Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Catégorie : Garibaldi Page 3 of 4

La Part-Dieu, quartier à vivre ?

L’entrée du centre commercial de la Part Dieu, côté esplanade du « crayon », vient de faire l’objet d’un lifting, avec l’ouverture de nouveaux restaurants. Ce projet attendu est une réussite, confortant la Part Dieu comme un pôle d’animation. N’oublions pas pour autant que la Part Dieu est aussi un lieu de vie, où l’on réside ; une dimension qui me semble parfois oubliée.

 

En passant par l’esplanade un après-midi d’été indien de cette semaine, j’ai pu constater que ce réaménagement était réussi, avec ces terrasses orientées au Sud qui donnent immédiatement un autre visage à cet espace qui symbolisait plutôt jusqu’à maintenant l’abandon urbain. C’est une nouvelle ouverture du centre commercial sur la ville, qui confirme ce dernier comme un pôle d’animation. Mais dans ce contexte de progrès, restons vigilants sur la vision que les décideurs peuvent avoir du quartier. J’ai quelques inquiétudes quand je lis les propos récents du Maire du 3e : « Mais nous souhaitons que la Part Dieu soit aussi un lieu de vie. Un lieu où l’on prend plaisir à aller au restaurant, au cinéma, voir à un spectacle, se balader en famille ou à la sortie du bureau ».

 

Selon moi, la Part Dieu ne doit pas être seulement un centre d’affaires, un pôle commercial et de divertissements de niveau agglomération. C’est un lieu de vie, mais pas seulement en tant que pôle d’animation. C’est un lieu de vie parce que des gens y résident : vous êtes près de 3 000 à vivre à proximité immédiate du centre commercial. Et nous sommes plus de 25 000 à résider aux alentours à Part Dieu Sud, Villette, Lafayette… C’est un lieu d’habitat et il faut créer les conditions pour qu’il le reste ; une vigilance sans doute salutaire quand on constate combien la qualité de vie s’est par exemple dégradée le long des berges du Rhône, malgré les atouts du secteur.

 

Penser la Part Dieu en termes de lieu de résidence, cela veut dire notamment éviter de prendre des mesures qui vont asphyxier le secteur. Avec la réalisation d’une Tour Incity sans parking, nous avons déjà souligné que nous n’en prenions pas le chemin, tant les effets collatéraux pour les rues environnantes vont être problématiques. Je ne partage pas non plus l’avis rapporté dans le Progrès d’hier selon lequel le tronçon Lafayette-Bouchut sur Garibaldi « est le tronçon où la coupure urbaine est la plus forte » et qu’il faut donc traiter en priorité. A mon avis, en termes de lieux de vie, c’est à Part-Dieu Sud que Garibaldi crée aujourd’hui la frontière la plus préjudiciable au tissu urbain. Et penser la Part Dieu comme un lieu d’habitat, c’est aussi améliorer les possibilités de déplacement internes au quartier (la liaison Villette-Part Dieu sous la gare ou par Pompidou, des parcours piétons et 2 roues courts et continus). C’est aussi soutenir le tissu commercial de proximité des quartiers environnants.

 

Pierre Bérat

L’arbre qui cache la forêt

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 8 septembre 2009 à propos du lancement d’un week-end de promotion des piscines.

 

Pierre Bérat : « Il faut évidemment voter ce dossier, mais je voudrais vous faire remarquer qu’en termes de promotion des piscines, il faut aller au-delà d’un seul week-end à tarif préférentiel et que le problème de Lyon est un problème d’offre de piscines répondant aux attentes des habitants.

 

Je lis « il manque à Lyon  3.000 m² de plans d’eau » c’est écrit dans un ouvrage de référence qui s’appelle le projet pour Lyon d’un certain Gérard COLLOMB. 

