien Vicente (6e) et Luis-Georges Quintelas (8e) seront aussi sur cette liste.

Quelques mots pour vous expliquer mon point de vue d’acteur alors que vous avez pu être surpris et que vous vous posez de légitimes questions.

Pour ce qui concerne les élections métropolitaines, en tant que tête de liste de la Droite et du Centre à Lyon Est, l’une des deux circonscriptions lyonnaises sur six où nous étions en position de nous maintenir au 2e tour, la question de cette alliance s’est posée directement et très concrètement.

Le plus facile aurait été de se présenter au 2e tour avec la même liste. D’abord parce que cela aurait été poursuivre la campagne avec les 9 candidats qui ont formé une très belle équipe pour le 1er tour ; cela évitait que certains d’entre eux ne soient plus candidats. Je tiens à remercier Anne-Marie Derozier, Virginie Reymond, Jacques Rolland, Brigitte Fontanez et Jean-Edouard Guillermard pour leur implication dans notre campagne. Plus facile aussi bien sûr car cela aurait été porter un projet inchangé, intégralement défini par notre famille politique.

Mais l’explication du choix de la fusion avec les listes « Un temps d’avance » est très simple.

Le contexte politique et les résultats du 1er tour montrent qu’il y a une réelle possibilité que les Verts, alliés au PS, au PCF et à l’extrême de gauche de France Insoumise l’emportent le 28 juin, à la Ville et à la Métropole.

Cette alliance Verte-Rouge a bien sûr le droit de défendre son projet et de vouloir exercer le pouvoir.

Mais on a aussi le droit de dire que l’on considère que ce projet mettrait en péril le développement de la ville et de notre métropole et qu’il faut absolument chercher à l’éviter. Nous voyons ce qu’a provoqué cette politique à Grenoble en quelques années.

C’est ce que je pense parce que cette coalition Verte-Rouge porte en étendard une écologie qui est d’abord une vision idéologique, avec des mesures punitives, pour jouer sur des symboles plutôt que de trouver des solutions systémiques. C’est ce que je pense parce que cette coalition est constamment tentée par des logiques de décroissance, qu’elle théorise, alors même que la crise économique profonde post-Covid que nous allons connaître exige au contraire de déployer toutes nos énergies. C’est ce que je pense parce que cette coalition est, par idéalisme, laxiste sur les questions de cohésion nationale, de sécurité, de justice. Notre société troublée a besoin de tout sauf de perte de repères encore plus profonde.

Notre alliance a pour vocation de rassembler sur un projet alternatif de développement pour notre territoire : un projet avec en son cœur le développement durable, comme vision vertueuse globale, car c’est une nécessité pour notre qualité de vie, celle de nos enfants, et pour l’équilibre de notre développement ; un projet qui crée les conditions du rebond économique pour sauver l’emploi ; un projet qui contribue à rétablir les équilibres dans notre société.

C’est une alliance pour Lyon et sa métropole, et non pas un accord d’appareils politiques, au niveau local ou national.

Cette alliance, nous avons cherché à la bâtir avec les forces politiques les plus proches de nous. Et si nous avons des divergences avec l’équipe de Gérard Collomb, si nous nous sommes opposés à certains de ses projets, force est de constater que ces dernières années, sur le fond, le clivage s’est plutôt réduit. Par ailleurs, sur ses listes du 1er tour, il y avait des forces politiques centristes, le MODEM et l’UDI, avec lesquelles nous travaillons déjà à la Région. Enfin, point important, Gérard Collomb a accepté de ne pas postuler à la présidence de la Métropole, ce qui était une condition posée. C’est un geste fort.

Enfin, sur Lyon Est, je constate que sur deux sujets que nous avons portés lors de la campagne, la liste de Gérard Collomb s’était rapprochée de nos positions dès avant le 1er tour. Sur la nécessité de mieux préserver le cadre de vie de nos quartiers, Gérard Collomb avait admis que l’on était sans doute aller trop loin en termes de densification. Et sur la problématique de la sécurité et de la tranquillité publique, sa liste nous avait rejoint dans la proposition de créer un poste de police de proximité pour le 3e Est.

Voilà donc quelle est la situation.

Nous allons avoir une campagne de 2e tour finalement très politique, avec deux visions très différentes proposées aux électeurs. Le projet que nous porterons ne sera pas totalement le même que celui que nous aurions défendu seuls, mais il est celui de la responsabilité et donc du rassemblement.

Maintenant, ce sera à chacun de se prononcer le 28 juin, en conscience, et ce choix sera d’importance. C’est bien le propre de la démocratie.

Une reprise en main urgente de l’ordre public

COMMUNIQUE DE PRESSE

Visiblement, dans certains secteurs du 3e arrondissement, des bandes ont profité du confinement pour considérer qu’elles pouvaient s’approprier l’espace public. Depuis plusieurs semaines j’alerte la Maire du 3e sur cette situation. Hier soir, de graves débordements se sont de nouveau produits sur les hauts de Montchat. Une reprise en main de l’ordre public est urgente.

Les médias ont évoqué la situation inadmissible du secteur Péri-Guillotière où l’habitude a été prise de ne pas respecter les lois républicaines, que l’on soit ou non en période de confinement. Mais il ne faut pas croire que c’est le seul endroit problématique à Lyon. Dans le 3e arrondissement, des problèmes existants de sécurité et de tranquillité publique se sont aggravés pendant le confinement. Certaines bandes semblent plus que jamais considérer pouvoir s’approprier une partie de territoire.

Depuis plusieurs semaines, j’alerte Catherine Panassier, Maire du 3e arrondissement, sur la situation autour de la résidence des Charmilles à Montchat : regroupements dans la rue ou sur le parking de la résidence, rodéos dans les rues, bagarres, trafics, détériorations… A la fois Maire d’arrondissement et Présidente de Grand Lyon Habitat, elle devrait pouvoir réagir plus efficacement. Il en va de même dans le secteur des Maisons-neuves, à la limite de Lyon 3e et Villeurbanne : rodéos sur la rue Frédéric-Mistral notamment. Les habitants n’en peuvent plus de cette pression permanente et des menaces quand ils « osent se plaindre ».

Hier soir, une nouvelle escalade prévisible a été enregistrée avec des troubles sur les hauts de Montchat : rassemblement de plusieurs dizaines de personnes, circulations de véhicules qui klaxonnent, jets de pierre, tirs de mortier d’artifice. Un riverain a été molesté.

Il faut maintenant que la gravité de ces situations soit prise en compte et que des réponses soient apportées pour rétablir l’ordre public :

  • Réunion de crise de toutes les parties prenantes (polices nationale et municipale, justice, bailleurs sociaux…) pour examiner de façon globale la situation des fauteurs de troubles. Je demande que le conseil du 3e soit informé des réponses apportées,
  • Mobilisation beaucoup plus forte de la Police municipale, avec des rondes régulières qui ne se limitent pas à des passages de véhicules.

L’ordre public fait bien partie de la gestion des affaires courantes. C’est même une priorité.

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