Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Auteur : Pierre BERAT Page 1 of 72

L’apaisement viendra de l’équilibre pas de la contrainte

Comme sans doute la plupart d’entre vous, j’ai constaté cette semaine que cette fois, la fin des vacances était bien là, avec des rues engorgées comme je l’avais rarement vu, et ce tous modes confondus… On voit aussi qu’un retour « à la normale » post-covid est à l’œuvre.

J’ai entendu sur Lyon Mag Fabien Bagnon, Vice-Président à la voirie de la Métropole de Lyon, évoquer « une attente d’apaisement de la voirie assez généralisée », dans le contexte de projet d’instaurer les 30 km/h dans toute la ville, sauf quelques axes.

Sur ce projet « 30 km/h », la seule question qui vaille est de savoir si cela améliore la situation en termes de sécurité. Si l’objectif caché est, une fois de plus, de contraindre les automobilistes à abandonner leur mode de transport, c’est bien sûr beaucoup plus discutable. D’autant plus quand on prend en compte tout l’argent public qui a été consacré à des aménagements de sécurisation « zones 30 km/h » ces dernières années.

La politique de la contrainte, nous la voyons bien sûr à l’œuvre avec les mesures prises par les nouveaux élus écolos : des voies « modes doux » à des endroits plutôt « décalés » peu fréquentés par les modes doux, des rues fermées alors que les entrées des écoles se font ailleurs,…  décisions dont on voit mal en quoi elles contribuent à la sécurité ou à la réduction de la pollution…

Pour en revenir à l’apaisement prôné par Fabien Bagnon, on doit bien sûr reconnaître que oui, c’est souhaitable. Circuler à Lyon, c’est effectivement plutôt la jungle. Mais d’abord contrairement au Vice-Président, je pense que cette recherche d’apaisement concerne les utilisateurs de tous les modes. Il y a bien sûr des comportements d’automobilistes inacceptables. Mais pour utiliser quotidiennement les voies « modes doux », je constate aussi des comportements de cyclistes qui ne poussent pas à l’apaisement : vitesses excessives sur des voies étroites, dépassement à grande vitesse sans distance de sécurité, personnes incapables de rester dans une file au feu et qui dépassent tout le monde pour se positionner devant…

Ensuite, je crois que l’apaisement ne viendra pas de la contrainte. Décider d’aménagements inutiles, incohérents, punitifs… ne peut qu’exaspérer les usagers. Les mesures qui vous gênent peuvent d’autant plus être acceptées qu’elles sont légitimes.

Le vrai sujet c’est de parvenir au bon équilibre entre les modes de déplacement : car on a encore besoin de tous les modes. S’il est nécessaire de continuer à réduire les trajets automobiles en ville, il faut admettre que c’est un mode de déplacement qui reste nécessaire dans certaines situations personnelles ou professionnelles, pour certaines personnes… Il doit donc encore être possible de circuler en voiture particulière. Pour ce qui est des cyclistes, des usagers de trottinettes ou bien sûr des piétons, il faut offrir des itinéraires pratiques et sûrs, et ce sur l’ensemble du parcours. La priorité doit donc aller au traitement des points faibles de ces itinéraires. Et en la matière, il reste beaucoup à faire… Quel écart entre les grands discours théoriques de nos élus écolos et les situations locales concrètes !

Le Progrès évoquait cette semaine le tragique accident qui avait coûté la vie à Nathalie qui circulait en vélo au niveau du carrefour Félix Faure/Lacassagne. Deux ans après, un premier niveau d’aménagement de sécurisation (marquage de la continuité cyclable dans le carrefour, rebouchage des trous dans la chaussée) n’a même pas encore été réalisé…

Hommage à Max Dubernard, chirurgien-député

L’année dernière était célébré le 20e anniversaire de la première double greffe des mains. C’est avec stupeur et tristesse que j’apprends ce dimanche le décès de Jean-Michel Dubernard qui avait réalisé cette première mondiale, entrée dans la grande histoire médicale lyonnaise.

Après avoir milité des années à ses côtés, je veux rendre hommage à Max, chirurgien-député.

De 1986 à 2007, son expertise, sa connaissance de l’Hôpital et du monde médical en ont fait un parlementaire engagé à Paris, particulièrement actif et reconnu sur tous les sujets de la Santé et plus largement, sur les questions sociales. Il incarnait le député investi dans la durée pour faire avancer des sujets qu’il maîtrisait parfaitement ; l’expérience et la connaissance au service des politiques publiques.

