Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Carton jaune Page 1 of 10

Difficile de suivre

Ces derniers mois, j’ai été surpris de constater que la Maire du 3e arrondissement, Catherine Panassier, fuyait les occasions de débat et d’explication des décisions prises. Ainsi, cet été, la promesse faite aux habitants d’une réunion pour leur présenter l’opération immobilière d’aménagement du site de la clinique Trarieux à Montchat n’était pas tenue, au motif que la campagne électorale avait démarré… Plus récemment, j’ai fait le constat d’une absence d’élus de la « majorité » à deux assemblées générales importantes de comités d’intérêt local : à Montchat avec le sujet de la zone 30 km/h en cours de déploiement à l’ordre du jour (seul l’élu écologiste Dominique Hitz était présent), puis à Villette-Paul Bert, où un point détaillé était fait sur les aménagements du projet Part-Dieu (seule l’élue écologiste Françoise Chevallier était présente). Dans les deux cas, on avait laissé entendre aux organisateurs que la « période de réserve » des élections de mars permettait difficilement une participation aux réunions de CIL…

Pour tout dire, je trouve assez inconvenant l’utilisation de cet argument pour éviter l’échange avec les habitants. La loi dispose qu’avant les élections, les élus ne peuvent mobiliser les moyens de la collectivité territoriale à l’appui de leur candidature ou pour promouvoir leurs réalisations. Je ne crois pas que d’assister à une assemblée générale d’une association indépendante entre dans ce cadre. La loi n’a bien sûr pas prévu que l’action des élus s’arrête 6 mois avant le scrutin… et il est bien dans la mission d’un Maire de répondre aux questions des habitants. Je dois dire que c’est bien la 1ère fois que j’entends ces arguments pour expliquer l’absence à une AG de CIL.

Tout cela est d’autant plus étonnant que dans le même temps, la Maire du 3e n’hésite pas à porter et participer à une concertation sur l’aménagement du débouché Sud de la rue Moncey, avec l’idée d’une démolition totale ou partielle du CLIP à la clé… On parle ainsi d’un projet structurant avec une facture pouvant varier de 20 à 35 M.€, qui n’a fait l’objet d’aucune présentation ou débat en Conseil d’arrondissement !

Ainsi, pour cette opération qui met en musique ce qu’il faut bien appeler des promesses de campagne, on ne parle plus de période de réserve…

Gonflé et malsain

COMMUNIQUE DE PRESSE

Dans son édition du 17 novembre, le Progrès consacre un article aux insuffisances du gardiennage dans plusieurs équipements sportifs du 3e arrondissement : sont en cause le nettoyage des vestiaires, la surveillance des accès, la remise des clés… des problèmes importants pour l’activité des clubs sportifs utilisateurs de ces équipements.

L’adjoint aux sports du 3e arrondissement a réagi publiquement à cet article, exprimant sa « déception vis-à-vis de l’AS Montchat », l’une des associations qui fait remonter ces dysfonctionnements. Abdel Achache explique cette déception d’une part par le fait qu’il faut laisser du temps pour apporter les réponses et d’autre part parce que l’association alerte sur ces dysfonctionnements alors qu’elle va bénéficier d’un agrandissement de son terrain du stade Foe.

Je trouve cette réaction gonflée et malsaine.

Gonflée car réclamer (encore) un peu de patience alors que ces problèmes durent depuis très longtemps n’est pas une réponse acceptable. La Ville doit gérer ses équipes de façon beaucoup plus réactive. L’action municipale ne peut être durablement tributaire de mutations de personnels ou de réorganisation du service.

Cette réaction de la Ville est aussi malsaine car elle résonne comme un avertissement aux associations : si vous voulez notre soutien financier, si vous voulez des investissements, soyez dociles avec la Mairie… Il n’y a en effet aucun rapport entre l’extension du stade Foe et les dysfonctionnements signalés. C’est d’autant plus malsain que lors du conseil d’arrondissement du 12 novembre, Catherine Panassier, Maire du 3e avait déjà lourdement insisté sur l’investissement réalisé par la Ville pour l’extension du stade, en suggérant là encore que l’AS Montchat devrait être reconnaissante. Et l’adjoint aux sports de la Ville de Lyon, Yann Cucherat, a tenu le même discours en Conseil municipal. Les élus municipaux ne doivent pas considérer les associations comme des obligés dociles. Elles sont des partenaires qui aident la Ville en proposant des activités au bénéfice de la population.

Le temps n’est pas à la réflexion mais à l’action !

Lors du Conseil du 3e arrondissement du 5 novembre 2019, la Maire du 3e et sa majorité LREM-PS-EELV-PCF a refusé le vœu que je proposais (voir ci-dessous) pour plaider pour une intégration de la partie 3e de Guillotière dans le projet d’extension de la vidéoverbalisation.

