Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

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L’opposition à la politique des Verts/Extrême gauche doit être plus profonde

Il y a peu de jours sans que la presse ou les réseaux sociaux s’enflamment après des déclarations et prises de positions des nouvelles majorités Verts/Extrême gauche à la Ville de Lyon et à la Métropole : critique contre le Tour de France “machiste”, refus de survol par la Patrouille de France, budget genré, retrait temporaire de la viande à la cantine, congé paternité du Maire… La plupart du temps les déclarations ou les situations sont clairement hallucinantes et constituent effectivement des symboles des nouvelles « politiques »… mais à passer son temps à s’occuper de ces symboles, on risque aussi d’oublier de combattre des volontés politiques plus structurelles et très néfastes. On peut d’ailleurs se demander si dans tout cela, il n’y a pas un jeu de diversion et de provocation des nouvelles équipes.

Car des politiques qui ont été lancées ces derniers mois vont modifier en profondeur notre Ville et notre Métropole.

La grande offensive avec les aménagements de voirie pour les « modes doux » est présentée comme visant le report modal, de la voiture vers des modes doux, ou pour ramener de la nature et de la tranquillité en ville. Mais si certains de ces aménagements permettent effectivement de progresser en ce sens, on se doute que la démarche plus globale et idéologique « anti-voitures » est aussi d’amplifier un changement sociologique de la Ville.

Au plan économique, mais aussi peut-être au plan sportif ou culturel, la volonté délibérée de ne plus chercher à exceller ou à être attractif, dans une logique d’autonomisation et de repli sur soi, sera bien sûr dramatique dans la durée. C’est un effort constant depuis 25 ans pour que Lyon s’affirme en tant que métropole européenne qui est interrompu. Dans un monde post-Covid qui sera sans doute encore plus compétitif, avec l’Asie et les Etats-Unis qui ont pris de l’avance dans le rebond post crise sanitaire, les conséquences de cet abandon de l’esprit de conquête ne vont pas tarder à apparaître, en termes de pertes de potentiel économique. Chacun peut comprendre que si demain il se crée moins de richesses dans la métropole, ce sera moins de capacité d’action pour la solidarité et la transition écologique.

Toujours au plan économique, quand la Métropole décide de ne plus soutenir Lyon French Tech, sauf si c’est pour des projets en matière de transition écologique (et encore faudra-t-il voir les critères qui seront posés), c’est aussi une rupture avec la tradition lyonnaise d’innovation. C’est se priver de la chance de développer et renouveler notre tissu d’entreprises dans tous les domaines où nous avons des points forts : le numérique, les industries de santé, l’Industrie du futur, le transport, la chimie…

Quand la nouvelle majorité à Lyon décide de ne consacrer à la sécurité que 1 % des dépenses du Plan Pluriannuel des Investissements 2021-2026, on voit clairement le refus de contribuer au rétablissement de la sécurité et de la tranquillité dans nos quartiers. Que va-t-on faire avec ces 11 millions d’euros (11 millions seulement alors que 50 sont prévus pour des budgets participatifs…) ? Des travaux d’entretien dans les postes de police municipale du 1er et du 8e, l’entretien des caméras de vidéoprotection existantes et une carrière pour la brigade équestre ! En creux, ces 11 millions confirment les déclarations politiques : pas de présence supplémentaire de la police municipale sur le terrain, en appui de la Police nationale, et pas d’extension de la vidéoprotection. Et pourtant, l’actualité nous montre combien la reprise en mains de la situation est urgente et impérative !

Ce sont surtout ces orientations dramatiques pour notre ville et notre agglomération qu’il faut combattre.

Dans ce contexte, le vote du Plan Pluriannuel des Investissements de la Ville de Lyon 2021-2026 était déterminant, puisque c’est ce PPI qui définit les budgets et les réalisations concrètes. En clair, c’est cela la feuille de route concrète du mandat.

Dès lors, je suis pour ma part surpris que le groupe municipal « Droite, Centre et Indépendant » présidé par le sénateur Blanc se soit abstenu au lieu de voter contre. C’est quand même un comble que les votes contre soient venus des groupes politiques de Georges Képénekian et Yann Cucherat.

Développement durable : la Ville doit faire moins de communication et plus d’actions structurelles

Lors du Conseil municipal du 18 novembre 2019, j’ai exprimé la position de notre groupe sur le rapport annuel de la Ville sur son action en matière de développement durable. Ce rapport est censé présenter la démarche de la Ville pour progresser sur ce sujet.

Force est de constater que cette année encore, ce rapport est surtout un document de communication illustré par une collection d’actions, dont le caractère souvent positif n’est pas contesté. Mais on peut déplorer deux lacunes. D’abord il n’expose pas de stratégie claire sur certains objectifs fondamentaux, et encore moins d’indicateurs pour mesurer nos progrès. C’est le cas par exemple en matière d’efficacité énergétique des bâtiments ou d’insertion professionnelle des jeunes. D’autre part, ce rapport traduit un manque de volontarisme évident dans le domaine de la tranquillité publique et de la lutte contre la délinquance, une dimension pourtant majeure pour un développement équilibré de la Ville.

Pour plus de détails, retrouvez la vidéo de mon intervention : https://www.youtube.com/watch?v=TYdxJ8jkuUU

Les grandes écoles dans le dispositif régional de formation

La Conférence des Grandes Ecoles a tenu son congrès national à Lyon les 3 & 4 octobre 2019. Lors de son accueil j’ai pu souligner le rôle des grandes écoles dans le dispositif régional de formation. Le thème du congrès était l’insertion professionnelle ; 89,5 % de leurs diplômés ont un emploi 6 mois après leur diplôme. J’ai souligné l’importance d’inciter ces jeunes à s’intéresser aussi aux PME.

La Métropole 2020 ne doit être ni un syndicat de communes, ni la IVe République

En créant la Métropole de Lyon, le législateur a prévu qu’après une période transitoire, les habitants désigneront directement en 2020, lors d’un scrutin dédié parallèle au scrutin municipal, le Conseil métropolitain. Cette nouveauté pour 2020 n’est pas une simple modalité électorale. Elle est la conséquence logique du fait que la Métropole est reconnue comme un territoire constituant une collectivité territoriale en tant que tel.

Clairement, il s’agit d’une avancée car cette élection dédiée est censée permettre aux habitants de s’exprimer sur les grands enjeux et ce au bon niveau. En effet, c’est bien au niveau du territoire métropolitain dans son ensemble que l’on peut sérieusement aborder les sujets suivants :

  • La voirie et les déplacements urbains,  pour assurer à la fois l’accessibilité de la Métropole et la mobilité interne : plus que jamais notre agglomération a besoin d’un plan d’ensemble pour assurer cohérence et équilibre dans les déplacements,
  • Une croissance bien répartie de la population et donc un effort partagé en matière de logements,
  • Les mesures de préservation de l’environnement, pour améliorer la qualité de l’air, maintenir des trames vertes, gérer la ressource en eau…,
  • La bonne gestion prévisionnelle de l’espace, pour assurer les équilibres entre zones d’habitations, espaces verts et lieux pour l’activité économique,
  • L’appui au développement économique et à l’innovation pour faire émerger et soutenir les pôles d’excellence qui apporteront création de richesses et emplois,
  • Le rapprochement entre demande et offre d’emplois

Sur tous ces sujets, les problèmes, les contraintes et les opportunités ne “respectent” pas les limites communales. Dès lors, les politiques ne peuvent se concevoir au niveau communal. C’est bien au niveau de la Métropole qu’il faut le faire, et encore peut-on faire le constat que les dynamiques débordent souvent des limites métropolitaines.

Les nouvelles règles pour 2020 ouvrent la possibilité d’avoir enfin une vraie élection métropolitaine : un programme et des propositions pour faire face aux enjeux au niveau de l’ensemble de la Métropole et des habitants qui se prononcent clairement sur ces enjeux métropolitains. Même si l’organisation des élections se fera dans le cadre de plusieurs circonscriptions et non d’une seule, c’est bien cela l’objectif à atteindre.

C’est la logique et le nouveau cadre posé par la loi mais encore faut-il que nous ne rations pas ce rendez-vous démocratique ? Car il subsiste un double risque important.

Celui du syndrôme “syndicat de communes”. Même si la loi a changé, il y a toujours le risque que le débat politique s’organise sur la base communale, pour préserver les différents “fiefs”. La campagne serait ainsi conduite sur la base des compétitions politiques habituelles, en fonction d’enjeux d’abord locaux avec un peu de vernis métropolitain. Pour la définition d’une vraie politique métropolitaine, si tant est qu’il puisse y en avoir une, il faudrait attendre l’après-élection, et les négociations entre représentants des territoires locaux… Autant dire que le résultat serait encore largement en deçà des besoins.

Pour faire le parallèle avec la Région, imagine-t-on que la ligne politique de cette importante collectivité soit construite après les élections, en fonction des résultats dans chacune des sections départementales ?

L’autre risque est celui du syndrôme “IVe République”. Il pourrait résulter d’une approche hautement politicienne des élections, avec la multiplication de tendances politiques espérant obtenir des sièges grâce au scrutin proportionnel. L’éclatement du conseil métropolitain actuel en de multiples groupes politiques, dont de nombreux micro-groupes, montre que ce n’est pas un risque théorique. Comme pour le scenario précédent, cela nuirait fortement à la mise en place d’une vraie vision métropolitaine, car les choix politiques seraient alors le résultat de tractations politiques pour constituer une majorité.

Dans l’un et l’autre des scenarios, la conclusion est prévisible : une Métropole au dynamisme entravé, alors que l’enjeu est celui d’une collectivité qui doit donner toute sa puissance dans le contexte européen.

Il est plus que temps d’entrer dans une vraie campagne métropolitaine !

La Région investit pour l’innovation et le développement économique

Lors de l’Assemblée du 29 mars 2018 du Conseil régional je suis intervenu pour marquer le soutien du groupe Les Républicains, DVD et société civile au partenariat entre l’Etat et  le Conseil régional dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir 3, au service de l’innovation et du développement économique, et donc de l’emploi.

“Le groupe LR-DVD et apparentés se félicite de la délibération que vous nous présentez aujourd’hui, Monsieur le premier Vice-Président, Madame, Monsieur les Vice-Présidents. Nous nous en félicitons car il incarne, une fois de plus, les principes d’action de la nouvelle Région : volontarisme politique, préparation de l’avenir et simplification.

Volontarisme politique : dès le lancement des fonds régionalisés du Programme d’Investissement d’Avenir 3, vous avez marqué ce volontarisme en décidant de mobiliser l’enveloppe maximum proposée. C’est une vraie décision puisqu’elle conduit la Région à affecter 29 millions d’euros, pour un programme global de 58 millions d’euros.

Je me souviens d’un temps pas si lointain, dans cette enceinte, où au moment du lancement du Grand Emprunt, et de sa déclinaison pour l’enseignement supérieur et la recherche, le “volontarisme” des décideurs se bornait souvent à des lettres de soutien aux acteurs répondant aux appels à projet.

Préparation de l’avenir : ces 58 millions qui vont être engagés d’ici 2021 vont en effet contribuer à la préparation de l’avenir. Il s’agit d’abord, conformément à l’orientation politique forte que vous avez donnée, et qui s’est concrétisée ces dernières années, de financer de l’investissement. C’est important pour conforter les capacités de notre région, c’est important aussi sur le principe, car ne l’oublions pas, le PIA national est financé par l’emprunt, il est important que ses réalisations produisent leurs bénéfices aussi pour l’avenir, demain et après-demain, y compris pour notre jeunesse.

Les thématiques retenues balisent clairement ce futur :

  • La consolidation de nos filières d’activité économique, en liaison avec les domaines stratégiques que nous avons définis,
  • La croissance de nos entreprises, pour développer notamment le nombre d’ETI et de PME en forte croissance, par le soutien à l’innovation,
  • Le soutien à la qualification et à l’adaptation des compétences de la population active de notre région.

Simplification enfin : je tiens à souligner cet aspect dans cette explication de vote car il ne s’agit pas uniquement de tuyauterie administrative. Comme vous le faites pour l’ensemble de nos politiques, vous avez veillé dans le mode de sélection des projets à faire au plus simple dans la démarche administrative et à faire au plus réactif dans le processus. Cela n’est pas seulement de la tuyauterie administrative : c’est une nécessité pour les entreprises qui répondront aux appels à projet et c’est un atout pour motiver les projets les plus ambitieux.”

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