Fév 09

La Métropole 2020 ne doit être ni un syndicat de communes, ni la IVe République

Collectivités territoriales, Commerce, entreprises, Déplacements, Economie, emploi Commentaires fermés sur La Métropole 2020 ne doit être ni un syndicat de communes, ni la IVe République

En créant la Métropole de Lyon, le législateur a prévu qu’après une période transitoire, les habitants désigneront directement en 2020, lors d’un scrutin dédié parallèle au scrutin municipal, le Conseil métropolitain. Cette nouveauté pour 2020 n’est pas une simple modalité électorale. Elle est la conséquence logique du fait que la Métropole est reconnue comme un territoire constituant une collectivité territoriale en tant que tel.

Clairement, il s’agit d’une avancée car cette élection dédiée est censée permettre aux habitants de s’exprimer sur les grands enjeux et ce au bon niveau. En effet, c’est bien au niveau du territoire métropolitain dans son ensemble que l’on peut sérieusement aborder les sujets suivants :

  • La voirie et les déplacements urbains,  pour assurer à la fois l’accessibilité de la Métropole et la mobilité interne : plus que jamais notre agglomération a besoin d’un plan d’ensemble pour assurer cohérence et équilibre dans les déplacements,
  • Une croissance bien répartie de la population et donc un effort partagé en matière de logements,
  • Les mesures de préservation de l’environnement, pour améliorer la qualité de l’air, maintenir des trames vertes, gérer la ressource en eau…,
  • La bonne gestion prévisionnelle de l’espace, pour assurer les équilibres entre zones d’habitations, espaces verts et lieux pour l’activité économique,
  • L’appui au développement économique et à l’innovation pour faire émerger et soutenir les pôles d’excellence qui apporteront création de richesses et emplois,
  • Le rapprochement entre demande et offre d’emplois

Sur tous ces sujets, les problèmes, les contraintes et les opportunités ne “respectent” pas les limites communales. Dès lors, les politiques ne peuvent se concevoir au niveau communal. C’est bien au niveau de la Métropole qu’il faut le faire, et encore peut-on faire le constat que les dynamiques débordent souvent des limites métropolitaines.

Les nouvelles règles pour 2020 ouvrent la possibilité d’avoir enfin une vraie élection métropolitaine : un programme et des propositions pour faire face aux enjeux au niveau de l’ensemble de la Métropole et des habitants qui se prononcent clairement sur ces enjeux métropolitains. Même si l’organisation des élections se fera dans le cadre de plusieurs circonscriptions et non d’une seule, c’est bien cela l’objectif à atteindre.

C’est la logique et le nouveau cadre posé par la loi mais encore faut-il que nous ne rations pas ce rendez-vous démocratique ? Car il subsiste un double risque important.

Celui du syndrôme “syndicat de communes”. Même si la loi a changé, il y a toujours le risque que le débat politique s’organise sur la base communale, pour préserver les différents “fiefs”. La campagne serait ainsi conduite sur la base des compétitions politiques habituelles, en fonction d’enjeux d’abord locaux avec un peu de vernis métropolitain. Pour la définition d’une vraie politique métropolitaine, si tant est qu’il puisse y en avoir une, il faudrait attendre l’après-élection, et les négociations entre représentants des territoires locaux… Autant dire que le résultat serait encore largement en deçà des besoins.

Pour faire le parallèle avec la Région, imagine-t-on que la ligne politique de cette importante collectivité soit construite après les élections, en fonction des résultats dans chacune des sections départementales ?

L’autre risque est celui du syndrôme “IVe République”. Il pourrait résulter d’une approche hautement politicienne des élections, avec la multiplication de tendances politiques espérant obtenir des sièges grâce au scrutin proportionnel. L’éclatement du conseil métropolitain actuel en de multiples groupes politiques, dont de nombreux micro-groupes, montre que ce n’est pas un risque théorique. Comme pour le scenario précédent, cela nuirait fortement à la mise en place d’une vraie vision métropolitaine, car les choix politiques seraient alors le résultat de tractations politiques pour constituer une majorité.

Dans l’un et l’autre des scenarios, la conclusion est prévisible : une Métropole au dynamisme entravé, alors que l’enjeu est celui d’une collectivité qui doit donner toute sa puissance dans le contexte européen.

Il est plus que temps d’entrer dans une vraie campagne métropolitaine !

écrit par Pierre BERAT \\ tags:

Avr 08

Lors de l’Assemblée du 29 mars 2018 du Conseil régional je suis intervenu pour marquer le soutien du groupe Les Républicains, DVD et société civile au partenariat entre l’Etat et  le Conseil régional dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir 3, au service de l’innovation et du développement économique, et donc de l’emploi.

“Le groupe LR-DVD et apparentés se félicite de la délibération que vous nous présentez aujourd’hui, Monsieur le premier Vice-Président, Madame, Monsieur les Vice-Présidents. Nous nous en félicitons car il incarne, une fois de plus, les principes d’action de la nouvelle Région : volontarisme politique, préparation de l’avenir et simplification.

Volontarisme politique : dès le lancement des fonds régionalisés du Programme d’Investissement d’Avenir 3, vous avez marqué ce volontarisme en décidant de mobiliser l’enveloppe maximum proposée. C’est une vraie décision puisqu’elle conduit la Région à affecter 29 millions d’euros, pour un programme global de 58 millions d’euros.

Je me souviens d’un temps pas si lointain, dans cette enceinte, où au moment du lancement du Grand Emprunt, et de sa déclinaison pour l’enseignement supérieur et la recherche, le “volontarisme” des décideurs se bornait souvent à des lettres de soutien aux acteurs répondant aux appels à projet.

Préparation de l’avenir : ces 58 millions qui vont être engagés d’ici 2021 vont en effet contribuer à la préparation de l’avenir. Il s’agit d’abord, conformément à l’orientation politique forte que vous avez donnée, et qui s’est concrétisée ces dernières années, de financer de l’investissement. C’est important pour conforter les capacités de notre région, c’est important aussi sur le principe, car ne l’oublions pas, le PIA national est financé par l’emprunt, il est important que ses réalisations produisent leurs bénéfices aussi pour l’avenir, demain et après-demain, y compris pour notre jeunesse.

Les thématiques retenues balisent clairement ce futur :

  • La consolidation de nos filières d’activité économique, en liaison avec les domaines stratégiques que nous avons définis,
  • La croissance de nos entreprises, pour développer notamment le nombre d’ETI et de PME en forte croissance, par le soutien à l’innovation,
  • Le soutien à la qualification et à l’adaptation des compétences de la population active de notre région.

Simplification enfin : je tiens à souligner cet aspect dans cette explication de vote car il ne s’agit pas uniquement de tuyauterie administrative. Comme vous le faites pour l’ensemble de nos politiques, vous avez veillé dans le mode de sélection des projets à faire au plus simple dans la démarche administrative et à faire au plus réactif dans le processus. Cela n’est pas seulement de la tuyauterie administrative : c’est une nécessité pour les entreprises qui répondront aux appels à projet et c’est un atout pour motiver les projets les plus ambitieux.”

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Mar 21

La Région en appui de l’enseignement supérieur

Economie, emploi, Enseignement supérieur/Recherche, Europe, Jeunesse, Région Commentaires fermés sur La Région en appui de l’enseignement supérieur

A l’occasion du Forum Rhône-Alpes, salon du recrutement des jeunes ingénieurs, j’ai eu l’occasion d’évoquer la vision de la Région sur le rôle de l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Voici la vidéo de cet entretien.

 

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Déc 05

Soutien de la Région à la filière micro-nanoélectronique

Economie, emploi, Enseignement supérieur/Recherche, Europe, Intervention Conseil régional Commentaires fermés sur Soutien de la Région à la filière micro-nanoélectronique

La vidéo de mon intervention lors de l’Assemblée plénière du Conseil régional du 30 novembre 2017, à propos du soutien de la Région à la filière micro-nanoélectronique.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: ,

Sep 16

Je n’ai soutenu Emmanuel Macron, ni au 1er tour de la présidentielle, ni aux législatives. Je n’ai pas fait partie non plus des séduits de la seconde heure, mais pour autant, j’ai observé les premiers mois du mandat sans opposition systématique ou ressentiment revanchard. Je ne suis cependant toujours pas convaincu.

Il y a d’abord l’exercice du pouvoir. Nous avons eu beaucoup de symboles habiles, mais cet exercice de la fonction présidentielle, ponctué de “belles images”, de propos provocants et surtout de promotion personnelle laisse dubitatif. Avec la dernière mise en scène à Athènes, devant l’Acropole, alors que l’impératif c’était la réponse à l’ouragan Irma, on a frôlé l’overdose…

Il y a ensuite les réformes engagées… Reconnaissons-le, il y a du volontarisme et certaines vont dans le bon sens, certaines étaient attendues. Nous l’avions d’ailleurs dit lors de la campagne des législatives : les bonnes propositions seraient soutenues. Il faut dire que la méthode Macron pour préparer la présidentielle a été habile : du porte-à-porte pour recueillir les attentes des Français, puis des mesures ponctuelles phares pour y répondre. Ce fut le cœur du “et droite, et gauche”. Chaque électeur pouvait ainsi trouver son point d’intérêt. Nous l’avons bien vu avec les mesures revenant sur les aberrations de Hollande au plan scolaire (classes européennes par exemple), l’indemnisation du chômage en cas de démission, la suppression du RSI…

Certaines réformes vont donc dans le bon sens, mais on sera vigilant sur la réalité de la mise en œuvre. On s’assurera aussi que ce qui est accordé d’une main, n’est pas repris de l’autre… Et puis surtout, soyons conscients que les défis de la France ne se résoudront pas par des réformes parcellaires. Prenons les réformes du marché du travail. Aussi utiles que soient ces réformes, elles ne sont pas l’alpha et l’omega de notre agenda politique. Je suis surpris de voir comment certains ont restreint leur vision politique à ce sujet. D’ailleurs, même en se limitant au travail et à l’emploi, pour bien résoudre les problèmes, il faudrait aussi aborder la question de l’attractivité de tous les emplois.

Mais la première faiblesse du macronisme, c’est la vision pour la France. L’interview fleuve de rentrée dans le Point était censée y remédier. Elle est surtout un révélateur. Le diagnostic qui fonde cette vision apparaît très incomplet et penche à gauche. L’approche du terrorisme et de la menace islamiste est révélatrice. Les propos du Président apparaissent d’une grande naïveté, avec la mise en avant de multiples causes et la classique tentation de la victimisation. Ainsi peut-on lire que le départ des djihadistes répond à une “soif d’engagement” ou que “la guerre civile du monde musulman – sunnites contre chiites – s’exporte dans nos sociétés et nourrit le terrorisme”. On aurait surtout voulu lire que le terrorisme islamiste est un projet global et construit contre nos valeurs occidentales et qu’il faut donc le combattre en fonction de cela.

Il en va de même pour le rétablissement du respect des règles de notre République. La hausse des moyens d’action est évoquée (sécurité, justice), mais rien n’est dit que sur le terrain qu’il faut reconquérir. Pour reprendre une expression d’Emmanuel Macron, les “problèmes ne sont pas nommés”, on peut donc douter des solutions.

Autre limite fondamentale, celle de l’analyse des fractures économiques et sociales de la France. On constatera d’abord que les difficultés du monde rural et de l’agriculture, des travailleurs pauvres, des petites retraites, ne sont pas dans le radar présidentiel. On lit des développements sur les Français les plus en difficultés, mais les agriculteurs qui travaillent du matin au soir sans rien gagner, les jeunes qui n’ont pas d’espoir à attendre dans l’espace rural, les retraités qui ne s’en sortent pas, n’en font pas partie. Et puis, au plan économique, il y a cette fascination qui transparait pour la destruction-créatrice, semblant oublier que l’action politique, le gouvernement du pays, ce n’est pas se laisser aller au fil-de-l’eau des évolutions économiques.

Je crois encore que cette vision présidentielle, construite sur un diagnostic incomplet et sous-tendue par un libéralisme mondialisé, aura bien du mal à répondre durablement et en profondeur aux défis de la France.

 

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,