Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Catégorie : Garibaldi Page 2 of 4

Garibaldi : tronçonnage et divisions

P2240015Voici le texte de mon intervention, lors du Conseil du 3e arrondissement du 10 mai 2011, lors du vote du projet de réaménagement de la rue Garibaldi :

« C’est un dossier très important pour notre arrondissement mais il donne la mesure de ce qu’est le temps « long » de la politique, parce que je me souviens que dix ans en arrière, j’étais adjoint à la démocratie participative, à la concertation et on nous parlait déjà des plans du réaménagement de la rue Garibaldi.  Le projet ne va démarrer qu’aujourd’hui, cela donne l’idée d’une certaine perspective « historique ».

C’est un dossier important, mais j’aurais un regret aujourd’hui, c’est sur le délai futur, puisque nous aurons une réalisation sous ce mandat, seulement jusqu’à la rue d’Arménie, ah ! uniquement jusqu’à la rue Bouchut, c’est encore pire.

Cela reporte au mandat prochain la réalisation de l’ensemble du réaménagement, donc on est sur l’horizon 2020 et c’est vraiment dommage que tout ne soit pas réalisé sous ce mandat. Cela pose le problème des promesses faites et non tenues, car vous aviez pendant la campagne électorale municipale de 2008, promis et même écrit qu’il y avait l’argent et que tout était programmé pour faire une rue Garibaldi nouvelle de bout en bout.

Je me rappelle le maire de Lyon, en pleine campagne électorale, annonçant le projet dans des conditions très limites par rapport au déroulement de la campagne électorale.

Il peut donc y avoir chez les habitants, une frustration et même un mécontentement certain quand on dit aujourd’hui que ce ne sera fait que jusqu’à Bouchut.

Comme l’a dit votre propre adjointe, cela pose aussi un problème d’incohérence de la politique, parce que je ne souscris pas à l’argument de Gérard COLLOMB qui nous dit « c’est bien de le faire en phasé parce qu’il n’y aura pas des chantiers qui bloqueront l’ensemble de la ville ». Je ne suis pas d’accord et j’aurais préféré qu’il n’y ait pas de chantiers sur Garibaldi jusqu’à l’horizon 2020, parce que l’on sait qu’on va souffrir dans le 3ème pendant 10 ans.

Comme l’a dit aussi votre adjointe, en scindant l’opération en deux, c’est vraiment l’occasion ratée de créer un itinéraire mode doux et une voie de transport en commun en site propre, à court terme.  On repousse cette possibilité à 10 ans et c’est vraiment dommage.

Le deuxième point que je voulais évoquer, c’est le souhait que cette opération Garibaldi soit vraiment cohérente avec le projet Part Dieu 2020 que vous lancez et que Garibaldi ce ne soit pas que la limite du périmètre Part Dieu à réhabiliter, à rénover. Il faudrait que cette rue Garibaldi soit un atout, si ce n’est l’atout majeur du Part Dieu 2020, un axe de prestige qui permette à la Part Dieu de fonctionner.

Quand j’entends ce soir les propos de votre adjointe et l’abstention d’Europe Ecologie les Verts sur ce dossier, ce souhait se transforme en inquiétude parce que pour vivre ça au Conseil régional à Charbonnières, je sais combien les incohérences de votre majorité, la difficulté à s’entendre sur des objectifs essentiels conduisent à un blocage de la politique. Je suis donc inquiet sur la suite de ce projet.

Mon souhait c’est vraiment que Garibaldi soit un atout et je souhaite que ce projet ne soit pas bloqué ou prenne une mauvaise orientation.

Je voterai votre rapport mais avec les limites que j’ai évoquées. »

Garibaldi : aller au-delà du trait d’union

Retour sur la réunion de présentation des premières orientations d’aménagement de la rue Garibaldi, lundi 15 : des intentions d’aménagement qui vont dans le bon sens, des réserves qui subsistent et des « mots » qui interrogent.

Il me semble que les intentions d’aménagement présentées vont globalement dans le bon sens : une voirie « apaisée », avec un espace concédé aux modes doux, de bonnes liaisons Est-Ouest, une végétalisation, la valorisation des équipements et espaces publics (Auditorium, Halle Paul Bocuse, place des Martyrs…) . Tout cela rejoint la vision pour laquelle nous nous battons depuis des années.

J’approuve aussi le choix de retenir 3 voies de circulation automobile pour éviter l’asphyxie. Je partage aussi l’intérêt de poser d’emblée la nécessité de la desserte transport en communs de l’axe Garibaldi, une desserte qui est aujourd’hui bien insuffisante.

Restent quelques points de désaccord. Je regrette toujours le choix qui est fait de limiter l’aménagement à la section Vauban-Bouchut au cours de ce mandat. Je suis aussi toujours dubitatif quant à la faisabilité de la suppression de la trémie Lafayette, en termes de fluidité du trafic. Pourquoi ne pas conserver cette trémie, quitte à étendre sa couverture pour réaliser des aménagements devant la Halle de Lyon et l’auditorium ?

J’ai trouvé osée la justification par Gérard Collomb de l’absence de parking sous la future Tour In City. Ces propos étaient en gros les suivants : on ne crée pas de parking parce que la voirie est trop encombrée pour y accéder… Bonjour le cercle vicieux ! C’est sûr qu’avec les véhicules qui vont tourner en surface faute de parking à In City, on va avoir du mal à accéder au parking du Palais de justice, donc il faut supprimer ce parking….

J’ai aussi été étonné par les propos de l’Adjoint à la concertation, lequel, si j’ai bien compris, a dit vouloir s’en tenir à l’appellation « rue » pour l’axe Garibaldi. Je crois avoir compris que cela voulait dire rue = voirie apaisée. Selon moi, l’axe Garibaldi « nouveau » doit être un axe marquant, au cœur du 3e. Il doit être « agréable à vivre », tout en contribuant au rayonnement de Lyon et à la modernisation/revalorisation du quartier Part-Dieu. Il ne serait pas illogique que l’on parle dans cette logique de cours ou d’avenue Garibaldi. Je conteste l’équation avenue = nuisances urbaines. Il y a des rues très « pénibles à vivre » et des avenues très agréables.

Trait d’union semble être le mot d’ordre du projet. La rue Garibaldi nouvelle doit être un trait d’union entre les quartiers qui la bordent, et plus loin, entre la Part Dieu et le centre historique, et entre les parcs Tête d’or et Sergent Blandan. Oui, trois fois oui. Supprimer la coupure urbaine est l’un des premiers impératifs. Mais en matière de trait d’union entre Part Dieu et Presqu’île, le point crucial est surtout celui des transports en commun. C’est un problème de Lyon, que 2 de ses points centraux ne soient pas reliés directement, rapidement et de façon fiable par les transports en commun.

Donc trait d’union, oui, mais cela ne suffit pas. L’axe Garibaldi nouveau doit être un axe de prestige, de haute qualité urbaine, qui participe d’une vision nouvelle de la Part Dieu, quartier central à vivre.

Matrix

P5010066

Il y a quelques jours, arrêté à un feu, mon regard se pose sur un panneau publicitaire de notre ville. « Le bonheur est dans la ville », tel était le slogan de l’affiche, accompagné d’une photo de cadre urbain. J’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait de promotion immobilière. Mais non, le « signataire » était le Grand Lyon, ce que j’ai ensuite constaté à de multiples occasions, découvrant diverses versions de cette affiche.

Première réaction que l’on peut avoir : voilà une fois de plus le Grand Lyon dans le rôle de l’annonceur publicitaire. On connaissait déjà le montage « Vélo’v » qui intégrait la création de nombreux panneaux publicitaires sur l’espace public. Une fois encore le Grand Lyon fait du remplissage publicitaire de ces panneaux.

Deuxième interrogation : est-il bien opportun pour le Grand Lyon d’engager une telle campagne publicitaire « d’auto-persuasion » ? Le bonheur est dans la ville ! On peut le penser, il faut le souhaiter et s’en préoccuper, mais est-ce à la collectivité de le marteler ainsi avec nos impôts ?

En m’interrogeant, je me suis dit que cela pouvait participer d’une politique générale visant à freiner l’étalement urbain. C’est un peu tiré par les cheveux, mais bon… Mais même dans ce cas là, pas sûr que ce soit de la compétence communautaire.

Quant au bonheur rue Garibaldi ! Oui un bonheur complet… dans vingt ans !

Jugez par les faits !

Dans le contexte qui est le nôtre en matière de déficits publics et de pression fiscale, les collectivités territoriales ne doivent-elles pas s’engager, elles aussi, dans une démarche visant à limiter la dépense publique ? Petite démonstration dans le 3e arrondissement.