Mais cette influence à Paris ne l’empêchait pas d’être pleinement engagé à Lyon, au cœur de sa 3e circonscription. Max, c’était aussi le député qui passait prendre son café à Monplaisir, présent aux AG des associations et dans tous les quartiers de cette circonscription très diverse, qui recevait à sa permanence de l’avenue de Saxe. Que de souvenirs dans cette permanence, avec notamment la réunion d’équipe du samedi matin où Max nous passait régulièrement « un savon » pour nous appeler à plus de dynamisme. Si Max était un caractère, au management de rugbyman, son côté « carré », sa proximité et sa détermination étaient remarquables. Il animait un réel collectif.

Je me souviens aussi de la campagne de Jacques Chirac en 2002 dont il s’occupait à Lyon. Max savait quels étaient les combats importants à mener. Dans le contexte politique très particulier de cette campagne, il faisait partie de ceux qui avaient tenu la barre. Il s’affirmait avec constance gaulliste social, à une époque où l’association de ces deux termes ne répondait pas à des préoccupations marketing.

Et Max, ce fut aussi l’un des piliers de la victoire de Michel Noir en 1989, l’un de ceux qui ont alors incarné le renouveau de la politique lyonnaise et qui ont dynamisé notre Ville.

Je présente toutes mes condoléances à sa famille et je formule le souhait que la Ville de Lyon honore rapidement la mémoire de celui qui est l’une de ses personnalités marquantes et engagées, pour la santé et au plan politique.

Quels enseignements des résultats des élections régionales à Lyon ?

Les résultats des derniers dimanche d’élection étaient bien sûr attendus pour le devenir de notre belle région Auvergne-Rhône-Alpes. Comme en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et dans la Région Sud,  la très belle performance de la liste de la droite et du centre a largement comblé ces attentes.

Un an après la victoire de l’alliance Verts-Extrême gauche, ces résultats sont aussi intéressants pour l’évolution du rapport de forces à Lyon et à la Métropole, alors que nous voyons tant de Lyonnais qui en ont déjà marre de cette nouvelle gouvernance. L’examen des résultats pour Lyon nous montre les choses suivantes.

Le niveau de l’abstention à Lyon est inférieur de 3 points à la moyenne régionale. Il n’en est pas moins particulièrement élevé et doit forcément nous interpeller sur sa signification, qu’il s’agisse de la participation très faible des jeunes générations, mais aussi, de façon plus générale, du grand désintérêt pour ces élections dans une large partie de la population.

Entre les deux tours, il y a eu un surcroit de participation (+ 3 272 votants). D’après les résultats par arrondissement et les impressions dans les bureaux de vote, ces nouveaux électeurs étaient plutôt pour la gauche.

En score sur Lyon, par rapport aux élections de 2015, la liste de Laurent Wauquiez progresse globalement au 1er tour, mais ce n’est pas le cas dans le 1er, le 3e, le 4e et le 7e arrondissement. Au 2e tour la progression est plus nette, mais elle est inférieure à la moyenne régionale (+ 6 points contre + 15 !). Du fait de cette progression insuffisante, Lyon reste malheureusement parmi les rares communes de la région où la gauche est devant, alors que ce n’est plus le cas au niveau de la Métropole. La gauche l’emporte dans le 1er, le 3e, le 4e, le 7e, le 8e et le 9e. La dynamisation de la droite lyonnaise reste ainsi à réaliser même si entre les deux scrutins de 2015 et de 2021, on note une belle progression dans le 5e, puis le 8e et dans le 2e.

D’après la comparaison des résultats par arrondissement, il semble bien que la plus grande partie du vote Bonnell (LREM) au 1er tour se soit reportée sur la liste de la droite et du centre au 2e tour. Plus le vote Bonnell était haut au 1er tour, plus la droite progresse au 2e, sachant que les votes blancs et nuls ne progressent que de 1 900 entre les deux tours. Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui ont dramatisé l’alliance de barrage contre les Verts-Extrême gauche lors des élections de juin 2020.