 

Le principal problème à Lyon c’est le manque de piscines et il faudrait que les promesses qui ont été faites soient tenues, notamment pour le Parc Sergent Blandan. Je veux rappeler aussi nos propositions sur le tènement RVI, pour le 3ème Est, secteur dans lequel il y a une forte demande.

 

Dans l’attente de ces grands équipements pour faire face au sous-équipement, l’autre problème, c’est l’ouverture des piscines couvertes l’été, car si Monsieur ACHACHE nous parle d’une fréquentation des piscines lyonnaises en forte hausse, il est dommage que la piscine Garibaldi soit fermée de mai à septembre, car les gens souhaitent aller à Garibaldi parce qu’il y a trop de monde ailleurs.

 

La politique « piscines » à Lyon est loin d’être exemplaire. »

 

Les débats du Conseil d’arrondissement constituent bien logiquement le cadre privilégié de notre démocratie locale. Aussi, vous trouverez sur ce blog mes interventions dans le cadre de ce conseil (il s’agit de la retranscription de l’intervention orale).

 

Je ne fais pas figurer les réponses pour éviter les problèmes de citation (le procès-verbal n’est validé qu’avec un certain délai). Mais vous pouvez consulter l’intégralité des débats, une fois le procès-verbal validé, sur le site de la ville de Lyon.

Tout va bien, ne changeons rien…

Voici un billet particulièrement destiné à ceux qui pensent qu’il ne faut rien changer dans l’organisation de nos collectivités territoriales, ou que la création de nouveaux comités “Théodule” suffirait à rationaliser ce qui a besoin de l’être.

 

Cette semaine vient de se produire un nouvel exemple de dysfonctionnement lié à la complexité de l’organisation administrative locale. Il a en effet été confirmé que l’aménagement du Parc Sergent Blandan dans le 7e rencontrait un problème juridique, le Grand Lyon se voyant contester la compétence d’aménagement d’un parc urbain. On connaissait déjà le “syndrome” du papier gras, c’est-à-dire l’épineux problème pour savoir qui doit ramasser ce papier selon qu’il est tombé sur une parcelle de terrain communal, communautaire, privative… Voilà maintenant la valse des espaces verts, conséquence d’une incertitude pour savoir qui de la Ville ou du Grand Lyon doit les prendre en charge.

 

Pas étonnant que ce problème se pose. On voit bien que certains espaces verts relèvent plutôt de la proximité, et que d’autres présentent d’évidence un intérêt communautaire. Il n’y a qu’à se promener au Parc de la Tête d’or le dimanche pour se douter qu’il présente une dimension d’agglomération. Il relève pourtant de la Ville de Lyon… alors que des espaces publics arborés, beaucoup plus confidentiels, relèvent du Grand Lyon.

 

Cet « accident juridique » ne devrait pas retarder la réalisation du Parc Blandan. Tant mieux ! Mais on s’imagine aisément les coûts cachés qui vont résulter de ce feuilleton juridique et les multiples réunions qui seront nécessaires pour cette « énième » réorganisation des services. On voit bien avec de tels exemples qu’il faut simplifier l’organisation administrative au niveau de l’agglomération, en associant la proximité et le global.

 

Avant de se demander si le Parc Blandan est un parc de niveau municipal ou communautaire, il faudrait aussi s’assurer qu’il aura bien un rayonnement municipal. On peut aujourd’hui se poser la question quand on examine ses conditions d’accessibilité. Faute d’aménagement complet de Garibaldi dans les prochaines années, il faudra encore attendre longtemps pour accéder au Parc depuis le 3e par la future voie verte. Quant à la passerelle au-dessus du couloir ferroviaire, qui devait – à minima -, assurer un bon accès au Parc depuis le 8e, voire le 3e Est, le projet ne semble plus vraiment d’actualité. Rappelons-nous que cette passerelle était présentée, lors de la campagne des élections municipales, comme le moyen d’assurer une bonne connexion depuis ces arrondissements, un argument « clé » avancé par la liste PS pour ne pas créer un nouvel espace vert majeur dans le 3e Est.

 

Pas loin de ce secteur, se trouve l’espace censé accueillir le futur skate-parc de proximité du 3e. Sa réalisation était fermement promise par la Mairie du 3e pour ce printemps au plus tard. Pour l’instant, la seule réalisation, ce sont des barrières qui ferment l’espace public. Je doute que le chantier démarre d’ici ce soir minuit ! Dommage, cela aurait été utile de disposer de cet équipement cet été.

 

Pierre Bérat

Dans le doute, abstiens toi

Une nouvelle modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) est en cours d’examen par la Ville de Lyon. Lors du Conseil d’arrondissement du 2 juin, en tant qu’élus du groupe Ensemble pour Lyon, nous nous sommes abstenus compte tenu d’interrogations sur les modifications proposées et d’absence de réponses claires de la Mairie du 3e sur les objectifs.

 

Le PLU est un outil fondamental puisqu’il fixe les conditions de constructibilité des communes. Celui du Grand Lyon connaît ainsi une 6e modification, avant une refonte en profondeur qui interviendra dans les années qui viennent. Cette modification est en cours d’examen par la Ville de Lyon : conseils d’arrondissement puis conseil municipal. Elle sera in fine votée par le Grand Lyon.

 

Deux des modifications proposées nous ont posé question. La première porte sur la possibilité, pour les nouvelles constructions d’immeubles de bureaux, dans le vaste secteur du centre d’affaires de la Part Dieu (en gros le périmètre Lafayette – Flandin – Paul Bert – Garibaldi avec extension Halle de Lyon et Vivier-Merle), de ne comporter aucune place de stationnement. Cette mesure est présentée comme s’inscrivant dans la logique du Plan des Déplacements Urbains et viserait à limiter le trafic automobile.

 

Pascale Decieux, élue de notre groupe, a demandé des explications plus précises sur ces motivations, puisque les règles en matière de construction de parkings dans le secteur de la Part Dieu sont déjà très peu exigeantes, compte tenu du bon niveau de desserte en transports en commun. Il nous semble que supprimer toute contrainte de construction de parking présente des risques importants. Tous les déplacements liés aux activités de bureaux ne peuvent se faire en transport en commun. Certes, il faut que le plus grand nombre de salariés viennent en transports en commun pour éviter l’engorgement du quartier. Mais tous n’ont pas cette possibilité. Par ailleurs, le fonctionnement d’une entreprise nécessite d’autres déplacements (personnels itinérants, visiteurs…) qui ont besoin d’un véhicule. En permettant des constructions de bureaux (notamment les nouvelles tours) sans parking, c’est donc prendre le risque d’une part d’engorger le stationnement en surface du quartier, et d’autre part, de limiter l’intérêt de ces bureaux pour les entreprises. Ce qui est présenté comme une mesure visant à améliorer l’environnement du quartier risque en fait de fortement dégrader le cadre de vie.

 

Autre interrogation : l’augmentation de la hauteur de construction autorisée sur les parcelles de la rue des Cuirassiers, à l’angle de la rue Bouchut. Nous souhaitions savoir quel projet motivait cet assouplissement de la règle de construction.

 

Sur ces deux points, les explications du Maire et de l’adjointe chargée de l’urbanisme du 3e ont été floues. Aussi, le groupe Ensemble pour Lyon a décidé de s’abstenir, en espérant que des motivations plus claires seront fournies lors de la discussion en Conseil municipal. Il nous semble en effet qu’il faut être prudents dans l’encadrement urbanistique du développement de la Part Dieu. Une telle modification d’importance des règles de construction de parkings ne pouvait-elle d’ailleurs pas attendre la refonte complète du PLU ?

 

Nous sommes par contre pleinement favorables à la 3e modification proposée, à savoir la création d’une nouvelle réserve pour permettre l’agrandissement d’un espace vert sur le quartier Villette Paul Bert.