La raison invoqué par Catherine Panassier a été qu’elle préférait s’inscrire dans la démarche du groupe de réflexion qui a été mis en place pour solutionner les problèmes du secteur Guillotière et qu’elle souhaitait une approche plus globale. Elle a aussi souligné qu’il fallait bien distinguer dans ce secteur insécurité et sentiment d’insécurité. Par ailleurs, elle a dit que la Ville serait vigilante aux effets de transfert des problèmes sur les rues avoisinantes si la surveillance était renforcée sur Gabriel Péri. Mais les problèmes du secteur Montebello sont bien déjà réels et cela depuis des années !

Je ne comprends pas ce vote négatif sur ce vœu. A partir du moment où l’adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon a annoncé l’extension de la vidéoverbalisation à Guillotière, indépendamment du groupe de réflexion, c’est bien le moment pour concrètement peser dans la mise en œuvre de ce projet et faire en sorte que le 3e ne soit pas oublié. Par ailleurs, dans la réponse de Catherine Panassier, il n’y a aucune assurance sur le fait que les caméras nécessaires existent bien côté 3e pour pratiquer la vidéoverbalisation dans toutes les rues sensibles…

Lors du Conseil municipal du 18 novembre, je suis de nouveau intervenu sur le sujet pour demander la prise en compte du secteur Mutualité/Berges. La vidéo de mon intervention est accessible via l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=tEdZG7tDkc8

Le Vœu que j’ai présenté en Conseil d’arrondissement le 5 novembre 2019 :
“Depuis de nombreuses années, les habitants du secteur Mutualité/Augagneur subissent d’importantes nuisances, y compris la nuit, du fait de regroupements bruyants dans les rues, de stationnements sur la chaussée, à proximité de commerces aux larges amplitudes horaires. Les riverains n’en peuvent plus des incivilités permanentes et de situations sources d’insécurité.

Le 25 octobre dernier, l’adjoint au Maire de Lyon chargé de la sécurité a annoncé dans la presse le projet d’étendre à la Guillotière le dispositif de vidéo-verbalisation expérimenté en Presqu’île.

Afin que cette extension apporte une réponse à l’ensemble des problèmes, je vous prie de bien vouloir soumettre le vœu suivant au conseil du 3e arrondissement, dans le cadre de l’article 24 du règlement intérieur de notre assemblée.

VOEU

« Compte tenu des nuisances et incivilités subies par les habitants du secteur, le Conseil du 3e arrondissement demande que l’extension de la vidéo-verbalisation au quartier de la Guillotière intègre le secteur Mutualité/Augagneur dans le 3e arrondissement.

A cette fin, il demande à la Ville de Lyon, si cela est nécessaire pour assurer une couverture totale des rues, de compléter les équipements municipaux de vidéoprotection, sur le quai Augagneur et dans le secteur délimité par le cours Gambetta, la rue Jean Larrivé, la rue Aimé Collomb et le cours de la Liberté. »

Je suis revenu sur le sujet de la sécurisation du secteur Gabriel Péri lors du Conseil municipal du 18/11/2019, là encore pour souligner la nécessité d’intégrer aussi le secteur Mutualité dans le 3e arrondissement. La vidéo de cette intervention : https://www.youtube.com/watch?v=tEdZG7tDkc8

Combler les lacunes de notre démocratie

J’ai assisté vendredi 8 mars au Grand débat organisé dans le 3e arrondissement ; assisté, car en tant qu’élu, l’objectif était bien d’écouter et de ne pas prendre part aux débats, même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manquait… Mon choix s’est porté sur le groupe “Démocratie et citoyenneté”, pour tenter de bien comprendre les sources du mouvement des Gilets jaunes.

Les échanges qui se sont déroulés dans ce groupe ont montré que pour les personnes présentes, notre pays souffrait d’un important déficit de démocratie, et cela à tous les niveaux. Ont ainsi été pointés :

  • le constat d’un manque de courroie de transmission entre les citoyens et l’Etat, avec le sentiment que les Français n’ont pas la possibilité de s’exprimer sur l’ensemble des choix de politique nationale qui sont opérés. Des participants ont aussi pointé le fait que les parlementaires ne rendent pas compte de façon détaillée de leurs votes et positions. En réponse à ce constat, la proposition a été émise que les maires, et les conseils municipaux dans leur ensemble, en tant qu’interlocuteurs de proximité de confiance, pourraient organiser régulièrement des échanges ouverts avec la population, sur toutes ses préoccupations, pour les faire remonter au niveau national,
  • des échanges entre citoyens et autorités qui fonctionnent mal y compris sur les sujets locaux, qui relèvent des compétences des collectivités territoriales,
  • et dans ce domaine, des lacunes particulières sont pointées sur la conception et la mise en œuvre des grands projets d’aménagement (type Part-Dieu).

A l’écoute de ce diagnostic citoyen, je ne pouvais m’empêcher de penser à tous les dispositifs institutionnels censés assurer cette fonction de courroie de transmission démocratique :

  • les parlementaires tout d’abord, et notamment les députés, dont l’un des rôles me semble bien être de faire le lien entre la population, dans sa diversité d’opinions et de situations, et l’adoption des lois ou le contrôle de l’action gouvernementale. Si l’on en arrive à ces constats, sans doute faut-il que les parlementaires remettent aussi en question leur façon de fonctionner : être plus à l’écoute de leurs électeurs sur les sujets de politique nationale, de façon générale et en prévision des projets de loi, et ce pas seulement dans le cadre de leur mouvement politique ; assurer de façon plus systématique et moins marketing le compte-rendu de leur activité.
  • les outils de démocratie participative, et notamment les conseils de quartier dans les grandes villes : le constat ne peut-il être fait qu’ils sont bien trop souvent tenus à distance du processus démocratique réel, avec des élus qui font en sorte de les “occuper” sur des thématiques annexes ? Le constat ne peut-il être fait aussi d’une participation citoyenne et d’une représentativité qui peuvent perdre de l’effectivité avec le temps, pour de multiples raisons ?
  • les processus de concertation sur les grands projets, et notamment les enquêtes publiques ou autres débats publics : des moyens importants y sont consacrés. Mais on peut faire deux constats : d’une part ils restent difficiles d’accès, avec des approches techniques qui masquent les vraies questions démocratiques, et d’autre part, des interrogations sur l’usage qui est fait des avis exprimés, avec une certaine logique du “cause toujours”…

Tous ces dispositifs ont un coût, consomment des ressources. Leur efficacité insuffisante est donc une question majeure, si on en revient à l’une des problématiques d’origine du mouvement des Gilets jaunes : le ras-le-bol fiscal et l’interrogation sur l’usage des fonds publics. Certes, ce n’est pas dans le fonctionnement démocratique de notre pays que l’on trouvera tous les milliards d’euros dont on a besoin pour répondre aux besoins de la population et du pays. Mais revoir leur efficience doit y contribuer.

Il y a donc bien un chantier à mener pour revoir les outils de notre démocratie : d’une part pour que celle-ci soit assurée de façon plus efficace et concrète et d’autre part, pour qu’elle fonctionne de façon plus efficiente.

 

PLU-H : la Métropole et la Ville doivent maintenant les entendre les Montchatois

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le rapport de l’enquête publique sur le projet de PLU-H de la Métropole de Lyon confirme une forte expression des Montchatois pour mieux préserver l’identité et le cadre de vie du quartier. Alors que de nombreux Français souhaitent être mieux écoutés, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, avec la Mairie du 3e arrondissement, adapte le projet de PLU-H pour répondre à ces attentes, comme la commission d’enquête l’y invite.

Le rapport de la commission d’enquête sur le projet de PLU-H, qui vient d’être publié, confirme une forte mobilisation des habitants de Lyon 3e dans le cadre de cette enquête : près de 300 contributions et 600 observations. C’est beaucoup pour ce type de procédure qui apparaît complexe pour les habitants. Je suis très satisfait de cette mobilisation dont je ne doutais pas compte tenu des échanges que j’avais pu avoir avec les habitants ces derniers mois.

Les Montchatois ont fortement souhaité une meilleure préservation du cadre de vie et de l’identité du quartier, par une densification mieux maîtrisée. La commission d’enquête l’a entendu et souhaite « que la plus grande vigilance soit accordée à la cohérence entre les constructions autorisées et le niveau des équipements. Elle tient à souligner l’importance des études préalables, quant à l’insertion architecturale… ». Concernant l’urbanisation du terrain à enjeux de la clinique Trarieux, la commission d’enquête se prononce en faveur de l’édiction dans le PLU-H d’orientations d’aménagement et de programmation, pour aboutir à un projet plus harmonieux en termes d’insertion urbaine et de hauteur des bâtiments. Je m’en félicite car je demande une telle approche à la Mairie du 3e depuis des années.

Alors que le mouvement des Gilets jaunes montre un désir des citoyens d’être mieux associés aux décisions, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, en liaison avec la Mairie du 3e arrondissement, prenne en compte ces aspirations pour éviter les excès de densification. Il ne s’agit pas d’empêcher le développement de la ville et la construction de logements, mais bien de suivre une démarche équilibrée, garante du développement durable de la Cité. Je suis bien sûr prêt à contribuer à ces améliorations du projet dans les semaines qui viennent, en espérant que le Conseil d’arrondissement sera consulté.

Pour consulter le cahier Lyon 3 du rapport de la Commission d’enquête du projet de PLU-H c’est ici :

https://www.grandlyon.com/services/la-revision-generale-du-plu-h.html

Page 1 of 10

2008 - 2020 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén