Sep 24

Lors du Conseil municipal de mai dernier, j’intervenais une fois encore pour demander une action plus volontariste et efficace de la Ville dans la prévention et la lutte contre la délinquance (voir mon intervention). L’adjoint Sécheresse, chargé de la sécurité, démontrait dans sa réponse une autosatisfaction à propos de la situation à Lyon… J’alertais notamment sur ces espaces publics qui n’allaient pas manquer d’être “privatisés” par quelques attroupements pendant l’été. Quelques jours après cette intervention, des riverains du “jardin de poche”, entre les rues Créqui et Edison, me contactaient pour me dire que c’est exactement ce qu’ils vivent et pour me faire part de leur désarroi.

J’ai alors saisi la Mairie d’arrondissement et obtenu l’organisation d’une réunion entre ces riverains, l’adjointe à la sécurité et des responsables des polices nationale et municipale. Cette réunion fut intéressante, permettant à une vingtaine d’habitants d’expliquer la difficulté de leur situation du fait de l’occupation récurrente du square jusqu’à des heures avancées de la nuit : nuisances sonores très fortes (cris et insultes), débordements, dégradations et, quand les riverains demandent aux “visiteurs” du square de se calmer (comme cela est suggéré par nos autorités pour régler le problème), insultes, jets de pierre et de bouteilles contre les fenêtres, menaces, dégradation sur les véhicules… Avec cet état de fait, nous ne sommes bien évidemment plus dans une “petite” nuisance sonore, mais bien dans un cadre de vie néfaste et pesant qui mine les gens.

Suite à cette réunion, les forces de police, que l’on peut remercier pour leur écoute, ont effectivement multiplier les passages dans le square en soirée et répondu plus fréquemment aux appels téléphoniques des habitants. Mais pour autant, les nuisances perdurent, car dès ces passages réalisés, les débordements reprennent.

Cette situation, qui se retrouve dans beaucoup d’autres lieux de notre ville, illustre bien l’insuffisance de la lutte contre la délinquance. Je note notamment les éléments suivants :

  • Alors que le problème de cet espace est connu, que les fauteurs de troubles sont quotidiennement présents, leurs noms n’étaient pas connus des autorités… Comment dès lors peut-il y avoir une action de fond, notamment auprès des familles, pour tenter de corriger les choses ?
  • Les passages réguliers sur un espace sensible sont bien sûr une première réponse, mais face aux débordements, il faut aussi se mettre en situation de pouvoir constater les comportements délictueux, ce qui veut dire observation discrète, surprise voire recours à la vidéoprotection pour une surveillance permanente. Sans cela, il apparaît bien évidemment difficile de réprimer et on ne peut faire porter toute la charge de la démarche aux habitants. Quelle déception quand nous avons appris lors du conseil d’arrondissement de septembre que les seules verbalisations de l’été concernaient le stationnement…
  • Lors de la réunion de juillet, nous avons vu aussi que cet espace sensible ne faisait pas partie des zones d’intervention des médiateurs sociaux. Comment comprendre qu’il n’y ait pas une cartographie globale de l’arrondissement, avec les points sensibles à traiter en permanence.
  • Enfin, dans ce cas d’école, la configuration des lieux favorise les débordements du fait de l’installation de sièges, directement sous les fenêtres d’une résidence, alors que ce jardin de poche, du fait de son état, n’est pas vraiment propice à une vie de square. Bref, cette installation s’est faite sans analyse des risques, alors qu’on nous parle de “prévention situationnelle”. (NB : après de multiples demandes et un été de nuisances, ces sièges ont finalement été retirés le 25/9…)

La prévention et la lutte contre la petite délinquance sont des sujets difficiles. Il est clair que la police nationale doit être mobilisée sur les faits les plus graves. Mais la Ville, avec sa police municipale, peut contribuer à cette action de façon beaucoup plus volontariste, systématique et organisée.

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Mai 17

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 16 MAI 2018

Part-Dieu quartier à vivre… mais Ville et Métropole de Lyon détournent le trafic automobile des grands axes vers les rues résidentielles… et pas que temporairement !

 Après la réduction de l’avenue Pompidou, la coupure du boulevard Vivier-Merle va générer une 2e incohérence du projet Part-Dieu : le trafic automobile sera dévié par des rues résidentielles. Cette incohérence sera un problème pendant les longs mois de travaux, mais plus grave encore, de façon structurelle et durable par la suite. Il est encore temps de changer les plans pour éviter cette atteinte à la qualité de vie.