Autre point important : on voit que la liste Grébert fait beaucoup plus de voix au 2e tour que la somme des listes Verts, PS et PC-FI du 1er tour. On a déjà dit que des votants supplémentaires expliquent sans doute une bonne partie de cela. Mais cela veut dire aussi que ce type de fusion Verts-Gauche-Extrême gauche ne pose toujours pas de problème à l’électorat de gauche. C’est une donnée importante à prendre en compte.

Autre constat, le RN reste à un niveau très limité et il perd des voix entre les deux tours. Il ne dépasse 10 % que dans son traditionnel point fort du 8e.

Fin de mandat

Comme en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et dans la Région Sud, les élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes ont été un grand succès pour la liste d’union de la droite et du centre. C’est le résultat d’un très bon bilan et d’une dynamique de campagne. A Lyon, la progression est nettement moins forte et la gauche l’emporte encore malgré le contexte très favorable à la droite… Même constat dans notre 3e arrondissement où la gauche écologiste reste en tête et où la variation du score de la droite par rapport à 2015 est nettement moins forte que la moyenne régionale (+ 6 points contre + 15). La dynamique de la droite à Lyon reste à construire…

Vous avez été nombreux à me demander ces dernières semaines les raisons de ma non-candidature aux élections régionales.

Vos interrogations ont été d’autant plus nombreuses que, comme vous l’avez constaté, j’ai assuré mon mandat jusqu’au bout. Rien que de très normal à cela puisque quand on se présente à un mandat, c’est pour l’assurer quoi qu’il arrive, jusqu’au bout.

Ces derniers mois de mon mandat régional ont en effet été denses. La crise sanitaire m’a amené à être fortement engagé auprès des associations, des entreprises, des lycées pour les accompagner sur les aides anti-crise : « click and collect » et commerce en ligne, purificateurs d’air dans les lycées… Nous avons aussi examiné dans les dernières commissions que j’ai présidées les aides d’urgence du plan de soutien aux associations étudiantes et l’important dossier de l’implantation à Lyon de l’Académie de l’Organisation Mondiale de la Santé (voir ici). Et je suis particulièrement satisfait de terminer ce mandat en ayant permis d’assurer un soutien régional à une nouvelle étape pour le festival Yggdrasil. Un soutien qui me tenait à cœur tant le projet est remarquable en termes de dynamisme de notre jeunesse, des bienfaits des associations, d’entrepreneuriat et de vision positive sur l’avenir, ce dont nous aurons beaucoup besoin dans les mois qui viennent.

Vous m’avez aussi toujours trouvé ces derniers mois à vos côtés sur des sujets locaux pour défendre notre qualité de vie dans le 3e, face à la dégradation de la sécurité ou aux décisions politiques néfastes de la nouvelle majorité Verts-Extrême gauche.

Il est important pour moi que cette non-candidature ne soit pas vue comme un abandon du combat politique ou un désintérêt pour le devenir de notre arrondissement et de ses quartiers. Comme cela a déjà été le cas lors des élections municipales, c’est un choix des instances locales des LR avec lesquelles j’ai des divergences.

Maintenant que les élections sont passées, je peux m’exprimer sur ces divergences. Au plan politique, il m’est difficile d’être sur la ligne du chef de file de la droite au plan municipal, le sénateur Blanc ; ligne qui le conduit à souhaiter qu’Eric Zemmour puisse participer à une primaire pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle. Je souhaite une approche plus équilibrée de la droite sur Lyon. Comme je l’ai déjà dit, je ne comprends pas que la droite exprime de façon véhémente son opposition sur tous les sujets mais que dans le même temps, au lieu de voter contre sur les sujets clés comme celui de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), elle fasse le choix de s’abstenir.

Je n’ai donc pas été retenu par les instances locales. C’est la règle du jeu et personne n’est bien sûr propriétaire de son mandat.

Je regrette néanmoins toujours que la réforme du conseiller territorial mise en place par Nicolas Sarkozy ait été supprimée par François Hollande. Ce mode d’élection du conseiller territorial permettait en effet aux habitants de choisir directement leur représentant dans cette collectivité très importante qu’est la Région et non pas de laisser ce choix à d’autres. Par ailleurs, cela assurait que chaque territoire soit effectivement représenté et défendu à la Région. Avec le scrutin de liste, le résultat est plus aléatoire.

