Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Economie Page 1 of 12

Un jour, un colistier : Luis-Georges Quintelas

«Luis-Georges incarne parfaitement le vrai candidat de la société civile. Il y a encore deux mois il ne songeait pas à cette candidature. Nous sommes vraiment contents qu’il ait accepté cet engagement pour les élections métropolitaines des 15 et 22 mars. La Métropole de Lyon est en charge du développement économique, de l’emploi et de l’innovation. En tant que jeune entrepreneur qui a pris des risques pour créer sa société et qui l’a développée pour en faire une belle PME, qui agit aussi aujourd’hui pour soutenir des start-ups, l’expérience de Luis-Georges sera très utile pour inspirer et orienter les actions de la Métropole en faveur de l’emploi et des entreprises. Par ailleurs, Luis-Georges a toujours été un acteur engagé dans l’éducation en tant que représentant de parents d’élèves, dans les écoles et collèges du quartier Dauphiné-Sans Souci et en tant que président départemental d’une fédération de parents d’élèves. Là aussi, cette expérience est très précieuse pour la politique de la Métropole en matière de collèges et pour porter nos projets en faveur des collégiens et de la qualité de leurs études».

Les grandes écoles dans le dispositif régional de formation

La Conférence des Grandes Ecoles a tenu son congrès national à Lyon les 3 & 4 octobre 2019. Lors de son accueil j’ai pu souligner le rôle des grandes écoles dans le dispositif régional de formation. Le thème du congrès était l’insertion professionnelle ; 89,5 % de leurs diplômés ont un emploi 6 mois après leur diplôme. J’ai souligné l’importance d’inciter ces jeunes à s’intéresser aussi aux PME.

Colmatage

La conférence de presse du Président de la République du 25 avril vient enfin d’engager la sortie du Grand débat. Après bientôt six mois de tensions et de mouvement social, il est plus que temps pour le pays de repartir de l’avant.

Si la longueur et la mise en scène de cet échange avec la presse à l’Elysée donne une impression de grand bavardage, et si plusieurs des mesures évoquées restent à préciser ou clarifier, je ne dirais pas comme certains qu’Emmanuel Macron n’a rien annoncé. Il y a bien un certain nombre d’évolutions et de projets dans ses réponses. On retiendra notamment la baisse d’impôt sur le revenu dont devraient bénéficier certains contribuables de la classe moyenne ainsi que le coup de pouce aux petites retraites, et même à l’ensemble des retraites d’ici 2021. Ce sont des avancées. Dans le domaine de l’enseignement supérieur que je suis à la Région, j’ai noté aussi l’annonce d’un développement des filière universitaires courtes.

Des changements sont donc annoncés pour répondre à la colère sociale qui s’est notamment exprimée dans le mouvement des gilets jaunes. Après les premières mesures annoncées en décembre, pour un coût de 10 Md d’euros, les dernières annonces ont aussi un coût conséquent : on parle de 5 Md d’euros pour la réduction d’IRPP, de 3 Md d’euros pour l’indexation des retraites à l’horizon 2021.

Mais pour ma part, ces annonces de décembre et d’avril m’évoquent une double interrogation.

La première est celle de leur financement. Comment cela va-t-il être financé, qui va “payer” ? Les indications manquent de clarté et ne semblent pas à la hauteur du chantier.

La deuxième interrogation porte sur la cohérence de l’ensemble des mesures. Je ne perçois pas comment cela constitue un plan d’ensemble permettant de répondre aux défis du pays. Je n’y trouve pas de réponse à ce qui est à mon avis la problématique essentielle : comment retrouver la cohésion nationale et les marges de manœuvre financières pour que la France soit en mesure de faire face aux enjeux : le vieillissement, l’élévation des compétences, l’innovation, la transition énergétique, la défense… ?

L’éventail des annonces laisse plutôt penser qu’Emmanuel Macron cherche à accorder des avancées à différentes catégories de Français, pour que le plus possible puissent se dire qu’ils ont obtenu quelque chose. Cela rappelle finalement la campagne présidentielle, avec un patchwork de promesses qui n’a pas fait un projet politique cohérent… et qui a conduit à la crise quelques mois après.

Il y a donc de quoi être inquiets quant à la marche en avant que doit reprendre le pays. Et on peut aussi craindre que les élections européennes servent du coup à s’exprimer sur cette sortie de crise. Ce serait dramatique. Car après une élection présidentielle en 2017 qui n’a pas vraiment permis au pays de se prononcer sur le chemin qu’il voulait emprunter, on risque donc de passer à côté d’une élection européenne qui elle-aussi a vocation à trancher des choix importants : sur quels sujets et comment l’Union européenne doit-elle apporter une valeur ajoutée aux pays européens pour faire face aux défis de notre temps…

La Métropole 2020 ne doit être ni un syndicat de communes, ni la IVe République

En créant la Métropole de Lyon, le législateur a prévu qu’après une période transitoire, les habitants désigneront directement en 2020, lors d’un scrutin dédié parallèle au scrutin municipal, le Conseil métropolitain. Cette nouveauté pour 2020 n’est pas une simple modalité électorale. Elle est la conséquence logique du fait que la Métropole est reconnue comme un territoire constituant une collectivité territoriale en tant que tel.

Clairement, il s’agit d’une avancée car cette élection dédiée est censée permettre aux habitants de s’exprimer sur les grands enjeux et ce au bon niveau. En effet, c’est bien au niveau du territoire métropolitain dans son ensemble que l’on peut sérieusement aborder les sujets suivants :

  • La voirie et les déplacements urbains,  pour assurer à la fois l’accessibilité de la Métropole et la mobilité interne : plus que jamais notre agglomération a besoin d’un plan d’ensemble pour assurer cohérence et équilibre dans les déplacements,
  • Une croissance bien répartie de la population et donc un effort partagé en matière de logements,
  • Les mesures de préservation de l’environnement, pour améliorer la qualité de l’air, maintenir des trames vertes, gérer la ressource en eau…,
  • La bonne gestion prévisionnelle de l’espace, pour assurer les équilibres entre zones d’habitations, espaces verts et lieux pour l’activité économique,
  • L’appui au développement économique et à l’innovation pour faire émerger et soutenir les pôles d’excellence qui apporteront création de richesses et emplois,
  • Le rapprochement entre demande et offre d’emplois

Sur tous ces sujets, les problèmes, les contraintes et les opportunités ne “respectent” pas les limites communales. Dès lors, les politiques ne peuvent se concevoir au niveau communal. C’est bien au niveau de la Métropole qu’il faut le faire, et encore peut-on faire le constat que les dynamiques débordent souvent des limites métropolitaines.

Les nouvelles règles pour 2020 ouvrent la possibilité d’avoir enfin une vraie élection métropolitaine : un programme et des propositions pour faire face aux enjeux au niveau de l’ensemble de la Métropole et des habitants qui se prononcent clairement sur ces enjeux métropolitains. Même si l’organisation des élections se fera dans le cadre de plusieurs circonscriptions et non d’une seule, c’est bien cela l’objectif à atteindre.

C’est la logique et le nouveau cadre posé par la loi mais encore faut-il que nous ne rations pas ce rendez-vous démocratique ? Car il subsiste un double risque important.

Celui du syndrôme “syndicat de communes”. Même si la loi a changé, il y a toujours le risque que le débat politique s’organise sur la base communale, pour préserver les différents “fiefs”. La campagne serait ainsi conduite sur la base des compétitions politiques habituelles, en fonction d’enjeux d’abord locaux avec un peu de vernis métropolitain. Pour la définition d’une vraie politique métropolitaine, si tant est qu’il puisse y en avoir une, il faudrait attendre l’après-élection, et les négociations entre représentants des territoires locaux… Autant dire que le résultat serait encore largement en deçà des besoins.

Pour faire le parallèle avec la Région, imagine-t-on que la ligne politique de cette importante collectivité soit construite après les élections, en fonction des résultats dans chacune des sections départementales ?