Le 28 mai, le boulevard Vivier-Merle sera coupé à la circulation automobile au niveau de la rue Paul Bert, pour plusieurs années, le temps du chantier de l’extension du tunnel, créant une nouvelle difficulté majeure de circulation. La Métropole et la Ville de Lyon ont prévu des déviations : les rues André Philip et de Créqui serviront à contourner la Part-Dieu. Des aménagements provisoires ont été réalisés pour accueillir du trafic automobile supplémentaire. Ce choix est lourd car ce sont des rues résidentielles, bordées d’équipements scolaires et d’accueil de personnes âgées. Il faut limiter l’impact néfaste de cette situation ; je soutiens les propositions des acteurs du quartier tendant à ce que le contre-sens de la rue Garibaldi soit utilisé pour ce délestage.

Mais le plus grave sur ce dossier Part-Dieu, c’est que cette phase chantier n’est que la préfiguration de ce qui interviendra de façon structurelle et durable. Le choix de ne plus permettre aux véhicules venant de Vivier-Merle de passer sous la Part-Dieu, par la rue Servient, s’accompagne d’un futur itinéraire de contournement par la rue Bouchut prolongée, la rue Mazenod puis les rues André Philip ou Créqui vers Servient (voir plan au dos). Les responsables de la Mairie du 3e et de la Métropole démentent cela et pourtant… Pour ce faire, des aménagements de voirie sont prévus. Une délibération d’avril 2018 de la Métropole de Lyon, relative à la ZAC Part-Dieu, qualifie les rues Mazenod et André Philip d’ouvrages de dimension d’agglomération qui sont nécessaires pour accompagner la mutation urbaine de Part-Dieu. Les chiffres communiqués lors des enquêtes publiques font état d’un trafic qui serait multiplié par 5 rue Mazenod et doublé sur André Philip.

Le choix a ainsi été fait de transférer une partie du trafic automobile qui passait sous le centre commercial vers des rues résidentielles du quartier. Dès 2014/2015, à la Métropole puis au Conseil du 3e, j’ai alerté sur cette incohérence et m’y suis opposé. Il faut revenir sur ces choix et travailler sur des options alternatives.

On nous parle de Part-Dieu, quartier à vivre. Mais une fois de plus, avec ces choix de plans de circulation, provisoire puis permanent, on voit que seuls les grands équipements comptent et que peu importent les riverains des rues résidentielles qui seront directement impactés. Ce sont pourtant des centaines de Lyonnais qui vivent rues Mazenod, André-Philip et Créqui, des rues étroites pas adaptées à du trafic automobile intense. La tranquillité, la qualité de l’air, la sécurité (plusieurs équipements scolaires et de petite enfance) sont en jeu.

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Fév 27

Voici mon communiqué à propos de la fermeture annoncée de l’avenue Georges Pompidou à compter du 5 mars 2018.

 

 

 

La Ville et la Métropole dépensent des millions d’euros pour ouvrir des voutes (Perrache, Confluence)… et des millions pour en fermer une autre !

Lundi prochain, l’avenue Pompidou sera fermée à la circulation pour le chantier des nouveaux accès à la gare, une coupure des circulations piétons/TC et voitures qui préfigure la réduction à 2×1 voie de cet axe majeur. Cet aménagement est l’une des incohérences du projet Part-Dieu que je dénonce depuis l’origine.

Constatant les effets néfastes pour la vie des quartiers et la circulation, la Métropole et la Ville de Lyon ont réalisé depuis quelques années de gros investissements pour ouvrir les « voutes » à Perrache ou à Confluence… mais à la Part-Dieu, avec la fermeture pendant le chantier des nouveaux accès à la gare, puis la réduction de 2×2 voies à 2×1 voie de l’avenue Pompidou, sous l’emprise SNCF, c’est une voute qui se ferme.

Cet aménagement, fortement poussé par la composante de la majorité municipale qui pratique la chasse à la voiture et l’écologie punitive, constitue l’une des incohérences du projet Part-Dieu. Après la conférence de presse de la Métropole de Lyon hier, il est important de rappeler/signaler les éléments suivants :

  • En restreignant fortement la circulation autour de la gare, l’aménagement va tout simplement limiter les fonctionnalités de cette dernière, que le projet PEM qui coute des centaines de millions d’euros vise pourtant à améliorer. L’accessibilité de la gare sera atteinte alors que les études de faisabilité estiment à + 18 % l’évolution du trafic automobile dans le secteur.
  • L’aménagement va encore compliquer les flux Est-Ouest, de part et d’autre de la gare, pénalisant des dizaines de milliers d’habitants résidant à Villette-Paul Bert. Ce quartier va être un peu plus enclavé. Les piétons, qui rencontrent déjà beaucoup de difficultés, devront tous passer par le hall bondé de la gare. Le bus C9, unique moyen de TC pour le centre de Villette et Ferrandière, verra sa qualité de desserte se dégrader encore. Et l’accessibilité au 3e Ouest en voiture sera très difficile.
  • La création délibérée de ce goulot d’étranglement va nécessairement détourner le trafic, et notamment vers l’Esplanade Mandela, pourtant promue comme poumon vert du secteur…

Depuis l’origine du projet, j’alerte sur cette incohérence et j’ai toujours refusé de soutenir cet aménagement au Conseil de la Métropole de Lyon ou au Conseil municipal de Lyon.

Il ne s’agit pas de critiquer pour critiquer, mais de rappeler que d’autres options étaient possibles pour ne pas « fermer cette voute » : créer de nouveaux accès à la gare, au Nord, près de Bonnel/Lafayette (accès C3), gagner le volume nécessaire aux nouveaux accès dans la butte pour ne pas réduire la voirie, préférer une passerelle aérienne. Le choix de la « facilité » et du moindre coût a été fait, au prix de l’incohérence préjudiciable à l’efficacité du Pôle d’échange et à la vie des quartiers autour de la gare.

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Oct 11

Voici la vidéo de mon interview sur LyonMag du 17 octobre 2017 et en-dessous les positions que j’ai défendues en conseil du 3e arrondissement.

 

Voici les positions que j’ai défendues lors du débat interne à notre groupe municipal et lors du Conseil du 3e arrondissement au cours duquel nous avons voté contre deux des trois délibérations portant sur la réforme par la Ville de Lyon de la tarification du stationnement sur voirie.

Tout d’abord, cette réforme propose une augmentation des coûts pour les usagers qui n’est pas acceptable, alors que tant de ménages ont du mal à boucler leurs fins de mois :

  • Il n’est pas acceptable de facturer la vignette résident : 40 euros/an pour la première et 60 euros pour la deuxième. 100 euros ce n’est pas rien. C’est d’autant plus inacceptable que cette vignette ne vient que certifier une situation, celle de riverain d’une zone à stationnement payant, qui donne droit à une réduction des tarifs.
  • Monter les “amendes” au maximum pour non paiement ou dépassement du temps à 35 et 60 euros selon les zones est également excessif, surtout dans le cas des petits dépassements. Cela en coutera autant que de déposer des déchets sur la voirie ou de frauder un péage ! La Ville de Lyon ferait mieux de contrôler plus fréquemment les zones et surtout, de pénaliser plus fortement les abus, à savoir le stationnement durable sans payer.

On voit bien l’objectif caché. Le Président Macron fait les poches des collectivités, alors celles-ci trouvent de nouvelles recettes. Les usagers du stationnement payant sur voirie ne sont pas des vaches à lait.

Par ailleurs, la réforme modifie les zones pour bénéficier de la vignette résident. Jusqu’à maintenant, elle permettait de bénéficier de tarifs réduits sur l’ensemble de l’arrondissement de résidence. Nous pouvons comprendre que le zonage soit réduit. Mais pour autant, il ne faut pas créer des zones trop petites car cela va pénaliser les riverains en recherche de places, notamment ceux qui habitent à la “frontière” des zones. Or il se trouve que dans le 3e, le découpage proposé comporte de trop petites zones, notamment dans le 3e ouest, avec par exemple une démarcation au niveau de la rue Garibaldi qui va pénaliser le secteur Part-Dieu Sud. Les élus de la Mairie du 3e ont paru peu informés sur cet aspect du dossier. Il est encore temps de revoir les choses.

Nous avons donc voté contre les délibérations, en demandant de ne pas facturer les vignettes résidents, en souhaitant une diminution du tarif des “amendes” et une révision du projet du zonage du “stationnement résident”.

Nous avons par contre approuvé la 3e délibération qui propose des tarifs bonifiés de stationnement pour les véhicules les plus “propres”.

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Mar 31

Voici la vidéo de mon intervention lors du Conseil municipal du 27 mars 2017 à propos du programme prévisionnel des équipements publics de la ZAC Part-Dieu Ouest. Le manque d’ambition de ce programme démontre bien que la Part-Dieu nouvelle n’est pas vue comme un quartier à vivre par la majorité municipale.

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