Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Catégorie : Enseignement supérieur/Recherche Page 1 of 8

Stratégie régionale pour l’Intelligence artificielle

Voici le texte de mon intervention lors de l’adoption de cette stratégie de la Région Auvergne-Rhône-Alpes lors de sa session du 15 octobre 2020.

“Monsieur le Président,

Notre groupe des élus LR, divers droite et société civile se félicite de la stratégie régionale en matière d’Intelligence artificielle que vous soumettez aujourd’hui à notre assemblée régionale. Dans notre soutien nous soulignons trois aspects : l’ambition, les opportunités et la cohérence.

Oui nous nous félicitons de l’ambition que traduit cette stratégie, celle d’être un territoire leader en Europe et d’en faire un élément du plan de relance. Les technologies numériques qui forment l’Intelligence artificielle sont des technologies clés et incontournables. Elles constituent un marché prometteur et il faut être conscient que ceux qui ne s’y intéresseront pas ne bénéficieront pas des retombées de ce marché, y compris en termes d’emplois, mais seulement des effets défavorables de ces technologies.

Mais l’IA ce n’est pas qu’une question de chiffre d’affaires, c’est aussi une question de souveraineté technologique. Si nous laissons passer le sujet, nous serons à la merci d’acteurs extérieurs. Soyons conscients que le rapport des investissements sur l’IA est de 1 à 2 entre l’UE et l’Asie et 1 à 4 avec l’Amérique du nord. Alors oui, nous pouvons nous satisfaire que notre Région ait une ambition en la matière.

J’en viens maintenant aux opportunités. Cette ambition, elle se construit sur des atouts que possède notre territoire. Celui d’accueillir à Grenoble l’un des trois instituts nationaux, en renfort d’autres capacités de recherche, y compris de majeurs privés comme Atos. Celui de compter d’ores et déjà au moins 200 offreurs de solutions. Celui d’être positionné sur l’IA embarquée. Et celui enfin d’être un pôle majeur en matière d’Industrie du futur, car c’est bien dans ce domaine que l’Europe et la France peuvent gagner la prochaine bataille mondiale du numérique. Il faut pour cela assurer l’essor de l’Intelligence artificielle mais aussi, “à bon entendeur”, investir dans la 5G, dont l’utilité est moins dans nos ascenseurs que dans nos usines. Le premier appel à projets de R&D doté de 15 millions d’euros permettra concrètement de progresser sur le sujet.

Enfin il faut saluer la cohérence de votre approche. Notre Région investit fortement depuis le début du mandat dans des projets qui créent un écosystème favorable à l’Intelligence Artificielle sur notre territoire : notre engagement dans Nano 2022 et notre partenariat stratégique avec le CEA que nous avons auditionné dernièrement en commission Enseignement supérieur et Recherche, le projet de Campus numérique avec ses dimensions industrielles et de sensibilisation des entreprises. Cohérence aussi et intelligence collective, avec la feuille de route qui est définie avec l’Etat. Cohérence enfin avec le soin du Vice-Président Yannick Neuder de bien aligner cette stratégie avec la programmation des fonds européens, afin que notre région bénéficie pleinement de ces financements.

C’est bien cela l’enjeu : celui qu’Auvergne-Rhône-Alpes prenne toute sa place dans un effort européen et français pour développer une Intelligence Artificielle digne de confiance, avec cette spécificité européenne d’une approche transparente qui n’oublie pas les questions d’éthique, notamment pour les applications pour la santé. C’est d’ailleurs pour cela que notre approche de la culture scientifique, technique et industrielle a fait de l’IA l’un de ses sujets prioritaires.

Nous approuvons donc pleinement cette stratégie et vous assurons de notre mobilisation pour sa mise en œuvre.”

Une nouvelle stratégie pour la CSTI

Lors de son assemblée de fin décembre, le Conseil régional a voté sa nouvelle stratégie de soutien à la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI). Voici mon intervention à cette occasion, cette stratégie ayant été concertée et travaillée ces derniers mois dans le cadre de la commission que je préside.

« Notre groupe « Les Républicains, Indépendants et Apparentés » se félicite de la stratégie régionale de culture scientifique, technique et industrielle que vous proposez à notre assemblée régionale d’adopter. Nous nous en félicitons pour ses objectifs, pour la façon dont elle sera concrétisée et aussi pour son mode d’élaboration.

Pour ce qui est des objectifs, nous partageons pleinement le choix qui est fait de mobiliser les moyens au profit de la culture scientifique, technique et industrielle en priorité pour diffuser des messages essentiels au développement et à la cohésion de notre société :

  • La promotion des avancées de la Science, notamment sur les questions de santé,
  • La mobilisation de la population autour de l’enjeu climatique, mais aussi pour saisir les opportunités du développement numérique et de l’intelligence artificielle,
  • La promotion des carrières scientifiques, pour combler le manque d’attractivité constaté dans notre pays, notamment auprès des jeunes femmes,
  • Le soutien à l’attractivité des métiers de l’industrie, et plus généralement aux métiers technologiques, en cohérence avec l’ADN de notre région et en s’appuyant sur les filières d’excellence de nos territoires.

Nous soutenons aussi pleinement la volonté de déployer la CSTI en s’appuyant sur les atouts de chacun des territoires de notre région et en donnant la priorité à l’itinérance, pour que chaque habitant de la région puisse en bénéficier et y contribuer, quels que soient son lieu de vie ou sa situation sociale.

Nous soulignons l’avancée de cette stratégie, qui sera dorénavant déclinée par un plan d’action sur 3 ans, de 2020 à 2022, ce qui donnera la visibilité attendue aux acteurs de la CSTI dans les départements, tout en prévoyant une concertation régulière avec la Région pour faire converger les objectifs.

Nous saluons enfin la démarche concertée qui a permis l’élaboration de cette stratégie : écoute des structures départementales porteuses d’actions de la CSTI sur leurs besoins, réunion plénière de concertation avec ces structures et échanges réguliers au sein de notre commission régionale. Il résulte de tout cela une stratégie ambitieuse et partagée. Nous la soutenons pleinement. »

Inauguration du LICL

Le 22 novembre j’ai représenté la Région à l’inauguration du Laboratoire d’Immunothérapie du Cancer de Lyon (LICL) au Centre Léon Bérard. La Région soutien financièrement (2,1 M€) cette nouvelle plateforme technologique qui va faire encore progresser l’immunothérapie, traitement révolutionnaire du cancer qui est porteur de beaucoup d’espoirs pour les patients.

Les grandes écoles dans le dispositif régional de formation

La Conférence des Grandes Ecoles a tenu son congrès national à Lyon les 3 & 4 octobre 2019. Lors de son accueil j’ai pu souligner le rôle des grandes écoles dans le dispositif régional de formation. Le thème du congrès était l’insertion professionnelle ; 89,5 % de leurs diplômés ont un emploi 6 mois après leur diplôme. J’ai souligné l’importance d’inciter ces jeunes à s’intéresser aussi aux PME.

Colmatage

La conférence de presse du Président de la République du 25 avril vient enfin d’engager la sortie du Grand débat. Après bientôt six mois de tensions et de mouvement social, il est plus que temps pour le pays de repartir de l’avant.

Si la longueur et la mise en scène de cet échange avec la presse à l’Elysée donne une impression de grand bavardage, et si plusieurs des mesures évoquées restent à préciser ou clarifier, je ne dirais pas comme certains qu’Emmanuel Macron n’a rien annoncé. Il y a bien un certain nombre d’évolutions et de projets dans ses réponses. On retiendra notamment la baisse d’impôt sur le revenu dont devraient bénéficier certains contribuables de la classe moyenne ainsi que le coup de pouce aux petites retraites, et même à l’ensemble des retraites d’ici 2021. Ce sont des avancées. Dans le domaine de l’enseignement supérieur que je suis à la Région, j’ai noté aussi l’annonce d’un développement des filière universitaires courtes.

Des changements sont donc annoncés pour répondre à la colère sociale qui s’est notamment exprimée dans le mouvement des gilets jaunes. Après les premières mesures annoncées en décembre, pour un coût de 10 Md d’euros, les dernières annonces ont aussi un coût conséquent : on parle de 5 Md d’euros pour la réduction d’IRPP, de 3 Md d’euros pour l’indexation des retraites à l’horizon 2021.

Mais pour ma part, ces annonces de décembre et d’avril m’évoquent une double interrogation.

La première est celle de leur financement. Comment cela va-t-il être financé, qui va “payer” ? Les indications manquent de clarté et ne semblent pas à la hauteur du chantier.

La deuxième interrogation porte sur la cohérence de l’ensemble des mesures. Je ne perçois pas comment cela constitue un plan d’ensemble permettant de répondre aux défis du pays. Je n’y trouve pas de réponse à ce qui est à mon avis la problématique essentielle : comment retrouver la cohésion nationale et les marges de manœuvre financières pour que la France soit en mesure de faire face aux enjeux : le vieillissement, l’élévation des compétences, l’innovation, la transition énergétique, la défense… ?

L’éventail des annonces laisse plutôt penser qu’Emmanuel Macron cherche à accorder des avancées à différentes catégories de Français, pour que le plus possible puissent se dire qu’ils ont obtenu quelque chose. Cela rappelle finalement la campagne présidentielle, avec un patchwork de promesses qui n’a pas fait un projet politique cohérent… et qui a conduit à la crise quelques mois après.

Il y a donc de quoi être inquiets quant à la marche en avant que doit reprendre le pays. Et on peut aussi craindre que les élections européennes servent du coup à s’exprimer sur cette sortie de crise. Ce serait dramatique. Car après une élection présidentielle en 2017 qui n’a pas vraiment permis au pays de se prononcer sur le chemin qu’il voulait emprunter, on risque donc de passer à côté d’une élection européenne qui elle-aussi a vocation à trancher des choix importants : sur quels sujets et comment l’Union européenne doit-elle apporter une valeur ajoutée aux pays européens pour faire face aux défis de notre temps…

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