En cette période électorale, la Gauche mène un intense combat médiatique contre les réformes des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle, soi-disant pour préserver la capacité d’action des collectivités et « sauver les libertés locales ». Il y a une autre façon de voir la question : face à l’exigence de limiter la dépense publique pour réduire l’endettement et la pression fiscale, les collectivités ne pourraient-elles faire quelques économies ou autrement dit, éviter quelques dépenses ? La pratique du Maire du 3e arrondissement, Thierry PHILIP, qui est aussi un éminent acteur de la liste PS aux régionales, est à cet égard assez frappante.

Je l’ai interrogé lors du dernier Conseil d’arrondissement, sur les emplois du Cabinet des élus de la Mairie du 3e (une interrogation qui portait bien sur les effectifs du Cabinet et non sur les effectifs d’agents municipaux, contrairement à ce qui figure dans le compte-rendu du Progrès).

Que constate-t-on ? Sous le mandat précédent, lorsque Patrick HUGUET était Maire, les collaborateurs attachés aux élus étaient au nombre de quatre : une assistante de direction du Maire et trois autres assistantes attachées aux adjoints.

Quelle est la situation aujourd’hui ? Thierry PHILIP s’est entouré :

  • D’un directeur de cabinet et de la communication
  • D’un directeur adjoint de cabinet
  • D’un chef de cabinet
  • De deux collaboratrices de cabinet !

(Et encore, liste peut être non exhaustive dans l’attente de l’examen de la fonction exercée par certains autres postes).

Tout cela sachant que dans le même temps, les demandes des habitants concernant le cadre de vie, qui étaient gérées par le Cabinet jusqu’en 2008, ont maintenant été largement transférées sur des agents administratifs de la Mairie. C’est dire l’inflation de moyens qui sont consacrés aux « affaires politiques ». Je disais en Conseil que ce n’est plus une Mairie d’arrondissement, c’est à la « Maison blanche ». Il ne manque plus qu’un conseiller diplomatique et un porte-parole !

Que répond Thierry PHILIP ? D’une part que certains de ces emplois sont à temps partiel (sur ce point voir l’article du Progrès). Précisons aussi que si le nombre de postes n’augmente pas fortement, il n’en va pas de même de la masse salariale correspondante compte tenu du niveau des postes créés. D’autre part, il répond que ce Cabinet généreux vise à suivre les dossiers de l’arrondissement ! Une approche plus “light” ne nous a pas empêché au cours du mandat dernier de suivre les projets clés de l’arrondissement : cf. le sauvetage des Halles de Lyon menacés de délocalisation, celui de l’Esplanade Dauphiné menacée d’accueillir une déchetterie, la dénonciation de l’abandon de l’emplacement réservé pour espace vert sur le tènement Keller-Dorian ou encore les premiers aménagements de Garibaldi que nous avons « arrachés de haute lutte ».

Par ailleurs, les adjoints ne sont-ils pas là justement pour assurer ce suivi des dossiers ? Ils sont treize autour du Maire du 3e, à percevoir chaque mois une indemnité de plus de 1100 euros (indemnité justifiée je précise quand le travail est fait). Pourquoi vouloir doubler le rôle des élus par des collaborateurs de Cabinet ? Est-ce un problème de confiance du Maire envers ses colistiers ?

Comme je l’ai dit en Conseil d’arrondissement, je trouve qu’un tel Cabinet d’élu est excessif dans une Mairie d’arrondissement, et que dans le contexte de crise que nous connaissons, c’est même indécent quand on connaît les difficultés de nombreuses familles, ou quand on constate par exemple que de nombreux commerçants et autres chefs d’entreprise ne se versent plus de salaire depuis des mois pour pouvoir passer le cap de la crise.

Oui nous touchons bien là à une conception de la politique et de la gestion des finances publiques, lesquelles proviennent, comme chacun le sait, des poches des contribuables. Oui quand on voit cela, on se dit qu’il y a des économies à faire aussi dans les collectivités. Pensez-y pour les prochaines régionales !

L’art de réduire les possibles

PA030082

Il y a quelques jours se tenait – enfin !- au Grand Lyon la réunion de lancement de la concertation sur le réaménagement de la rue Garibaldi. Après quelques jours de réflexion, voici quelques réactions à cette réunion présidée par Gérard Collomb.

Premier constat marquant : la forte participation, qui démontre l’intérêt du dossier pour les Lyonnais de la rive gauche, mais ce n’est pas une surprise. Ce fut une intéressante réunion d’introduction de cette concertation.

Je poursuis par une autre satisfaction. Gérard Collomb a vanté la création du nouveau carrefour avec les rues Arménie/Pensionnat. Cela avait été pour l’équipe d’arrondissement du mandat dernier un combat acharné, et j’avais fortement œuvré en ce sens avec le Conseil de quartier de Voltaire-Part Dieu et les associations. Une reconnaissance qui fait plaisir a posteriori !

La concertation sur cet important projet va porter sur les aménagements le long du nouvel axe Garibaldi, sur les aménagements des espaces publics qui jouxtent la rue, et sans doute sur le nombre de voies de circulation qui seront maintenues. Par contre trois points et non des moindres ne sont pas discutables. Il faut le regretter et les motifs invoqués par le Maire de Lyon sont peu recevables.

La suppression des trémies tout d’abord. Je n’ai pas d’avis arrêté, général, sur la question. J’attends que l’on me démontre la faisabilité de la mise à niveau, en termes d’écoulement du trafic. J’ai en tous cas relever une contradiction. Le Maire de Lyon nous dit que les trémies n’ont aucune utilité dans la mesure où il y a des feux sur l’itinéraire. Son propos est le suivant : à quoi cela servirait-il d’éviter des croisements, si le flux de circulation est arrêté plus loin ? Tout dépend en fait du temps de vert qu’il faut laisser aux différents axes qui coupent Garibaldi. Par ailleurs, on nous explique que le trafic moyen sur l’axe Garibaldi varie de 13 000 véhicules/jour à 30 000 véhicules/jour selon les sections. Une part importante du trafic entre ou quitte en effet Garibaldi le long du parcours. Cela veut dire que les conditions d’écoulement du trafic ne sont pas les mêmes tout le long de l’axe. S’il est possible de gérer un carrefour en surface à un endroit, ce n’est pas forcément le cas ailleurs.

Concernant les trémies, la question a été posée par des habitants de leur réutilisation ; une proposition balayée par le Maire de Lyon au motif qu’il ne concevait pas la vie en ville, sous terre. Certes, il ne s’agit pas de prévoir de créer des bureaux ou des logements dans les trémies ! Mais faut-il pour autant exclure d’autres réutilisations ? A l’heure où l’on parle de densifier la ville, ne faut-il pas ouvrir la réflexion ?

Autre point qui n’est pas discutable : le tronçonnage du projet sur plusieurs mandats. Sur le mandat 2008-2014, seule la (petite) section Vauban (6e)-rue Bouchut (3e) sera réaménagée. Le reste attendra (encore) au moins 2014-2020 ! Gérard Collomb justifie cet étalement, qui devient maintenant historique, par la nécessité de ne pas multiplier les chantiers pour ne pas gêner la circulation ! Plus c’est gros, plus ça passe. La réalité est bien sûr tout autre : c’est encore le résultat d’un arbitrage entre les projets. Rappelons encore ce qu’écrivait Thierry Philip dans son programme électoral : « Nous créerons un parcours vert tout le long de la rue Garibaldi… Ce projet annoncé par Gérard Collomb en Novembre 2007 est budgété dans le plan de mandat 2008-2014 à hauteur de 55 millions d’euros (sic) ». On nous aurait trompé ?

Ce tronçonnage dans le temps est bien sûr extrêmement décevant pour des quartiers qui attendent un mieux vivre depuis déjà 10 ans. C’est aussi une incohérence majeure de la politique des déplacements. Car tant que l’aménagement n’est pas complet, il n’y aura ni itinéraire continu Sud-Nord pour les transports en commun, ni voie verte pour les vélos. Belle opportunité perdue.

Une dernière remarque pour le sourire. J’ai bien noté que le Maire de Lyon avait préféré sa place habituelle à la tribune du Conseil du Grand Lyon plutôt que la place qui lui avait été réservée au centre de l’hémicycle avec les autres élus. Faut-il y voir une rupture définitive avec le Ségolénisme, en refusant ainsi un des principes fondateurs de la démarche participative royaliste ?

2008 - 2021 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén