Mar 13

J’ai assisté vendredi 8 mars au Grand débat organisé dans le 3e arrondissement ; assisté, car en tant qu’élu, l’objectif était bien d’écouter et de ne pas prendre part aux débats, même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manquait… Mon choix s’est porté sur le groupe “Démocratie et citoyenneté”, pour tenter de bien comprendre les sources du mouvement des Gilets jaunes.

Les échanges qui se sont déroulés dans ce groupe ont montré que pour les personnes présentes, notre pays souffrait d’un important déficit de démocratie, et cela à tous les niveaux. Ont ainsi été pointés :

  • le constat d’un manque de courroie de transmission entre les citoyens et l’Etat, avec le sentiment que les Français n’ont pas la possibilité de s’exprimer sur l’ensemble des choix de politique nationale qui sont opérés. Des participants ont aussi pointé le fait que les parlementaires ne rendent pas compte de façon détaillée de leurs votes et positions. En réponse à ce constat, la proposition a été émise que les maires, et les conseils municipaux dans leur ensemble, en tant qu’interlocuteurs de proximité de confiance, pourraient organiser régulièrement des échanges ouverts avec la population, sur toutes ses préoccupations, pour les faire remonter au niveau national,
  • des échanges entre citoyens et autorités qui fonctionnent mal y compris sur les sujets locaux, qui relèvent des compétences des collectivités territoriales,
  • et dans ce domaine, des lacunes particulières sont pointées sur la conception et la mise en œuvre des grands projets d’aménagement (type Part-Dieu).

A l’écoute de ce diagnostic citoyen, je ne pouvais m’empêcher de penser à tous les dispositifs institutionnels censés assurer cette fonction de courroie de transmission démocratique :

  • les parlementaires tout d’abord, et notamment les députés, dont l’un des rôles me semble bien être de faire le lien entre la population, dans sa diversité d’opinions et de situations, et l’adoption des lois ou le contrôle de l’action gouvernementale. Si l’on en arrive à ces constats, sans doute faut-il que les parlementaires remettent aussi en question leur façon de fonctionner : être plus à l’écoute de leurs électeurs sur les sujets de politique nationale, de façon générale et en prévision des projets de loi, et ce pas seulement dans le cadre de leur mouvement politique ; assurer de façon plus systématique et moins marketing le compte-rendu de leur activité.
  • les outils de démocratie participative, et notamment les conseils de quartier dans les grandes villes : le constat ne peut-il être fait qu’ils sont bien trop souvent tenus à distance du processus démocratique réel, avec des élus qui font en sorte de les “occuper” sur des thématiques annexes ? Le constat ne peut-il être fait aussi d’une participation citoyenne et d’une représentativité qui peuvent perdre de l’effectivité avec le temps, pour de multiples raisons ?
  • les processus de concertation sur les grands projets, et notamment les enquêtes publiques ou autres débats publics : des moyens importants y sont consacrés. Mais on peut faire deux constats : d’une part ils restent difficiles d’accès, avec des approches techniques qui masquent les vraies questions démocratiques, et d’autre part, des interrogations sur l’usage qui est fait des avis exprimés, avec une certaine logique du “cause toujours”…

Tous ces dispositifs ont un coût, consomment des ressources. Leur efficacité insuffisante est donc une question majeure, si on en revient à l’une des problématiques d’origine du mouvement des Gilets jaunes : le ras-le-bol fiscal et l’interrogation sur l’usage des fonds publics. Certes, ce n’est pas dans le fonctionnement démocratique de notre pays que l’on trouvera tous les milliards d’euros dont on a besoin pour répondre aux besoins de la population et du pays. Mais revoir leur efficience doit y contribuer.

Il y a donc bien un chantier à mener pour revoir les outils de notre démocratie : d’une part pour que celle-ci soit assurée de façon plus efficace et concrète et d’autre part, pour qu’elle fonctionne de façon plus efficiente.

 

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Fév 06

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le rapport de l’enquête publique sur le projet de PLU-H de la Métropole de Lyon confirme une forte expression des Montchatois pour mieux préserver l’identité et le cadre de vie du quartier. Alors que de nombreux Français souhaitent être mieux écoutés, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, avec la Mairie du 3e arrondissement, adapte le projet de PLU-H pour répondre à ces attentes, comme la commission d’enquête l’y invite.

Le rapport de la commission d’enquête sur le projet de PLU-H, qui vient d’être publié, confirme une forte mobilisation des habitants de Lyon 3e dans le cadre de cette enquête : près de 300 contributions et 600 observations. C’est beaucoup pour ce type de procédure qui apparaît complexe pour les habitants. Je suis très satisfait de cette mobilisation dont je ne doutais pas compte tenu des échanges que j’avais pu avoir avec les habitants ces derniers mois.

Les Montchatois ont fortement souhaité une meilleure préservation du cadre de vie et de l’identité du quartier, par une densification mieux maîtrisée. La commission d’enquête l’a entendu et souhaite « que la plus grande vigilance soit accordée à la cohérence entre les constructions autorisées et le niveau des équipements. Elle tient à souligner l’importance des études préalables, quant à l’insertion architecturale… ». Concernant l’urbanisation du terrain à enjeux de la clinique Trarieux, la commission d’enquête se prononce en faveur de l’édiction dans le PLU-H d’orientations d’aménagement et de programmation, pour aboutir à un projet plus harmonieux en termes d’insertion urbaine et de hauteur des bâtiments. Je m’en félicite car je demande une telle approche à la Mairie du 3e depuis des années.

Alors que le mouvement des Gilets jaunes montre un désir des citoyens d’être mieux associés aux décisions, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, en liaison avec la Mairie du 3e arrondissement, prenne en compte ces aspirations pour éviter les excès de densification. Il ne s’agit pas d’empêcher le développement de la ville et la construction de logements, mais bien de suivre une démarche équilibrée, garante du développement durable de la Cité. Je suis bien sûr prêt à contribuer à ces améliorations du projet dans les semaines qui viennent, en espérant que le Conseil d’arrondissement sera consulté.

Pour consulter le cahier Lyon 3 du rapport de la Commission d’enquête du projet de PLU-H c’est ici :

https://www.grandlyon.com/services/la-revision-generale-du-plu-h.html

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Sep 24

Lors du Conseil municipal de mai dernier, j’intervenais une fois encore pour demander une action plus volontariste et efficace de la Ville dans la prévention et la lutte contre la délinquance (voir mon intervention). L’adjoint Sécheresse, chargé de la sécurité, démontrait dans sa réponse une autosatisfaction à propos de la situation à Lyon… J’alertais notamment sur ces espaces publics qui n’allaient pas manquer d’être “privatisés” par quelques attroupements pendant l’été. Quelques jours après cette intervention, des riverains du “jardin de poche”, entre les rues Créqui et Edison, me contactaient pour me dire que c’est exactement ce qu’ils vivent et pour me faire part de leur désarroi.

J’ai alors saisi la Mairie d’arrondissement et obtenu l’organisation d’une réunion entre ces riverains, l’adjointe à la sécurité et des responsables des polices nationale et municipale. Cette réunion fut intéressante, permettant à une vingtaine d’habitants d’expliquer la difficulté de leur situation du fait de l’occupation récurrente du square jusqu’à des heures avancées de la nuit : nuisances sonores très fortes (cris et insultes), débordements, dégradations et, quand les riverains demandent aux “visiteurs” du square de se calmer (comme cela est suggéré par nos autorités pour régler le problème), insultes, jets de pierre et de bouteilles contre les fenêtres, menaces, dégradation sur les véhicules… Avec cet état de fait, nous ne sommes bien évidemment plus dans une “petite” nuisance sonore, mais bien dans un cadre de vie néfaste et pesant qui mine les gens.

Suite à cette réunion, les forces de police, que l’on peut remercier pour leur écoute, ont effectivement multiplier les passages dans le square en soirée et répondu plus fréquemment aux appels téléphoniques des habitants. Mais pour autant, les nuisances perdurent, car dès ces passages réalisés, les débordements reprennent.

Cette situation, qui se retrouve dans beaucoup d’autres lieux de notre ville, illustre bien l’insuffisance de la lutte contre la délinquance. Je note notamment les éléments suivants :

  • Alors que le problème de cet espace est connu, que les fauteurs de troubles sont quotidiennement présents, leurs noms n’étaient pas connus des autorités… Comment dès lors peut-il y avoir une action de fond, notamment auprès des familles, pour tenter de corriger les choses ?
  • Les passages réguliers sur un espace sensible sont bien sûr une première réponse, mais face aux débordements, il faut aussi se mettre en situation de pouvoir constater les comportements délictueux, ce qui veut dire observation discrète, surprise voire recours à la vidéoprotection pour une surveillance permanente. Sans cela, il apparaît bien évidemment difficile de réprimer et on ne peut faire porter toute la charge de la démarche aux habitants. Quelle déception quand nous avons appris lors du conseil d’arrondissement de septembre que les seules verbalisations de l’été concernaient le stationnement…
  • Lors de la réunion de juillet, nous avons vu aussi que cet espace sensible ne faisait pas partie des zones d’intervention des médiateurs sociaux. Comment comprendre qu’il n’y ait pas une cartographie globale de l’arrondissement, avec les points sensibles à traiter en permanence.
  • Enfin, dans ce cas d’école, la configuration des lieux favorise les débordements du fait de l’installation de sièges, directement sous les fenêtres d’une résidence, alors que ce jardin de poche, du fait de son état, n’est pas vraiment propice à une vie de square. Bref, cette installation s’est faite sans analyse des risques, alors qu’on nous parle de “prévention situationnelle”. (NB : après de multiples demandes et un été de nuisances, ces sièges ont finalement été retirés le 25/9…)

La prévention et la lutte contre la petite délinquance sont des sujets difficiles. Il est clair que la police nationale doit être mobilisée sur les faits les plus graves. Mais la Ville, avec sa police municipale, peut contribuer à cette action de façon beaucoup plus volontariste, systématique et organisée.

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Mai 17

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 16 MAI 2018

Part-Dieu quartier à vivre… mais Ville et Métropole de Lyon détournent le trafic automobile des grands axes vers les rues résidentielles… et pas que temporairement !

 Après la réduction de l’avenue Pompidou, la coupure du boulevard Vivier-Merle va générer une 2e incohérence du projet Part-Dieu : le trafic automobile sera dévié par des rues résidentielles. Cette incohérence sera un problème pendant les longs mois de travaux, mais plus grave encore, de façon structurelle et durable par la suite. Il est encore temps de changer les plans pour éviter cette atteinte à la qualité de vie.

Le 28 mai, le boulevard Vivier-Merle sera coupé à la circulation automobile au niveau de la rue Paul Bert, pour plusieurs années, le temps du chantier de l’extension du tunnel, créant une nouvelle difficulté majeure de circulation. La Métropole et la Ville de Lyon ont prévu des déviations : les rues André Philip et de Créqui serviront à contourner la Part-Dieu. Des aménagements provisoires ont été réalisés pour accueillir du trafic automobile supplémentaire. Ce choix est lourd car ce sont des rues résidentielles, bordées d’équipements scolaires et d’accueil de personnes âgées. Il faut limiter l’impact néfaste de cette situation ; je soutiens les propositions des acteurs du quartier tendant à ce que le contre-sens de la rue Garibaldi soit utilisé pour ce délestage.

Mais le plus grave sur ce dossier Part-Dieu, c’est que cette phase chantier n’est que la préfiguration de ce qui interviendra de façon structurelle et durable. Le choix de ne plus permettre aux véhicules venant de Vivier-Merle de passer sous la Part-Dieu, par la rue Servient, s’accompagne d’un futur itinéraire de contournement par la rue Bouchut prolongée, la rue Mazenod puis les rues André Philip ou Créqui vers Servient (voir plan au dos). Les responsables de la Mairie du 3e et de la Métropole démentent cela et pourtant… Pour ce faire, des aménagements de voirie sont prévus. Une délibération d’avril 2018 de la Métropole de Lyon, relative à la ZAC Part-Dieu, qualifie les rues Mazenod et André Philip d’ouvrages de dimension d’agglomération qui sont nécessaires pour accompagner la mutation urbaine de Part-Dieu. Les chiffres communiqués lors des enquêtes publiques font état d’un trafic qui serait multiplié par 5 rue Mazenod et doublé sur André Philip.

Le choix a ainsi été fait de transférer une partie du trafic automobile qui passait sous le centre commercial vers des rues résidentielles du quartier. Dès 2014/2015, à la Métropole puis au Conseil du 3e, j’ai alerté sur cette incohérence et m’y suis opposé. Il faut revenir sur ces choix et travailler sur des options alternatives.

On nous parle de Part-Dieu, quartier à vivre. Mais une fois de plus, avec ces choix de plans de circulation, provisoire puis permanent, on voit que seuls les grands équipements comptent et que peu importent les riverains des rues résidentielles qui seront directement impactés. Ce sont pourtant des centaines de Lyonnais qui vivent rues Mazenod, André-Philip et Créqui, des rues étroites pas adaptées à du trafic automobile intense. La tranquillité, la qualité de l’air, la sécurité (plusieurs équipements scolaires et de petite enfance) sont en jeu.

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Fév 27

Voici mon communiqué à propos de la fermeture annoncée de l’avenue Georges Pompidou à compter du 5 mars 2018.

 

 

 

La Ville et la Métropole dépensent des millions d’euros pour ouvrir des voutes (Perrache, Confluence)… et des millions pour en fermer une autre !

Lundi prochain, l’avenue Pompidou sera fermée à la circulation pour le chantier des nouveaux accès à la gare, une coupure des circulations piétons/TC et voitures qui préfigure la réduction à 2×1 voie de cet axe majeur. Cet aménagement est l’une des incohérences du projet Part-Dieu que je dénonce depuis l’origine.

Constatant les effets néfastes pour la vie des quartiers et la circulation, la Métropole et la Ville de Lyon ont réalisé depuis quelques années de gros investissements pour ouvrir les « voutes » à Perrache ou à Confluence… mais à la Part-Dieu, avec la fermeture pendant le chantier des nouveaux accès à la gare, puis la réduction de 2×2 voies à 2×1 voie de l’avenue Pompidou, sous l’emprise SNCF, c’est une voute qui se ferme.

Cet aménagement, fortement poussé par la composante de la majorité municipale qui pratique la chasse à la voiture et l’écologie punitive, constitue l’une des incohérences du projet Part-Dieu. Après la conférence de presse de la Métropole de Lyon hier, il est important de rappeler/signaler les éléments suivants :

  • En restreignant fortement la circulation autour de la gare, l’aménagement va tout simplement limiter les fonctionnalités de cette dernière, que le projet PEM qui coute des centaines de millions d’euros vise pourtant à améliorer. L’accessibilité de la gare sera atteinte alors que les études de faisabilité estiment à + 18 % l’évolution du trafic automobile dans le secteur.
  • L’aménagement va encore compliquer les flux Est-Ouest, de part et d’autre de la gare, pénalisant des dizaines de milliers d’habitants résidant à Villette-Paul Bert. Ce quartier va être un peu plus enclavé. Les piétons, qui rencontrent déjà beaucoup de difficultés, devront tous passer par le hall bondé de la gare. Le bus C9, unique moyen de TC pour le centre de Villette et Ferrandière, verra sa qualité de desserte se dégrader encore. Et l’accessibilité au 3e Ouest en voiture sera très difficile.
  • La création délibérée de ce goulot d’étranglement va nécessairement détourner le trafic, et notamment vers l’Esplanade Mandela, pourtant promue comme poumon vert du secteur…

Depuis l’origine du projet, j’alerte sur cette incohérence et j’ai toujours refusé de soutenir cet aménagement au Conseil de la Métropole de Lyon ou au Conseil municipal de Lyon.

Il ne s’agit pas de critiquer pour critiquer, mais de rappeler que d’autres options étaient possibles pour ne pas « fermer cette voute » : créer de nouveaux accès à la gare, au Nord, près de Bonnel/Lafayette (accès C3), gagner le volume nécessaire aux nouveaux accès dans la butte pour ne pas réduire la voirie, préférer une passerelle aérienne. Le choix de la « facilité » et du moindre coût a été fait, au prix de l’incohérence préjudiciable à l’efficacité du Pôle d’échange et à la vie des quartiers autour de la gare.

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