En tous cas je vous dis à bientôt pour de futures rencontres dans notre 3e et aussi sans doute pour de nouveaux engagements politiques ou citoyens. Vous pourrez toujours trouver mes prises de position sur ce blog.

L’opposition à la politique des Verts/Extrême gauche doit être plus profonde

Il y a peu de jours sans que la presse ou les réseaux sociaux s’enflamment après des déclarations et prises de positions des nouvelles majorités Verts/Extrême gauche à la Ville de Lyon et à la Métropole : critique contre le Tour de France “machiste”, refus de survol par la Patrouille de France, budget genré, retrait temporaire de la viande à la cantine, congé paternité du Maire… La plupart du temps les déclarations ou les situations sont clairement hallucinantes et constituent effectivement des symboles des nouvelles « politiques »… mais à passer son temps à s’occuper de ces symboles, on risque aussi d’oublier de combattre des volontés politiques plus structurelles et très néfastes. On peut d’ailleurs se demander si dans tout cela, il n’y a pas un jeu de diversion et de provocation des nouvelles équipes.

Car des politiques qui ont été lancées ces derniers mois vont modifier en profondeur notre Ville et notre Métropole.

La grande offensive avec les aménagements de voirie pour les « modes doux » est présentée comme visant le report modal, de la voiture vers des modes doux, ou pour ramener de la nature et de la tranquillité en ville. Mais si certains de ces aménagements permettent effectivement de progresser en ce sens, on se doute que la démarche plus globale et idéologique « anti-voitures » est aussi d’amplifier un changement sociologique de la Ville.

Au plan économique, mais aussi peut-être au plan sportif ou culturel, la volonté délibérée de ne plus chercher à exceller ou à être attractif, dans une logique d’autonomisation et de repli sur soi, sera bien sûr dramatique dans la durée. C’est un effort constant depuis 25 ans pour que Lyon s’affirme en tant que métropole européenne qui est interrompu. Dans un monde post-Covid qui sera sans doute encore plus compétitif, avec l’Asie et les Etats-Unis qui ont pris de l’avance dans le rebond post crise sanitaire, les conséquences de cet abandon de l’esprit de conquête ne vont pas tarder à apparaître, en termes de pertes de potentiel économique. Chacun peut comprendre que si demain il se crée moins de richesses dans la métropole, ce sera moins de capacité d’action pour la solidarité et la transition écologique.

Toujours au plan économique, quand la Métropole décide de ne plus soutenir Lyon French Tech, sauf si c’est pour des projets en matière de transition écologique (et encore faudra-t-il voir les critères qui seront posés), c’est aussi une rupture avec la tradition lyonnaise d’innovation. C’est se priver de la chance de développer et renouveler notre tissu d’entreprises dans tous les domaines où nous avons des points forts : le numérique, les industries de santé, l’Industrie du futur, le transport, la chimie…

Quand la nouvelle majorité à Lyon décide de ne consacrer à la sécurité que 1 % des dépenses du Plan Pluriannuel des Investissements 2021-2026, on voit clairement le refus de contribuer au rétablissement de la sécurité et de la tranquillité dans nos quartiers. Que va-t-on faire avec ces 11 millions d’euros (11 millions seulement alors que 50 sont prévus pour des budgets participatifs…) ? Des travaux d’entretien dans les postes de police municipale du 1er et du 8e, l’entretien des caméras de vidéoprotection existantes et une carrière pour la brigade équestre ! En creux, ces 11 millions confirment les déclarations politiques : pas de présence supplémentaire de la police municipale sur le terrain, en appui de la Police nationale, et pas d’extension de la vidéoprotection. Et pourtant, l’actualité nous montre combien la reprise en mains de la situation est urgente et impérative !

Ce sont surtout ces orientations dramatiques pour notre ville et notre agglomération qu’il faut combattre.

Dans ce contexte, le vote du Plan Pluriannuel des Investissements de la Ville de Lyon 2021-2026 était déterminant, puisque c’est ce PPI qui définit les budgets et les réalisations concrètes. En clair, c’est cela la feuille de route concrète du mandat.

Dès lors, je suis pour ma part surpris que le groupe municipal « Droite, Centre et Indépendant » présidé par le sénateur Blanc se soit abstenu au lieu de voter contre. C’est quand même un comble que les votes contre soient venus des groupes politiques de Georges Képénekian et Yann Cucherat.

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