Oct 10

Le départ de Gérard Collomb du Gouvernement et son retour sur Lyon ont créé le buzz il y a quelques jours, non sans raison… Après, s’il ne voulait plus être Ministre de l’intérieur, mieux valait effectivement qu’un changement intervienne rapidement pour que quelqu’un s’occupe pleinement de la sécurité. Mais après cet emballement médiatique, deux interrogations me semblent d’importance.

Tout d’abord une interrogation sur nos institutions. En quelques mois, nous avons vu se dessiner un panorama préoccupant :

  • une majorité parlementaire écrasante mais qui s’avère sans contenu politique, au bout d’une année seulement,
  • une affaire Benalla dont on nous dit qu’elle est le triste résultat de “dérapages personnels” mais qui pose tout simplement la question de “comment une telle chose peut arriver au cœur de l’Etat ?”. Heureusement que le Sénat est à la hauteur de ses responsabilités avec sa commission d’enquête.
  • des ministres qui vont et viennent au gré de leurs projets et déceptions… On notera que De Gaulle avait eu la sage précaution de prévoir, avec la Ve République, qu’un Ministre quittant le Gouvernement ne retrouvait pas son siège de parlementaire… mais cette sage précaution a été levée depuis…
  • et je terminerai par cette consternante visite du Président à Saint Martin au cours de laquelle, outre des photos décalées, il déplore une reconstruction trop lente… comme s’il n’était pas la première personne en charge…

Tout cela pose question sur nos institutions, et donc sur notre constitution. Gaulliste, je mesure ce que la Ve République a apporté au pays. Mais dans le monde d’aujourd’hui, avec la force de l’hyper-communication superficielle, reste-t-elle adaptée pour assurer le meilleur avenir au pays ? N’a-t-on pas besoin de nouvelles dispositions protectrices, rééquilibrant les pouvoirs ? On pourra me répondre que les comportements présents ne doivent pas faire douter de nos institutions. Le problème c’est qu’une constitution est faite pour éviter ce genre de dérapages.

Pour ce qui est du retour de Gérard Collomb sur Lyon, il m’évoque une autre question. Le sujet du renouvellement a été largement évoqué. Mais qu’en est-il du projet politique ? Gérard Collomb nous dit qu’il revient sur Lyon pour reprendre son action au service du développement de la Métropole. Mais selon quelles orientations politiques ?

Chaque jour, nous pouvons lire dans la presse que telle ou telle composante des majorités municipale ou métropolitaine actuelles n’est plus disposée à suivre Collomb, que ce retour n’emballe pas certains de ses anciens soutiens, et pas seulement pour la perte de pouvoir qui en découle. Alors avec qui Collomb compte-t-il bâtir un projet ?

Dans ce contexte, il serait surtout intéressant que Gérard Collomb nous livre sa vision pour la Métropole. Quels projets en termes d’infrastructures pour assurer les mobilités, quelles initiatives pour affirmer notre rôle de métropole économique européenne, quelle détermination à lutter contre la délinquance (d’autant plus nécessaire quand on a entendu son diagnostic particulièrement lucide à l’occasion de sa passation de pouvoir au Ministère de l’intérieur), quel plan pour faire en sorte que la coûteuse technostructure métropolitaine devienne réellement un facteur efficace de développement et de rayonnement ?

Souhaitons que les prochaines semaines apportent des réponses…

 

écrit par Pierre BERAT \\ tags: ,

Avr 08

Lors de l’Assemblée du 29 mars 2018 du Conseil régional je suis intervenu pour marquer le soutien du groupe Les Républicains, DVD et société civile au partenariat entre l’Etat et  le Conseil régional dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir 3, au service de l’innovation et du développement économique, et donc de l’emploi.

“Le groupe LR-DVD et apparentés se félicite de la délibération que vous nous présentez aujourd’hui, Monsieur le premier Vice-Président, Madame, Monsieur les Vice-Présidents. Nous nous en félicitons car il incarne, une fois de plus, les principes d’action de la nouvelle Région : volontarisme politique, préparation de l’avenir et simplification.

Volontarisme politique : dès le lancement des fonds régionalisés du Programme d’Investissement d’Avenir 3, vous avez marqué ce volontarisme en décidant de mobiliser l’enveloppe maximum proposée. C’est une vraie décision puisqu’elle conduit la Région à affecter 29 millions d’euros, pour un programme global de 58 millions d’euros.

Je me souviens d’un temps pas si lointain, dans cette enceinte, où au moment du lancement du Grand Emprunt, et de sa déclinaison pour l’enseignement supérieur et la recherche, le “volontarisme” des décideurs se bornait souvent à des lettres de soutien aux acteurs répondant aux appels à projet.

Préparation de l’avenir : ces 58 millions qui vont être engagés d’ici 2021 vont en effet contribuer à la préparation de l’avenir. Il s’agit d’abord, conformément à l’orientation politique forte que vous avez donnée, et qui s’est concrétisée ces dernières années, de financer de l’investissement. C’est important pour conforter les capacités de notre région, c’est important aussi sur le principe, car ne l’oublions pas, le PIA national est financé par l’emprunt, il est important que ses réalisations produisent leurs bénéfices aussi pour l’avenir, demain et après-demain, y compris pour notre jeunesse.

Les thématiques retenues balisent clairement ce futur :

  • La consolidation de nos filières d’activité économique, en liaison avec les domaines stratégiques que nous avons définis,
  • La croissance de nos entreprises, pour développer notamment le nombre d’ETI et de PME en forte croissance, par le soutien à l’innovation,
  • Le soutien à la qualification et à l’adaptation des compétences de la population active de notre région.

Simplification enfin : je tiens à souligner cet aspect dans cette explication de vote car il ne s’agit pas uniquement de tuyauterie administrative. Comme vous le faites pour l’ensemble de nos politiques, vous avez veillé dans le mode de sélection des projets à faire au plus simple dans la démarche administrative et à faire au plus réactif dans le processus. Cela n’est pas seulement de la tuyauterie administrative : c’est une nécessité pour les entreprises qui répondront aux appels à projet et c’est un atout pour motiver les projets les plus ambitieux.”

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Mar 21

La Région en appui de l’enseignement supérieur

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A l’occasion du Forum Rhône-Alpes, salon du recrutement des jeunes ingénieurs, j’ai eu l’occasion d’évoquer la vision de la Région sur le rôle de l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Voici la vidéo de cet entretien.

 

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Déc 05

Soutien de la Région à la filière micro-nanoélectronique

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La vidéo de mon intervention lors de l’Assemblée plénière du Conseil régional du 30 novembre 2017, à propos du soutien de la Région à la filière micro-nanoélectronique.

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Nov 20

Le conseil des affaires générales de l’Union européenne a décidé aujourd’hui que Paris accueillera l’Autorité Bancaire Européenne, puisque celle-ci doit quitter Londres du fait du Brexit.

C’est une bonne nouvelle pour la France, l’ABE constituant un atout de plus pour la place financière parisienne.

Ceci dit, avec ce résultat, on comprend mieux pourquoi les derniers gouvernements, à la fin du mandat Hollande et sous la présidence Macron, ont été aussi peu engagés dans la défense de la candidature française pour l’accueil de l’autre agence qui doit quitter Londres, l’Agence Européenne des Médicaments. Il s’agissait sans doute de jouer l’Autorité Bancaire Européenne plutôt que l’Agence Européenne des Médicaments.

Pourtant cela aurait aussi été une très bonne nouvelle pour la France d’accueillir l’Agence Européenne des Médicaments, tout particulièrement à Lyon où elle serait venue couronner le formidable potentiel de l’agglomération et de la région en matière de Santé. L’enjeu était d’importance : 900 fonctionnaires internationaux, 3 000 emplois indirects, 36 000 visites d’experts par an, une image de marque…

L’Union européenne a fait ce soir le choix de relocaliser l’Agence Européenne des Médicaments à Amsterdam. Milan était aussi très bien placée. Comme je l’évoquais lors du dernier Conseil municipal, cela démontre que c’était moins la proximité de Londres qui était importante que l’importance du pôle de Santé et la densité économique de la ville d’accueil. Pourtant, les Gouvernements Cazeneuve et Philippe/Macron avaient mis en avant la proximité géographique de Londres pour justifier le choix de Lille aux dépens de Lyon, pour porter la candidature française.

Dans ce contexte, il faut aussi s’interroger sur le fait que le Maire de Lyon, le Président de la Métropole de Lyon et l’ancien Maire de Lyon, devenu Ministre d’Etat, ne se soient pas plus mobilisés pour porter la candidature lyonnaise à l’accueil de l’Agence Européenne des Médicaments.

Le Maire de Lyon et le Président de la Métropole surfent régulièrement sur les palmarès qui positionnent notre Ville dans le peloton de tête des villes françaises. Mais plus que les palmarès dans la presse, ce que les Lyonnais voudraient, c’est une concrétisation du leadership.

Comment la candidature de Lyon, pôle de médecine complet de grande renommée, pôle de compétitivité en infectiologie de niveau mondial, avec un tissu économique dense en industries de santé, avec l’atout supplémentaire de son cadre de vie, a-t-elle pu ne pas être retenue par les derniers gouvernements pour porter la candidature française ? Les responsables de la Ville et de la Métropole se sont-ils mobilisés à la hauteur du défi de l’accueil d’une agence européenne, pour porter une candidature solide ? Ont-ils été freinés ?

Pour ne pas rater les futures opportunités, il faudra bien répondre à ces questions, puisqu’il faut apprendre de ses échecs. En tous cas, il semble difficile d’en rester à la gêne discrète à laquelle on assiste sur ce sujet.

La vidéo de mon intervention lors du Conseil municipal du 23 octobre via ce lien.

 

 

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