L’autre risque est celui du syndrôme “IVe République”. Il pourrait résulter d’une approche hautement politicienne des élections, avec la multiplication de tendances politiques espérant obtenir des sièges grâce au scrutin proportionnel. L’éclatement du conseil métropolitain actuel en de multiples groupes politiques, dont de nombreux micro-groupes, montre que ce n’est pas un risque théorique. Comme pour le scenario précédent, cela nuirait fortement à la mise en place d’une vraie vision métropolitaine, car les choix politiques seraient alors le résultat de tractations politiques pour constituer une majorité.

Dans l’un et l’autre des scenarios, la conclusion est prévisible : une Métropole au dynamisme entravé, alors que l’enjeu est celui d’une collectivité qui doit donner toute sa puissance dans le contexte européen.

Il est plus que temps d’entrer dans une vraie campagne métropolitaine !

Deux questions après la tornade médiatique

Le départ de Gérard Collomb du Gouvernement et son retour sur Lyon ont créé le buzz il y a quelques jours, non sans raison… Après, s’il ne voulait plus être Ministre de l’intérieur, mieux valait effectivement qu’un changement intervienne rapidement pour que quelqu’un s’occupe pleinement de la sécurité. Mais après cet emballement médiatique, deux interrogations me semblent d’importance.

Tout d’abord une interrogation sur nos institutions. En quelques mois, nous avons vu se dessiner un panorama préoccupant :

  • une majorité parlementaire écrasante mais qui s’avère sans contenu politique, au bout d’une année seulement,
  • une affaire Benalla dont on nous dit qu’elle est le triste résultat de “dérapages personnels” mais qui pose tout simplement la question de “comment une telle chose peut arriver au cœur de l’Etat ?”. Heureusement que le Sénat est à la hauteur de ses responsabilités avec sa commission d’enquête.
  • des ministres qui vont et viennent au gré de leurs projets et déceptions… On notera que De Gaulle avait eu la sage précaution de prévoir, avec la Ve République, qu’un Ministre quittant le Gouvernement ne retrouvait pas son siège de parlementaire… mais cette sage précaution a été levée depuis…
  • et je terminerai par cette consternante visite du Président à Saint Martin au cours de laquelle, outre des photos décalées, il déplore une reconstruction trop lente… comme s’il n’était pas la première personne en charge…

Tout cela pose question sur nos institutions, et donc sur notre constitution. Gaulliste, je mesure ce que la Ve République a apporté au pays. Mais dans le monde d’aujourd’hui, avec la force de l’hyper-communication superficielle, reste-t-elle adaptée pour assurer le meilleur avenir au pays ? N’a-t-on pas besoin de nouvelles dispositions protectrices, rééquilibrant les pouvoirs ? On pourra me répondre que les comportements présents ne doivent pas faire douter de nos institutions. Le problème c’est qu’une constitution est faite pour éviter ce genre de dérapages.

Pour ce qui est du retour de Gérard Collomb sur Lyon, il m’évoque une autre question. Le sujet du renouvellement a été largement évoqué. Mais qu’en est-il du projet politique ? Gérard Collomb nous dit qu’il revient sur Lyon pour reprendre son action au service du développement de la Métropole. Mais selon quelles orientations politiques ?

Chaque jour, nous pouvons lire dans la presse que telle ou telle composante des majorités municipale ou métropolitaine actuelles n’est plus disposée à suivre Collomb, que ce retour n’emballe pas certains de ses anciens soutiens, et pas seulement pour la perte de pouvoir qui en découle. Alors avec qui Collomb compte-t-il bâtir un projet ?

Dans ce contexte, il serait surtout intéressant que Gérard Collomb nous livre sa vision pour la Métropole. Quels projets en termes d’infrastructures pour assurer les mobilités, quelles initiatives pour affirmer notre rôle de métropole économique européenne, quelle détermination à lutter contre la délinquance (d’autant plus nécessaire quand on a entendu son diagnostic particulièrement lucide à l’occasion de sa passation de pouvoir au Ministère de l’intérieur), quel plan pour faire en sorte que la coûteuse technostructure métropolitaine devienne réellement un facteur efficace de développement et de rayonnement ?

Souhaitons que les prochaines semaines apportent des réponses…

 

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