Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Déplacements Page 1 of 14

Nos propositions pour LYON EST

Un projet dont il faut tirer des leçons

Il y a une semaine se tenait opportunément, en pleine campagne électorale, l’inauguration de la zone 30 km/h de Montchat ! Moment surprenant quand on a entendu Mme Panassier, Maire du 3e, dire qu’elle ne pouvait pas assister à certaines réunions de CIL pour cause de campagne… mais qu’elle inaugure dans le même temps des projets…

Il y a beaucoup à dire sur ce projet de zone 30 km/h. La première, c’est qu’en tant qu’usager de tous les modes de déplacement dans notre ville (à pieds, en transports en commun, en voiture, en vélo’v…) je souscris à l’idée de favoriser le partage de la voirie entre les modes et d’apaiser les circulations. Les zones 30 km/h sont ainsi une solution quand elles sont claires et cohérentes.

Maintenant le projet réalisé à Montchat appelle deux remarques.

La 1ère remarque, c’est que de toute évidence il y a eu un déficit de concertation sur ce projet. Le résultat est là. Certains contre-sens cyclables ne sont pas adaptés, voire dangereux. L’écoute des cyclistes du quartier aurait permis de montrer que des itinéraires auraient du être privilégiés. Par ailleurs, la consultation des habitants aurait permis d’éviter des erreurs grossières comme ces bordures de séparation en milieu de chaussée qui ne permettent plus les girations à partir des rues perpendiculaires… et qui sont la cause d’accidents comme on le voit sur cette photo…

2e remarque : on peut s’interroger sur la gestion des priorités par la Métropole et la Ville. Le budget de ce projet a été conséquent même s’il est difficile d’avoir une réponse précise : la Maire du 3e a répondu à ma question en conseil du 3e en disant que le coût avait été de 640 000 € alors qu’un article du Progrès parle de 1,3 M euros… Quoi qu’il en soit, je m’interroge sur un tel montant alors que dans le même temps, des points noirs en termes de sécurisation sont en attente de traitement. Je l’évoquais il y a quelques semaines, après l’accident dramatique survenu au carrefour Lacassagne/Félix Faure.

En conclusion, il me semble clair qu’on ne peut plus conduire un projet d’une telle ampleur avec ces méthodes. La Métropole ne peut pas aménager nos quartiers sans échange avec la population et les associations locales. Il faut un “travail de dentelle” avec les usagers… et la Mairie d’arrondissement doit jouer son rôle, et pas qu’au moment de l’inauguration.

Des interrogations sur les priorités dans les aménagements de voirie

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 11 octobre, le décès d’une dame à vélo suite à un accident avec un poids lourd a créé une vive émotion. Après le temps du recueillement, il faut en tirer des enseignements : la nécessité de sécuriser en priorité les lieux sensibles de la voirie et la nécessité de clarifier et d’homogénéiser les marquages et signalisations.

Vendredi 11 octobre, une dame circulant à vélo a perdu la vie dans un accident avec un poids lourd au carrefour Lacassagne/Félix Faure à Lyon 3e. Cette nouvelle a créé une vive émotion tant il est insupportable qu’une vie soit ainsi perdue dans un déplacement du quotidien. Cette nouvelle a été d’autant plus terrible que le même matin, un autre accident grave impliquant un cycliste est intervenu à la limite de Villeurbanne et de Lyon 3e.

Chacun pense à la douleur de la famille et je lui présente toutes mes condoléances.

L’analyse des circonstances précises du drame est en cours et elle rendra ses conclusions. Mais après le temps du recueillement, il est de notre responsabilité, pour l’intérêt général, d’en tirer déjà des enseignements.

Chacun mesure combien la circulation en ville devient complexe et combien il est aujourd’hui nécessaire d’arriver à bien organiser le partage de la voirie entre les différents modes de déplacement, en recherchant l’apaisement du trafic.

Dans cette perspective ce drame nous appelle à mon avis à retenir deux priorités :

  • D’abord, alors que les investissements en aménagements de voirie sont intenses à Lyon, ne faudrait-il pas donner la priorité à la sécurisation des lieux les plus sensibles ? Le carrefour Lacassagne/Félix Faure où s’est produit l’accident est de ceux-là. Il suffit d’échanger avec les riverains, les piétons et les cyclistes qui l’empruntent pour le comprendre. Sa sécurisation doit intervenir sans attendre, à commencer par le marquage de la continuité des bandes cyclables dans le carrefour.
  • Ensuite, il faut rendre plus claires et homogènes les marquages et signalisations qui matérialisent les règles de circulation et la place des cyclistes et des piétons. Aujourd’hui, les usagers de la voirie se trouvent confrontés à une trop grande diversité de situations qui apparaît perturbante.

Mea Culpa

Il y a un an, au sortir de la période estivale, je dénonçais une desserte en transports en commun à Lyon en juillet-août indigne d’une métropole européenne. Mea culpa ! Ces propos étaient en effet décalés… tant la situation de cet été s’est avérée encore bien pire !!! Pour les malheureux travailleurs de juillet-août ou les touristes, la mobilité à Lyon cet été a été un calvaire.

Comme chaque année, il a déjà fallu faire face aux fréquences largement allégées, avec des délais de 7/10 minutes entre les dessertes, y compris sur les lignes fortes. Sur un voyage avec correspondances cela fait rapidement tourner l’horloge du déplacement…

Mais il a fallu compter aussi avec une multitude incroyable de chantiers qui a complètement désorganisé le réseau. Il y a bien sûr le cas de Confluence, redevenue une enclave le temps de cet été avec l’interruption des lignes de tram… une vraie galère pour beaucoup de monde compte tenu de l’importance qu’a pris le secteur en termes de pôle d’activité. Mais au-delà de ce point noir, les problèmes étaient partout, avec des interruptions de lignes et des modifications d’itinéraires systématiques. Franchement, les désagréments pour les personnes qui ont eu à se déplacer quotidiennement à Lyon pendant l’été ont été très importants, en termes de temps perdu, de mauvaises conditions de transport, de stress.

Alors bien sûr, les autorités responsables de cette situation vont évoquer la nécessité de faire des travaux et l’intérêt de les concentrer au maximum l’été, quand il y a moins de monde. Comme les élections approchent, il est vrai que la situation était particulièrement tendue cette année…

Deux opinions sur cette vision des choses.

Tout d’abord, comme je le disais déjà l’année dernière, il serait peut-être temps d’intégrer le fait que pour une grande métropole, un certain niveau d’activité continue pendant l’été. Les salariés ne bénéficient pas d’une “trêve” aussi longue que la trêve politique de deux mois. Quand on ajoute les températures de plus en plus chaudes, il serait peut-être opportun de ne plus systématiquement passer par pertes et profits les conditions de vie des travailleurs estivaux. Et puis il y a les touristes, de plus en plus nombreux à Lyon. Pense-t-on à l’image qu’ils ont de la ville face à un niveau aussi dégradé de la desserte en transports en commun ?

Ensuite, je m’interroge sur les mesures prises pour pallier les conséquences de certains travaux. Effectivement, dans certains cas, des solutions de substitution ont été mises en place, avec par exemple des bus relais ou de nouveaux arrêts provisoires. De toute évidence, ces mesures ont été définies à partir de normes techniques appliquées de façon systématique. Mais a-t-on pensé aux besoins des usagers, à la façon de réduire au mieux les nuisances liées au bouleversement du réseau du fait des travaux ? On peut en douter quand on voit par exemple la difficulté à récupérer le bus relais de Confluence à la sortie du métro Perrache ou bien encore la localisation de l’arrêt provisoire du C3 à Cordeliers, bien caché derrière l’Eglise Saint Bonaventure, lorsque la ligne a été coupée.

Bref, il y a une vraie remise en question à opérer sur la gestion des transports collectifs à Lyon pendant la période estivale.

 

Comment maîtriser le déploiement des trottinettes en free floating ?

Ci-dessous mon intervention en Conseil municipal du 25 mars 2019 à propos du développement des trottinettes en free floating à Lyon.

En quelques mots, voici l’approche qui me semble être la bonne :

  • Les trottinettes, y compris les trottinettes électriques, ont une utilité en termes de mobilité et peuvent contribuer à la diminution de la pollution. Elles doivent donc trouver leur place dans notre stratégie de mobilité à Lyon.
  • Compte tenu de leur vitesse, il faut souhaiter que la future loi LOM permette de déterminer dans quel espace elles doivent circuler. Pour ma part, je pense qu’il ne faut pas permettre la circulation sur les trottoirs. L’usage doit se faire sur les voies et bandes cyclables et sur la chaussée, à l’exclusion des grands axes.
  • Pour ce qui est des trottinettes en free floating, si la concurrence est bien sûr avantageuse, il faut néanmoins souhaiter que le marché trouve son équilibre pour éviter un trop grand nombre d’opérateurs, compte tenu des limites de l’espace public. Et les services en free floating doivent intégrer une redevance pour usage de l’espace public, comme toutes les activités économiques qui l’occupent.
  • En matière de stationnement, il faut veiller à ne pas faire perdre à ce moyen de déplacement l’atout du trajet de point à point. Si l’on va vers une obligation de stationner dans des zones délimitées, il faut donc que le maillage de ces zones soit très dense, pour offrir à chacun des possibilités de stationner et de trouver des trottinettes à proximité, et ce pas seulement dans le centre de la ville mais dans tous les quartiers. Cette exigence de maillage dense amène à évaluer au préalable le coût des aménagements. Il faut à mon avis aussi aborder la question sous l’angle de la responsabilisation des utilisateurs. Il n’est pas souhaitable de pénaliser tous les utilisateurs parce que certains manquent de civisme. Il faut donc miser sur les capacités d’innovation technologique pour faire en sorte qu’il soit possible de vérifier que chacun stationne l’engin correctement, avec pénalisation de l’usager/client si ce n’est pas le cas.

 

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