 

A noter, cette modification du PLU est soumise à enquête publique du 4 juin au 6 juillet prochain. Le dossier peut ainsi être consulté en Mairie du 3e et les habitants peuvent faire part de leurs remarques.

 

Pierre Bérat

 

GROTESQUE !

Il n’y aura pas de concertation concernant le projet de tour Incity car cela relève du domaine réservé du Maire : telle est la position affirmée par les nouveaux élus du 3e , comme l’a repris récemment la presse. Tout à fait grotesque ! Que dire d’autre d’une telle posture au niveau d’une mairie d’arrondissement alors que même au niveau de la présidence de la République, on parle de moins en moins de domaine réservé. Pourquoi pas évoquer aussi la « Raison d’arrondissement » ?!!

 

Aucun sujet ne doit être tabou, exclu de la concertation ; en rappelant bien sûr que concertation ne veut pas dire décision, et que pour beaucoup, il ne s’agit pas de soumettre à référendum tel ou tel projet de construction.

 

Pour ma part, je pense que la construction de belles tours peut être une bonne chose pour Lyon, et c’est avec intérêt que j’assiste à l’édification progressive de la tour Oxygène. C’est important pour le renouvellement de la Part Dieu et plus globalement pour le rayonnement de la Ville. Les signes urbains que constituent les tours sont essentiels pour l’image des villes, dans la mesure où ils sont réussis. Je trouve par exemple que l’ensemble de la Potsdam Platz à Berlin est très positif pour l’image de cette ville, dont le cadre de vie du centre-ville est par ailleurs plutôt agréable. Je trouve aussi que la Tour CGM contribue à une image renouvelée et de qualité de la ville de Marseille. Que serait l’ensemble de la Part Dieu sans la « tour du Crédit Lyonnais » : un ensemble de « cubes » sans identité. De façon générale, je trouve qu’un urbanisme fait de la multiplication d’immeubles « boîtes à chaussures » le long des grands axes, sans recherche architecturale, est beaucoup moins favorable à la qualité du cadre urbain qu’une tour à l’architecture élaborée.

 

Ceci dit, il ne s’agit pas de faire n’importe quelle construction en hauteur. Il ne s’agit pas non plus de faire des tours n’importe où, aux quatre coins de la ville (cf. le débat parisien) ; il faut veiller à la cohérence et à l’image globale des projets, et à cet égard, je trouve que la photo montage sur la future « sky line » lyonnaise qui circule n’est pas vraiment une réussite. Et puis l’important, c’est de veiller à l’intégration de ces projets dans la ville, pour qu’ils soient un plus pour le cadre de vie des quartiers et non pas un handicap. D’où l’importance de l’intégration urbaine de ces projets, et de leur appropriation par les habitants. C’est bien la raison pour laquelle la concertation est non seulement souhaitable. Elle est nécessaire. Entre un référendum sur la construction d’une tour et la concertation ramenée à la couleur de la palissade de chantier, comme l’entend la Mairie du 3e, il y a un vaste champ de possibles pour construire avec les habitants. Mais pour cela, il faut que le slogan « l’urbain et l’humain » soit plus qu’un slogan de campagne.

 

Pour finir, je dirais que si la Mairie du 3e ne veut pas parler de certains sujets, rien n’empêche les habitants-citoyens du 3e de s’en saisir ! Rappelons-nous l’affaire du projet de délocalisation des Halles de Lyon en 2001. A l’époque, c’était aussi présenté comme un projet hautement stratégique, relevant du domaine réservé. La mobilisation des élus de proximité et des habitants avait permis le maintien des Halles à leur place. Le projet de délocalisation passait ainsi en quelques semaines du domaine réservé ou domaine oublié. Et les Halles de Lyon Paul Bocuse sont aujourd’hui toujours un atout du secteur Garibaldi. Réussissons le futur du quartier Part-Dieu avec ses habitants

 

Pierre Bérat

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