Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Catégorie : Déplacements Page 1 of 16

Extension de l’esplanade Mandela : les acquis et les questions

Le 3 mars dernier j’ai assisté à la réunion de concertation en visio-conférence sur le projet d’extension de l’esplanade Mandela. Il s’agit de compléter l’espace actuel en aménageant le terrain au Nord, entre l’avenue Félix-Faure et la rue Paul Bert. 1,2 hectare supplémentaire sera aménagé ce qui portera la totalité de l’espace à 4 hectares. On parle donc de la valorisation d’un espace clé pour le 3e, les quartiers Dauphiné, Villette-Paul Bert et Part-Dieu.

Je dois dire d’abord que cette réunion a été plutôt une réussite, avec beaucoup de participants, ce qui confirme ce caractère clé du site. Bien menée par la SPL Part-Dieu elle a permis certes d’entendre les objectifs des élus mais aussi de nombreux avis et questions d’habitants. La place aux échanges n’est pas toujours assurée dans ce type de réunion donc, quand c’est le cas, on peut le remarquer.

On déduit de la présentation qu’il y a déjà un certain nombre d’acquis : l’aménagement de nouveaux terrains va se traduire par d’importantes plantations d’arbres et le nouvel espace devrait comporter de l’eau. Je me félicite de ces orientations. Cela faisait partie de nos propositions lors de la campagne des élections métropolitaines.

Je suis aussi satisfait que la future extension comporte des équipements sportifs et pour les enfants. C’est l’un des enjeux du projet ; il faut que l’esplanade Mandela ne soit pas que l’un des espaces verts du quartier d’affaires Part-Dieu, mais qu’elle reste bien un espace de proximité destiné aux familles de Villette-Paul Bert, de Dauphiné et de la Buire.

Nous avons ensuite compris qu’il reste des précisions à apporter concernant ces équipements, ainsi que pour la vocation future de la zone sud-est de l’esplanade, celle qui est la plus proche des habitations.

Un élément nouveau est en revanche apparu lors de cette réunion avec l’annonce d’une place centrale, de part et d’autre de l’avenue Félix Faure ; une place qualifiée “d’espace capable” (?) ayant vocation à être un lieu d’événements.

Je dois dire que cette nouveauté m’interroge. Pourquoi envisager d’implanter un lieu ayant vocation à accueillir de nombreux visiteurs, avec des enfants, de part et d’autre de l’avenue Félix Faure? Cette avenue est un axe majeur de déplacement. Dès lors pourquoi faire passer un flux important de circulation au milieu d’une place (cf. la photo ci-dessous) ? C’est un peu comme si on envisageait de faire des animations au milieu de la place Charles Hernu à Charpennes, avec le cours Emile Zola qui passe au milieu… Ne pourrait-on pas implanter cet espace pour les événements en retrait de l’avenue Félix Faure, pour qu’il soit un lieu plus sûr ?

Cette proposition nouvelle m’amène une interrogation. N’est-ce-pas une nouvelle illustration de l’utilisation, par la nouvelle municipalité Verte, d’un aménagement pour mener sa politique systématique anti-voitures ? On a vu que certains couloirs cyclables “provisoires” avaient neutralisé une voie de circulation sur des axes peu “utiles” pour les cyclistes. On voit dans notre arrondissement le cas de la fermeture permanente de la rue de l’Harmonie, alors que cette décision n’améliore qu’en partie seulement la sécurisation des abords de l’école… Il ne faudrait pas que ce nouvel espace central de l’esplanade Mandela soit créé pour constituer un goulot d’étranglement sur l’avenue Félix-Faure. Les visiteurs de l’esplanade Mandela ne sont pas là pour mener un combat anti-voitures mais pour y passer un bon moment, en sécurité !

Il est encore temps de revenir à la raison

La nouvelle majorité Verte du 3e arrondissement persiste dans sa volonté de fermeture permanente de la rue de l’Harmonie. Ci-dessous la vidéo de ma prise de position suite à l’entrée en vigueur de la mesure : d’autres dispositions plus adaptées sont possibles pour sécuriser les abords des écoles Rebatel, il faut éviter de prendre une mesure aussi excessive et incohérente, motivée par une volonté d’affichage politique. Elle va gravement pénaliser des centaines d’habitants et va nuire à la qualité de vie du secteur. Je soutiens les habitants qui refusent cette fermeture permanente.

Pour rappel, la démarche que j’avais faite en novembre auprès de la Madame la Maire du 3e pour trouver d’autres solutions moins pénalisantes : ici.

Une priorité où il ne faut pas se perdre !

Le Maire de Lyon, comme la Maire du 3e, ont déclaré que la place Gabriel Péri serait un dossier prioritaire du mandat. On peut soutenir ce choix tant cette place a vu sa situation se dégrader depuis de nombreuses années en termes de sécurité, de non-respect des règles de la République, de propreté, de qualité de vie… J’ajouterais néanmoins deux points. Le premier, c’est que cette situation très dégradée ne se limite pas à cette place mais touche une zone à cheval sur le 3e et le 7e arrondissements qui a tendance à s’élargir. Le deuxième, c’est que ce quartier ne peut être le seul sujet traité avec la Part-Dieu au cours du mandat, car il y a d’autres besoins dans le 3e, vaste territoire de plus de 100 000 habitants.

Si je souscris à la dimension prioritaire, je m’inquiète en revanche des premières déclarations d’intention du Maire de Lyon. Pour solutionner les problèmes sur la place, Grégory Doucet en appelle à de grands projets urbains : le déplacement du tramway est envisagé et on reparle de la démolition du CLIP… Je crains que l’on se trompe de diagnostic. Les millions d’euros nécessaires à ces projets risquent bien de ne changer en rien une situation qui tient d’abord au fait que l’on a laissé s’installer des comportements ne respectant pas les règles de la République. Je rappelle que cet espace a déjà fait l’objet de plusieurs aménagements de voirie et des espaces publics, sans que cela change la situation. Quant au déplacement du tramway, je ne suis pas sûr qu’une place qui deviendrait plus enclavée, retrouve une meilleure qualité de vie… l’enclavement, c’est justement le reproche fait au CLIP vis-à-vis du quartier Moncey…

Au plan urbain, redonner du lustre à la place Gabriel Péri, c’est d’abord concevoir qu’elle est l’une des portes du 3e, à quelques centaines de mètres du centre de Lyon. Une porte qui ouvre sur deux beaux grands axes de la Ville (le cours Gambetta et le cours de la Liberté), qui devraient être plus valorisés comme éléments du centre-ville. Une porte qui ouvre aussi sur la rue Paul Bert, épine dorsale du 3e arrondissement.

Mais pour cela, encore faut-il que la place Gabriel Péri ne soit pas l’un de ces lieux de notre ville où les règles de notre République, et celles de la Ville, sont clairement bafouées. Au commencement d’un projet pour le secteur Gabriel Péri, il doit y avoir le rétablissement du respect de ces règles.

Et c’est là ma deuxième inquiétude quand j’entends Grégory Doucet dire, en parlant de cet espace, « que personne n’a envie d’habiter un quartier où la moitié des gens dans le rue sont des policier ». Message bien décalé et maladroit quand on connaît l’ampleur du terrain qui doit être regagné.

Car bien évidemment, il ne s’agit pas de nier la complexité des problèmes à régler et il faut rendre hommage aux forces de police, nationale et municipale, qui interviennent dans le secteur dans des conditions très dures. Pour s’en sortir il faudra être capable, dans la durée, de déployer des effectifs et tous les outils disponibles, de la prévention à la sanction. C’est bien dans cet esprit que j’avais réussi à obtenir il y a quelques mois l’extension de la vidéoverbalisation dans la partie 3e du secteur (lire). Il s’agissait ainsi d’apporter un outil complémentaire, pour lutter contre les problèmes spécifiques de comportements dangereux sur la voirie et d’occupation de cette dernière, point d’appui à des nuisances nocturnes.

Parlons clairement : vouloir solutionner les problèmes de la place Gabriel Péri par une politique de bisounours ne règlera rien… et coûtera beaucoup.

Conseil d’arrondissement : son utilité est une question de volonté !

L’utilité des conseils d’arrondissement à la lyonnaise est régulièrement critiquée par certains, aux motifs que les arrondissements seraient dépourvus de moyens financiers et juridiques pour agir. En tous cas, la question mérite d’être posée puisqu’ils coûtent, tant en termes de locaux utilisés, de dépenses de fonctionnement et d’indemnités des Maire et adjoints d’arrondissement.

Pour ma part, je n’ai jamais partagé cette critique des arrondissements car il me semble (pouvoir) avoir une utilité. Dans des villes de la taille de Paris, Lyon et Marseille, je vois deux utilités majeures : (1) celle de la “porte de proximité” que l’on peut pousser pour trouver une solution à un dysfonctionnement dans nos quartiers, et tant pis si la solution n’est pas à la Ville mais à la Métropole, au Sytral ou autre, les équipes d’arrondissement doivent organiser la réponse et (2) celle du lieu politique d’expression sur les sujets de proximité (sécurité, propreté, stationnement/circulation, dynamique des commerces, jeunesse…). Mon expérience m’a montré que sans les conseils d’arrondissement, certains problèmes, jugés trop périphériques ou secondaires par la Mairie centrale, ne seraient jamais évoqués publiquement… et pourtant ils sont importants pour beaucoup de Lyonnais.

Donc oui, mais encore faut-il que les élus d’arrondissement aient la volonté de jouer ce rôle. Je suis frappé depuis la rentrée du nombre d’habitants du 3e, de responsables associatifs, de professionnels qui m’expliquent qu’ils ne peuvent pas rencontrer les élus d’arrondissement et qu’ils n’obtiennent même pas d’accusé de réception à leur courrier… j’en ai fait l’expérience concrète sur l’affaire de la rue de l’Harmonie : pas de réponse à mes questions et un dossier qui semble géré en “petit comité”. De la même façon des sujets importants pour nos quartiers comme la dégradation de la sécurité à Sans Souci Dauphiné ou la fermeture de la dépose minutes à Part-Dieu sont passés sous silence par la Mairie d’arrondissement. Les candidats Verts ont l’habitude de promouvoir la concertation et la démocratie de proximité, il serait bon, que sur ce point également, ils soient attachés à respecter leurs promesses de campagne.

Et que l’on ne vienne plus nous dire qu’il faut le temps de s’installer, cela fait déjà un semestre que les élections sont intervenues.

Gardons-nous de mesures excessives

Voici le texte du courriel que j’ai adressé à Madame la Maire du 3e à propos de la fermeture de la rue de l’Harmonie.

“Madame la Maire,

J’ai été saisi par des habitants du secteur Rebatel/Feuillat du problème que va poser la fermeture permanente à la circulation de la rue de l’Harmonie, entre les rues Rebatel et Bonhomme.

Je comprends que l’on puisse fermer à la circulation au moment de l’entrée et de la sortie des écoles Rebatel, dans un objectif de sécurisation. Les enfants et parents sont en effet très nombreux à emprunter le passage piétons au moment de l’entrée et de la sortie des établissements scolaires. Je crois qu’une fermeture sur un créneau donné telle qu’elle se pratique rue Meynis serait la bonne solution. Ou peut-être pourrait-on aussi sécuriser cette rue en supprimant le contre sens Est-Ouest entre Dr Bonhomme et Rebatel.

En revanche, il me semble non justifié et problématique de fermer cette section de rue de façon permanente.

Une telle décision va en effet fortement pénaliser tous les nombreux habitants des rues de l’Harmonie, du Dr Bonhomme, du Palais d’Eté et du début de la rue Feuillat. Quand ils vont arriver du Nord-Ouest de la Ville (par Lacassagne/Rebatel), ils vont devoir, pour atteindre leur garage, parcourir un détour de 1,5 km, en passant par l’avenue des Frères Lumière et la rue Feuillat. Qui plus est, comme cet itinéraire est très encombré aux heures chargées, cela représente un temps de trajet qui peut atteindre la 1/2 heure !

Pour les habitants du secteur Sysley / Dahlias qui veulent se rendre au Nord Est de la Ville, la conséquence sera la même. Et on peut craindre que certains essayent de contourner la difficulté en empruntant Rebatel à contre-sens jusqu’à la rue Elie Paris.

Cette décision de fermer la rue de l’Harmonie, qui est présentée comme permettant de mieux respirer en ville, va ainsi créer beaucoup de désagréments pour les riverains, va entraîner une augmentation des trajets et de l’encombrement automobile dans le secteur Lumière, ce qui bien sûr ne présente pas un bilan environnemental positif.

Cet aménagement aurait du être mieux réfléchi et concerté avec l’ensemble des habitants du secteur. Il me semble donc vraiment nécessaire de revoir cette décision tant qu’il est encore temps, pour retenir une solution sur un créneau horaire plutôt que permanente. “

La question du bilan environnemental se pose sérieusement. Sur ce plan, on voit le détour de 1,5 km que vont devoir faire tous les habitants des secteurs en jaune pour atteindre leur garage en arrivant par le Nord-Ouest. On peut estimer à 500 le nombre de logements concernés. Si seulement la moitié des familles concernées fait ce trajet chaque jour, cela fait un trajet cumulé quotidien inutile de 375 km.

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